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Attention au loup qui rend fou !

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Joe Dassin - Viens Voir Le Loup .mp3
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Si vous n'avez pas peur de voir le loup, vous pouvez
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à gauche du lecteur : sacré Joe !

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,11-18.
« Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse. Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite. Personne n'a pu me l'enlever : je la donne de moi-même. J'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : voilà le commandement que j'ai reçu de mon Père. »

_____Le lait pasteurisé se vend en packs de six : avec l’avènement de l’élevage bovin industriel, les litres coulent à flot. Décliné en de multiples conditionnements –tant en matière de contenant que de contenu- le lait est notre ami pour la vie.
_____Notre Ami pour la Vie ? Il est le bon pasteur, le vrai berger. Il ne souffre ni écrémage ni conservateur. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis : cela seul suffit à ne pas le confondre avec le grand méchant loup à qui les brebis donnent –de gré ou de force- leur vie ! Le berger mercenaire [1], lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse. Mais qui donc est le loup pour le berger mercenaire ? Et d’abord, QUI est le le berger mercenaire ? En procédant par élimination, on sait déjà qu’il n'est pas le pasteur. S’il ne l’est pas, il ne donne pas sa vie pour "ses" brebis. Comment donnerait-il sa vie à des brebis qui ne lui appartiennent pas ? Comment donnerait-il sa vie à des brebis qui ne comptent pas vraiment pour lui ? (En revanche, il s’y entend mieux pour LES compter…[2])

_____Tout jeu est une activité gratuite par définition : quelles que soient ses règles, elles constituent moins un absolu que des repères -destinés à harmoniser une saine atmosphère ludique- qui ne favorisent pas les uns au détriment des autres. Le tricheur brise naturellement cette harmonie : le plus subtil est celui qui la brise en manifestant l’intention de la renforcer. Soucieux que l’amour de la loi ne soit pas pris en défaut [3], il procède à la tonte de la loi de l’amour : le jeu en perd de sa gratuité, prenant une tournure "experte" [4]. Celui-là joue au loup… et à cache-cache : il s'enfuit. Ce n’est plus la fuite de la brebis qui s'est enfuie loin du voleur, car elle n’a pas reconnu la voix du pasteur [2], mais celle de la brebis qui a contrefait cette voix. Brebis devenue si "experte" en contrefaçon qu’elle s’est prise à son propre jeu. Les brebis ne lui appartiennent pas… tout simplement parce qu’elle est une des leurs ! Voyant venir le loup, il abandonne sa condition de brebis et s’enfuit ; le loup s’empare de sa VRAIE condition et la disperse. La brebis perd son unité, son nom : elle ne se reconnaît plus. Ayant tellement pris à cœur le respect des règles du jeu, elle en a oublié le fondement essentiel : le jeu le plus amusant est celui qui se joue à plusieurs, en équipe(s) ! Le solitaire a ses limites…. notamment celle de jouer CONTRE soi-même : effet miroir garanti [5]. Il voit venir le loup par "lycanthropie" ! L’homme devient un loup pour l’homme : c’est le berger mercenaire

_____« La vie, j'ai le pouvoir de la prendre, et le pouvoir de la reprendre : voilà le commandement que j'ai reçu de mon employeur. », telle est la nature de son contrat. En état de guerre, tout est permis : entrer dans la bergerie sans passer par la porte, escalader par un autre endroit [2], pourchasser les brebis qui, elles, jamais ne suivront un inconnu, s'enfuient loin de lui, car elles ne reconnaissent pas sa voix… Le droit parle pour le loup, contre la brebis. Si transgresser la loi de l’amour n’empêche pas le monde de marcher [6], cela ne l’empêche pas de voler ! Soutenue par les voleurs et les bandits fantassins, l’aviation pilonne les pâturages et disperse le troupeau. Jouer au loup nécessite davantage l’usage des chiffres que celui des lettres. Les bergers mercenaires : combien de divisions ?

_____Ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants… mais comment ont-ils fait ? Ils ont… ils n’ont plus fait la guerre. Au lieu de pilonner, ils ont brisé la glace [7] : dans le seau à champagne qui scelle le cessez-le-feu, elle est meilleure que celle qui renvoie l’image d’un loup à une brebis. Si le loup se joue certes à plusieurs, il n’est qu’un jeu. C’est pour de rire : juste un masque de la vie... Dès que le jeu se fait sacré, les joueurs deviennent "sérieux" ; ce n’est pas sérieux ! Parce que cela devient trop triste, et la tristesse n’amuse personne. Sauf le "professionnel" [8], bien sûr : comme dirait le berger mercenaire, il faut bien vivre… Au fait : c’est qui le loup ? [9]

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lundi, 14 avril 2008 | Lien permanent | Commentaires (1)

18>25 janvier : semailles de l’HUNité entre les… les ?

(*)[*][*][*][*][*][*]  - [>24][>30][*]

christianisme,philosophie,politique,littérature,société

...Ouiiiiiiiiii, c'est bien cela : entre les lapins !
- les petits et les gros, les gentils et les méchants, les vrais et ceux en peluche,
les crus et les cuits, les pleins et les vides, les propres et les sales, les bas et les hauts,
les coloriables (car la couleur l'a peint) et les sautables, les absents et les bricoleurs :
tous pour l'unité sacrée... contre [(3)] le grand méchant loup.  
 

christianisme,philosophie,politique,littérature,société

podcast

Voyez ce qu'ils sèment ! [*]

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mercredi, 18 janvier 2012 | Lien permanent

Qui a peur du grand gentil loup ?

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_____Il était une fois trois petits moutons qui vivaient avec leur maman dans une petite bergerie. Un jour, la maman appela ses trois fistons et leur dit qu'elle ne pouvait plus les élever parce qu'elle était psychologiquement trop fragile.
_____« Je voudrais que vous partiez d'ici et construisiez votre bergerie, dit-elle, mais prenez garde qu'elle soit aussi fragile que moi pour que le grand gentil loup puisse entrer et vous aimer. »
_____La maman embrassa ses trois petits moutons et leur dit au revoir les larmes aux yeux. Ils s'en allèrent de chez eux construire leurs bergeries.

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_____Le premier petit mouton rencontra un homme marchant sur la tête [1, note 6], portant des bottes pleines de paille [2]. On n’est jamais assez prudent : il peut pleuvoir [3, APR note 3]. « Puis-je avoir un peu de paille pour construire ma bergerie ? » demanda le petit mouton. Et l'homme lui donna de la paille. Un peu plus ou un peu moins : elle ne le gênait pas beaucoup pour marcher.

_____Le second petit mouton avait rencontré un homme qui portait un chargement de poutres [4]. « Puis-je avoir quelques bouts de poutres pour construire ma bergerie ? » demanda le petit mouton. Et l'homme y consentit bien volontiers, si prévenant à son égard qu’il s’enquit de lui retirer la paille qu’il lui trouva dans l’œil. Une conjonctivite est si vite arrivée…

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_____Le troisième petit mouton, lui, avait rencontré un homme chargé de briques [5, APR note 6]. « S'il vous plaît, Monsieur, lui demanda-t-il LEGO.jpgtrès poliment, puis-je avoir quelques briques pour construire ma bergerie ? » L'homme lui donna assez de briques pour bâtir une grande et solide bergerie avec une cheminée près de laquelle on pouvait s'asseoir.

_____Les trois petits moutons rentraient joyeusement chez eux quand le loup les aperçut. « Comme ils doivent être tendres ! Lequel vais-je aimer en premier ? [Car c’était un gentil loup : lui aussi était tendre.] Je vais commencer par le petit mouton dans la bergerie de paille ! » ll frappa à la porte.
« Petit mouton, malade petit mouton [Car c’était aussi un loup docteur] , je peux venir te soigner ?
- Non, Non ! Par mes poils de mouton ! Je vais très bien.
- Alors, je vais souffler sur ta souffrance et ta bergerie s'envolera ! »
_____Le loup gonfla ses joues, ordonna [6], assigna [7] de toutes ses forces, afin que la bergerie de paille s'envole.
« Au secours ! cria le premier petit mouton en courant vers la bergerie de poutres de son frère. À peine celui-ci eut-il refermé la porte que le loup frappa.
« Petits moutons, malades petits moutons, je peux vous soigner ?
- Non, non ! Par nos poils de mouton ! répondirent les deux frères.
- Alors, je vais sommer, sommer, et votre bergerie s'envolera ! »
_____Le loup se gonfla les joues, somma, somma [8] de toutes ses forces, afin que la bergerie de poutres s'envole. Puis assommé par tant de sommations, le gentil loup fit un somme. « Au secours ! crièrent les deux petits moutons en courant aussi vite que possible vers la bergerie de briques de leur frère.
- Ici, vous ne risquez rien ! leur dit-il.
_____Mais bientôt, la voix du loup résonna de nouveau : son sommeil fut réparateur !
« Petits moutons, malades petits moutons, je peux vous soigner ?
- Non, non ! Par nos poils de mouton !
- Alors, vous allez voir, hurla le loup, je vais souffler sur votre bergerie, et je vais la reconstruire [9] à ma façon ! » Il prit alors sa plus profonde respiration et souffla comme un fou. (les fréquentant couramment, il savait comment s’y prendre…) Mais cette fois encore, il ne réussit pas à mettre la bergerie par terre. Il se cogna la tête contre les murs et se blessa. Puis il s'enfuit dans la forêt, hurlant de douleur : au moins était-il à l’abri de toute suspicion de déni de souffrance [10, notes 9] ! Cela le rendit fou furieux, et attestait de sa dangerosité. Heureusement pour lui, il était du bon côté de la barrière ! Mais il restait néanmoins furieux d’être du mauvais côté du mur des petits moutons. « Il faut absolument que je soigne ces moutons », se disait-il.

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_____Quelques jours plus tard, les petits moutons virent le loup arriver avec les pompiers et leur grande échelle. Les soldats du feu se sont laissé convaincre de la présence d’un grave foyer d’infection au sein de la bergerie, menaçant de s’étendre à la forêt entière s’ils ne faisaient rien pour le circonscrire. Ils font confiance au gentil loup pour les aider à éteindre cet incendie sans flammes : lui voit ce qu’ils ne voient pas [11, APR note 25]. « J'aurais dû y penser plus tôt ! » se dit le loup en faisant positionner l’échelle contre le mur de la bergerie pour atteindre la cheminée. Pendant ce temps, le troisième petit mouton, qui était très rusé, alluma un grand feu dans la cheminée et y posa un chaudron rempli d'eau et de grenouilles [12]. Quand le loup descendit dans la cheminée, il tomba tout droit dedans. Il poussa un tel hurlement qu'on l’entendit à des kilomètres à la ronde. Il repartit comme il était venu : par la cheminée. On n'entendit plus jamais parler de lui… sauf dans la nuit du vingt-quatre au vingt-cinq décembre : encore faut-il y croire !

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Et pour la première fois,
à l'intention des mal-voyants ou des mal-lisants
(mais pas des mal-entendants)

LE MÊME EN VERSION SONORE :

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jeudi, 19 février 2009 | Lien permanent | Commentaires (3)

En attendant le dessert, les pas chiens étaient dans l’aboi : rongeant la croûte de leur faux mage.

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(*)(*) - [*]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-9. (*)
(
Mt)(Mt)(Mt)(Mt)(Lc)(Mt)(Mc)(Mt)(Mt)(Mc)(Lc)(Mt)(Mt)(Lc)(Mc)(12)|(Lc)(Lc)(Lc)(Lc)(Lc)(Lc)(72)  
Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller. Il leur dit : « La
moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route. Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : 'Paix à cette maison.' S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : 'Le règne de Dieu est tout proche de vous.' »

            Si, désignés deux par deux, les disciples sont ainsi moins isolés et se stimulent l’un l’autre, ils n’en sont pas moins envoyés comme des agneaux au milieu des loups : ce qui sert à ces derniers double ration au lieu d’une seule ! Aussi ne faut-il pas s’étonner outre-mesure que les ouvriers soient peu nombreux : déjà qu’ils n'emportent ni argent, ni sac, ni sandales, et ne s’attardent pas en salutations sur la route, c’est tout juste s’il ne leur est pas demandé d’apporter sel et poivre [1] aux loups afin de s’assurer d’être bien accueillis. S'il y a là un ami de la paix, leur paix ira reposer sur lui ; s’il y a là un ami du méchoui [2], dans toute maison où ils entreront… au moins obéiront-ils à la consigne [3] de ne pas passer de maison en maison : quant à manger et boire ce que l'on leur servira, les loups en rient encore, allant se reposer parce que s’étant jugés dignes d’avoir mérité une bonne sieste digestive [4, APR note 30].

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         Pourtant, en dépit de si funestes perspectives –et de si peu d’éléments de protection [5] contre les loups qu’entendant cela, les païens "ne se sentiraient pas en sécurité"[6]-, le Seigneur n’envoie pas ces soixante-douze au casse-pipe d’un voyage sans retour. (D’autant que le mouton en broche est ensuite peu efficient à guérir les malades, et à dire aux habitants : 'Le règne de Dieu est tout proche de vous.' ») S’ils sont comme des agneaux, ce n’est qu’analogie aussi allégorique que bucolique : déclarons avec assurance que ce ne sont pas de vrais agneaux. Ce qui est réconfortant, car si nous nous tournons à présent vers les habitants de toute ville où ils entreront, il devient possible de consentir [7] à la réjouissante hypothèse que ces derniers ne soient pas non plus de vrais loups, n’allant donc pas jusqu’à cette extrémité

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lundi, 14 février 2011 | Lien permanent

Trois ans de lunes.

foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société

[188]-[*][*]-[*]-[*]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,11-18. {*}{*}  [5][4][4][9]
464728112.jpgJésus disait aux Juifs : « Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas (*)(*|*)(*)[>14][>37] : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit [3][7][4][31] ; le loup s'en empare et les disperse (*)[4][Ez](*). Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui [5][12]. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent [5/2?][<-|*|->][*], comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite. Personne n'a pu me l'enlever : je la donne de moi-même. J'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : voilà le commandement que j'ai reçu de mon Père. »

Étend-bile de Philtrochu selon lui-même 10, 11-18.
2499003792.jpgPhiltrochu [1][1bis] disait aux Snifs : « Je suis le bon passe-peur [2][3][4,art.4,5] , le brai berger mercenaire. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car il possède [5][6] les brebis : s'il voit venir le "loup"©[7][8] (lui seul est habilité à le voir venir : même sans le voir [9, notes 188 à 193] !) il excite [10, note 67] les brebis à s'enfuir [11, notes 1 à 3][12][13]

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dimanche, 29 avril 2012 | Lien permanent

Des censeurs en arrangement…

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 16,20-23.
« Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira. Vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l'enfant est né, elle ne se souvient plus de son angoisse, dans la joie qu'elle éprouve du fait qu'un être humain est né dans le monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l'enlèvera. En ce jour-là, vous n'aurez plus à m'interroger. Amen, amen, je vous le dis : si vous demandez quelque chose à mon Père en invoquant mon nom, il vous le donnera. »

_____Le monde se réjouit en effet : cela fait tellement plaisir de "déceler" un "trouble psychique" chez l’autre. Celui-là va pleurer et se lamenter, mais rien de plus "normal" dans son "état" ! Le pauvre est dans la peine… ce qui épargne automatiquement à son entourage la peine de réfléchir. Surtout qu’il se déclare incompétent à traiter cette peine : on sait qu’il existe des "spécialistes" [1] à cet égard. Le monde se réjouit de l’existence de ces "spécialistes"… comme il se réjouit d’être passé au travers de cette "maladie", et surtout d’avoir eu la "clairvoyance" de la "déceler" chez l’autre : qui sait s’il ne s’est pas évité un véritable bain de sang ? Avec tout ce que l’on voit à la télévision…
_____Le monde aime à carburer au préventif : il se réjouit de s’épargner ainsi bien des misères. Certes, ensuite il va pleurer et se lamenter : les misères "évitées" reviennent au grand galop, plus massives encore que si on ne s’en était pas "protégé". Les "experts" [2] sont formels : quand ce n’est pas la fatalité, c’est certainement de la faute du "malade" qui n’a pas voulu se "soigner" et qui, par conséquent, aggrave son "cas" en embêtant tout le monde autour de lui : on avait pourtant bien prévenu qu’il était "dangereux" ! Pourquoi persiste-t-il à ne pas écouter les avis "éclairés" de ceux qui veulent changer sa peine en joie ? Peut-être tout simplement parce qu’il s’est mis au niveau de cette rhétorique de classes Maternelles… en lisant quelques contes de fées, par exemple. C’est fou ce qu’on y lit comme les loups [3] aiment à montrer patte blanche.

_____Si vous demandez quelque chose à mon Père en invoquant mon nom, il vous le donnera. Le Père étant multi-cartes [4], Il ne verra pas d’inconvénient à être également Serrurier : on peut donc lui demander de nous fournir une serrure solide, munie d’une clef non moins solide. Quand une porte est convenablement fermée au loup, personne ne se souvient plus de son angoisse. Quand le loup est entré, il est un peu tard pour se lamenter. Mais il y a pire encore : contraindre l’autre à ouvrir sa porte au loup… pour "son bien". Le bien du loup, sans doute…

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vendredi, 02 mai 2008 | Lien permanent

Vous aimez l’impur parce qu’il vous donne le pouvoir de donner la vie d’un autre, et que personne ne peut se reprendre e

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(*) - [*][*][*]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,11-18. (*)[5][4][4][9](X)
Jésus disait aux Juifs : « Je suis le bon pasteur
[*], le vrai berger [*]. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas (*)(*|*)(*)[>14][>37] : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit [3][7][4][31] ; le loup s'en empare et les disperse (*)[4][Ez]. Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui [5][12]. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent [5/2?][<-|*|->][*], comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite. Personne n'a pu me l'enlever : je la donne de moi-même. J'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : voilà le commandement que j'ai reçu de mon Père. »

        Voilà qui présente des traits pouvant apparaître un brin manichéens, mais présente aussil’avantage de ne pas nécessiter de se remuer les neurones jusqu’au fond de soi-même [1, APR note 66] : en effet, s’Il est le bon pasteur, le vrai berger, Il ne prend pas là le pouvoir pour Lui tout seul. Si telle était la revendication de Jésus aux Juifs –et à travers eux, à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont reçu la parole de Dieu-, Il leur aurait dit : « Je suis le pasteur, le berger. » Alors que dire : « Je suis le bon pasteur, le vrai berger » n’interdit en rien de concevoir l’existence –et la légitimité- d’autres pasteurs, d’autres bergers. À partir de , on va voir "venir le loup", c’est-à-dire le trait manichéen tombant comme un couperet indiscutable : laissant entendre que s’Il est le bon pasteur, le vrai berger, les autres pasteurs, les autres bergers sont de mauvais pasteurs, de mauvais bergers. En allant sans scrupule souffler sur les braises de l’esprit de chapelle –et en occultant la fin de cet Évangile !-, il n’y a qu’un pas à franchir pour déclarer alors que malheureuses sont les autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie : conduites par les

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lundi, 16 mai 2011 | Lien permanent | Commentaires (3)

Promenade au jardin d’enfants

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,1-10.
« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. »
Jésus employa cette parabole en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire. C'est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis. Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance. »

_____Marcher avec Lui ? C’est ne marcher QU’avec Lui : cela seul brûle le cœur [1]… Il y a sinon de quoi s’enrhumer : en avril, ne te découvre pas d’un fil. Commenter l’Évangile au PRÉSENT, c’est aussi le lire au présent… en laissant Celui du lendemain au lendemain. À chaque jour suffisent ses peines, et ses divines surprises. Celle, par exemple, de découvrir au jour le jour combien l’Évangile d’un jour entre en pleine continuité avec Celui de la veille. Et ce, y compris quand les Textes ne se suivent pas immédiatement dans leur chronologie !
_____Si transgresser la loi de l’amour n’empêche pas le monde de marcher [2], cela ne l’empêche pas davantage d’entrer dans la bergerie sans passer par la porte, d’escalader par un autre endroit, en somme de voler ! Entrer dans la bergerie sans passer par la porte ? C’est vouloir se faire passer pour le berger des brebis. Ces dernières ne reconnaissent pas la voix des inconnus parce qu’elles sont connues du vrai pasteur : il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Celui qui est un voleur et un bandit, lui, ne sait voir qu’un troupeau de brebis, plus semblables les unes que les autres. La qualité de chacune lui importe peu : il raisonne en termes de quantité. De même que l’on élève des bovins en de longues stabulations dites libres, les brebis subissent le même sort : à chacune d’entre elles, est accolée une étiquette à l’endroit même où elles écoutent la voix du berger, à savoir l’oreille. Cette étiquette n’est pas un nom, mais un numéro. Toute brebis égarée sera ainsi aisément retrouvée grâce à ce numéro. Mais ici, il ne s’agit nullement de la parabole de la brebis égarée (Lc 15, 3-8) ! Dans un tel contexte, c’est là une brebis échappée ; de celle qui s'est enfuie loin du voleur, car elle n’a pas reconnu la voix du pasteur. Le berger des brebis les fait sortir. Le voleur, lui, agit dans un esprit de captation : défense absolue à toute brebisde sortir ! Le voleur se fait chasseur : toute contrevenante devient son gibier. S’il est retrouvé, il sera égorgé et détruit : perspective nettement moins réjouissante que celle de la fameuse parabole.
_____Beaucoup de ses disciples s'en allèrent et cessèrent de marcher avec lui. Cela n’enlève en rien leur qualité de disciples, mais au moins leur démarche est-elle cohérente. Davantage que celle des disciples qui s'en allèrent et cessèrent de marcher avec lui tout en étant eux-mêmes convaincus d’être de ceux qui sont restés en marchant avec Lui [2]. C’est qu’ivres de verts pâturages, les brebis se voient proposer de multiples portes qui sont à la porte ce que la pellicule d’imitation couvrant l’aggloméré est au bois ! Ces portes de contrefaçon ne sont que du petit bois. Et dans le petit bois derrière chez soi, il y a souvent le loup. Qui a peur du grand méchant loup ? Personne, tant qu’il se déguise en grand-mère : la porte du petit Chaperon rouge lui est ouverte, et elle écoute la voix de son aïeule . Un peu grosse, cette voix : celle d’un voleur et d’un bandit. Pourtant, celui-ci n’a pas escaladé par un autre endroit : il est bien entré par la porte. Mais a-t-on jamais vu un loup pasteur, berger des brebis ? Le petit Chaperon rouge ne s’y trompe pas : elle ne reconnaît pas la voix de sa grand-mère. Mais pour elle, il est trop tard pour s'enfuir loin de lui ! Bon appétit, grand méchant loup… Il ne fallait pas se tromper de porte : le résultat est le même que si on avait escaladé par un autre endroit. On remarque d’ailleurs que lorsqu’une brebis ouvre la porte à un inconnu, elle ne fait pas que s’exposer : elle expose aussi les autres brebis. Si la grand-mère n’avait pas ouvert la porte la première, le petit Chaperon rouge n’aurait pas été dévorée. Ceux qui sont convaincus d’être de ceux qui sont restés en marchant avec Lui –c’est-à-dire ceux qui écoutent le loup en croyant entendre le berger- ne se contentent pas de s’exposer les uns les autres : ils se font aussi volontiers chasseurs des brebis qui, elles, jamais ne suivront un inconnu, s'enfuient loin de lui, car elles ne reconnaissent pas sa voix…

_____C’est ainsi que Jésus peut affirmer : ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Sauf les brebis galeuses, bien sûr : celles qui ont sauté la barrière en devenant des voleurs et des bandits. Quand une brebis est attrapée, c’est elle le loup ! Mais il  lui faut d’abord compter avant de se mettre en chasse : c’est la règle. Car jouer au loup nécessite davantage l’usage des chiffres que celui des lettres. On ne transige pas avec la règle ! Quand l’amour de la loi vient ainsi supplanter la loi de l’amour [3], on en arrive à des situations étonnantes : ce sont les plus fervents défenseurs de la loi qui sont des voleurs et des bandits ! Pour eux, c’est la brebis qui ne les ont pas écoutés qui triche avec la règle : c’est elle le loup, alors qu’elle n’a PAS été attrapée, qu’elle persiste à ne jamais les suivre et à s’enfuir loin d’eux. C’est pas d’jeu…

_____La vie est parfois un conte de fées. En général, ils se terminent bien : ils sont entrés en passant par Lui, ils ont été sauvés ; ils ont pu aller et venir, et ils ont trouvé un pâturage. Sans doute est-ce pour cette raison que certains prennent l’Évangile pour un "conte de fées" : « Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance. » Autrement dit : ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants…

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dimanche, 13 avril 2008 | Lien permanent

Un gentil lapin ne peut pas porter un loup vorace. Un loup vorace peut porter un oiseau dans son cœur : mais il ne le pa

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 7,15-20. {*}{*}
[
2][12][6](Lc)[26][25][29](Lc)[74](Lc(1))[3/1]956458633.jpg /  [*]-[*][*][*][*]
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces. C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons. C'est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l'arbre mauvais donne des fruits détestables (*). Un arbre bon ne peut pas porter des fruits détestables, ni un arbre mauvais porter de beaux fruits. Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu [*](*)(Jn(1)). C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. [*] »

       "Se méfier des faux prophètes venant déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces" ? Seigneur Dieu, comment ne pas savoir que nous en avons la possession par tant de moyens ? Bonne nouvelle : il n’est plus besoin de se rassembler autour de Jésus pour savoir les reconnaître [1][2][3, notes 36] ! En effet, on ne compte plus -au firmament de la "médecine"©- ces étoiles mystérieuses [4][5][6][7][8][9][10][11] qui s’emparent à bras le

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mercredi, 22 juin 2011 | Lien permanent

En route pour Raihël !

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Il était une fois un joli pays que l’on nommait Raihël, peuplé d’adorables créatures : les raihëliens et les raihëliennes.  Ils vivaient heureux dans leur beau pays : ils avaient plein de cubes de toutes les couleurs, des petits trains, des poupées, des ours en peluche et des petites voitures télécommandées dont on n’avait jamais besoin de changer les piles. Pour la plupart, c’était de petits bonshommes tous ronds, au visage poupin. Pour eux, Raihël c’est jouer et compter jusqu’à dix. Les plus doués d’entre eux y parvenaient en 3 secondes chrono !

Quelques fois, on en voyait qui parvenaient à compter jusqu’à onze. Malheur à eux : ce chiffre n’existe pas au pays de Raihël. On sentait bien que ce n’était pas de la faute du coupable : aussi ne lui en voulait-on pas trop. Il existe d’autres créatures dans ce beau pays : ce sont des loups. Bien sûr, ils ne se présentent pas comme tels : ils feraient fuir les raihëliens. Aussi revêtent-ils en tout temps un joli petit costume de gentil docteur tout blanc. N’oublions pas que nous sommes à Raihël : par conséquent, ces docteurs ne savaient naturellement pas compter jusqu’à trente-trois. Mais ils le faisaient croire, afin de justifier leur présence en un lieu aussi insolite. Ils avaient construit de grandes maisons étudiées pour accueillir le récalcitrant ayant osé compter jusqu’à onze. Plus il dépassait ce chiffre, plus on le plaignait amèrement : c’était de moins en moins de sa faute. Il s’intéressait de moins en moins aux petits cubes, aux petits trains, aux poupées, aux ours en peluche et aux petites voitures télécommandées dont on n’avait jamais besoin de changer les piles. Visiblement, il se déconnectait de Raihël.  Et ce n’était pas bien du tout !

Alors, on appelait le gentil docteur. Plus le rebelle savait compter loin, plus il voyait que le gentil docteurblouseblanche.jpgdocteur était un loup. Il tentait alors d’en aviser ses amis, ses frères et ses sœurs, mais tous ceux-ci ne le croyaient pas : c’est qu’ils ne comptaient que jusqu’à dix. Pour eux, Raihël c’est dix, un point c’est tout. Par conséquent, le docteur est un gentil docteur et le « malade » n’a plus toute sa tête pour s’en rendre compte : heureusement qu’il a autour de lui des tas de gens qui savent mieux que lui qu’un gentil docteur est un gentil docteur. Non mais ! Il est malade, et en plus il va nous faire un vilain caprice ? C’est vrai que les raihëliens aiment bien jouer au docteur : un bon raihëlien doit jouer au docteur sous peine d’aggraver sa « maladie ». C’est étrange, mais c’est comme ça : heureusement, ce n’est qu’un conte !

Les grandes maisons des gentils docteurs étaient très bien étudiées : elles comportaient des chambres différentes, selon le degré de la « maladie » de ses « invités ». Ceux qui comptaient jusqu’à onze, douze ou treize étaient bien soignés : le gentil docteur leur préparait un élixir magique, qui effaçait comme par enchantement les chiffres surnuméraires. Les plus chanceux d’entre eux pouvaient donc ressortir assez rapidement. Il y avait souvent des effets secondaires : ils avaient été tellement « guéris » qu’on en rencontrait parfois qui ne savaient plus compter que jusqu’à trois, et encore avec difficulté. Au moins était-on redevenu tranquille avec ceux-là : ils joueraient de nouveau avec leurs cubes sans embêter personne.

Il y avait cependant les cas plus rares : certains comptaient jusqu’à cinquante voire davantage. Intolérable au pays de Raihël ! Non seulement ils comptaient jusqu’à cinquante, mais ils ne voulaient plus jouer aux petits cubes, aux petits trains, aux poupées, aux ours en peluche et aux petites voitures télécommandées dont on n’avait jamais besoin de changer les piles. On cherchait alors à les forcer à jouer, mais ils refusaient en se mettant parfois en colère : de plus en plus intolérable… Ça va pas la tête, non ? Ils étaient donc réputés dangereux pour la bonne harmonie des raihëliens. Tout d’abord, la chambre que leur attribuait le gentil docteur était différente de celle des autres : pas question d’en sortir ! C’est qu’on risquerait de contaminer les autres « malades », non mais !  Ensuite, il n’y avait pas à discuter sur l’élixir magique : la dose maximale était requise. Le loup s’en léchait les babines, et louait la naïveté des raihëliens qui lui confiaient ainsi leur grand « malade ». Ce n’était pas de leur faute non plus : ils ne savaient compter que jusqu’à dix. Le loup aussi : il met donc le thermostat de son four à dix. Car il aime beaucoup « soigner » le « raihëlien ». Il paraît que c’est très bon quand c’est préparé sur un lit d’échalotes : un léger goût de mouton mâtiné d’un arrière-goût d’âne… surtout pour celui qui est venu se livrer de son plein gré au bon docteur.  C’est qu’à forte dose, son élixir magique a un effet surprenant : il transforme le « malade » en malade. Un coup de baguette magique et pfuit ! envolés les guillemets. Du coup, l’élixir se justifie d’autant plus : il faut soigner ça. On soigne tant et si bien que le malade est enfin guéri… et le four du loup enfin chaud. Les échalotes sont déjà disposées : tout va bien. Bien sûr, il va falloir expliquer aux survivants qu’il y a eu un « accident ». (Eh ! Ça n’arrive pas qu’aux autres !) Toujours déguisé en gentil docteur, le loup ne craint rien : très souvent, c’est « l’accident » qui va démontrer que le « malade » n’avait plus toute sa tête. S’il n’avait pas été « malade », il n’aurait pas été « accidenté », na !  On a vraiment tout essayé, mais le cas était désespéré. En tout cas, il est bien digéré… par le loup comme par la famille du plat, pardon du cas.

C’était un joli pays que Raihël… mais il va être difficile d’achever ce conte par « ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». En effet, on finissait par s’y ennuyer : que faire quand on a fini de compter jusqu’à dix ? Que faire quand ceux qui plafonnent à trois se font de plus en plus nombreux ? Et puis les enfants en disparaissaient les uns après les autres. Les gentils docteurs devenaient de plus en plus dodus. Il y avait de moins en moins d’enfants et de plus en plus de gentils docteurs. Ils ont beau être gentils : un pays de docteurs finit par être triste…

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lundi, 14 janvier 2008 | Lien permanent

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