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Les mystères des "LEGO"®

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Les hémisphères cérébraux

C'est par la parole que nous apprenons à penser : c'est grâce à elle que l'hémisphère conscient se développe et permet une réflexion devant les événements. (1).

_______(§1) Le premier accès à la connaissance se fait chez l'enfant [1,(1) notes 1,2] de façon intuitive, par mimétisme et analogie [1,(§2)]. Ce fonctionnement est celui de l'hémisphère droit [2,(§6)] (1), appelé aussi hémisphère intuitif, dont le seul repère est l'espace. Les circuits de cet hémisphère sont très rapides et les réactions qui s'ensuivent ne sont pas réfléchies : l'intuition [3,(§8)] capte l'information de façon globale, elle est plus sensible à l'intonation de la voix qu'au sens précis du discours ; elle saisit les images dans leur ensemble sans remarquer les détails. Et elle est en prise directe avec le cerveau limbique qui gère les affects (2), donc elle est très dépendante des émotions [4, APR note 13][5][6][7][8/2, notes 84 à 90][9].

Les hémisphères Miege.jpg


_______(§2) Elle est insensible à la chronologie [10!] et ne fait pas de liens entre cause [11], effets [12] et conséquences [13, notes 29 à 35][14][15, notes 23>16,(5)]. Dans l'hémisphère droit nous sommes capables d'appliquer des règles apprises mais sans chercher à les comprendre et la mémorisation [17] ne sera que de durée limitée [8/4, note<238][8/7, AV note 343][18][19][20, notes 199 à 203]. Nous traitons les nouveautés par tâtonnements successifs, donc nous mémorisons mal les stratégies [21][22] utilisées et nous ne sommes pas toujours capables de refaire ce qui a été réussi préalablement.
_______(§3) Les circuits de l'hémisphère droit aboutissent à l'intuition des sens et non au sens lui-même de ce qui a été étudié. Ils ne permettent pas de s'adapter à l'inconnu, donc ne permettent pas l'autonomie. Dans ce fonctionnement, nos restons dépendants [23, notes 49 à 62] du qu'en dira-t-on, des slogans et des modes, et nous sommes donc manipulables [24][25][26][27>28].


Compréhension fine des choses

_______(§4) Les circuits neuronaux de l'hémisphère conscient se développent lentement au cours de l'enfance et de l'adolescence, si toutefois la pédagogie utilisée habitue les élèves à « franchir » le corps calleux [29][30, APR note 108][31, APR note 26] et à pénétrer peu à peu dans l'hémisphère conscient qui est celui de la réflexion, de la compréhension fine des choses [32][33]. Dans cet hémisphère, les circuits neuronaux vont de l'élément à l'ensemble en analysant les détails. Ils ont pour repère le temps, c'est-à-dire la chronologie. Ils partent de la réalité, donc aussi des perceptions (3), mais en analysant, en procédant par liens logiques, ils établissent des liens de cause à effet, de buts, d'oppositions, de comparaisons fines, de conditions…

_______(§5) Ici, nous pouvons parler d'une véritable réflexion car nous sommes capables de chercher des relations et de hiérarchiser les informations, de comprendre le sens de phrases complexes [34, notes 1,2][30, note<21>][35] alors que dans l'hémisphère droit seules les phrases très simples sont utilisées [36?(!)]. Grâce au travail de l'hémisphère gauche, nous pouvons accéder à l'identité de l'être, à la conscience de soi. Cela est indispensable à l'autonomie (2) (4). Mais il faut se souvenir que les circuits de l'hémisphère conscient sont lents ; ils demandent quatre fois plus de temps que ceux de l'hémisphère intuitif.

 

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_______(§6) Nous comprenons bien alors l'importance de la pédagogie dans la mise en place des circuits conscients. Si les enseignants ne sollicitent que « la mémoire perroquet » ou la « photographie » d'un schéma ou d'un tableau, ou d'une liste de mots, s'ils demandent d'être rapide, les élèves apprendront sans passer par l'hémisphère conscient. Or « pour qu'un apprentissage soit efficace, il faut d'abord qu'il emprunte les circuits lents » avant d'être automatisé. Comment donc guider nos enfants, nos élèves à franchir le passage dans l'hémisphère conscient ?

_______(§7) C'est la mise en parole des perceptions, c'est le discours oral de l'analyse et de l'élaboration des relations de cause à effet, c'est la reformulation de tout texte ou de toute notion étudiée qui permet à l'information de traverser le corps calleux et d'être traitée par l'hémisphère conscient. Donc nous répétons que c'est par la parole que nous apprenons à penser ; d'abord le discours entre parents et enfants, entre maître et élève, puis le discours entre l'élève et un texte, enfin le discours entre l'élève et lui-même.

_______(§8) La parole est d'abord nécessairement émise à haute voix, ensuite peu à peu l'enfant [1,(1) notes 1,2] se contentera de murmurer pour arriver ensuite à labialiser (les lèvres bougent mais le son n'est pas émis) et enfin la parole pourra être intériorisée : « on s'entend alors parler dans sa tête ». Tout cela demande du temps et l'on voit les méfaits des pédagogies de l'hémisphère droit où l'on oblige les enfants à un travail rapide et silencieux, avec questionnaire à choix multiples (QCM), liste de mots, champs lexicaux.

Marc et Maryvonne PIERRE
Croître et Progresser
Ensemble-N.-D. de Cana

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1.        Pour les droitiers et la plupart des gauchers..

2.        Élisabeth Nuyts, Dyslexie, dysorthographie, troubles de la mémoire, préventions et remèdes, 288p., 20 €. Disponible ICI.

Dyslexie etc. Elizabeth Nuyts.jpg

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Article librement reproduit de 

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(édition papier)
n°1570 du 5 juillet 2014 (p.20)
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"L’interprétation" typographique de la mise en page -distinction et numérotation de paragraphes (§), ajout (parfois abondant) de notes de renvoi*([x]) (et autres liens intégrés), ainsi que l’ensemble des illustrations et les quelques développements ci-dessous(x)- est de l’entière initiative de l’auteur du présent blog. L'intertitre est d’origine.

(*) La plupart desdites notes renvoient à des articles extérieurs à ceux de nos deux auteurs ; à l'exception des trois premières [1][2][3], qui se réfèrent explicitement à quelques-uns de leurs précédents discours : ceux-ci ayant déjà constitué –ou non- l'amorce de quelques développements sur place ou sur des articles ultérieurs s'y référant peu ou prou.

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(1) Ce ne sera pas déflorer la pensée de nos auteurs que de… la préciser succinctement plus avant : si c'est en effet par la parole que nous apprenons à penser, ils l'entendent en ce que ce soit bien par notre propre parole que nous l'apprenions. Un détail qui pourrait apparaître superflu (à la limite d'une lapalissade) au lecteur attentif qui n'aura pas quitté le strict contexte de leur discours. Dans ce contexte comme en dehors, il convient néanmoins de souligner que la parole s'écoute avant même de s'énoncer : ce qui n'est pas nécessairement exclusif au "premier accès à la connaissance se faisant chez l'enfant"(§1). Dans tous les cas de figure –et à tout âge-, la parole émanant de l'extérieur étant l'expression d'une pensée également externe, elle n'est donc pas –ou pas encore- l'expression de notre propre pensée : elle le devient si nous la partageons et la parlons à notre tour… ou mieux encore, si nous apprenons à la développer. Dans tous les cas de figure également –et plus que jamais à tout âge-, la parole émanant de l'extérieur présente un risque permanent : celui de nous apprendre à penser… ou au contraire, de nous en réfréner toute velléité. Parfois de manière insidieuse : c'est tout l'objet de qui aura intérêt à ce que notre "fonctionnement" nous fasse "rester dépendants du qu'en dira-t-on, des slogans, des modes" et de tout ce qui contribue peu ou prou à nous rendre "manipulables"(§3).
2630048521.jpgC'est grâce à elle -la parole "manipulatrice"- que nous désapprenons à penser : que l'hémisphère conscient se ratatine et permet non plus une réflexion devant les événements, mais un "fonctionnement" projectif [8/4, note 226>], faussement "défensif"[37/1][37/2][37/3] mais réellement agressif [38, APR note 2/2]. On se place non plus "devant les événements", mais derrière : en se fabriquant de toutes pièces du non-événement. La pensée de l'autre est instinctivement [39,2](§1) tenue pour "hostile", "dangereuse"©[40]"inexistante"©[41][42][43, AV note 77][8/5, APR note 270] si nécessaire_[39,6] : pour peu que les premières épithètes se soient avérées très problématiques [8/9, note 370] dans leurs effets. "L'accès à la méconnaissance se fait chez le "manipulé/manipulateur"[44, note 108>45, APR note 78][8/6, note<305>] de façon intuitive, par mimétisme et analogie"(§1) : or, comme il ne s'agit ni de son "premier accès" ni d'un "enfant", il ne peut donc s'agir que d'une régression mentale et intellectuelle [46][46bis][47][48][49][50][51][52][53][54][55][56][57][58][59][60][61][62][63>63/2>63/3>63/4][64][65][66][67][68][69][70]. Lorsqu'il est question par exemple de faciliter la parole de_[71, APR note 18] quelqu'un, l'aveu est implicite mais cinglant : ce n'est guère par sa libre parole que celui-là aura appris jusque là à penser

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(2) Relevons en passant l'usage de ce verbe "gérer". Un usage parfois agaçant en ce qu'issu de la sphère économique, une certaine… mode verbale conduise de nos jours à l'appliquer à des domaines sinon éloignés du moins parfaitement étrangers à la dite sphère. Nonobstant de tels "débordements", soulignons toutefois qu'il conserve un relative modestie en ce que la "gestion" suggère généralement une "autorité" moindre que celle de la direction. Une "modestie" parfois subtile à distinguer : dans les faits, un "gérant" se confond souvent avec un directeur… quand le pire des "gérants" ne se fait pas désigner comme "dirigeant" par commodité de langage. Dans les mots cependant, la porte reste BGSE.jpgouverte à ce qu'il hérite ponctuellement d'une structure ou d'une organisation qu'il n'a pas créée, qu'il a sans doute pour mission de maintenir et de développer (voire de dissoudre "proprement" si elle vit des difficultés… "ingérables"), mais dont il doive précisément répondre au créateur ou ses ayant-droits : dans ce cas, c'est bien à ces derniers qu'en revient la responsabilité première ; ces derniers qui en conservent –ne serait-ce que moralement- la direction.
Pourquoi cette légère digression à propos d'un verbe qui, somme toute, est assez anodin ? Tout simplement à titre de comparaison entre :
- deux auteurs qui, bien que ne remplissant pas exactement de fonction médicale, s'en tiennent cependant sagement à des considérations d'ordre strictement clinique [72, notes 48 à 50>[73][74][75] en nous parlant du "cerveau limbique qui gère les affects"(§1)
- un troisième auteur qui, bien que remplissant a contrario une fonction "médicale"©[76, notes 9,10][sic] tenue pour "éminente"©[77] (disposant de surcroît à cet effet d'une technologie de pointe [78, note<88>]…), nous parle, lui, de "parties du cerveau responsables de l'empathie, de la moralité et de la maîtrise de soi"[79] : "des caractéristiques souvent liées à un comportement criminel"[80][8/23,[1], APR note 772]si cela lui chante… mais surtout "des caractéristiques liées à" des considérations d'ordre moral fort liées d'un autre, strictement clinique.
Chez les deux premiers, il en ressort que –même généralisée à outrance- la notion de "gestion" conserve sa signification_[76,[1]]_globale. Chez le troisième, on opère un grand sot saut "qualitatif" en accordant une notion de "direction" non pas à une personne mais à l'un de ses organes !!! Car, aussi complexe_[34, notes 1,2] et indispensable soit-il à la "gestion" (!) des autres organes, le cerveau n'est lui-même jamais rien d'autre qu'un organe : un amas de chair, "irresponsable"[8/4, notes 231>236/4] en soi. Il n'est évidemment pas neutre qu'il soit en prime (et "comme par hasard"[81]) celui de… la pensée [82][83, notes 5,6][84].

(3)"aussi des perceptions" ; nous lisons bien : "aussi". Ce qui signifie que si les dites2324626280.jpg perceptions ne sont nullement tenues pour négligeables, il s'agit de les retenir de déborder. Ayant en l'espèce un rôle accompagnateur "de la réalité"(§4), elles ne sont pas censées la supplanter par un accès prématuré d'"autonomie". En d'autres termes, "aussi", c'est… « autant que, pas plus que »[71, notes 24 à 29][85][86][87, notes 169,170][88, note<576>][1, note<92>] ! Du reste, les auteurs dissipent-ils naturellement toute ambiguïté à cet égard par la suite de la phrase.

(4) "Grâce au travail de l'hémisphère gauche, nous pouvons accéder à l'identité de l'être, à la conscience de soi. Cela est indispensable à l'autonomie"(§5) ? La phrase pourrait être aisément "retournable"[31][89,note 1] : "Grâce au zèle excessif du travail de l'hémisphère droit, nous pouvons accéder à une fausse identité de l'être autre [90], à une "conscience de soi" tronquée –mais surévaluée- à la mesure de ce qu'elle ne parvienne plus à se définir que par opposition [91][92/1, notes<33>][92/2] systématisée [93] à celle_[39,1][94/2][95] de l'autre : même hors "théâtres d'opérations militaires" officielles, certains de ces zélés y ont laissé leur peau à la fleur de l'âge [96].

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"Cela est indispensable à l'autonomie" ? Si celle-ci est d'évidence hors-sujet pour ceux-là, son étymologie nous suggère un sens premier qui, s'il ne s'oppose pas véritablement au sens commun, nous parle d'une part d'auto-_[97, notes 31,32] (ce qui renvoie précisément à la "conscience de soi") et d'autre part, de nom. En ce sens premier, "l'autonomie" diffère du schéma habituel -la définissant comme la poursuite (ou le succès) d'une certaine indépendance économique et financière- en ce qu'elle définit ici la capacité de se donner un "nom" ; plus exactement, d'accéder à son "identité de l'être" (notamment grâce au « franchissement » réussi du corps calleux (§4)). Ce qui n'invalide nullement le nom de la personne : celui-là diffère également en ce que l'enfant est par définition incapable de se le donner à lui-même.

Un nouveau nom

Un nom peut en cacher un autre.jpg

Ajoutons qu'accéder à son "identité de l'être" reste définitivement et inconditionnellement… antinomique de cette "conscience de soi" visée plus haut qui, obéissant le plus souvent à quelque schéma oppositionnel à la mode (§3), consiste à (se) "documenter"©[98][99/10, note 411] à propos de quelque "nom" rédhibitoire [100, APR note 11>101] à donner à l'être autre [102, AV note 46][103, notes 91>94][104], soit à lui imposer une fausse identité… de préférence « dans son dos »[94/22, AV note 880]. Posséderait-elle entre ses seules mains l'ensemble des richesses du monde, une telle "conscience de soi" n'a stricto sensu rien d'"autonome" si nous nous référons simplement aux critères qui nous ont été exposés par nos deux auteurs : il s'agit en revanche d'une violente [105] atteinte à "l'autonomie" d'autrui. À l'inverse –et pour peu que « ce qui s'est passé dans votre dos » vous ait assez sifflé aux oreilles pour vous donner matière à "élaborer des relations de cause à effet"(§7)-, il n'y aura pas beaucoup plus d'"autonomie" à vous laisser "nommer" de la sorte par d'innommables prévaricateurs de l'hémisphère gauche comme du corps calleux

Epouvantail à nommer.jpg

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Mercredi 30 juillet 2014

Écrit par MdT Lien permanent | Commentaires (0)

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