Rechercher : lépreux
Dans ma colère, je défais les serpents.
Évangile de Jésus-Christ selon Marc 1,40-45. (*)
Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.
______Parce que les lépreux [1] sont souvent les premiers témoins du salut [2, note 3], qu’ils symbolisent mieux que personne la véritable purification –extérieure et intérieure [3][4][5]- dont eux ne peuvent pas s’en cacher la nécessité, ils ne peuvent pas toujours en cacher non plus leur guérison quand ils l’ont obtenue ! Marc est ici plus précis que Luc, l’ordonnance de ne le dire à personne (ne pas confondre avec d’autres "ordonnances" [6]…) se traduisant ici par un avertissement sévère, introduit par une sollicitation à l’attention.[7] Qu’à cela ne tienne : emporté par son enthousiasme débordant, notre lépreux a manifestement passé outre en désobéissant sur ce point à Jésus, lançant avant l’heure une campagne publicitaire dont Il se serait bien passé ! Les retombées de cette campagne auraient de quoi faire saliver d’envie les agences les plus pointues en la matière : il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui. Visiblement, Jésus, Lui, n’a rien à vendre : avec Lui, tout est gratuit.[8] Les agences publicitaires ravalent leur salive sans regrets…

______Peut-on alors considérer que ce lépreux a trahi la confiance de Jésus ? Non, pour deux raisons : la première est qu’il n’aurait pas été guéri. En effet, tout esprit inclinant à la traîtrise rend dur d’oreille, bouche les yeux et les oreilles et rend le cœur inapte à comprendre [9, note 34]. Devant un tel homme, Jésus n’aurait pas été pris de pitié puisqu’il n’en inspire aucune… sauf à un esprit similaire et solidaire. De plus, un tel homme ne solliciterait aucune purification sur sa personne, ni de l’intérieur ni de l’extérieur : à défaut d’être sain de corps, il se voudrait juste.[10, notes 36]. C’est dire qu’il ne reconnaîtrait Jésus ni comme voulant le purifier ni comme pouvant seulement le faire. En de telles conditions, Jésus n’aurait pu le guérir que contre sa volonté à lui : ce qu’Il n’a jamais fait, ne fait jamais et ne fera jamais. Cet anti-portrait intérieur ne correspond naturellement en rien à un lépreux qui vient spontanément trouver Jésus pour tomber à ses genoux et le supplier : paradoxalement, sa lèpre extérieure a eu pour vertu d’entamer déjà chez lui un cycle de purification intérieure. Ce qui est loin d’être un acquis automatique, le cœur pouvant au contraire s’endurcir dans un temps de révolte et de défiance vis à vis de soi comme des autres.
______La seconde raison de la non-trahison du lépreux est tout aussi évidente en aval : il se mit à proclamer et à répandre la nouvelle… cette nouvelle étant en l’espèce une BONNE nouvelle. Ce qu’il répand est donc l’antithèse de toute mise en garde "prudentielle" [11, APR note 27], malédiction [12] ou autre médisance [13]. Il est un ex-lépreux, par conséquent dans une dynamique de guérison et non plus de maladie. Il est ainsi passé d’un cercle vicieux à un cercle vertueux.
______Il n’en demeure pas moins que ce cercle est entaché d’une entorse à l’obéissance. Notre homme a bien entendu la voix du Seigneur… mais il l’a un peu moins bien écoutée ! Si ce péché était aussi grave que l’avertissement destiné à l’en prémunir était sévère, il n’aurait pas été guéri, ou n’aurait plus été guéri : il serait retombé dans sa lèpre initiale… et l’Évangile ne prendrait pas même la peine de nous rappeler ce récit
jeudi, 15 janvier 2009 | Lien permanent
« Je le veux, sois ”troublé”. » À l'instant même, sa femme le quitta et il fut horrifié.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,40-45. (*)(*)(*)
Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.
_____On ne soulignera jamais assez toute la symbolique qui régnait autrefois autour de la lèpre. Le statut social qui gravitait autour de ceux qui avaient le malheur d’en être atteints lui conférait une aura répulsive leur conférant l’exclusion radicale
de toute relation humaine, et ce bien avant que ce vocable s’impose dans l’air du temps. Davantage qu’une maladie, la lèpre était perçue comme le signe du péché : donc, la punition du pécheur. Cet esprit était encore très prégnant du temps de Jésus. Dans l’épisode de l’aveugle-né, ne Lui demandait-on pas : « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? » [1] ? Et encore ne s’agissait-il là "que" de cécité organique (déjà suspecte d’être génétique…) ! Certes, de l’ancienne Alliance à la nouvelle, le discours ne varie pas : c’est bien au pied de l’arbre de la connaissance du bien et du mal [2] que s’est introduit le mal, péché par la désobéissance : et son corollaire, la mort… en passant par la maladie. Au sujet de l’aveugle-né, la réponse de Jésus est sans ambiguïté : « Ni lui, ni ses parents. » Exit l’affirmation [3, note 3] de "la punition du pécheur" ! "L’explication" génétique n’est pas davantage à l’ordre du jour. Alors ? Alors : « Mais l'action de Dieu devait se manifester en lui. » (Comme elle se manifestera pour le lépreux d’aujourd’hui.) Ne se manifeste-t-elle pas tout du long de l’Évangile, le salut [4, notes 7 à 27] y restant étroitement associé à la guérison ? (associer n’étant pas confondre…) Se reconnaître pécheur [5] reste la condition basique pour obtenir cette guérison : ce qui n’augure en rien du lien direct entre la maladie présente et le péché que l’on reconnaît. L’aveugle-né n’était sans doute ni plus ni moins pécheur que les autres… mais il était plus aveugle qu’eux ! De même, ce lépreux qui tombe aux genoux de Jésus est certes lépreux… mais il souffre autant de cette maladie que du traitement social qui a toujours cours, héritage de la tradition des anciens [6] :
Livre du Lévitique 13,1-2.45-46.
Le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Quand un homme aura sur la peau une tumeur, une inflammation ou une tache, qui soit une marque de lèpre, on l'amènera au prêtre Aaron ou à l'un des prêtres ses fils. Le lépreux atteint de cette plaie portera des vêtements déchirés et les cheveux en désordre, il se couvrira le haut du visage jusqu'aux lèvres, et il criera : 'Impur ! Impur ! ' Tant qu'il gardera cette plaie, il sera impur. C'est pourquoi il habitera à l'écart, sa demeure sera hors du camp. »
_____Il faut évidemment se resituer dans le contexte de l’époque, la science médicale étant alors fort éloignée de celle que nous connaissons aujourd’hui, qui permet de soigner la lèpre [7, APR note 3/2] au-delà d’un ostracisme aux racines fort anciennes. Quand c’est le Seigneur qui dit, la relation entre le péché et la maladie est manifeste : la seconde est bien donnée comme étant le fruit amer du premier, puisque le traitement prioritaire du lépreux est de l’amener au prêtre, et non au médecin. Du temps de Moïse, la médecine est de toute façon impuissante, sauf pour observer les effets cliniques de la lèpre : la contagion. C'est aussi pourquoi le lépreux habitera à l'écart, sa demeure sera hors du camp.
_____Ici comme ailleurs, Jésus ne vient pas abolir mais accomplir. [8] De fait, s’Il guérit ponctuellement les lépreux, Il n’abolit pas globalement la lèpre. Il l’accomplit en lui donnant un sens plus nuancé que celui qui prévalait depuis Moïse. Il prévaut encore lorsque ce lépreux vient trouver Jésus ! En effet, il ne lui demande pas : « Si tu le veux, tu peux me guérir. » mais il le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » C’est dire qu’à la souffrance extérieure [9] de la lèpre proprement dite, s’ajoute lourdement la souffrance intérieure liée à une culpabilité "d’impur" entretenue par l’exclusion sociale. Avec Jésus, désormais un homme pourra avoir sur la peau une tumeur, une inflammation ou une tache, qui soit une marque de lèpre… sans nécessairement que cette marque soit directement imputable au péché. L’habitation à l’écart reste de mise, mais uniquement pour des raisons sanitaires : l’ostracisme religieux n’a plus lieu d’être. En lui-même, le phénomène de contagion indique assez que la possibilité de contracter la lèpre ne fait guère de distinctions entre justes et pécheurs !… Si l'action de Dieu se manifeste par la guérison, manifeste le salut, elle est pour les gens un témoignage, de sorte qu'il ne leur soit plus possible d'entrer ouvertement dans l’affirmation "maladie=péché". Il suffit d’ailleurs de parcourir quelques biographies de saints réputées édifiantes pour mesurer l’écart parfois abyssal entre santé et sainteté : chez certains, on serait presque tenté a contrario de "mesurer" celle-ci à l’aune de leurs maladies !…
_____Avant Jésus, et sous la loi de Moïse, le lépreux est amené au prêtre afin que ce dernier atteste de son impureté, prononce la sanction consistant à faire porter des vêtements déchirés etc. Avec Jésus, le lépreux est amené au même prêtre afin que ce dernier atteste de son guérison, prononce la purification intérieure ![10]
_____Maintenant qu’on sait guérir médicalement de la lèpre, il reste à guérir d’un ostracisme qu’il serait difficile d’imputer encore à un phénomène religieux en perte de vitesse… en tout cas, celui qui pourrait s’inscrire dans la continuité de la loi de Moïse. D’autres [11][12] savent s’inscrire sous un aspect différent, officiellement laïc, tout en reprenant des archaïsmes antérieurs à la loi de Moïse !
Escroquerie de Philou la crise [13] lisant dans son marc de café 1,40-45. [14]
Un lépreux spi [15, note 22] vient trouver Philou [16, note 21] ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux le troubler. » Pris de pitié devant cet homme, Philou mit la main sur son texte volé [17, APR note 19], le toucha et lui dit : « Je le veux, qu’il soit troublé grave. » À l'instant même, il crut [18, note 8] que sa lèpre spi le quitta et il fut soulagé. Aussitôt Philou le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention à lui, préviens tout le monde, dis-leur ce que t’a montré le traître. Et donne pour ton auto-purification ce que la mouise [19] prescrit dans les foies [20] : c’est remboursé par la sécurité sociale. Ta trahison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, d’abord auprès de l’épouse du troublé grave, de sorte qu'il n'était plus possible à ce dernier d'entrer ouvertement dans une ville sans que l’on souffre pour lui. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui pour le convaincre d’aller se "soigner". Au préalable, on se couvrait le haut du visage "d’amour" et de "compassion" jusqu'aux lèvres, et on criait : 'Impur ! Impur ! ' Tant qu'il gardera ces sept plaies d’Égypte sur lui tout seul, il sera impur. C'est pourquoi il a été sommé [21][22] d’habiter à l'écart, un demeuré [23] devant fiche le camp.
_____Avec la disparition de la lèpre sous nos contrées, disparaît simultanément ce qu’on appellerait aujourd’hui froidement un facteur de régulation sociale. Jusqu’alors, les lépreux étaient bien davantage que des malades : les premiers, ils représentaient les poubelles des "purs" par leur fonction de réceptacle des déchets [3, note 16]. Cette fonction allait de soi par leur apparence de déchets humains, quasiment sacralisée par l’attestation du prêtre. Tant qu'il garde cette plaie –plaie de l’attestation comprise-, le lépreux est impur. (Ce qui laisse mystérieusement entendre qu’il pouvait ne pas la garder, suggérant la possibilité de guérison même au temps de Moïse…) Au moins est-il assuré d’être contagieux, ce qui suffit déjà à le mettre en quarantaine… et à hériter en surplus de suspicions impures de la part des "purs" (d’où les guillemets) détruisant sa réputation pour conforter celle des autres. C’est pourquoi il peut tomber à genoux et supplier : à la maladie organique, s’ajoutait déjà la maladie sociale. Pour couronner le tout, il devait hériter de la maladie spirituelle… des autres. Plus il était impur, et plus les autres se voyaient "purs". Comment se défendre quand on est lépreux ? On est déjà mis à l’écart, ce qui interdit matériellement toute défense. D’autre part, la maladie –et plus que toute autre, cette maladie- est systématiquement interprétée comme le reflet fidèle de la la maladie spirituelle chez celui qui en est affligé : c’est dire qu’il n’a aucune chance d’être crédible en demandant aux "purs" de répondre de leur maladie spirituelle. En ce sens, on peut en déduire que la lèpre s’est constituée pendant des siècles comme une sorte de fusible au sein de la vie de la cité : ce qui en fait étymologiquement une maladie politique. Tant qu'il garde cette plaie, le lépreux est le premier malade politique de l’Histoire.
Le recul de la lèpre aidant, que faire des poubelles qui s’accumulent avec de moins en moins de lépreux pour les recueillir ? Il y aurait bien la conversion qui les rendrait inutiles : tout faire pour la gloire de Dieu.
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,31-33.11,1.
Tout ce que vous faites : manger, boire, ou n'importe quoi d'autre, faites-le pour la gloire de Dieu. Ne soyez un obstacle pour personne, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni pour l'Église de Dieu. Faites comme moi : en toutes circonstances je tâche de m'adapter à tout le monde ; je ne cherche pas mon intérêt personnel, mais celui de la multitude des hommes, pour qu'ils soient sauvés. Prenez-moi pour modèle ; mon modèle à moi, c'est le Christ.
_____S’adapter à tout le monde, c’est aussi s’adapter à une écologie sans poubelles superflues. Prendre l’autre pour le réceptacle de ses déchets, c’est être un obstacle pour lui : qu’il soit Juif, païen, de l'Église de Dieu ou autre. Y compris quand c’est un lépreux ! Car c’est à n’en pas douter un obstacle à sa guérison. Toute la question est de savoir si le "pur" ne cherche pas son intérêt personnel à entretenir le lépreux dans sa lèpre, s’économisant ainsi tout souci de conversion. Politiquement, celle-ci manque de correction. Quand la multitude des hommes s’est habituée à se décharger sur des boucs émissaires, elle incline à prendre pour modèles les poubelles qu’on lui montre.

_____Comme c’est étrange : l’essor des mythes de la "santé mentale" coïncide avec le déclin de la lèpre : avec cette dernière, déclinait la maladie politique. Le fusible est en péril : que faire ? Difficile d’interdire à la médecine de soigner la maladie : cela susciterait un tollé général. L’addiction à la maladie politique reste cependant tenace, et l’époque est peu propice à évoquer ouvertement la maladie spirituelle ! Elle en fait néanmoins son cheval de bataille : un cheval de bois.[24] L’invention de la maladie non organique va permettre une formidable progression de la maladie politique, reprenant encore chaud le trône duquel a longtemps régné la lèpre… se moulant consciencieusement sur les schèmes de feu son royaume. Comme elle, la maladie politique habite à l'écart, sa demeure est hors du camp politique officiel, même si elle est appelée à s’y immiscer. Se couvrant le haut du visage jusqu'aux lèvres pour ne pas être découverte, elle va feindre de découvir le haut du visage des autres… à l’intérieur. De la sorte, elle fabrique de toutes pièces une nouvelle "lèpre" légitimant son pouvoir. Comme l’indique un servant de cette "lèpre" : « En médecine comme ailleurs, celui qui a le pouvoir, c’est celui qui peut déstabiliser l’autre. » [25, APR note 25] Le fait est que cette "lèpre" est déstabilisante : terminée la tumeur sur la peau, l’inflammation ou la tache, qui soit une marque de lèpre ! La nouvelle "lèpre" ne se voit pas, ce qui devrait normalement constituer un handicap majeur pour sa pérennité. Mais existe-t-il quelque chose de "normal" quand on aborde les rives mouvantes de la "santé mentale" ? La nouvelle "lèpre" ne se voit que par ses nouveaux "prêtres", héritant du pouvoir indiscutable de l’attester. Ce n’est plus le "lépreux" qui crie : 'Impur ! Impur ! ' mais le "prêtre" qui sussure à mots couverts : 'Troublé ! Troublé ! ' Le résultat est le même : tant qu'il garde cette plaie, il est troublé. C'est pourquoi il habite à l'écart, sa demeure est hors du camp… mais pas celui de concentration des temps modernes.[26, note 15][27] « Tant qu'il garde cette "plaie" » : en l’occurrence, sa seule véritable plaie est ce "prêtre" et ceux qui l’ont amené à lui, le prenant pour modèle. D’un côté, un modèle de "prêtre" ; de l’autre, un modèle de "lépreux" amené au titre de poubelle des temps modernes, au couvercle mal fagoté de vagues prétextes se voulant "comportementaux". Disons-le tout net : une poubelle a des chances de "guérison" très infimes, de par son utilité à l’égard de son entourage. Le "prêtre" peut néanmoins attester cette "guérison" de temps à autre, afin que ses statistiques -catastrophiques sur un tel sujet !- ne soient pas trop voyantes. Mais il cherche d’abord son intérêt personnel et celui de sa confrérie, pas celui de la multitude des hommes. Cet intérêt commande donc de marquer l’essai, en donnant des assises organiques à la "maladie". Dûment "soignée", elle trouve ainsi ses lettres (inversées) de noblesse en perdant ses guillemets, passant du stade pseudo-"psychique" au stade neurologique. Ceci en conservant la même dénomination que le "diagnostic" originel, rendant ce dernier plus "vrai" que nature… jusqu’à défrayer les chroniques. [28, notes 27][29]

_____L’aspect de la contagion n’a pas été oublié : il reste prédominant. À ceci près qu’il ne concerne pas le "lépreux" officiel, mais la plupart des "purs" qui l’entourent, les plus proches étant les plus atteints d’une véritable lèpre spirituelle qui leur fait habiter à l'écart, leur demeure étant hors du camp de toute cohérence. Ainsi une épouse peut massacrer publiquement son mariage [30], traîner son époux dans les aberrations judiciaires les plus inconsistantes, entraîner sans explication leurs enfants dans des équipées dispersantes et malheureuses [31, APR note 22], n’en jamais exprimer aucun regret aux intéressés… et décréter ensuite sans sourciller que « la date de son mariage la lie toujours à son époux, mariage indissoluble, etc. » !!! Tant qu'il garderont cette plaie en la niant contre toute évidence, les "purs" seront les plus impurs de tous, ne se montrant au prêtre qu’en allant "communier"[32, note 15] pour qu'ils soient perdus, ne donnant RIEN pour leur purification selon ce que Jésus prescrit dans la Loi : leur trahison n’est que trop pour les gens un témoignage de modèle… à deux têtes. [33, note 2/2] On peut « perdre la tête » [34]… à condition que ce soit celle du "praître".

____________________________
Une cockerinade par jour
Un type arrive aux urgences de l'hôpital, les yeux au beurre noir, le nez écrasé et dégoulinant de sang, les lèvres tuméfiées. L'infirmière de service lui demande :
- Marié ?
- Non ! C'est un accident de voiture.

dimanche, 15 février 2009 | Lien permanent
Et voici que l’épreuve de vérité s’approcha…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,1-4. (*)(*)(*)(*)
Lorsque Jésus descendit de la montagne, de grandes foules se mirent à le suivre. Et voici qu'un lépreux s'approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Aussitôt il fut purifié de sa lèpre. Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l'offrande que Moïse a prescrite dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. »
______Beaucoup, nombreux,[1, note 1] de grandes foules : les superlatifs exprimant la quantité ne manquent pas autour de Jésus, qu’Il soit sur la montagne ou qu’Il en descende. Et voici qu’il ne suffit pas de Lui dire : 'Seigneur, Seigneur !', de se mettre à le suivre sans étendre la main, sans le toucher : c’est-à-dire, sans se confronter au témoignage incarné de l’amour des prochains, fussent-ils moins spontanément abordables que ceux qui vous aiment [2].
______Si les lépreux reviennent si souvent dans les Évangiles, n’est-ce pas précisément afin de stigmatiser toute cette symbolique d’exclusion sociale [3] qu’ils drainent invariablement derrière eux, antinomique du second de tous les commandements [4] ? Sous l’angle étymologique du terme, la "diabolique" (au préfixe de sens opposé) se révèle à l’usage plus appropriée. Il est vrai que dans une dialectique authentiquement sanitaire, la raison commande parfois de diviser les prochains, en fonction de ce que les impurs évitent de contaminer les purs de leur lèpre. Paradoxalement, l’amour du prochain privilégie ici une certaine logique de séparation : répandre l’impureté en son nom lui serait contraire. Ce lépreux qui s’approche de Jésus introduit néanmoins une faille dans cette logique, à ceci près que ce n’est pas lui qui étend la main ou qui touche. Lui l’impur, il se prosterne devant le Pur : il ne dénie pas son impureté puisque sa demande consiste précisément –et humblement- à en être délivré. Ce faisant, il reconnaît Jésus comme le Seigneur : en tant que tel, s’Il veut le purifier, Il le peut, Sa volonté s’accordant à celle de son Père. De lui-même, le lépreux sait qu’il ne peut rien, livrant son vouloir à Celui qui peut tout. Sa guérison sera ensuite pour les gens un témoignage, dès lors qu’il sera allé se montrer au prêtre, ce dernier incarnant la Loi telle que prescrite par Moïse.

______Cette logique fonctionne pour la lèpre, et pour toute malfonction organique. Mais qu’en est-il concrètement de l’autre lèpre : celle du cœur ? « Je le vois [5, APR note 28], tu es troublé. » Cette "vision" sera si communément partagée que l’on amalgamera volontiers un tel "trouble" à une jambe cassée [6], nécessitant tout naturellement à ce titre une éventuelle hospitalisation dont on ne dit rien à personne… mais dont tout le monde est informé. Fort bien : mais que signifie factuellement cette hospitalisation ? Que, faisant fi de son refus de se prosterner devant eux, le "troublé" est allé néanmoins se montrer aux "prêtres" [7, APR note 40] spécialistes de son "trouble" ! Qu’il n’aie pas donné l’offrande de son corps pour suivre les prescriptions de leur loi [8] ne se voit pas nécessairement. En revanche, sa sortie de pris… sa "guérison" devrait être pour les gens un témoignage. Ce qu’elle est… mais pas exactement où on l’attendait. Autant ce témoignage ne semble tout à coup rien dire à personne, autant il atteste a contrario de l’imposture d’une "lèpre" psychique que les "prêtres", eux, n’ont pas pu "purifier" –qu’ils le veuillent ou non- pour la bonne et simple raison qu’ils ne l’ont pas vue en dépit de ce qu’on leur en a "montré" ! Ce n’est pourtant pas faute de s’être prosternés devant eux… Mais qui s’est prosterné, sinon des faux témoins et des vrais lépreux : ceux du cœur ? Ce qui devient un témoignage pour les gens n’est plus une guérison, mais une "maladie"
























































24]