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dimanche, 27 avril 2014

Mets ta tente à Sion : il y tombe des cordes misérables.

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[Deuxième dimanche de Pâques – Dimanche de la Miséricorde]
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           Saute-mouton [1, APR note 43][2, note<209>][3, note 45(>119)] dominical (!) autorisé au sujet de l'article ci-dessous. Du moins au seul sujet de l'axe de réflexion autour duquel tourne son auteur : "l'accès à la communion des divorcés remariés"(§1) pouvant à juste titre ressembler à une sorte d'auto-débat [4] pour qui ne se sent intéressé (ou concerné) ni par "la communion"[5] elle-même ("accessible" ou non) ni même par l'état de vie maritale dont il est question au regard dudit débat. À brièvement survoler cet aspect, précisons néanmoins que la question reste douloureuse pour qui y est davantage impliqué, sachant par ailleurs qu'il s'agit moins de stricte observance disciplinaire que d'un souci de cohésion sacramentelle.

          Si la première devait réellement constituer la priorité du "processus général" de la discussion, il faudrait alors considérer que celle-ci relève de quelque "mérite personnel" (à supposer que quiconque ait légitimité et compétence [6] pour en juger en for externe…) : ce qui –eu égard au sujet évoqué- éliminerait d'emblée… rien de moins que tout le monde [7,Rm(1)][8, note 168/2] ! Sans parler de ce qui se fait plus perceptible –négativement- de l'extérieur : partout où "la communion" (prise dans un sens plus large : non sacramentelle et horizontale) ne nécessite ni fine réflexion ni grand débat pour en CONSTATER [9, notes 118>119][10, AV note 636] de substantielles carences [11][12]. Un état des lieux qui ne relève pas davantage de perception extra-sensorielle : les dites carences étant observables à l'œil nu chez qui les subit de près en son for interne/externe, jusque chez de plus lointains [13, notes 154,155<14, APR note 19/2][13, note 130(>166)]. Ce quel que soit décidément l'état de vie de chacun : par ailleurs, nul besoin d'être fin théologien ou philosophe (que notre auteur du jour nous en fasse miséricorde !) pour en attester sans que cela ne relève d'un implacable jugement. (Mais voilà qui, en revanche, devrait ouvrir à l'exercice -parfois sportif- de la… miséricorde.)

865411594.jpg       C'est dire que si les critères de "l'accès" susnommé devaient ainsi dépendre de "bons points" de cet ordre, il est à craindre que nous allions de sacrées surprises [15, note 7] en surprises désacralisées ! À cette aune en effet –à ne considérer que l'ouverture de cœur [16,(§19)]-, moult "divorcés remariés" pourraient sans doute tenir la dragée haute à d'autres, ces derniers étant formellement plus "accédants" qu'eux parce que canoniquement "propres sur eux"[17][18][19][20][21][22][23] : après tout, n'est-il pas question quelque part de sépulcres blanchis [24]… tout aussi "propres sur eux" ? La miséricorde recommande de ne pas y regarder de trop près, tant les ressemblances_[25,6][25,6] peuvent s'en avérer elles aussi surprenantes :
- brillant de partout [26][8, notes 10,11][27, notes 13 à 15][28],
- éviter_[25,8][25bis,8] d'ouvrir [16,(§19)] hors nécessité_[25,6][25,6] du moment,
- "vitalité" globale plutôt discutable [29][30][31][32][33][34][35][36][37]
- …et autres efficaces répulsifs qui, pour l'illusion [38, APR note 44][39] passagère de s'offrir_[40,[19]] son petit salut perso [41][42, notes 6>16], ne sont vraisemblablement pas indifférents à ce quesoient de plus en plus nombreux_[8, AV note 7?][27, AV note 10?] ceux qu'indiffère plus directement un "débat" qui leur semble pour le coup appartenir à une autre planète [43]. Encore que… si leur apparaissait_[44, notes 1,2] inopinément un petit homme vert, qui sait s'ils ne le trouveraient pas moins étrange_[45,[4]] que "d'impeccables" "accédants" à une "communion" sans miséricorde [46] ? C'est fou, non ?

Petit homme vert+Perrier.jpg

            La miséricorde ? C'est bien au sujet précis de celle-ci que nous laisser à présent la parole à notre auteur : même à le "déconnecter" du strict contexte "catho-interne" de "l'accès à la communion des divorcés remariés", il est patent que la "dénaturation" de "la notion même de miséricorde"[16, note 8][47, APR note 88][48, notes 52 à 54][49] est à l'ordre du jour bien au-delà d'un tel contexte.

 

La méta-tentation de la miséricorde

TC ne pas détruire.jpg(§1) Débattu aujourd’hui à nouveau, l’accès à la communion des divorcés remariés s’inscrit dans un processus général qui en se déconnectant de la conversion dénature la notion même de miséricorde et méconnaît l’appel à la sainteté du Père de toute miséricorde. Sans péché [50, notes 10 à 12][51, notes 25 à 30][52, APR note 94][53, note 15][7, note<121>][54, APR note 72], plus de miséricorde possible ni conscience de la possibilité de se tourner vers Dieu.
Paradoxe ?

Une telle expression joignant miséricorde et tentation n’est-elle pas un paradoxe douteux ?
(§2) Jean-Paul II dans Dives in misericordia note que« plus peut-être que l’homme d’autrefois, la mentalité contemporaine semble s’opposer au Dieu de miséricorde, et elle tend à éliminer de la vie et à ôter du cœur humain la notion même de miséricorde »[55,2.,§3]. Il me semble qu’une des figures de cet effacement est une représentation mentale pervertie de la miséricorde. On peut en effet s’opposer à quelque chose soit en le rejetant, soit en s’en faisant une image tronquée et dénaturée. La deuxième attitude est plus subtile car elle ne se présente pas comme une opposition mais bien au contraire comme une manière d’honorer ce qui est, en réalité, bel et bien rejeté dans sa nature propre.

La question des divorcés-remariés

(§3) La question de l’accès aux sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation des fidèles divorcés et remariés civilement est revenue au cœur de l’actualité ecclésiale et médiatique. À cette occasion beaucoup ont de nouveau réclamé une approche pastorale et non plus juridique de ce problème majeur. La première serait attentive aux personnes accueillies dans leur unicité ; la seconde serait objective et impersonnelle. Ces deux approches s’incarneraient dans deux pratiques opposées de la vie sacramentelle. La miséricorde est alors invoquée pour souligner à quel point seule la première correspond au cœur de Dieu. La loi n’est-elle pas liée à la justice dont la miséricorde est le dépassement ? Rester sur une approche légaliste de l’accès aux sacrements serait une nouvelle forme de pharisaïsme. Le magistère ecclésial aurait jusqu’alors toujours privilégié la loi et le dogme, ressemblant étrangement à ces pharisiens disposant de lourds fardeaux sur les épaules de leurs disciples. Le temps serait enfin venu de vivre pleinement les valeurs évangéliques dont la miséricorde est la quintessence. Au terme d’un temps de pénitence, dont les conditions seraient à préciser, les divorcés remariés devraient être admis à la réconciliation sacramentelle et à l’Eucharistie. Leur refuser serait faire preuve d’obstination aux antipodes de l’empressement de Jésus à guérir les blessés de la vie et à pardonner aux pécheurs.

Le pardon de Dieu

(§4) Si Dieu n’est que pardon pourquoi l’Église s’entêterait-elle à mettre des conditions au don de Dieu ? La médiatrice de la grâce divine deviendrait-elle son principal obstacle dans une sorte d’avarice insupportable ? Une telle Église serait davantage un organe de pouvoir (nostalgique d’un temps de chrétienté ?) qu’une servante de l’humanité souffrante. Depuis quand le Bon Samaritain [16, notes 13>56,Lc(2)] ou n’importe quel médecin digne de ce nom ­pose-t-il des conditions objectives au soin qu’il dispense ?

(§5) J’utilise à dessein le préfixe « méta » car celui-ci renvoie en grec à une dimension plus fondamentale et englobante [57, APR note 390]. La méta-tentation assume [38, APR note 30/2][58, note 223] toutes les autres et donc les rend vaines [22][59,Ec(1)]. Comme le dit Jean-Paul II, la mentalité contemporaine a du mal avec la miséricorde car celle-ci semble impliquer la misère, et du coup être synonyme de pitié. Être l’objet de la miséricorde, c’est perdre sa dignité d’homme capable et autonome. Est-ce paradoxal avec ce que je viens de dire plus haut ?

Miséricorde sans conversion

(§6) Non car ce refus de la miséricorde, chez beaucoup de chrétiens imprégnés de la mentalité actuelle, se drape justement dans l’appel à la miséricorde. En effet, le présupposé de tout ce que j’ai exposé consiste à déconnecter la miséricorde de la conversion [60, note<15>]. Les divorcés remariés sont bien sûr l’objet de la miséricorde de Dieu comme n’importe quel pécheur mais seuls la contrition de son péché reconnu comme tel et le ferme propos de le rejeter peuvent permettre de recevoir la miséricorde. Vouloir être pardonné sans reconnaître son péché est une contradiction dont l’apparente solution consiste à dénaturer ce que l’on entend par miséricorde. En fait, c’est tout simplement le péché qui est nié en tant que tel. Ainsi les divorcés remariés ayant de nouveau accès à la vie sacramentelle ne seraient ni mariés ni adultères, ils seraient dans un entre-deux qui en tout cas ne serait pas peccamineux. Or s’il n’y a pas de péché, vaine et inutile est la miséricorde, puisque celle-ci est la réponse de Dieu à la misère de l’homme. Avec l’évacuation du péché disparaissent aussi la conscience de la liberté et sa capacité à se tourner vers Dieu en réponse à l’appel à la sainteté qu’Il adresse à tous les hommes quel que soit leur péché.

Thibaud Collin est philosophe. Dernier ouvrage paru : Sur la morale de Monsieur Peillon, Salvator, 142 p., 14,50 €.

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Article librement reproduit du blog de

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reproduisant lui-même sa propre édition papier
du n° 1563 du 29 mars 2014 (p.3)

 

"L’interprétation" typographique de la mise en page -distinction et numérotation de paragraphes (§), ajout de notes de renvoi ([x]), ainsi que l’ensemble des illustrations- est de l'initiative de l’auteur du présent blog. L'introduction (en (§1)) et les intertitres sont de L'Homme Nouveau.

lundi, 17 juin 2013

Des coquilles dans le texte ?…

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Calimero, un héros très français

Alors que le petit poussin dépressif fête ses 50 ans au festival d'Annecy, Gaumont animation produit 104 nouveaux épisodes de ses aventures pour une diffusion sur TF1 en 2014. Plus actuel que jamais, Calimero ?

[1]  « C'est vraiment trop injuste ». L'expression que l'oisillon pleurnichard ne cessait de bredouiller dans le dessin animé des années 70, pourrait bien être le leitmotiv d'une France qui n'a pas le moral. Calimero [LF1] revient en 2014, dans une nouvelle série fort à propos. Pour le sociologue Jean Viard [LF2][2], qui a publié Nouveau portrait de la France [3], nous Jean Viard.jpgvivons dans « une société de bonheur [4] privé et du malheur public ». C'est un peu la grande maladie de Calimero, dont les nouvelles déconvenues seront diffusées par TF1 : avoir le sentiment d'être le vilain petit canard [5]. « Deux tiers de l'humanité est sortie de la pauvreté s'enorgueillit le sociologue. C'est une avancée historique, mais en France, nous voyons ça comme de la concurrence des pays émergents. De même, tout le monde est terrorisé par le chômage, dont les chiffres sont élevés, certes. Mais globalement 90% d'actifs travaillent. »


[2]Le Français aurait le don de toujours voir les mauvais côtés des choses, comme le anti-héros du dessin animé créé par Toni et Nino Pagot, en 1962. Depuis la fin des années 80, le pessimisme serait même une seconde nature dans notre société. Calimero, qui avait été privé d'antenne pendant quinze ans, avait d‘ailleurs fait son grand retour dans les chaumières au début des années 90. « La France est un pays profondément dépressif parce que le projet français est détruit depuis un quart de siècle poursuit le sociologue. Il y a une nécessité de produire un nouveau récit politique et collectif français. Le seul affrontement capital/travail, le moteur depuis la Seconde Guerre mondiale, n'est plus en phase avec notre temps. Nos politiques devraient se frotter à l'intégration de la France dans l'Euroméditerranée [LF3], ou au défi écologique. »


Une génération Calimero sortie de l'œuf ?


[3]Vingt ans plus tard, une nouvelle génération, née avec la crise, peut-elle se reconnaître dans le spleen de Calimero ? « Le bonheur diminue toujours après vingt ans, car le marché du travail casse le moral. Mais j'ai l'impression que les jeunes sont plus heureux qu'on veut bien le dire. Le fond du problème : les gens mettent sur le même plan le travail et la vie privée. Hors, les Français n'occupent que 10% de leur temps au travail. Même s'il n'y pas de généralités, les jeunes sont heureux pendant leurs études », explique encore Jean Viard.

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[4]Autre point de comparaison, Calimero, petit oisillon noir avec une coquille d'œuf sur la tête, a toujours le sentiment d'être mal perçu. L'Hexagone aussi. « La France oublie qu'elle a de vrais atouts, comme l'industrie du luxe par exemple. Ça n'est pas innocent. Notre pays suscite le désir, même si nous sommes peu compétents[6] en matière de service à la personne. »


[5]Si le moral de la France est morose, celui de Calimero remonte doucement. En 2014, il revient plus optimiste, sans zozoter et toujours coiffé de sa coquille d'œuf ébréchée. « On a essayé de faire en sorte que le personnage ne soit plus la victime qu'il a été dans le passé », confessait Pierre Balaïsch, patron de Gaumont [LF4] Animation à 20 minutes. La perception de Calimero aurait changé. Les Français ne le trouveraient plus si plaintif que ça....

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Maxime PARGAUD. 

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            « C'est vraiment trop injuste », en effet. Car si on a essayé de faire en sorte que calimexpert2.jpgle personnage ne soit plus la victime [7] qu'il a été dans le passé [5], on s’essaie dans le présent [8] à faire en sorte que la perception de Calimero change… mais peut-être pas exactement dans le sens sociologique qui nous est proposé. Qui donc fête ses 50 ans au festival d’Annecy ? Aura-t-il seulement le goût de la fête [9][10] ? Il s’agit en l’espèce d’un petit poussin "dépressif"©[11][12][13][14]. Or, quand on est "dépressif"©, le moral n’est-il pas morose ? Ne prend-on pas ses "médicaments"©[15,com.7][16, APR note 74][17, APR note 333][18][19,com.8§3] "antidépresseurs"©[20][21] ? Font-ils remonter doucement ? Font-ils revenir plus optimiste [22][15], etc. ? Dans le cas contraire, oui… « ce serait vraiment trop injuste ».
            « C'est vraiment trop injuste [23, note 51/2][24, note 51(<129)][25, note 308] », en effet : que cette expression soit associée à un petit poussin "dépressif"©. Cela fait en sorte que la perception de Calimero change… en associant [26, APR note 107] inversement « ce qui est vraiment trop juste [27, notes 1,2] » à ce qui n’est pas"dépressif"©. Or, il se trouve que ce qui est le "moins" suspect de l’être est précisément ce qui "soigne"©[28][28bis] la "dépression"© ! Et là, « c'est vraiment trop injuste »[29] ! [...] « Je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup de disciplines qui aient fait autant de progrès en trente ans que la psychiatrie. Nous avons appris à savoir reconnaître et à soigner une dépression dans 80% des cas.[30][31][32, notes 57 à 59]

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            Les Français ne le trouveraient plus si plaintif que ça [5] ? Ils ont bien raison,1610586661.jpg cependant : ne trouvent-ils pas d’oiseaux autrement plus friands de plaintes qu’un fragile oisillon pleurnichard [32>32bis][34][35>36][37] ? Ce qui leur fournit abondante matière à se trouver beaucoup plus plaintifs que ça ! « On a essayé de faire en sorte que le personnage ne soit plus la victime qu'il a été dans le passé »[5] : essai réussi, mais on n’a pas attendu le patron de Gaumont Animation pour le transformer. Dans le présent, le personnage ne se sent-il pas mieux dans sa peau, comme bourreau [38][39][40][41][42][43, notes 36 à 38] des "bourreaux"©[44] des "victimes"©[45][46][47, note 6][48][49][50][51] ? De fait, c’est le sociologue qui n'est plus en phase avec notre temps : « la France est un pays profondément dépressif parce que [2]… » surpeuplée de "dépressifs"© d’un côté -et de "héros"©[52][53] anti-héros [54, APR note 32][20] de l’autre- depuis qu’ils "perçoivent"© que « ce qui est vraiment trop juste» n’est pas "dépressif"©. Dans ce cas, ils n’ont pas même besoin de subordinateurs de la comprenette [55] pour en avoir saisi la commutativité :  ce qui n’est pas "dépressif"© « est vraiment trop juste [56][57] » ! C’est pourquoi  le nouveau récit politique et collectif français [2] consiste plutôt –sauf rupture momentanée [58]- à confier « ce qui est vraiment trop "justice"©©©[59, APR note 458][60, APR note 309][61] » à qui "soigne"© la "dépression"©[62][63, notes 34 à 38][64][64bis]. Contre une avancée historique, rien de moins qu’un recul préhistorique [65][66][67][68][69][70][71][72][73][74][75][76][77, APR note 57][78][79] !

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            L’inconvénient en est cependant que la perception de la terreur [1] change aussi [80][81][82][83][84] : plutôt que le chômage, elle concerne à présent les "monstres"©[27][85][86][87][88][89][90] et autres "fantômes"©[91][92][93][94][95]. Au sujet de ces derniers, rien à faire : puisqu’ils passent au travers des murs [96], il convient de fuir [97][98][99]. Pour les premiers, en revanche, il y a une nécessité de les enfermer [100] Arthur faisant fuir.jpgafin d’éviter l’affrontement "bourreau"©/"victime"©[101] à qui ne l’ose [102] pas… tout en osant « vraiment trop justement » demander [103,3°)][104][105][106] leur enfermement. Les chiffres aussi sont élevés, certes [1][107][108]. Mais globalement 90% de tranquillisés d’esprit [17, note 402/2][109] s’en trouvent "aidés"©[110, note 61][60, notes 358>360][111, notes<120>] à devenir plus vaillants [112][113].
            Aussi, afin de continuer de vivre dans « une société de bonheur privé »[1] -de se le préserver à tout prix dans un monde si "dépressif"©[114] par ailleurs !-, que personne n’aille s’aviser de se reconnaître dans le spleen [3] de ces 50% de "Calimeros" dont même les "spécialistes"©[115, APR note 106][116, note 6][117][118][119] parviennent à distinguer la coquille d’œuf [120] : ce qui casserait le marché [121][122][123] le moral de tout le monde [124, note<12>] en renforçant le « malheur public »[125]

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jeudi, 06 juin 2013

Protagoras, Sophocle, Socrate, Aristote et les autres…

La leçon d’Aristote

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L’homme est-il la mesure de toutes choses ou existe-t-il des lois qui lui sont supérieures ?[ Soulevée par des admirateurs de canards sans tête [1]-et autres défenseurs de bestiaux imaginaires à longue queue [2]-, ]la question du « mariage pour tous »[3][4, notes 21 à 23][5, note 19][6, AV note 299][7, notes 436 à 439][8, note 45]a remis sur le devant de la scène cette antique question et souligne la nécessité de redécouvrir l’importance du droit naturel. Une exploration historico-juridique qui s’ouvre ici par une visite de l’apport d’Aristote.


       (§1) Dès la plus haute Antiquité, en Mésopotamie, les textes attestent d’une réflexion sur les notions de « droit », de « justice », et de « loi ». Ces textes définissent l’origine et la finalité du droit. Dans les cités grecques, les penseurs [9] qui s’intéressèrent à l’organisation de la cité se sont très tôt interrogés sur les fondements du droit.
       (§2) La contradiction possible entre une justice établie par la loi, c’est-à-dire par la volonté de ceux qui ont le pouvoir de l’édicter, et une justice qui serait l’expression d’un ordre naturel échappant à la volonté humaine fut, par les sophistes [10], tranchée au bénéfice de la volonté législative. Ainsi Protagoras [11] affirme que l’homme est la mesure de toutes choses ; que seule compte la loi humaine ; que rien n’est supérieur à celle-ci : « Quelles que soient les choses qui apparaissent à chaque cité comme justes et bonnes, elles demeurent justes et bonnes pour la cité tant qu’elle le décrète ».
       (§3) Face à eux se dressa Sophocle [12] qui invoque, dans Antigone [12bis], l’autorité des lois non écrites et immuables des dieux. De leur côté, Socrate [13][14, note 2] et ses disciples, Xénophon [15], Isocrate [16], Platon [17] affirmèrent l’existence d’un droit indépendant de la volonté humaine, supérieur à l’arbitraire des hommes. Leur réflexion fut approfondie par Aristote.

Aristote dans ses écrits

       (§4) Aristote [16] (384-322 av. J.-C.) s’intéressa au droit naturel et à la justice dans trois de ses œuvres : dans la Politique [17][18pdf], il traite de la nature de la société, de la notion de justice et de la constitution de la cité. Dans les Éthiques, notamment dans le cinquième livre, l’Éthique à Nicomaque [19][20doc], il traite de la morale et de la justice. Dans la Rhétorique [21][22pdf], il traite du rôle de l’avocat [23/1][23/2][23/3][24/1][24/2][24/3][25][25bis][26>27][28][29|30]. Deux notions jouent ici un rôle essentiel : l’idée du bien [0, notes 23>30 !!!]  et la notion de nature.
       (§5) Aristote affirme que l’homme recherche le bonheur [31, note 5], que ce bonheur consiste à agir « conformément à la vertu parfaite »[32][33, APR note 5] et à être « suffisamment pourvu de biens extérieurs »[34][35][36]. Ainsi, le bien est la finalité « dans toutes les sciences et tous les arts ».
     (§6) Or, la traduction de ce bien en politique est le juste : « Le juste, c’est le bien politique » (Politique, III, 12). Aristote consacre une place importante à définir la notion de justice. « La justice est un raccourci de toutes les vertus »[37]. Elle permet aux gouvernants de faire régner le bonheur dans la cité en encourageant l’accomplissement d’actes bons et en décourageant l’accomplissement d’actes mauvais [38].
     (§7) Ainsi, « la loi prescrit d’agir en hommes courageux [39][39bis][40] : elle interdit, par exemple, d’abandonner son poste, de fuir [40, notes 1 à 3][41][42, notes<595>][43], de jeter les armes [44] ; d’agir en homme intempérant : elle interdit par exemple l’adultère et la violence [45] ; d’agir en homme doux [46][46bis][47][48][49][50][51][52] : elle interdit par exemple de frapper et d’insulter [53], et ainsi de suite » (Éthique à Nicomaque).
     (§8) Dans les relations individuelles, Aristote distingue deux aspects : la justice comme vertu et la justice comme action. Dans les deux cas, la justice consiste dans l’attribution équilibrée des choses. « Elles relèvent du juste milieu » (EN, V, 9)
     (§9) Au sein de la justice politique [54, APR note 18], Aristote distingue entre la justice naturelle et la justice légale : « La justice politique (…) est de deux espèces, l’une naturelle et l’autre légale. Est naturelle celle qui a partout la même force et ne dépend pas de telle ou telle opinion ; légale, celle qui à l’origine peut être indifféremment ceci ou cela, mais qui une fois établie s’impose » (EN, V, 10).

Les critères de distinction

     (§10) Quels sont les critères qui permettent de distinguer la justice naturelle de la justice légale ?
1. La justice naturelle est fondée sur la nature alors que la justice légale est fondée sur la volonté de l’homme.
2. La justice naturelle est objective, elle a « partout la même force », alors que la justice légale est subjective, elle dépend de « telle ou telle opinion ».
3. La justice naturelle a une autorité en elle-même tandis que la justice légale a besoin d’être établie pour s’imposer.
4. La justice naturelle est plus stable que la justice légale, tout en étant, selon Aristote, susceptible de changement.
     Quel est le contenu de cette justice naturelle ? La justice naturelle consiste à attribuer à chacun ce que la nature lui destine. Le contenu de la justice naturelle résulte de l’observation objective de ce qu’est la nature.
     (§11) Plusieurs principes s’imposent à cet égard dans l’œuvre d’Aristote :
1. La société est naturelle à l’homme (P, III, 9).
2. L’union de l’homme et de la femme en vue de la procréation.
3. Le lien d’amitié entre les membres de la cité
[55].
4. La recherche d’une vie heureuse, la recherche du bien et du juste
[56][57][58][54][59] etc. !.
5. L’existence au sein de la cité d’un gouvernement dont la conduite est confiée aux meilleurs
[1!!!][3!!!][60][61][62][63].
6. La propriété privée des biens fonciers
[64][65][66, note 19][67].
     (§12) La réflexion d’Aristote exercera une grande influence à Rome, sur Cicéron d’abord, sur les grands jurisconsultes romains ensuite, mélangée à des influences stoïciennes.

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Philippe Pichot-Bravard
Docteur en droit et écrivain, auteur de

Conserver l’ordre constitutionnel (XVIe-XIXe siècle),
Ed. LGDJ, 534p., 45,65 €

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Article librement reproduit de 

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(édition papier)
n°1537 du 2 mars 2013 (p.23)

"L’interprétation" typographique de la mise en page -distinction et numérotation de paragraphes(§), ajout (parfois abondant) de notes de renvoi ([x]) et autres liens intégrés, ainsi que l’ensemble des illustrations- est de l’entière initiative de l’auteur du présent blog.

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       Hormis la dite "interprétation" énoncée ci-dessus -et hormis l’addition (placée entre crochets) du paragraphe introductif en vert-, pas une virgule n’aura été ôtée ou rajoutée à ce texte, reproduit tel quel et reflétant par conséquent la réflexion de son auteur. Une réflexion à laquelle on adhère ou non, de même que l’on adhère ou non à celles auxquelles il nous renvoie : chez Aristote, bien sûr, comme chez nombre de ses contemporains grecs. Ce qui, précisément, dépend de « telle ou telle opinion »(§10)… ou de la volonté de réflexion propre à tout un chacun. Contrairement au texte original –sur papier-, cette reproduction numérique s’autorise également des notes de renvoi en externe : plus précisément, vers des sources proposant elles-mêmes des éditions en ligne (parfois dans leur version intégrale) des différents ouvrages cités par l’auteur.
       Cependant, il est permis de ne pas être assez courageux pour aller s’y aventurer de manière exhaustive… sans être immédiatement suspect d’être concerné par le (§7) ! Il l’est également de ne pas être juriste dans l’âme –ce qui est ici exprimé ne ressortant guère d’un jargon ésotérique-, pour que ce rapide survol historico-juridique suffise déjà en soi à prendre la mesure de certaines choses, celles-ci nous étant plus proches que la haute Antiquité.

       Maintenant, est-ce bien seulement la chronologie qui nous éloigne de Protagoras, Sophocle, Socrate, Aristote et d’autres penseurs de cette époque ?…
       S’intéressant à l’organisation de la cité [68] –de la citoyenneté [69]- ils se sont très tôt interrogés sur les fondements du droit (§1). En dehors de notre auteur du moment –et de ses lecteurs-, qui s’interroge sur le droit sinon pour le revendiquer, l’appliquer, le contourner… voire le contourner en le revendiquant [70][71] afin de ne pas (!) l’appliquer [72, note 51][56, notes 10 à 14][73, note 0/1(>336)] ? Au milieu de la cacophonie de ses Codes [74, notes 40 à 44] -rendus de plus en plus inapplicables par les contradictions qui en submergent leurs articles-, qui ose encore parler de "fondements" du droit… ailleurs que dans une jurisprudence [73, notes 0/7,0/8(>336)][75, notes 273>274][76] de la dernière chance ? "Fondements" bien misérablesau demeurant : le mot lui-même pourrissant sur pied depuis que son préfixe et son suffixe ont été à leur tour atteints par les métastases, il serait presque plus facile de chercher des poux dans la barbe (parfois fournie) des aïeux grecs que de trouver du "droit" ou de la "prudence" dans ce que l’on prétend désigner ainsi.
       Redécouvrir l’importance du droit naturel ? Même à se souvenir qu’il existât –qu’il préexistât à l’autre-, encore faudrait-il commencer par crever la baudruche de celui qui lui supplée et l’asphyxie : le droit "culturel"[10, AV note 26][77, notes<503>]. Ne plus savoir "fonder" le droit que sur la jurisprudence, c’est déjà fonder du droit "culturel" ; puis de la "justice"… de même nature si l’on ose dire : le "goût" de la justice naturelle, mais la stabilité en moins. Ce "goût" reste entre guillemets, celui de l’injustice acquérant quant à lui un mordant plus prononcé, ainsi qu’une étonnante stabilité.

       S’il n’est pas un mystère que la pensée des sophistes et d’un Protagoras (§2) est très largement partagée de nos jours, il apparaît en revanche que celle d’un Sophocle (§3) ne l’est pas moins. Sauf que nous ne sommes plus dans la plus haute Antiquité : c’est-à-dire que, loin de se dresser face au néo-Protagoras, le néo-Sophocle fait désormais chorus avec les premiers. Nous obtenons alors le cocktail suivant : par les premiers, "l’homme est la mesure de toutes choses ; seule compte la loi humaine ; rien n’est 313695480.jpgsupérieur à celle-ci" ; par le second, fait "autorité"[78, notes 79,80][79, notes 311] l’inénarrable loi non écrite [80, notes 253,254][81][82, note 60(<190)][83, notes 116,117][1, note 46][84, notes<72>][85, AV note 317][59, notes 24 à 26][86, notes 31 à 33] et comme immuable [86, APR note 125][87,[7]][88, notes 32 à 36] des… néo-dieux [89] ! En effet, grâce à ces derniers –et pour eux (accessoirement, afin de résoudre le casse-tête inextricable de lois inapplicables)-, une seule loi écrite gomme à présent toutes les autres comme par enchantement (leurs infractions [90] incluses, ce qui accentue son intérêt), conférant ainsi à ces dernières un statut de lois non écrites [91] : les articles jokers universels L-3212-1 [92][93] et  L-3213-1 [86, notes 50>94][86, notes 114>95] du code de la "santé publique"©[96][97] mettant à eux seuls un terme à toute tentative de réflexion sur la moindre notion de « droit », de « justice » ou de « loi »[98][99].
       Grâce à eux encore, s’il reste d’actualité que l’homme recherche le bonheur (§5)[100], celui-ci ne consiste plus désormais qu’à agir « conformément à la néo-vertu [33, APR note 5] parfaite » et à être « suffisamment pourvu de biens intérieurs » : soit de bénéficier d’une attribution équilibrée (§8)… de la chimie de son cerveau [101][102, note 194][103, note 65][104][105, notes<100>][106]. Protagoras se voit ainsi paraphrasé à l’échelle individuelle comme à l’échelle collective. "Le tiers est la mesure de toutes choses ; seule compte la loi humaine du tiers ; rien n’est supérieur à celle-ci" : si le message passe, le L-3212-1 suffira. S’il ne passe pas, on le bascule à l’échelle collective : "l’"ordre public"© est la mesure de toutes choses ; seule compte la loi humaine de l’"ordre public"© ; rien n’est supérieur à celle-ci"… sinon le L-3213-1 qui se donne pour "vertu" de le rétablir en dissolvant le "trouble"© afférent : un "trouble"© assez extraordinairement vague [107] pour que sa définition puisse englober la moindre contrariété à quelque tranquillité d’esprit [108, note 402/2][109]privée. Dans un cas comme dans l’autre, l’auberge espagnole [110] de "la "santé mentale"©[111][112,com.60>62] se fait la mesure de toutes choses ; seule compte la loi humaine de la "santé mentale"©[38] ; rien n’est supérieur à celle-ci"… sinon une "santé publique"© qui va lui offrir une caisse de résonance à la mesure de ce qu’elle y trouve son propre intérêt.
       Ou encore : "le "culturel"© est la mesure de toutes choses… y comprises des plus naturelles (!) ; seule compte la loi humaine du "culturel"© ; rien n’est supérieur à celui-ci".

       Il n’est toujours pas besoin d’être juriste –ou aussi fin lettré que Protagoras, Sophocle, Socrate, Aristote et les autres, de l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui- pour savoir se livrer à l’observation objective de ce qu’est (§10)… cette "culture" de la "santé mentale"©, concept (heureusement) inexistant avant le XVIIIe siècle [112,com.61>113,[3]] : un pied de nez magistral à la culture en général… et à la pensée d’Aristote en particulier.
       « La justice est un raccourci de toutes les vertus »(§6) ? La "santé mentale"© se constitue un raccourci de tous les vices. Sous son auspice, les arbitrairissimes articles de type L-3212-1/L-3213-1 "affirment l’existence d’un droit indépendant de la volonté humaine, supérieur à l’arbitraire (!) des hommes"(§3)… en poussant cet arbitrairetumblr_mmsebzm5J81qbdir4o3_r1_4001.gif jusqu’à l’incandescence [114] par l’impression, l’illusion [115, APR note 44] de le calquer sur "l’attribution équilibrée des choses"(§8) entre la "justice naturelle" et la "justice légale" : "l’accident naturel" présupposé (totalement arbitraire, par définition) d’un prétendu "déséquilibre chimique du cerveau"©[0, notes 101 à 106] accomplit la première… ainsi que "l’accident thérapeutique"©[116] qui l’entretient alors "naturellement" [sic] dans la durée ; véhiculée par les alibis -tout autant arbitraires- de la "culture" "santé mentale"© et consorts, la deuxième "s’impose" en effet par son besoin croissant "d’être établie"[38](§10,3.). Si des textes de type L-3212-1/L-3213-1 attestent d’une "réflexion" sur les notions de « droit », de « justice » et de « loi », une telle "réflexion" atteste surtout de la volonté délibérée d’évacuer toute amorce de réflexion peu ou prou étrangère au concept "santé mentale"© ; comme le serait par exemple l’approfondissement d’une réflexion… sur le droit, la justice et la loi. Phagocytée par le dit concept jusqu’à la moelle [117][118, notes 34 à 38][119][120][56], sa réflexion étant paralysée hors "santé mentale"©, la justice devient à son tour le raccourci de tous les vices.

       Le reste est à l’avenant : quels sont les critères qui permettent de distinguer (§10)… cette néo-"justice" "légale" et "culturelle" de la justice naturelle ?
1. La justice "culturelle" est fondée sur une "culture" elle-même fondée sur la volonté de l’homme, qui en fonde enfin sa "justice légale" : l’ensemble tourne alors en circuit fermé.
2. La justice "culturelle" est ô combien subjective, elle capte « partout la même force »… de la justice naturelle à son profit, rendant la "justice légale" plus subjective encore que ce qu’elle était déjà, elle dépend plus que jamais de « telle ou telle opinion » : celle-ci étant déguisée [85] tantôt en "nécessité thérapeutique"© tantôt en exécution docile de la dite "justice légale".
3. N’ayant en elle-même qu’une fragile "autorité"©[78, notes 79,80][79, notes 311] "médicale"©, la justice "culturelle" a un besoin pressant d’être établie par la "justice légale" pour s’imposer… afin d’être imposée, par exemple, à qui s’intéresse de trop près à la pensée d’Aristote : aussi dévoyée soit-elle, la "justice légale" garde encore de nos jours comme une aura de représentation du "bien et du juste"(§11,4.)… chez ceux qui n’en subissent pas directement les effets [121, APR note 19][122, notes 29 à 35], il va sans dire.
4. La justice "culturelle" est aussi stable que la "justice légale", tout en étant, selon les "autorités"© "médico-judiciaires"©, susceptible d’améliorer cette stabilité… notamment par l’entretien en externe [123] de cette aura évoquée au point précédent.
       Quel est le contenu de cette justice "culturelle" ? La justice "culturelle" consiste à confisquer arbitrairement à chacun ce que la nature lui destine. Le contenu de la justice "culturelle" résulte de la quasi-phobie [124][125][126, APR note 73][127, notes 478,479] à l’encontre de l’observation objective de ce qu’est la nature.

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       Plusieurs principes s’imposent à cet égard dans l’œuvre de saccage méthodique du droit, de la justice et de la loi (§11) :
1. La société est "dangereuse"©[128, APR note 151][40, notes 4,5][129, APR note 46][130][131] à l’homme.
2. La désunion [132] de l’homme et de la femme en vue de la "protection"©[119,7,8][133,7,8][134, notes 36 à 38] contre le plus "dangereux"© des deux [95].
3. Le lien de complicité [135, note 59][136, note 32][137, note 6][138, note 26][139,(3)][140][140bis] entre les membres les plus peureux dangereux "protecteurs"©[141, APR note 32][142] de la cité.

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4. La recherche d’une vie peureuse heureuse, en évitant [133,8] (ou en s’en débarrassant [143] lorsqu’on n’a pas su l’éviter "préventivement"©) tout "dangereux"© fauteur de malheur [144][114, APR note 51][145>146][147>148] afin de continuer à faire partie des gens bien [149,[15]][150,[15]] et "culturellement" "justes"©
5. L’existence au sein de la cité d’un gouvernement dont la conduite [151] est confiée aux "meilleurs"… des gens bien et "culturellement" "justes"© : s’il s’avère à l’usage (et il s’avère assez vite… jusqu’à parfois dépasser l’entendement [1][3]) qu’elle a été confiée aux pires, il sera toujours temps d’invoquer pêle-mêle la dureté des temps [152, note 13/2], les rouages grippés du "système"[153, APR note 15] en place, la "fatalité"[154, note 9], le "mystère de la souffrance"[155, APR note 105][156, notes 31 à 34], les insuffisances de l’évitement "préventif"©, etc. [42, notes<595>]. Autant d’alibis qui permettent avantageusement aux gouvernants de faire régner le malheur dans la cité par la "lutte contre"©[141, APR note 32][142][157] celui qui existe déjà : non sans dresser à cet effet moult épouvantails destinés à pétrifier le citoyen en lui brossant la terrifiante [158][159] Epouvantail-dangereux.jpgperspective de malheurs plus grands.
podcastCe qui encourage ainsi l’accomplissement d’actes mauvais
[160, notes 151/2>195] et décourage efficacement l’accomplissement d’actes bons (§6). Grâce à quoi, la néo-loi proscrit d’agir en hommes courageux (§7) (sinon pour oser aller à la rencontre [161][162, APR note 171] de "monstres"©[163][164][165][166][167] redoutables [168][169][170]…) : elle interdit recommande, par exemple, de chasser le "monstre"© de son poste, de le fuir [40, notes 1 à 3][171], sinon de le découper en tranches, le lapider [172], le dissoudre dans un bain d’acide sulfurique, le guillotiner [173][174,com.1][175][176], le hacher menu comme chair à pâté [177], le laminer au rouleau compresseur, le jeter aux requins, le ratatiner [178][179] à la kalachnikov [180, notes 66,67][181] (tout ceci donnant au "monstrophobe"© l’impression, l’illusion [115, APR note 44] de suivre -encore un peu- Aristote en s’étant attaché à ne pas jeter les armes [182][183]…) ; d’agir en homme intempérant : elle interdit recommande par exemple l’adultère (en allant se Trois-dames-de-pique-biseautees.jpgjeter dans les bras de l’ennemi afin qu’il vous "aide"©[184, note 61][185, notes 358>360][186, notes<120>] à chasser le prochain [187][188][189(>190)]) et la violence (au nom de la "lutte contre"©[157][157bis][45][191, note<94>][192], bien entendu : aussi "fructueuse"© dans ses résultats que l’"extinction"© d’un incendie [193] par pompage du contenu d’une citerne -de mazout [194]]195, APR note 95]-, ou l’usage d’un VSAV [86, APR note 133>196] transportant n’importe qui… à l’exception d’une VICTIME) ; d’agir en homme "doux"©[0, notes 46 à 52][197][198] (notamment lorsque le "monstre"© peine à accepter [199] sa "monstruosité"©[200, notes 3,4][117, notes 17,18][201]: elle interditrecommande par exemple de frapper [202][203][204][205][206][207][208][209] à titre "préventif"©[210] et d’insulter [53][211], et ainsi de suite. (Et tant pique [212][213][214][28] à Nicomaque (§7))

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6. La propriété privée des biens fonciers… sauf "naturellement" chez les plus "dangereux"©fauteurs de malheur et autres "monstres"©"troublants"© de la tranquillité privée d’esprit "l’ordre public"© : "de plein droit"©[64][215], ces derniers n’en ayant aucun [0, notes 34 à 36][65][91][156, notes 5,6], ils doivent subséquemment trouver asile [216][217, APR note 83] sur d’autres fondements [218][219, note 188]. 


       "La réflexion d’Aristote exercera une grande influence à Rome, sur Cicéron d’abord, sur les grands jurisconsultes romains ensuite, mélangée à des influences stoïciennes"(§12).
       La… quoi : "réflexion" ? Qu’est-ce donc [220][221] ? Ah mais oui : n’est-elle pas bien pratique pour se raser [222][223], en effet ? Pourtant, à en juger par la longueur de la barbe [224>252] de ces penseurs [253] si intéressés à l’organisation de la cité -qui se sont très tôt interrogés sur les fondements du droit (§1)-, leurs bustes respectifs n’attestent-ils pas de leur manque abyssal de réflexion quant aux vertus d’un menton glabre ?

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 [224][225][226][227][228][229][230][231][232][233][234][235][236][237][238][239][240][241][242][243][244][245][246][247][248][249][250][251][252]


       La réflexion d’Aris… qui ? Ne nous laissons pas influencer [254] : d’abord Cicéron, ne sommes-nous pas condamnés à tourner [255][256] en boucle ? Ensuite, sachons demeurer stoïques en ne nous mélangeant pas aux Romains : à ce qu’on dit, ils seraient [257] fous…
       C’est dire que cette leçon d’Aristote ne vaut pas un fromage, sans doute [258].

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