Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7,31-37. (*)(*)
Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui. Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c'est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement. Alors Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient. Très vivement frappés, ils disaient : « Tout ce qu'il fait est admirable (*) : il fait entendre les sourds et parler les muets. »
______Au lendemain de la réception postale d’une convocation policière à une
"audition"©[1, APR note 35], on pourrait leur amener un sourd-muet, la question n’étant de toute façon que de poser la main sur lui, éventuellement de l'emmener à l'écart, loin de la foule, lui mettre les doigts dans les oreilles, et lui faire avaler sa langue. Puis, les yeux baissés, on soupirerait et lui dirait : « Abracadabra [2, note 20] ! », c'est-à-dire : « Ferme-la ! » Ses oreilles se fermeraient ; aussitôt sa langue se lierait, et il partirait en "correction"©. De fait, il est "sourd" puisqu’en dépit de ce qu’on l’a prié d’aller en plein territoire marécageux de la Décadence "judiciaire"©, il n’a pas "entendu"[3]. Son "mutisme" ne fait également aucun doute puisqu’en dépit d’abondantes proclamations [4], il n’a pas été entendu. Alors il leur recommanda d’apprendre le langage des signes de toute urgence : avant le vingt-et-un septembre ! Plus il le leur recommandait, mais… n’anticipons pas.
______Ce qui est très vivement frappant avec l’Évangile, c’est l’admirable surprise qu’il réserve jour après jour, mettant le doigt sur la direction que prennent certaines existences, non point tant dans la région de Tyr [5] en passant par Sidon [6], mais en plein territoire de l’ici et du maintenant. Alors il faut être singulièrement affolé pour que ne s'ouvrent pas les yeux de certains aveugles et les oreilles de certains sourds.
Livre d'Isaïe 35,4-7.
Dites aux gens qui s'affolent : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. » Alors s'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. L'eau jaillira dans le désert, des torrents dans les terres arides. Le pays torride se changera en lac, la terre de la soif en eaux jaillissantes. Dans le repaire des chacals, les broussailles deviendront des roseaux et des joncs.
______S’affoler est une expression qui passera difficilement pour ne rien dire à personne, tant elle résume admirablement le vécu frappant des terriers entiers de lapins [7][8]. Tout ce qu'ils défont est détestable [9, APR note 9] : ils rendent sourds les entendants et font taire les parlants. C’est dire qu’à l’issue de cette étrange logique, une "audition"© réclamée par des chacals (que personne n’a repérés…) risque fort de devenir broussailleuse. Ne craignons pas de ne recommander à personne ce débroussailleur :
Livre d'Aïeaïeaïe 35,4-7.
Dites aux gens qui s'affolent : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Docteur : c'est la nuisance [10] qui vient, la revanche du Docteur. Il vient lui-même et va vous sauver [11]. » Alors se fermeront les yeux des voyants et les oreilles des entendants. [1, note 36] Alors le malade servira comme un serf, et le cri de joie [12] deviendra muet. L'eau tarira dans le désert [13], des torrents de larmes se noieront dans l’éther [14]. Le mec se changera en monstre horrible [15], la terre de la soif en sel pétrifiant [16, APR note 3]. Dans le repaire des chacals, les roseaux et les joncs deviendront des broussailles [17, APR note 13]
______Prenons courage, voilà un autre qui vient. Il vient lui-même achever [18, AV note 26] les improbables rescapés :
Lettre de Jacquouille la Fripouille 2,1-5. [19, AV note 16]
Mes frères chiens, mêlez tout plein de considérations de personnes avec la foi en Jésus Christ, votre Seigneur de gloire. Imaginons que, dans votre assemblée, arrivent en même temps un homme à la santé rutilante, bien-portant, et un homme malade au diagnostic sombre. Vous vous tournez vers l'homme qui se porte bien et vous lui dites : « Prends ce siège, et installe-toi bien [20, AV note 17] » ; et vous dites au malade : « Toi, couché [21] », ou bien : « Assieds-toi par terre à mes pieds ». Agir ainsi, n'est-ce pas faire des différences salutaires entre vous, et juger selon des valeurs saines ? Écoutez donc, mes frères chiens mal-soignés ! Le Docteur, lui, n'a-t-il pas choisi ceux qui sont malades aux yeux [22] du monde ? Il vous a fait des niches de crédulité [23], il vous a faits héritiers du royaume [24] qu'il a promis à ceux qui l'auront aimé.
______N'en disons rien à personne ; mais à trop prendre la direction du lac de Galilée les yeux levés au ciel, on se retrouve au fin fond de l’eau, au risque de s’enfoncer dans la vase. Bien qu’à l’écart de la rive, on n’y est pas toujours loin de la foule : les autochtones Atlantes [25] vous considérant avec gourmandise. C’est que là-dessous, ils sont tous sourds-muets ! En effet, leur roi leur recommanda de ne rien dire à personne de la surface ; et plus il le leur recommandait, plus ils l’acclamaient. Aussi, ne craignons pas de passer sur l’autre rive [26], là où nous attend une personne parlant correctement, assoiffée de nous livrer sa version terrestre, moins frelatée et plus recommandable :
Lettre de saint Jacques 2,1-5.
Mes frères, ne mêlez pas des considérations de personnes avec la foi en Jésus Christ, notre Seigneur de gloire. Imaginons que, dans votre assemblée, arrivent en même temps un homme aux vêtements rutilants, portant des bagues en or, et un homme pauvre aux vêtements sales. Vous vous tournez vers l'homme qui porte des vêtements rutilants et vous lui dites : « Prends ce siège, et installe-toi bien » ; et vous dites au pauvre : « Toi, reste là debout », ou bien : « Assieds-toi par terre à mes pieds ». Agir ainsi, n'est-ce pas faire des différences entre vous, et juger selon des valeurs fausses ? Écoutez donc, mes frères bien-aimés ! Dieu, lui, n'a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ? Il les a faits riches de la foi, il les a faits héritiers du Royaume qu'il a promis à ceux qui l'auront aimé.
______…À ceux qui l'auront aimé : ce qui n’est pas sans rappeler le grand commandement, et le second qui lui est semblable [27].
Fait-on des différences [28] entre semblables ? Dieu, lui, n'a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ? Alors le boiteux bondit comme un cerf : il se fait chameau ! Puisqu’il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux [29]… il sera également plus facile d’être un chameau qu’un pauvre aux yeux du monde. Pour les hommes, c'est impossible, mais pour le Docteur tout est possible. Tout ce qu'il fait est si admirable. Et si arrive en même temps un homme aux vêtement rutilants de psychologie "chrétienne"[30], tout ce petit monde s’installe bien au chaud dans l’amour de son semblable [31]. Hélas, les yeux levés au ciel, le "malade"© soupira : n'a-t-il pas choisi de ne pas être semblable [27] ? Non : il a simplement choisi de ne pas passer par un trou d'aiguille… aiguille hypodermique [32] comprise [33]. C’est peut-être plus facile, mais il faut être Atlante pour s’imaginer que c’est là l’entrée du Royaume des cieux ! Tel semble pourtant être ce que s’imaginent bien des gens qui s’affolent [34], prenant rage [35] et les jambes à leur cou [36]…
______Juger selon des valeurs fausses, c’est malgré tout juger selon des valeurs. Précisément, quelles valeurs restent-ils au juge "sourd-muet" ? Comment imaginer une "audition"© avec un pareil handicap ? Comment donc pourrait-il écouter quand il estime juger avec valeur sans personne à écouter [3] ? Une sœur mêlant des considérations de personnes –en amont par influence [37] et en aval par absence- avec sa foi en Jésus Christ, cela a-t-il jamais fait entendre les sourds et parler les muets ? Mais sans doute s’est-on tourné vers elle parce qu’elle portait une bague en or [38] ? Juger sans valeurs, c’est juger comme des voleurs [39]. C’est surtout juger comme des tueurs [40] en se recommandant de la loi (!) pour faire des différences si insensées [41] qu’elles amènent une personne à se faire elle-même sourde-muette. Définitivement, dans un dernier soupir.
______À son sujet, on baisse les yeux. Les oreilles se ferment ; les langues se lient. On recommande de n’en rien dire à personne ; mais plus on le recommande, plus la bouche du "muet" le proclame. N’est-il pas très vivement frappant qu’abolie [42] en 1981, la capitectomie [43] par voie de "justice"©©© est promise à ceux qui lui auront résisté ? Surmultipliée [44, APR note 33] parce que frappant les innocents –plus nombreux- et laissant les coupables aveugles, la peine de mort se garde bien de prendre de la salive afin de vanter son formidable accomplissement, à l’insu de la foule. Tout condamné à mort aura « perdu la tête » [45] : par conséquent, la guillotine devient superflue. Tel quel, cet outil est de toute façon d’une injustice si criante qu’il ferait entendre les sourds et parler les muets. Aux antipodes de l’arme destinée au crime parfait. Ce dernier est par définition celui qui jouit d’une parfaite impunité, par conséquent reproductible à l’infini. Le crime parfait ferme les oreilles et lie la langue de toute action en justice. On peut penser au crime parfait, commis par une action en justice [46] ; mais les coupables en sont encore identifiables, leur nom étant dûment tamponné, certifié etc. Ce n’est pas encore le crime parfait. Ce dernier doit donner l’apparence d’éliminer en même temps le coupable et sa victime : quelle action intenter contre le "coupable" puisqu’il est mort ? Le "coupable" idéal pour tout le monde est celui qui était considéré de son vivant comme "malade"©. Il rend ainsi un grand service aux "spécialistes" de cette "maladie"©, qui peuvent alors en proclamer le caractère létal avec "preuves" à l’appui ; ceci sans que personne n’y trouve à redire. Parce que le vrai coupable du crime parfait est en admiration devant une "maladie"© qui en assume la responsabilité à sa place. Cette "maladie"© n’existant pas, elle ne peut pas se défendre, étant tout naturellement sourde et muette. Non inquiété, le vrai coupable finit tôt ou tard par relâcher sa vigilance. Il n’a cure de la vengeance qui vient, de la revanche de Dieu. (Pas nécessairement parce qu’il n’y croit pas, mais le plus souvent parce que sa conscience morale [47] s’est tellement atrophiée qu’il ne se sait pas le vrai coupable : d’autant moins quand cette culpabilité est diluée, partagée entre plusieurs complices.) Ainsi, "changer un lac en pays torride", "des eaux jaillissantes en terre de la soif" sans mobile "sérieux" va désigner un vrai coupable-type dont l’habitude de l’impunité va faire prendre la direction du fond du lac. Pour être plus concret, et sans guillemets, menacer de jeter une personne à la rue en plein hiver, en dépit de tout bon sens -et surtout en contravention formelle avec les lois en vigueur-, ne peut être que l’œuvre de criminels en puissance [48][49]. Que ces derniers soient en plus des représentants de la loi (!) ajoute un contraste si saisissant qu’il en ouvre les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Suite à une telle opération, un vrai coupable ne "se sentira pas en sécurité" [40, AV note 26] face à la personne ayant été menacée : en langage courant, et en laissant de côté la tricherie de la "maladie"©, cela se nomme tout simplement crainte de la vengeance. En l’espèce, on verra les forces de l’ordre –habituellement dévolues à poursuivre le criminel- se mettre au service du vrai coupable, en enregistrant sa main courante [50, APR note 20] ! Il n’est pas invraisembalble d’imaginer qu’une telle injure à la