Martha Stout, auteure de The sociopath next door, nous a toujours livré ici son condensé de "règles à suivre" afin d'éviter de tomber dans le piège des "psychopathes"©, promus au rang de "sociopathes"© dans un langage plus anglo-saxon. Is the next door open ? That’s the question ! Aussi, à toutes fins utiles, ne sera-t-il pas superflu de fournir un trousseau de clefs de décryptage en portant le regard (indiscret ?) par le trou de serrure de chacun des treize points cités.
1. « La première règle consiste à accepter le fait que certains individus n'ont littéralement pas de conscience. Pilule difficile à avaler puisqu'ils ressemblent rarement à Charles Manson ou Ted Bunty. Ils nous ressemblent en tout point. »
Puisqu’il s’agit de la première règle, il est permis d’en déduire que c’est la plus importante : celle qui va déterminer les autres. Pilule difficile à avaler : en conséquence, cette règle ne va pas de soi. Il est vrai que tout déni d’humanité est rarement accepté tel quel, demandant en préambule un travail de façonnage des esprits assez subtil pour les amener à accepter l’inacceptable. Certains individus n’ont pas de conscience : à prendre au sens littéral comme indiqué explicitement par l’adverbe. Un tel sens permet en effet de s’échapper momentanément du monde réel qui est là, pour tous [1, AV note 41] afin de se positionner plus confortablement dans celui de l’abstraction, réservé à une certaine élite qui, elle, a littéralement plus de conscience que ceux à qui il est proposé d’avaler la pilule. Or, celle-ci se trouve opportunément plus facile à avaler par un net renforcement des apparences favorables au monde réel : ils nous ressemblent en tout point. Ce trait comporte deux pôles opposés : un pôle inquiétant [2], un pôle rassurant [3]. L’objectif est de privilégier le premier, non en étayant précisément la forme de conviction sur la vérification de ce qui a été décrit [1, AV note 30] mais en lui apportant une sympathique touche de crédibilité par son opposition factice au second : la ressemblance en tout point permet en effet d’apaiser superficiellement le fait que la plupart des individus cultivent instinctivement une certaine peur de la différence [4] entre eux.
______Revenons à présent dans le monde réel qui est là, pour tous. Ils nous ressemblent toujours en tout point. Toute ressemblance n’a pas de sens hors symétrie : par conséquent, s’ils nous ressemblent, nous leur ressemblons aussi. Comment une telle évidence –presque une lapalissade- a-t-elle pu échapper à une psychologue de renommée internationale, puisqu’elle n’aborde ce point précis nulle part : ni dans la première règle, ni dans les suivantes ? Serait-ce qu’elle n’en a pas eu conscience ? Dans ce cas, la déduction logique consiste à accepter le fait qui s’impose à la conscience à son sujet. Admettons inversement qu’elle en a eu conscience : dans ce cas, la première question posée ne s’introduira plus par un "comment" mais par un "pourquoi". Pourquoi gommer un fait aussi évident, sinon pour laisser consciemment entendre une ressemblance à sens unique, absurde en soi, au sens littéral inclus ? Pilule difficile à avaler… sauf pour l’intéressée (comme pour ses semblables) chez laquelle la première règle consiste à ne pas accepter un fait aussi basique afin d’être artificiellement à l’abri en tout point de certaines ressemblances !
______Certains individus ont également conscience d’un monde réel qui est là, pour tous, mais qui présente l’inconvénient de ne pas toujours offrir la possibilité d’étayer précisément la forme de conviction sur la vérification scientifique de ce qui a été décrit, les obstacles majeurs à ce type de vérification en étant l’invisibilité [5,p.24] et l’immatérialité. Aussi vont-ils privilégier le témoignage en état de veille [6]… plutôt que celui en état comateux [1, AV note 41], difficile à avaler en tout point.
______Ceux-là n’ayant pas de raison d’être exclus de la première règle, il leur est également demandé d’accepter le fait que certains individus n'ont littéralement pas de conscience. Pilule moins difficile à avaler dès lors qu’ils prétendent avoir littéralement plus de conscience que la moyenne, le champ de leur conscience dépassant –ou se proposant de dépasser- celui du monde réel visible. Certains individus n'ont littéralement pas de conscience ? Ils nous ressemblent en tout point ? Voilà précisément un postulat invitant à dépasser le monde réel des ressemblances, visibles par définition : celle qui est d’ailleurs la plus communément admise à propos des "psychopathes"© n’est-elle pas cette "invisibilité" les rendant si difficiles à discerner ? Mais n’anticipons pas sur la huitième règle !
______En revanche est-il très recommandable d’anticiper sur les conséquences que cela implique : autrement dit, sur la digestion de la pilule avalée chez les individus concernés par ce paragraphe. Ceux-là ont donc accepté le fait que certains individus n'ont littéralement pas de conscience. Cette acceptation n’est pas sans accompagner son contraire : le déni. En effet, qu’est-ce accepter ce fait sinon accepter parallèlement que « les facultés de raison et de pensée chez » ces individus, « ces caractéristiques par lesquelles nous différons des bêtes », soient inexistantes ? Or, si l’existence d’un certain Théophylacte [7, notes 52,53] remonte à plusieurs siècles, si en beaucoup de points les mœurs en usage à son époque ne ressemblent pas beaucoup à celles de la nôtre, il reste qu’il diffère moins de nous… que nous différons des bêtes, aujourd’hui comme hier. La première règle consistant à accepter le fait que depuis des temps immémoriaux tous les individus normalement constitués naissent avec une tête, un tronc, deux bras et deux jambes, que rien de cet ordre ne diffère véritablement jusqu’à ce jour, accepter le fait "difficile à avaler en pilule" consiste néanmoins à ne plus accepter certains postulats multiséculaires alors que rien –visible ou invisible- n’indique qu’ils aient perdu de leur validité : quel va donc être l’objectif de ces "règles" de substitution… s’il n’invite pas à tomber dans un piège ?
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2. « Dans un conflit entre vos instincts et ce qu'implique le rôle joué par l'individu – qu'il soit éducateur, médecin, chef d'équipe, amant des animaux, humaniste, parent, etc. –, faites confiance à vos instincts. Que vous le vouliez ou non, vous êtes un observateur constant du comportement humain et vos impressions non filtrées, quoique alarmistes et paraissant non fondées, peuvent être d'un grand secours si vous les écoutez. Une partie de vous-mêmes sait, sans y avoir été éduqué, que les étiquettes impressionnantes et/ou à saveur morale ne donnent pas la conscience à celui ou celle qui n'en avait pas dès le départ. »
Peu chaut le rôle joué par l'individu : celui-là nous ressemblant en tout point, qu’importe en effet qu'il soit éducateur, médecin, chef d'équipe, amant des animaux, humaniste, parent, etc. S’il y a "conflit", vous êtes seul au monde avec vos "instincts" : faites-leur confiance, eux seuls ayant apparemment une conscience. Ce qui permet avantageusement de distinguer dans quelle espèce vous vous situez : animale ? humaine ? divine ?
"Que vous le vouliez ou non" indique déjà que votre volonté est placée hors-circuit : en conséquence, est exclue l’espèce divine.
"Vous êtes un observateur constant du comportement humain". Étant un observateur constant, vous n’en êtes pas acteur : la constance de votre observation en excluant d’emblée la disponibilité dans le temps. Ce qui est heureux, car serait-il recommandable pour la conscience d’être à la fois juge et partie ? En conséquence, est exclue l’espèce humaine. Ne viendriez-vous pas d’une autre galaxie, inconnue des observatoires humains ?…
"Faites confiance à vos instincts" ; "Que vous le vouliez ou non" nous ramène cependant sur terre, n’importe quel amant des animaux -observateur plus ou moins constant du comportement animal- vous expliquant que cela ressemble en tout point à cette espèce. La pilule n’en devient que moins difficile à avaler, la rare ressemblance avec Charles Manson ou Ted Bunty étant alors élucidée. La suite ne générera pas davantage de conflits pour vous confirmer dans l’espèce animale : vous légitimant, du reste, dans l’"observation constante d’un comportement humain" qui vous est étranger. Vos impressions sont non filtrées ? Ce n’est guère là le propre de l’homme : chez lui en effet règnent constamment de substantielles différences entre les individus. Un éducateur passera ses impressions sur un médecin au filtre de l’éducateur, et inversement ; idem en tous sens chez un chef d'équipe, amant des animaux, humaniste, parent, etc. Filtre négatif que chacun s’efforcera de tempérer par l’usage d’un filtre positif : la conscience de son contraire, tant chez lui que chez l’autre. Ce qui permet avantageusement de dégonfler nombre de baudruches en ramenant à de justes proportions moult impressions non filtrées, alarmistes et non fondées. Rien de tel chez l’animal, soumis comme on sait à la loi implacable de la pyramide alimentaire d’un écosystème conflictuel prédateur-proie : chez l’un comme chez l’autre, le fait que tous les individus qui le composent n'aient littéralement pas de conscience est si acceptable ( sauf au sein de certains cercles résolument végétariens ) que la pilule en est avalée sans que l’on en aie seulement conscience. Aussi est-il fondé que la proie –désireuse de se maintenir en vie- aie constamment besoin d’un grand secours. Dépourvue de tout recul relatif au rôle joué par l'individu, elle n’a à sa disposition que ses impressions non filtrées. Elle ne les écoute pas ? Bon appétit le prédateur. Elle les écoute ? Bon appétit le prédateur… mais –qu’il le veuille ou non-, ce sera pour plus tard.
Il reste cependant comme une parenté avec l’espèce humaine, mince filet d’espoir pouvant augurer qu’elle se redresse, ne marchant plus que sur deux pattes au lieu de quatre : tant pis pour le manque à gagner chez les marchands de chaussures. Ce filet n’est pas toujours des plus glorieux, mais au moins l’espèce animale en est-elle exclue : imagine-t-on en effet l’agneau poursuivi par le loup, faisant soudainement volte-face, poursuivant à son tour le canidé puis se jetant dessus et le dévorant ? Ce serait contradictoire ! Comme le sont les impressions non filtrées d’un grand secours si on les écoute, alors qu’elles sont alarmistes et non fondées : existe-t-il un secours plus grand que grand… pour le cas où elles seraient fondées ? La présence de la contradiction signe néanmoins -par contraste- celle d’un substrat consolateur de raison : encore faut-il l’éduquer [8, APR note 2][9, note 42], c’est-à-dire lui faire dépasser le stade des instincts en lui apprenant à filtrer ses impressions et aiguiser en prime sa différence des bêtes. Pas exactement l’objectif observable, tel qu’il est prévu de longue date par les chasseurs officiels de "psychopathes"©[10, APR notes 13,14] !
Patatras et pas de chance : on vous oriente sur une partie de vous-mêmes, celle qui "sait" sans y avoir été éduquée ! Or, si l’on examine l’espèce humaine, on observe
que tous ses organes savent effectivement fonctionner sans y avoir été éduqués. Tous ? Un irréductible résiste cependant à cet envahissant constat : celui-là même qui, paradoxalement, régule le fonctionnement de tous les autres ! Il est par conséquent exclu que cette partie de vous-mêmes -qui "sait" sans y avoir été éduquée- soit le cerveau : toujours pas de chance quand on sait que c’est plutôt par là qu’on est censé savoir. On exclura également les autres organes internes à vous-mêmes, trop occupés à remplir leurs fonctions respectives pour aller se disperser dans quelque "savoir". Quelle est donc cette mystérieuse partie ? Notre auteure ne le précisant pas, il ne nous reste qu’à songer instinctivement ( mais faut-il faire confiance à ses instincts ?… ) à une zone gravitant autour du nombril… voire à la situer un peu plus bas et de l’autre côté : une zone qui, pourtant, ne "sait" jamais aussi bien que lorsqu’elle est un peu rudement éduquée [11, im.6][12] ! Mais sommes-nous encore à une contradiction près ?
Quoi qu’il en fût, et à défaut de plus ample informé, cette partie de vous-mêmes est dotée d’une conscience telle qu’elle est capable de "savoir" quelles sont les étiquettes qui donnent ou non une conscience qui lui est extérieure ! Qui peut le plus peut le moins : n’a-t-elle pas été capable au préalable de définir celui ou celle qui en a -ou pas- dès le départ ? Sans doute aurait-il été également utile de définir ce qu’était "le départ" : ici encore, hors contexte ressemblant à ce qui est ferroviaire ou (aéro)portuaire, on songe instinctivement à la conception ou à la naissance. Dans un cas comme dans l’autre, ce ne sont plus certains individus qui n'ont littéralement pas de conscience… mais 100 % des individus : à ce régime, il va être très difficile "d'éviter de tomber dans le piège des "psychopathes"©" ! À ce propos, une si redoutable étiquette n’est-elle pas pourvue à satiété de tous les attributs qui conviennent pour la rendre ô combien impressionnante et/ou à saveur morale… étant instinctivement et constamment associée à des individus dont la morale réprouve le comportement ?
______Autrement dit, est unanimement accepté -dès la seconde règle- le retour à un implacable ordre moral, mal déguisé mais bien fondé… sur des instincts, ceux-là différant naturellement d’un individu sur l’autre : donc, offrant un potentiel inépuisable de conflits. Sans y avoir été éduqué, une partie de nous-mêmes sait-elle que le départ de tels conflits se greffe sur des étiquettes impressionnantes et/ou à saveur morale ? Notre auteure est à nouveau muette sur la question : pilule qui serait difficile à avaler si on ne savait d’instinct que personne n’a daigné lui en donner conscience…
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3. « Lorsque vous considérez une nouvelle relation, quelle qu'elle soit, pratiquez la "Règle de Trois" relativement aux déclarations et promesses qu'une personne fait, ainsi qu'à ses responsabilités. Faites de la "Règle de Trois" votre politique personnelle. Un mensonge, une promesse brisée ou une seule responsabilité négligée peut très bien n'être qu'un malentendu. Deux peuvent impliquer une erreur sérieuse. Mais trois mensonges impliquent probablement que vous avez affaire à un menteur, et la duperie est le premier indicateur d'un comportement sans conscience. Oubliez ce que vous craignez y perdre en coupant cette relation et sortez-en dès que vous le pouvez. Bien que cela puisse être difficile, rompre la relation maintenant sera plus facile et moins coûteux que plus tard. Ne donnez pas votre argent, vos secrets ou votre affection à un quelqu'un qui a récidivé trois fois. Vos précieuses qualités pourraient ainsi être gaspillées. »
______En attendant qu’éclose le projet grandiose d’agrandir substantiellement la place Vendôme (afin d’en agrandir parallèlement les vitrines luxueuses, susceptibles de pouvoir exposer vos précieuses qualités sur des écrins assez dignes d’elles pour qu’elles soient moins gaspillées), voici donc une "Règle de Trois" censée représenter une politique personnelle. Dès lors que cette politique se fait personnelle, elle est elle-même censée devenir relative aux déclarations et promesses qu'une personne en fait, ainsi qu'à ses responsabilités : qui sont bien les siennes, et non celles d’une relation, ancienne ou nouvelle. Ce qui peut déjà impliquer une erreur sérieuse : celle d’appliquer de telles "considérations" non plus sur une nouvelle relation, mais sur une autre : ancienne, voire établie sur une promesse mutuelle. Tant qu’elle concerne un collègue de travail, un commerçant, une relation de relation, considérer une nouvelle relation ne porte guère à conséquences si on envisage de la couper au plus tôt : ce peut être difficile quand on partage un espace commun de travail, quand un commerçant analogue est plus éloigné, quand la relation de relation… n’est pas elle-même coupée de la relation, etc., mais n’implique guère de coûteux effets dont, par rebondissements successifs, quantité d’autres relations feront les frais malgré elles. Leurs précieuses qualités pourraient ainsi être gaspillées… mais cette quantité n’est-elle pas négligeable si elles n’ambitionnent pas de s’exposer place Vendôme ?
______ Lorsque nous considérons comme ici une nouvelle variation de la psylangue [13], quelle qu'elle soit, pratiquons la "Règle de Traduction" relativement aux déclarations et promesses qu'une personne fait par son usage, ainsi qu'à ses responsabilités. Langue qui ressemble en tout point à la langue maternelle mais dont une partie de vous-mêmes sait, sans y avoir été éduqué, qu’elle ne peut être d’un grand secours que pour celui qui la parle couramment en l’ayant simultanément adoptée. Pratiquer la "Règle de Traduction", c’est avoir assimilé la langue sans nécessairement l’adopter : maîtriser la langue de Shakespeare ne rend pas automatiquement sujet de sa gracieuse Majesté ! Ressemblant en tout point à la langue maternelle, la psylangue, elle, ne nécessitera donc pas de sophistiqués supports -écrits ou audiovisuels- pour en envisager ou parfaire l’apprentissage. Sa difficulté est d’un autre ordre : celle de la distinguer de la langue originelle pour ne pas l’avaler. Pilule très facile à avaler, en effet, puisqu'elle ressemble en tout point à la langue maternelle ! Aussi convient-il d’écouter vos impressions non filtrées… avec une attention un peu plus soutenue : que vous le vouliez ou non, elles peuvent être d’un grand secours pour repérer ce qui est apparemment dans votre langue quand c’est en réalité exprimé en psylangue. Cependant, quoique paraissant alarmiste pour qui n’a pas particulièrement le don des langues, la pratique de la "Règle de Traduction" n’est pas si inaccessible : si l’on convient que dans le langage usuel les mots s’attachent à faire ce qu’ils disent, il faut simplement savoir qu’en psylangue ces mêmes mots ne sont plus que des coquilles vides. Non seulement cet aspect leur interdit de faire ce qu’ils disent, mais lorsqu’on les conjugue ensemble –c’est-à-dire, lorsqu’on les considère en relation- ils font très exactement le contraire de ce qu’ils disent. Moyennant cette clef de décodage –qu’il convient d’observer constamment-, nous pouvons revenir sur le contenu de la troisième règle.
______ Or, cette troisième règle est émise par Martha Stunt : c’est sa "Règle de Trois", sa déclaration… voire sa promesse implicite de bonheur (ou, plus relativement, de malheur moindre) pour qui la pratiquerait en l’ayant assimilée et adoptée. Néanmoins il s’agit bien de sa politique personnelle, et non de celle de notre candidat pratiquant. Dans le cas contraire, si elle l’était, personne n’aurait jamais entendu parler de The sociopath next door qui, au mieux, aurait remporté un symbolique succès d’estime auprès de cercles limités d’"initiés". Faire du lecteur de la "Règle de Trois" sa politique "personnelle" est un non-sens ; qu’on le veuille ou non, une politique qui se calque en tout point sur celle d’un auteur, quel qu’il soit, est de la responsabilité personnelle de cet auteur. Celui qui la pratique en aval n’ayant à répondre que de son adhésion, comme des conséquences des actions menées au nom de cette pratique : ce qui peut déjà être considérable… Quoi qu’il en soit, ce n’est pas sa politique personnelle. Cette seule responsabilité étant manifestement négligée, ce pourrait très bien n'être qu'un malentendu… si on en restait à la langue vernaculaire. Sous les auspices de la "Règle de Traduction", nous considérons une nouvelle "relation". La relation présuppose l’altérité, le sortir-de-soi pour aller vers l’autre. Or, l’objectif de la troisième règle est déjà parsemé d’une terminologie qui, en tout point, vide la "relation" aussi sûrement que l’on gobe un œuf cru : "personnelle", "mensonge", "brisée", "négligée", "malentendu", "erreur", "duperie", "sans conscience", "oublier", "craindre", "perdre", "couper", "sortez-en"(!), "difficile", "rompre", "coûteux", "récidive" et "gaspillées" ! Sans anticiper sur la douzième règle, à l’issue d’une telle énumération n’est-il pas réconfortant d’"apprendre" que la majorité des êtres humains soient capables d'amour ? En attendant, voilà une pilule difficile à avaler : sous l’accumulation de ces redoutables handicaps relationnels, ne serait-il pas plus facile -et moins coûteux que plus tard- de faire courir le grand prix de Vincennes… à un cheval de bois ?
______ Revenons à présent au lecteur -ou à celui qui, de près ou de loin, directement ou non, calque à son tour sa politique "personnelle" sur "celle" de quelque lecteur ou assimilé- ; plus précisément, celui qui plonge dans l’erreur sérieuse effleurée plus haut : appliquant de telles "considérations" non plus sur une nouvelle relation, mais sur une relation établie… entre conjoints, par exemple. Bien que cette dérive soit de la responsabilité de Martha Stunt, à seulement supposer qu’elle en aie littéralement conscience (préoccupée qu’elle est de nous "éviter de tomber dans" d’autres "pièges"…), ira-t-elle en assumer les conséquences logiques : s’armant de son bâton de pèlerin et parcourant le monde afin d’y prêcher de sérieuses mises en garde auprès de ses "disciples" ? La réponse coule de source pour deux raisons :
- la première est naturellement que la mise en pratique d’une opération de cette envergure relève de l’utopie : même l’instantanéité des moyens techniques de communication moderne n’effacera pas les conséquences déjà consommées [14] de la dérive suggérée
- la deuxième est que, s’il y a un mot qui illustre le plus parfaitement la coquille vide, c’est bien celui de "responsabilité" [15][16] : en psylangue, accepter le fait que certains individus n'aient littéralement pas de conscience n’est jamais que le énième moyen frauduleux de faire taire la conscience de ses propres responsabilités afin de les transférer sur de tels individus. Qu’importe à quiconque… puisqu’ils "n’ont pas de conscience" !
Enfin, ne faisons pas l’économie de l’aphorisme d’un illustre tribun romain : « Qu’est-ce que la vérité ? [17, note 9] » Posée telle quelle, la question est sans doute impressionnante et/ou à saveur morale : aussi allons-nous la revoir à la baisse. Afin qu’il n’y ait aucun malentendu, pour une Martha Stount –et un(e) pratiquant(e) (conscient ou non !) de Martha Stount-, qu’est-ce exactement qu’un "menteur", un "mensonge", voire une "erreur sérieuse" ??? Si leur définition psylinguistique commence là ou s’arrête la chasse aux "psychopathes"©, il est à craindre que cela manque de sérieux… tout en gaspillant de précieuses qualités, qui pourraient ainsi être identifiées au-delà du nombril.
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4. « Questionnez l'autorité. Une fois de plus, faites confiance à vos instincts et à vos préoccupations (anxiétés), tout spécialement ceux concernant des individus qui déclarent que la domination des autres, la violence, la guerre ou d'autres violations de la conscience sont la solution à certains grands problèmes. Faites-le même lorsque – et surtout lorsque – tous les gens autour de vous ont cessé de questionner l'autorité. Rappelez-vous ce que Stanley Milgram a dit à propos de l'obéissance : "Au moins six personnes sur dix vont aveuglément obéir jusqu'au bout à une autorité, quelle qu'elle soit, à l'allure officielle." Le bon côté de la chose est que d'avoir un certain support social nous rend plus enclins à défier l'autorité. Encouragez les gens autour de vous à se questionner, eux aussi. »
Questionner l’autorité ? Si l’auteure elle-même nous y incite, pourquoi s’en priver ? Quant à se préoccuper (avec anxiété ?) de chercher quel représentant de l’autorité à l'allure officielle pourrait être susceptible d’être "questionnable", il ne sera pas nécessaire d’en chercher parmi les gens autour de vous. En revanche, les encourager à se questionner, eux aussi, serait de bon augure… si tant est qu’ils nourrissent le désir d’éviter de tomber dans le piège du premier venu : tout spécialement celui qui déclare que la domination sur ceux qui sont littéralement dépourvus de conscience ( …et autres "précieuses qualités" ), la violence, la guerre ou d'autres violations de leur conscience [18][19][20, notes 2,3][21][21bis] ( si coutumières de "l’autorité" [22] à laquelle se rattache l’auteure, qu’au moins neuf personnes sur dix vont aveuglément les pratiquer jusqu’au bout sans seulement en avoir conscience ! ) sont la solution à certains grands problèmes. Au vu des résultats observables de la dite "autorité" [23][24], le premier questionnement portera sur l’opportunité de recourir au terme de dissolution [25], plus conforme au monde réel qui est là, pour tous [1, AV note 41] que celui de "solution". Bien que de même nature, le second questionnement nous rend plus enclins à défier l'autorité : portant, lui, sur l’opportunité de recourir à un terme identique. À un détail près : que celui-ci s’applique non plus seulement sur les résultats susnommés… mais sur "l’autorité" produisant de tels résultats. Faites-le même lorsque – et surtout lorsque – tous les gens autour de vous ont cessé de questionner l'autorité : à commencer par "celle" de concepteurs de certaines "règles à suivre" !…
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5. « Suspectez la flatterie. Les compliments sont de bien belles choses lorsqu'ils sont sincères, mais la flatterie extrême fait appel à notre ego d'une façon peu réaliste. C'est là la matière de l'envoûtement et celui-ci implique presque toujours une intention de manipuler. La manipulation à l'aide de la flatterie est parfois inoffensive, parfois sinistre. Jetez un coup d'œil au-delà de votre ego flatté et souvenez-vous de toujours suspecter la flatterie. Cette "règle de la flatterie" s'applique sur une base individuelle, mais également à l'échelle de groupes, même de nations entières. À travers l'histoire de l'humanité et jusqu'à aujourd'hui, l'appel à la guerre a toujours fait usage d'une déclaration flatteuse arguant que les forces armées remporteront une victoire qui changera le monde pour le mieux : un triomphe moralement louable, justifié par ses résultats humanitaires, unique d'efforts humains justes et dignes d'une énorme gratitude. Depuis que nous écrivons l'Histoire, toutes les plus grandes guerres ont été encadrées de cette façon, de tous les côtés du conflit. Et dans toutes les langues, l'adjectif le plus fréquemment utilisé est "sainte", "guerre sainte". L'argument peut facilement être démontré que l'humanité ne sera en paix que lorsque les nations seront capables de voir au travers de cette flatterie autoritaire. »
Suspecter la flatterie ? Pourquoi ? Risquerait-elle de gaspiller vos précieuses qualités ( que ne possèdent pas ceux d’en face : ces inconscients de dresseurs de "piège" ! ), à vous dont il est invariablement fait appel à votre ego d’une façon peu réaliste depuis la première règle ? Jetez un coup d'œil au-delà de votre ego flatté et demandez-vous si… la pilule de la première règle fut si difficile à avaler. Car la flatterie n’est-elle pas en premier chef d’être frotté dans le sens du poil en suggérant que vous avez littéralement plus de conscience que certains individus ? Déclaration implicite flatteuse, mais inapplicable à l'échelle de groupes -a fortiori de nations entières- composés d’individus aux consciences si différentes qu’il serait prématuré, offensif et sinistre de classifier en plus ou en moins. On serait bien en peine de parvenir à en distinguer le plus infime triomphe moralement louable, justifié par ses résultats humanitaires, sur ceux qui s’attachent à préserver leur capacité de voir au travers de cette flatterie autoritaire du poseur de "règles" impliquant une intention de manipuler jusque sur une base individuelle : tout particulièrement lorsque cette manipulation [26] passe par une "courageuse" agression par contumace [20, notes 2,3][27][28] sur une autre base individuelle. Et dans la psylangue [13], l'adjectif le plus fréquemment utilisé est "saine", "guerre saine"[29][30, APR note 27] : la dichotomie autoritaire "sain" /"malsain" se calquant sur "conscience"/"pas de conscience" !
"L'humanité n’étant en paix que lorsque les nations seront capables de voir au travers de cette flatterie autoritaire", l’argument peut facilement être démontré que cette "paix" ne saurait passer que par l’éradication des "prédateurs naturels" faisant l’objet de ces treize règles ! Chacun étant d’abord suspect d’être un "psychopathe"© pour son voisin ( ils nous ressemblent en tout point ! ), quelle autre "paix" se profile-t-elle à l’horizon sinon celle des cimetières ? Car n’importe quelle nation serait capable de voir au travers d’un squelette…
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6. « Si nécessaire, redéfinissez votre concept du respect. Trop souvent, nous confondons la crainte avec le respect, et plus nous craignons quelqu'un, plus nous le/la percevons comme méritant notre respect. J'ai un chat que ma fille a nommé "l'homme musclé" lorsqu'il était tout petit car, même jeune, il avait tous les attributs d'un lutteur professionnel. Maintenant qu'il a grandi, il est beaucoup plus costaud que la plupart des autres chats domestiques. Ces formidables griffes ressemblent à celles de ces ancêtres chats-léopards asiatiques, mais son tempérament est tendre et pacifique. Mon voisin a une petite chatte "calico" qui nous visite de temps à autre. Bien entendu, son charisme de prédateur est énorme et elle est très douée pour vivement envoyer un regard méchant aux autres chats. Chaque fois qu'elle est dans un rayon de quinze mètres, "L'homme musclé", quoique de taille deux fois plus grande, se tapit et s'aplatit de peur et de déférence féline. "L'homme musclé" est un chat splendide. Il est chaleureux, affectueux et très près de mon cœur. Quoiqu'il en soit, j'aime croire que ses réactions sont plus primitives que les miennes. J'espère que je ne confonds pas peur et respect, car le faire assurerait ma propre victimisation. Utilisons nos cerveaux humains de façon à transcender notre tendance animale à nous abaisser devant les prédateurs afin de démêler la confusion entre crainte et admiration. Dans un monde idéal, le respect serait une réaction automatique à l'égard de ceux qui sont forts, bons et moralement courageux. La personne qui profite de l'occasion pour vous inspirer la peur n'est fort probablement pas de ceux-là. La résolution de conserver le respect séparé de la peur est encore plus cruciale pour les groupes et les nations. Le politicien, petit ou grand, qui menace la population par de fréquents rappels aux possibilités de crime, de violence ou de terrorisme, et qui emploie les craintes ainsi magnifiées pour gagner l'allégeance est, plus souvent qu'autrement, un escroc qui a réussi plutôt qu'un chef légitime. Cela a été vrai dans toute l'histoire de l'humanité. »
Retour à la case départ : car, n’en déplaise à l’aspect plus étoffé de cette sixième règle, et en dépit de ce qu’elle s’achève par un vibrant rappel de "toute l'histoire de l'humanité", les deux tiers d