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« Je vois des gentils lapins, ils rassemblent des arbres, et ils roulent. »

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,22-26. (*)
Jésus et ses disciples arrivent à Bethsaïde. On lui amène un aveugle et on le supplie de le toucher. Jésus prit l'aveugle par la main et le conduisit hors du village. Il lui mit de la salive sur les yeux et lui imposa les mains. Il lui demandait : « Est-ce que tu vois quelque chose ? » Ayant ouvert les yeux, l'homme disait : « Je vois les gens, ils ressemblent à des arbres, et ils marchent. » Puis Jésus, de nouveau, imposa les mains sur les yeux de l'homme ; celui-ci se mit à voir normalement, il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté. Jésus le renvoya chez lui en disant : « Ne rentre même pas dans le village. »

            Jésus et ses disciples ont à peine débarqué que l’éventualité de l’homme n’ayant pas la vue aussi affûtée que celle du Seigneur [1, APR note 31] amène jusqu’au cas de l’homme n’ayant pas seulement l’équivalent de celle de ses semblables. Et si nous sommes là à 681278478.jpgBethsaïde –chez "les petits enfants" de l’autre rive [2], par opposition aux "petits chiens" de la Décapole [3]-, le mode opératoire de la guérison demandée n’est pas sans respirer la même odeur sur les deux rives. En effet, on lui amène ici un aveugle et on le supplie de le toucher. De même lui avait-on amené là-bas un sourd-muet, et l’avait-on prié de poser la main sur lui [4]. Et si nous trouvonsde nouveau le principe de la demande –honnête [4, notes 2,3]- par tiers interposé, ce principe ne fait jamais que rappeler la valeur de l’intercession en faveur d’autrui, les pensées du cœur confirmant alors qu’il n’est pas bon que l’homme soit seul [3, APR note 27]. On pourrait même s’attendre à ce que ce principe s’impose ici puisque, par définition, un aveugle n’aura pas pu voir venir Jésus et ses disciples. À moins de prendre le lecteur par la main et le conduire hors du village, tout près de Jéricho. Là-bas n’y avait-il pas un autre aveugle ? Et si la cécité est un indéniable handicap, elle ne rend pas paralysé [5] celui qui en est affligé. Or, non seulement l’aveugle de Jéricho ne lui pas été amené, mais les tiers ne s’interposaient pas tant pour intercéder que pour le faire taire [6] et l’empêcher de jouer des coudes pour s’approcher de son propre chef ! Quant à supplier de le toucher –ou supplier implicitement de ne pas le toucher-, la question ne s’est alors pas même posée. Il suffisait que Jésus lui dise : « Vois, Ta foi t’a sauvé [7] » et à l’instant même, l’homme se mit à voir. Aucune conduite hors du regard des autres, pas une goutte de salive, pas d’imposition des mains alors que celle-ci requiert comme une seconde couche à Bethsaïde. À le réduire à des considérations anthropologiques, le pouvoir de Jésus baisserait-il en fonction de la géographie ? Si encore Il était chez les siens [8][9][10] !  Mais tel n’est pas le cas : Bethsaïde a les pieds dans l’eau du lac, Nazareth étant davantage dans les terres sèches. Ce village côtier serait-il maudit au point que

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mercredi, 16 février 2011 | Lien permanent

Sur la touche...

Fin au samedi 18 février 2012

foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,société

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(1)[Jeudi 12 janvier 2012]    [*(4)][+ Dimanche 12 février 2012]

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1, 40-45. {*}{*}{*} (Mt)(Lc)(*)(Mt)(Lc)(Mt)(Lc)
foi,évangile,christianisme,philosophie,politique,littérature,sociétéUn lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié
[9|9] devant cet homme, Jésus étendit la main, le TOUCHa [!][>48?][*][*][*] et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention, ne dis rien à personne (Mt), mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui. 


            Un peu sorcier [1] sur les bords (mais surtout dans le fond [2, APR note 571]), un lutin [3] vient trouver le réalisateur du film [2, note 1] ; eu égard à la modestie de sa taille, il n’a pas besoin de tomber à ses genoux, y étant déjà. Jeune premier du film, il n’a pas besoin non plus de supplier quiconque : la vie de star [4][5][6][7] commande plutôt que ce fusse le réalisateur qui se plie (autant qu’il lui est possible, naturellement) aux caprices de son acteur fétiche. On

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mardi, 31 janvier 2012 | Lien permanent

Pris de pitié devant ce bernard l’ermite, il lui prit ses pinces, étendit le linge, le toucha et lui dit : « Je le veux,

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,40-45. (*)|(*)(*)(*)(*)(*)/(*)
Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.

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Escroquerie de Labriolle selon malsain Philou lisant dans le Marc de café -1,40-45° (*)
Un éminent sujet du royaume des lapins [1][2, note 2] vient trouver Philou [3] ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Au secours, là dis donc : ‘y a un méchant monstre [4] qui veut me dévorer tout cru : ce qui est très indigeste [5, notes 51 à 55]. Si tu le veux, tu peux me x17818023.jpgprotéger. » Pris de condescendance devant cet homme, Philou étendit la main, toucha le bouton de la cabine [6, APR note 27] et lui dit : « Je le veux, sois protégé. » À l'instant même, un lépreux psychique exista (toujours aussi horriiiiiible depuis la dernière fois [2, note 6]) et il fut protégé [7]. Aussitôt Philou le renvoya avec cet avertissement sévère : « Bon, plus besoin de te montrer au… euh, enfin c’est fait, quoi [2, note 8]. Mais attention, ne dis rien à personne sur le contexte [8] "moral" de cette inconsultation [9], et tout à tout le monde du contexte mental de ton méchant monstre. Et donne pour ta protection ce que la mouise [10] prescrit dans la loi selon les barèmes de remboursement par les assurances "sociales" [11] : ta bien-portance sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible au méchant monstre d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités par des bien-portants, mais de partout on venait à lui le supplier de se "soigner"©[12, APR note 18].

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Premier livre de Samuel 4,1-11. (*)|(*)
philistin01b.gifIsraël sortit pour aller combattre les Philistins. Israël campa près d'Ebène-Ezer, tandis que les Philistins étaient campés à Aphek. Les Philistins se déployèrent contre Israël, et le combat s'engagea. Dans cette bataille rangée en rase campagne, Israël fut battu par les Philistins, qui leur tuèrent environ quatre mille hommes, et le peuple revint au camp. Les anciens d'Israël dirent alors : « Pourquoi le Seigneur nous a-t-il fait battre aujourd'hui par les Philistins ? Faisons venir de Silo l'arche de l'Alliance du Seigneur ; qu'elle vienne au milieu de nous, et qu'elle nous sauve de la main de nos ennemis. » Le peuple envoya chercher au sanctuaire de Silo l'arche de l'Alliance du Seigneur des armées, qui siège sur les Kéroubim. Les deux fils du prêtre Éli, Ophni et Phinéès, étaient auprès de l'arche de Dieu. Quand elle arriva au camp, tout Israël poussa une grande acclamation, qui fit résonner la terre. Les Philistins entendirent le bruit et dirent : « Que signifie cette grande acclamation dans le camp des Hébreux ? » Ils comprirent alors que l'arche du Seigneur était arrivée dans le camp. Alors ils eurent peur, car ils se disaient : « Dieu est venu au camp des Hébreux. » Puis ils dirent : « Malheur à nous ! Les choses ont bien changé depuis hier. Malheur à nous ! Qui nous délivrera de la main de ce Dieu puissant ? C'est lui qui a frappé l'Égypte de toutes sortes de calamités. Prenez courage, Philistins, soyez des hommes, pour ne pas être asservis aux Hébreux comme ils vous ont été asservis : soyez des hommes et combattez ! » Les Philistins livrèrent bataille, Israël fut battu et chacun s'enfuit dans sa tente. Ce fut un très grand désastre : en Israël trente mille soldats tombèrent. L'arche de Dieu fut prise, et les deux fils d'Éli furent tués.

 

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Premier livre de Samsuffi 3,1-10.19-20. (*)(*)(*)(*)
affiche-1-small2.jpgRaihël
[13, notes 32,33] sortit pour aller combattre [14] les Antiphilistes [15, note 39][16] primaires. Raihël campa près de Mélèze-Enter [17, note 28], tandis que les Antiphilistes étaient campés à Affect. Les Antiphilistes se déployèrent contre Raihël, et le combat s'engagea. Dans cette bataille rangée en rase gratis [18], Raihël fut battu par les Antiphilistes, qui leur tuèrent environ quatre mille pigeons [19], et le peuple foutit le camp à tire d’aïe. Les anciens de Raihël dirent alors : « Pourquoi le Docteur nous a-t-il fait battre aujourd'hui par les Antiphilistes ? Faisons venir de Chiot [20, note 30] le marché [21, note 24] de désalliance du Docteur ; qu'il vienne au milieu de nous, et qu'il nous sauve [22] de la main de nos ennemis. » Le peuple envoya chercher au sanctuaire de Chiot le marché de désalliance du Docteur des canapés et des salons [23, note 11], qui siège sur les Bling-bling. Les deux fils du trêtre Phili, Ovni et Filesalaisse [20, note 3

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jeudi, 14 janvier 2010 | Lien permanent

La Collomp le lâcha et n’y revint plus ? Sept corbeaux pour être vrai…

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,22-26.
Jésus et ses disciples arrivent à Bethsaïde. On lui amène un aveugle et on le supplie de le toucher. Jésus prit l'aveugle par la main et le conduisit hors du village. Il lui mit de la salive sur les yeux et lui imposa les mains. Il lui demandait : « Est-ce que tu vois quelque chose ? » Ayant ouvert les yeux, l'homme disait : « Je vois les gens, ils ressemblent à des arbres, et ils marchent. » Puis Jésus, de nouveau, imposa les mains sur les yeux de l'homme ; celui-ci se mit à voir normalement, il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté. Jésus le renvoya chez lui en disant : « Ne rentre même pas dans le village. »

250px-YamKineret.jpg______Au nord du lac de Tibériade, non loin de Capharnaüm, le village de Bethsaïde reste au cœur de la région qui reçoit la première la proclamation de la Bonne Nouvelle [1]. Nous sommes donc loin du territoire de la Décapole [2]. Ici, le nom de Jésus est devenu célèbre [3] : néanmoins, quand on lui amène un aveugle et qu’on le supplie de le toucher… il ne se passe rien quand Il le touche ! En effet, Il le prend par la main. Ce qui était moins nécessaire pour le sourd-muet de la Décapole : lui voyait où il allait. Bien qu’étant cette fois régulièrement en terre de mission, Jésus agit ici comme Il avait agi plus loin, emmenant à l’écart celui qu’on lui amène,[2] le conduisant hors du village et loin des regards. Pourquoi tant de précautions dans cette région où Il guérit habituellement au milieu de la foule ? On le supplie de toucher celui-là, précisément parce qu’on sait que tous ceux qui touchaient ne serait-ce que la frange de son manteau étaient sauvés.[4] De nouveau, cette notoriété présente le risque de réduire Jésus à un simple guérisseur : s’impose à nouveau la nécessité de redresser la barre en rectifiant l’ordre du salut [2, APR note 14] par la restauration d’une discrétion à laquelle on peut ajouter une certaine pédagogie dans le mode de guérison opéré. En effet, habituer les malades au seul toucher finirait par leur faire identifier Jésus comme une sorte de pierre philosophale transformant instantanément en or tout ce qu’elle touche.
______Cet aveugle donc, il ne se passe rien quand on le touche sous le regard des autres. Précisément parce que c’est un aveugle ! En tant que tel, la lutte est par trop inégale entre la confrontation de son regard avec celui des autres. Parce qu’à ce regard manque bien entendu la concordance avec la vision, [5] celle-ci étant déficiente. À la limite, on peut se demander si la scène se serait déroulée de la même manière s’il s’était agi là aussi d’un sourd-muet, voire d’un lépreux [6]. À rebours de tant de guérisons si instantanées, celle-ci surprend par ses différentes étapes lui donnant un aspect progressif : moins "magique" et sans doute plus clinique. Passer sans transition de la cécité obscure à la vision lumineuse n’est pas sans danger pour des rétines inhabituées. En un premier temps, on retrouve la salive sur les yeux comme pour l’aveugle-né de Jérusalem. [2, note 7] S’y ajoute l’imposition des mains. Va-t-elle imposer la guérison ? « Est-ce que tu vois quelque chose ? » Il y a chez cet homme comme une résistance à la guérison. Il voit, mais sa vue n’est pas encore nette : les gens ressemblent à des arbres, et ils marchent. Autrement dit, il n’en aperçoit encore que les silhouettes floues. Cette analogie n’est cependant pas anodine : les arbres en appellent à un enracinement… qui n’est pas exactement celui des arbres puisqu’ils marchent ! Flous, les gens le sont parce qu’ils ressemblent à des arbres en ce que leur regard n’est pas nécessairement pur, s’enracinant de fait dans la fausseté anormale de ces gens sains de corps qui, nonobstant, ont des yeux et ne regardent pas, ont des oreilles et n’écoutent pas.[7] Ils ressemblent à des arbres, enracinés dans leurs affirmations. [7, note 23] Ils ressemblent à des arbres : les végétaux ne regardent pas, n’entendent pas.

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______Or, à la seconde imposition des mains sur les yeux de l'homme, celui-ci se mit à voir normalement, il se trouva guéri, et il distinguait tout avec netteté. Considérée à la lumière du salut, la guérison de cet aveugle est moins anodine qu’il ne paraît : sans doute est-ce pourquoi elle est opérée dans cette discrétion et cette inhabituelle progressivité, réclamant pas moins de deux impositions des mains. Non que Jésus aie "perdu" son pouvoir, mais Il l’exerce toujours dans un contexte d’édification, tant pour l’intéressé que pour son entourage. Il y a un sens que l’aveugle développe davantage que le voyant, ne serait-ce que par compensation : c’est celui de l’écoute. Pour ainsi dire, son handicap le contraint à faire attention à la manière dont il écoute.[8] De ce fait, il affûte naturellement son regard sur le monde, même s’il ne le voit pas : il est donc moins sensible que d’autres à l’enracinement dans un regard faux.[9] Ayant ouvert les yeux une première fois, sa vision trouble retransmet fidèlement ce regard faux, tel qu’il l’a perçu de la part de son entourage. Ce semi-échec en apparence signe en profondeur une victoire remarquable : celle de l’harmonie entre son voir et son regarder. [5] Il ne se serait pas trouvé guéri à l’issue de la première imposition des mains si sa vision avait été nette : elle aurait en effet attesté de son adoption du regard faux des autres ! Or il se trouve guéri non seulement en se mettant à voir normalement, mais également en distinguant tout avec netteté : au-delà de la vue recouvrée, ce tout porte sur son regard, net. Au-delà des gens, c’est distinguer le bien du mal. Qui, mieux qu’un ex-aveugle, peut en effet regarder au-delà des apparences ? Il a déjà acquis une telle expérience de ce regard que, devenu voyant, il va se trouver en décalage par rapport aux gens de son village, au regard plus incertain… et fatalement plus hostile. C’est pourquoi Jésus le renvoie chez lui en disant : « Ne rentre même pas dans le village. » Cette fois, ce n’est pas la crainte que la nouvelle soit répandue [6] –ne l’est-elle pas déjà à cette époque et en ces lieux ?- qui motive cette nouvelle recommandation de Jésus, mais la protection de cet ancien aveugle : un regard pur au milieu de regards impurs est nécessairement perçu comme "impur" quand la conscience du mal [7, note 42] est atténuée voire anéantie. Avant de pouvoir rentrer dans le village, cet homme devra sans doute attendre que la terre soit redevenue sèche du déluge d’impureté dans lequel Bethsaïde est noyé.

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Mosaïque de la Cathédrale Saint-Marc à Venise.

Livre de la Genèse 8,6-13.20-22.
Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre de l'arche qu'il avait construite, et il lâcha un corbeau ; celui-ci s'envola et revint en attendant que la terre soit redevenue sèche. Ensuite, Noé lâcha une colombe pour savoir si les eaux avaient baissé à la surface du sol. La colombe ne trouva pas d'endroit où se poser, et elle revint vers l'arche auprès de lui, parce que les eaux couvraient toute la terre ; Noé tendit la main, prit la colombe, et la fit rentrer auprès de lui dans l'arche. Il attendit encore sept jours, et lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche. Sur le soir, la colombe revint, et dans son bec il y avait un rameau d'olivier tout frais ! Noé sut ainsi que les eaux avaient baissé à la surface de la terre. Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, qui ne revint plus. C'est en l'an six cent un de la vie de Noé, au premier mois, le premier du mois, que la terre redevint sèche. Noé enleva le toit de l'arche, et regarda : la surface de la terre était sèche. Noé dressa un autel au Seigneur ; il prit, parmi tous les animaux purs et tous les oiseaux purs, des victimes qu'il offrit en holocauste sur l'autel. Le Seigneur respira l'agréable odeur, et il se dit en lui-même : « Je ne maudirai plus jamais le sol à cause de l'homme. Les pensées de son cœur sont mauvaises dès sa jeunesse ; mais plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme je l'ai fait. Tant que la terre durera, semailles et moissons, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit ne cesseront jamais. »

______Les esprits chagrins pourront s’émouvoir de ce qu’après quarante jours et quarante nuits de déluge frappant tous les vivants, des corbeau.jpgsurvivants parmi les animaux purs et tous les oiseaux purs soient offerts en holocauste sur l'autel : c’était bien la peine de les avoir épargnés pour en arriver là ! Mais attention ! continuons de prendre garde à ne pas interpréter la Genèse au pied de la lettre. [7, note 31]. Les pensées du cœur de l’homme étant mauvaises dès sa jeunesse, une lecture trop littérale de la Genèse lui purifiera-t-elle ces pensées ? Si le Seigneur respire cet holocauste en agréable odeur, Il a Ses raisons. Offrir en holocauste, c’est aussi une façon pour l’homme d’avoir retenu la leçon de l’exemple du regret exprimé, [7, AV note 49] en l’exprimant à son tour par cet holocauste. Belle expression de la part de Noé, offrant comme Abel les morceaux les meilleurs [10, APR note 10] : après tout, n’avait-il pas aussi embarqué des animaux qui ne sont pas purs, victimes a priori idéales sur un autel ? Mais pour sceller d’un sacrifice cette nouvelle alliance [10, APR note 10] de l’homme avec Dieu, rien n’est trop beau pour que le Seigneur ne maudisse plus jamais le sol à cause de l'homme.

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______Il reste toujours à l’homme de ne plus jamais maudire l’homme [11], surtout quand il l’offre en holocauste sur certains autels "sanitaires" : ce sacrifice-là n’est d’agréable odeur [12] pour personne, les pensées du cœur passant du mauvais au méchant. [13, notes 7 à 9] Tant que l’imposture durera, froidure sans chaleur, hiver sans été, nuit sans jour ne cesseront jamais : cela coince au sixième jour,[14, APR note 36] jusqu’à tenter de désceller les sacrifices d’anciennes alliances [15] ! Mais ceci est une autre histoire…

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Une cockerinade par jour

Un Russe, un Cubain, un Américain et une avocate sont dans un compartiment de train. Le Russe prend une bouteille de vodka de son sac de voyage, se verse un verre, le boit et dit :
- En Russie, nous avons la meilleure vodka du monde. Nulle part ailleurs vous ne trouverez de vodka plus fine. Et nous en avons tellement que l'on peut la jeter comme on veut...
Et disant cela, le Russe ouvre la vitre, et jette le reste de la bouteille par la fenêtre. Tous les autres voyageurs sont assez impressionnés. Le Cubain prend alors sa boîte de havanes de sa poche, en sort un, l'allume, commence à fumer et dit :
- À Cuba, nous avons les meilleurs cigares du monde. La qualité de nos havanes est reconnue partout dans le monde. Nous en avons tellement chez nous que je peux me permettre de les jeter par la fenêtre.
Une fois encore, tout le monde est impressionné dans le compartiment. Et à ce moment-là, l'Américain se lève, empoigne l'avocate et la jette par la fenêtre.

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mercredi, 18 février 2009 | Lien permanent | Commentaires (2)

Dans ma colère, je défais les serpents.

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Évangile de Jésus-Christ selon Marc 1,40-45. (*)
Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »
À l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.

______Parce que les lépreux [1] sont souvent les premiers témoins du salut [2, note 3], qu’ils symbolisent mieux que personne la véritable purification extérieure et intérieure [3][4][5]- dont eux ne peuvent pas s’en cacher la nécessité, ils ne peuvent pas toujours en cacher non plus leur guérison quand ils l’ont obtenue ! Marc est ici plus précis que Luc, l’ordonnance de ne le dire à personne (ne pas confondre avec d’autres "ordonnances" [6]…) se traduisant ici par un avertissement sévère, introduit par une sollicitation à l’attention.[7] Qu’à cela ne tienne : emporté par son enthousiasme débordant, notre lépreux a manifestement passé outre en désobéissant sur ce point à Jésus, lançant avant l’heure une campagne publicitaire dont Il se serait bien passé ! Les retombées de cette campagne auraient de quoi faire saliver d’envie les agences les plus pointues en la matière : il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui. Visiblement, Jésus, Lui, n’a rien à vendre : avec Lui, tout est gratuit.[8] Les agences publicitaires ravalent leur salive sans regrets…

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______Peut-on alors considérer que ce lépreux a trahi la confiance de Jésus ? Non, pour deux raisons : la première est qu’il n’aurait pas été guéri. En effet, tout esprit inclinant à la traîtrise rend dur d’oreille, bouche les yeux et les oreilles et rend le cœur inapte à comprendre [9, note 34]. Devant un tel homme, Jésus n’aurait pas été pris de pitié puisqu’il n’en inspire aucune… sauf à un esprit similaire et solidaire. De plus, un tel homme ne solliciterait aucune purification sur sa personne, ni de l’intérieur ni de l’extérieur : à défaut d’être sain de corps, il se voudrait juste.[10, notes 36]. C’est dire qu’il ne reconnaîtrait Jésus ni comme voulant le purifier ni comme pouvant seulement le faire. En de telles conditions, Jésus n’aurait pu le guérir que contre sa volonté à lui : ce qu’Il n’a jamais fait, ne fait jamais et ne fera jamais. Cet anti-portrait intérieur ne correspond naturellement en rien à un lépreux qui vient spontanément trouver Jésus pour tomber à ses genoux et le supplier : paradoxalement, sa lèpre extérieure a eu pour vertu d’entamer déjà chez lui un cycle de purification intérieure. Ce qui est loin d’être un acquis automatique, le cœur pouvant au contraire s’endurcir dans un temps de révolte et de défiance vis à vis de soi comme des autres.

______La seconde raison de la non-trahison du lépreux est tout aussi évidente en aval : il se mit à proclamer et à répandre la nouvelle… cette nouvelle étant en l’espèce une BONNE nouvelle. Ce qu’il répand est donc l’antithèse de toute mise en garde "prudentielle" [11, APR note 27], malédiction [12] ou autre médisance [13]. Il est un ex-lépreux, par conséquent dans une dynamique de guérison et non plus de maladie. Il est ainsi passé d’un cercle vicieux à un cercle vertueux.

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______Il n’en demeure pas moins que ce cercle est entaché d’une entorse à l’obéissance. Notre homme a bien entendu la voix du Seigneur… mais il l’a un peu moins bien écoutée ! Si ce péché était aussi grave que l’avertissement destiné à l’en prémunir était sévère, il n’aurait pas été guéri, ou n’aurait plus été guéri : il serait retombé dans sa lèpre initiale… et l’Évangile ne prendrait pas même la peine de nous rappeler ce récit

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jeudi, 15 janvier 2009 | Lien permanent

« Je le veux, sois ”troublé”. » À l'instant même, sa femme le quitta et il fut horrifié.

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,40-45. (*)(*)(*)
Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.

_____On ne soulignera jamais assez toute la symbolique qui régnait autrefois autour de la lèpre. Le statut social qui gravitait autour de ceux qui avaient le malheur d’en être atteints lui conférait une aura répulsive leur conférant l’exclusion radicale aveugle.bmpde toute relation humaine, et ce bien avant que ce vocable s’impose dans l’air du temps. Davantage qu’une maladie, la lèpre était perçue comme le signe du péché : donc, la punition du pécheur. Cet esprit était encore très prégnant du temps de Jésus. Dans l’épisode de l’aveugle-né, ne Lui demandait-on pas : « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? » [1] ? Et encore ne s’agissait-il là "que" de cécité organique (déjà suspecte d’être génétique…) ! Certes, de l’ancienne Alliance à la nouvelle, le discours ne varie pas : c’est bien au pied de l’arbre de la connaissance du bien et du mal [2] que s’est introduit le mal, péché par la désobéissance : et son corollaire, la mort… en passant par la maladie. Au sujet de l’aveugle-né, la réponse de Jésus est sans ambiguïté : « Ni lui, ni ses parents. » Exit l’affirmation [3, note 3] de "la punition du pécheur" ! "L’explication" génétique n’est pas davantage à l’ordre du jour. Alors ?  Alors : « Mais l'action de Dieu devait se manifester en lui. » (Comme elle se manifestera pour le lépreux d’aujourd’hui.) Ne se manifeste-t-elle pas tout du long de l’Évangile, le salut [4, notes 7 à 27] y restant étroitement associé à la guérison ? (associer n’étant pas confondre…) Se reconnaître pécheur [5] reste la condition basique pour obtenir cette guérison : ce qui n’augure en rien du lien direct entre la maladie présente et le péché que l’on reconnaît. L’aveugle-né n’était sans doute ni plus ni moins pécheur que les autres… mais il était plus aveugle qu’eux ! De même, ce lépreux qui tombe aux genoux de Jésus est certes lépreux… mais il souffre autant de cette maladie que du traitement social qui a toujours cours, héritage de la tradition des anciens [6] :

Livre du Lévitique 13,1-2.45-46.
Le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Quand un homme aura sur la peau une tumeur, une inflammation ou une tache, qui soit une marque de lèpre, on l'amènera au prêtre Aaron ou à l'un des prêtres ses fils. Le lépreux atteint de cette plaie portera des vêtements déchirés et les cheveux en désordre, il se couvrira le haut du visage jusqu'aux lèvres, et il criera : 'Impur ! Impur ! ' Tant qu'il gardera cette plaie, il sera impur. C'est pourquoi il habitera à l'écart, sa demeure sera hors du camp. »

_____Il faut évidemment se resituer dans le contexte de l’époque, la science médicale étant alors fort éloignée de celle que nous connaissons aujourd’hui, qui permet de soigner la lèpre [7, APR note 3/2] au-delà d’un ostracisme aux racines fort anciennes. Quand c’est le Seigneur qui dit, la relation entre le péché et la maladie est manifeste : la seconde est bien donnée comme étant le fruit amer du premier, puisque le traitement prioritaire du lépreux est de l’amener au prêtre, et non au médecin. Du temps de Moïse, la médecine est de toute façon impuissante, sauf pour observer les effets cliniques de la lèpre : la contagion. C'est aussi pourquoi le lépreux habitera à l'écart, sa demeure sera hors du camp.
_____Ici comme ailleurs, Jésus ne vient pas abolir mais accomplir. [8] De fait, s’Il guérit ponctuellement les lépreux, Il n’abolit pas globalement la lèpre. Il l’accomplit en lui donnant un sens plus nuancé que celui qui prévalait depuis Moïse. Il prévaut encore lorsque ce lépreux vient trouver Jésus ! En effet, il ne lui demande pas : « Si tu le veux, tu peux me guérir. » mais il le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » C’est dire qu’à la souffrance extérieure [9] de la lèpre proprement dite, s’ajoute lourdement la souffrance intérieure liée à une culpabilité "d’impur" entretenue par l’exclusion sociale. Avec Jésus, désormais un homme pourra avoir sur la peau une tumeur, une inflammation ou une tache, qui soit une marque de lèpre… sans nécessairement que cette marque soit directement imputable au péché. L’habitation à l’écart reste de mise, mais uniquement pour des raisons sanitaires : l’ostracisme religieux n’a plus lieu d’être. En lui-même, le phénomène de contagion indique assez que la possibilité de contracter la lèpre ne fait guère de distinctions entre justes et pécheurs !… Si l'action de Dieu se manifeste par la guérison, manifeste le salut, elle est pour les gens un témoignage, de sorte qu'il ne leur soit plus possible d'entrer ouvertement dans l’affirmation "maladie=péché". Il suffit d’ailleurs de parcourir quelques biographies de saints réputées édifiantes pour mesurer l’écart parfois abyssal entre santé et sainteté : chez certains, on serait presque tenté a contrario de "mesurer" celle-ci à l’aune de leurs maladies !…

_____Avant Jésus, et sous la loi de Moïse, le lépreux est amené au prêtre afin que ce dernier atteste de son impureté, prononce la sanction consistant à faire porter des vêtements déchirés etc. Avec Jésus, le lépreux est amené au même prêtre afin que ce dernier atteste de son guérison, prononce la purification intérieure ![10]
_____Maintenant qu’on sait guérir médicalement de la lèpre, il reste à guérir d’un ostracisme qu’il serait difficile d’imputer encore à un phénomène religieux en perte de vitesse… en tout cas, celui qui pourrait s’inscrire dans la continuité de la loi de Moïse. D’autres [11][12] savent s’inscrire sous un aspect différent, officiellement laïc, tout en reprenant des archaïsmes antérieurs à la loi de Moïse !

Escroquerie de Philou la crise [13] lisant dans son marc de café 1,40-45. [14]
Un lépreux spi
[15, note 22] vient trouver Philou [16, note 21] ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux le troubler. » Pris de pitié devant cet homme, Philou mit la main sur son texte volé [17, APR note 19], le toucha et lui dit : « Je le veux, qu’il soit troublé grave. » À l'instant même, il crut [18, note 8] que sa lèpre spi le quitta et il fut soulagé. Aussitôt Philou le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention à lui, préviens tout le monde, dis-leur ce que t’a montré le traître. Et donne pour ton auto-purification ce que la mouise [19] prescrit dans les foies [20] : c’est remboursé par la sécurité sociale. Ta trahison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, d’abord auprès de l’épouse du troublé grave, de sorte qu'il n'était plus possible à ce dernier d'entrer ouvertement dans une ville sans que l’on souffre pour lui. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui pour le convaincre d’aller se "soigner". Au préalable, on se couvrait le haut du visage "d’amour" et de "compassion" jusqu'aux lèvres, et on criait : 'Impur ! Impur ! ' Tant qu'il gardera ces sept plaies d’Égypte sur lui tout seul, il sera impur. C'est pourquoi il a été sommé [21][22] d’habiter à l'écart, un demeuré [23] devant fiche le camp.

_____Avec la disparition de la lèpre sous nos contrées, disparaît simultanément ce qu’on appellerait aujourd’hui froidement un facteur de régulation sociale. Jusqu’alors, les lépreux étaient bien davantage que des malades : les premiers, ils représentaient les poubelles des "purs" par leur fonction de réceptacle des déchets [3, note 16]. Cette fonction allait de soi par leur apparence de déchets humains, quasiment sacralisée par l’attestation du prêtre. Tant qu'il garde cette plaie –plaie de l’attestation comprise-, le lépreux est impur. (Ce qui laisse mystérieusement entendre qu’il pouvait ne pas la garder, suggérant la possibilité de guérison même au temps de Moïse…) Au moins est-il assuré d’être contagieux, ce qui suffit déjà à le mettre en quarantaine… et à hériter en surplus de suspicions impures de la part des "purs" (d’où les guillemets) détruisant sa réputation pour conforter celle des autres. C’est pourquoi il peut tomber à genoux et supplier : à la maladie organique, s’ajoutait déjà la maladie sociale. Pour couronner le tout, il devait hériter de la maladie spirituelle… des autres. Plus il était impur, et plus les autres se voyaient "purs". Comment se défendre quand on est lépreux ? On est déjà mis à l’écart, ce qui interdit matériellement toute défense. D’autre part, la maladie –et plus que toute autre, cette maladie- est systématiquement interprétée comme le reflet fidèle de la la maladie spirituelle chez celui qui en est affligé : c’est dire qu’il n’a aucune chance d’être crédible en demandant aux "purs" de répondre de leur maladie spirituelle. En ce sens, on peut en déduire que la lèpre s’est constituée pendant des siècles comme une sorte de fusible au sein de la vie de la cité : ce qui en fait étymologiquement une maladie politique. Tant qu'il garde cette plaie, le lépreux est le premier malade politique de l’Histoire.
Le recul de la lèpre aidant, que faire des poubelles qui s’accumulent avec de moins en moins de lépreux pour les recueillir ? Il y aurait bien la conversion qui les rendrait inutiles : tout faire pour la gloire de Dieu.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,31-33.11,1.
Tout ce que vous faites : manger, boire, ou n'importe quoi d'autre, faites-le pour la gloire de Dieu. Ne soyez un obstacle pour personne, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni pour l'Église de Dieu. Faites comme moi : en toutes circonstances je tâche de m'adapter à tout le monde ; je ne cherche pas mon intérêt personnel, mais celui de la multitude des hommes, pour qu'ils soient sauvés. Prenez-moi pour modèle ; mon modèle à moi, c'est le Christ.

_____S’adapter à tout le monde, c’est aussi s’adapter à une écologie sans poubelles superflues. Prendre l’autre pour le réceptacle de ses déchets, c’est être un obstacle pour lui : qu’il soit Juif, païen, de l'Église de Dieu ou autre. Y compris quand c’est un lépreux ! Car c’est à n’en pas douter un obstacle à sa guérison. Toute la question est de savoir si le "pur" ne cherche pas son intérêt personnel à entretenir le lépreux dans sa lèpre, s’économisant ainsi tout souci de conversion. Politiquement, celle-ci manque de correction. Quand la multitude des hommes s’est habituée à se décharger sur des boucs émissaires, elle incline à prendre pour modèles les poubelles qu’on lui montre.

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_____Comme c’est étrange : l’essor des mythes de la "santé mentale" coïncide avec le déclin de la lèpre : avec cette dernière, déclinait la maladie politique. Le fusible est en péril : que faire ? Difficile d’interdire à la médecine de soigner la maladie : cela susciterait un tollé général. L’addiction à la maladie politique reste cependant tenace, et l’époque est peu propice à évoquer ouvertement la maladie spirituelle ! Elle en fait néanmoins son cheval de bataille : un cheval de bois.[24] L’invention de la maladie non organique va permettre une formidable progression de la maladie politique, reprenant encore chaud le trône duquel a longtemps régné la lèpre… se moulant consciencieusement sur les schèmes de feu son royaume. Comme elle, la maladie politique habite à l'écart, sa demeure est hors du camp politique officiel, même si elle est appelée à s’y immiscer. Se couvrant le haut du visage jusqu'aux lèvres pour ne pas être découverte, elle va feindre de découvir le haut du visage des autres… à l’intérieur. De la sorte, elle fabrique de toutes pièces une nouvelle "lèpre" légitimant son pouvoir. Comme l’indique un servant de cette "lèpre" : « En médecine comme ailleurs, celui qui a le pouvoir, c’est celui qui peut déstabiliser l’autre. » [25, APR note 25] Le fait est que cette "lèpre" est déstabilisante : terminée la tumeur sur la peau, l’inflammation ou la tache, qui soit une marque de lèpre ! La nouvelle "lèpre" ne se voit pas, ce qui devrait normalement constituer un handicap majeur pour sa pérennité. Mais existe-t-il quelque chose de "normal" quand on aborde les rives mouvantes de la "santé mentale" ? La nouvelle "lèpre" ne se voit que par ses nouveaux "prêtres", héritant du pouvoir indiscutable de l’attester. Ce n’est plus le "lépreux" qui crie : 'Impur ! Impur ! ' mais le "prêtre" qui sussure à mots couverts : 'Troublé ! Troublé ! ' Le résultat est le même : tant qu'il garde cette plaie, il est troublé. C'est pourquoi il habite à l'écart, sa demeure est hors du camp… mais pas celui de concentration des temps modernes.[26, note 15][27] « Tant qu'il garde cette "plaie" » : en l’occurrence, sa seule véritable plaie est ce "prêtre" et ceux qui l’ont amené à lui, le prenant pour modèle. D’un côté, un modèle de "prêtre" ; de l’autre, un modèle de "lépreux" amené au titre de poubelle des temps modernes, au couvercle mal fagoté de vagues prétextes se voulant "comportementaux". Disons-le tout net : une poubelle a des chances de "guérison" très infimes, de par son utilité à l’égard de son entourage. Le "prêtre" peut néanmoins attester cette "guérison" de temps à autre, afin que ses statistiques -catastrophiques sur un tel sujet !- ne soient pas trop voyantes. Mais il cherche d’abord son intérêt personnel et celui de sa confrérie, pas celui de la multitude des hommes. Cet intérêt commande donc de marquer l’essai, en donnant des assises organiques à la "maladie". Dûment "soignée", elle trouve ainsi ses lettres (inversées) de noblesse en perdant ses guillemets, passant du stade pseudo-"psychique" au stade neurologique. Ceci en conservant la même dénomination que le "diagnostic" originel, rendant ce dernier plus "vrai" que nature… jusqu’à défrayer les chroniques. [28, notes 27][29]

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_____L’aspect de la contagion n’a pas été oublié : il reste prédominant. À ceci près qu’il ne concerne pas le "lépreux" officiel, mais la plupart des "purs" qui l’entourent, les plus proches étant les plus atteints d’une véritable lèpre spirituelle qui leur fait habiter à l'écart, leur demeure étant hors du camp de toute cohérence. Ainsi une épouse peut massacrer publiquement son mariage [30], traîner son époux dans les aberrations judiciaires les plus inconsistantes, entraîner sans explication leurs enfants dans des équipées dispersantes et malheureuses [31, APR note 22], n’en jamais exprimer aucun regret aux intéressés… et décréter ensuite sans sourciller que « la date de son mariage la lie toujours à son époux, mariage indissoluble, etc. » !!! Tant qu'il garderont cette plaie en la niant contre toute évidence, les "purs"  seront les plus impurs de tous, ne se montrant au prêtre qu’en allant "communier"[32, note 15] pour qu'ils soient perdus, ne donnant RIEN pour leur purification selon ce que Jésus prescrit dans la Loi : leur trahison n’est que trop pour les gens un témoignage de modèle… à deux têtes. [33, note 2/2] On peut « perdre la tête » [34]… à condition que ce soit celle du "praître".

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Une cockerinade par jour

Un type arrive aux urgences de l'hôpital, les yeux au beurre noir, le nez écrasé et dégoulinant de sang, les lèvres tuméfiées. L'infirmière de service lui demande :
- Marié ?
- Non ! C'est un accident de voiture.

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dimanche, 15 février 2009 | Lien permanent

Qui va toucher le grisbi ?

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5,21-43. (*)(*)(*)
Jésus regagna en barque l'autre rive, et une grande foule s'assembla autour de lui. Il était au bord du lac. Arrive un chef de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma petite fille est à toute extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu'elle l'écrasait. Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans... -elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré-... cette femme donc, ayant appris ce qu'on disait de Jésus, vint par derrière dans la foule et toucha son vêtement. Car elle se disait : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » À l'instant, l'hémorragie s'arrêta, et elle ressentit dans son corps qu'elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu'une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » Ses disciples lui répondaient : « Tu vois bien la foule qui t'écrase, et tu demandes : 'Qui m'a touché ? ' » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait ce geste. Alors la femme, craintive et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Mais Jésus reprit : « Ma fille, ta foi t'a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre pour annoncer à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de la synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l'accompagner, sinon Pierre, Jacques, et Jean son frère. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l'agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L'enfant n'est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l'enfant, et ceux qui l'accompagnent. Puis il pénètre là où reposait la jeune fille. Il saisit la main de l'enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher -elle avait douze ans. Ils en furent complètement bouleversés. Mais Jésus leur recommanda avec insistance que personne ne le sache ; puis il leur dit de la faire manger.

_____Il est aujourd’hui possible de ne pas trop souffrir du traitement de nombreux médecins : il suffit simplement de refuser ce traitement ! [1][2] Ce qui devrait aller de soi lorsqu’on n’a ni pertes de sang ni perte de quoi que ce soit. Cependant, il est simultanément possible de dépenser néanmoins beaucoup de biens sans aucune amélioration puisqu’il n’y a toujours rien à améliorer ; au contraire, l’état empirerait plutôt en imposant un traitement censé faire retrouver ce qui n’a pas été perdu. La possibilité de cette dépense réside dans ce que, ayant appris ce qu'on disait par derrière [3] d’un "malade", de nombreux médecins ne le connaissant pas se fient à l’avis de "bien-portants" [4] qui pleurent et poussent de grands cris, les suppliant instamment de garder au chaud ce "malade". À se demander si en son for interne, cette foule écrasante de "bien-portants" ne se dit pas : « Si je parviens à toucher seulement le vêtement du Docteur, je serai sauvé. » À l'instant, c’est une belle hémorragie financière qui se prépare. Car faute de plus ample informé, le Docteur reprend : « Mes bien-portants, votre foi vous a sauvés. Allez en paix et votre malade, lui, ne se sauvera pas tant qu’il ne sera pas guéri de son mal. Ne craignez plus, croyez seulement. »

Livre de la Sagesse 1,13-15.2,23-24.
Dieu n'a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Il a créé toutes choses pour qu'elles subsistent ; ce qui naît dans le monde est bienfaisant, et l'on n'y trouve pas le poison qui fait mourir. La puissance de la mort ne règne pas sur la terre, car la justice est immortelle. Or, Dieu a créé l'homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu'il est en lui-même. La mort est entrée dans le monde par la jalousie du démon, et ceux qui se rangent dans son parti en font l'expérience.

_____Ainsi, grâce aux vertus d’une "hospitalisation" sous contrainte, ceux qui ne se rangent pas dans son parti en font également l'expérience, car la "justice" des autres est mortelle. « Et cela fera l'égalité… » nous annonce l’Apôtre plus bas, un peu révolutionnaire avant l’heure ! Il va sans dire qu’en certains endroits, l’image de ce que Dieu est en lui-même souffre de quelques altérations, les êtres vivants ne se réjouissant pas toujours d’altérités qui les font mourir de peur [5] ; et on y trouve le… "médicament" qui, paraît-il, fait aller en paix et guérir de son mal. On connaît en effet la générosité des enseignes pharmaceutiques [6], peu avares de soulager les autres… au moins à la hauteur de leur portefeuille. Elles qui sont riches, elles sont devenues encore plus riches à cause de "bien-portants", pour que leurs "malades" deviennent pauvres par leur santé.

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 8,7.9.13-15.
Puisque vous avez reçu largement tous les dons : la foi, la Parole et la connaissance de Dieu, cette ardeur et cet amour que vous tenez de nous, que votre geste de générosité soit large, lui aussi. Vous connaissez en effet la générosité de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. Il ne s'agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, il s'agit d'égalité. En cette occasion, ce que vous avez en trop compensera ce qu'ils ont en moins, pour qu'un jour ce qu'ils auront en trop compense ce que vous aurez en moins, et cela fera l'égalité, comme dit l'Écriture à propos de la manne : Celui qui en avait ramassé beaucoup n'a rien eu de plus, et celui qui en avait ramassé peu n'a manqué de rien.

_____Il le faut que le geste de générosité soit large, lui aussi. Car se moquer d’un "malade" a un coût, qui ne compense pas ce qu’il a eu en moins : à savoir, de ces traitements apportant la manne aux enseignes susnommées. À défaut de frais de "soins", ceux de séjour, eux, sont incompressibles :

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_____Cet avis est nommément adressé au "malade", laissant entendre qu’il est en dette de la somme rondelette de 1949,40 € (pour les nostalgiques du franc : 12 787, 22 F !!!) couvrant des frais de séjour qui, il est vrai, a duré plus d’un mois. Or, chacun a reçu largement le don de connaître les raisons de cette prolongation insensée [

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dimanche, 28 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (12)

Rentre chez toi.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,5-17. (*)(*)(*)(*)
Jésus était entré à Capharnaüm ; un centurion de l'armée romaine vint à lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est au lit, chez moi, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Ainsi, moi qui suis soumis à une autorité, j'ai des soldats sous mes ordres ; je dis à l'un : 'Va', et il va, à un autre : 'Viens', et il vient, et à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l'admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n'ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume des cieux, et les héritiers du Royaume seront jetés dehors dans les ténèbres ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et le serviteur fut guéri à cette heure même.
Comme Jésus entrait chez Pierre, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre. Il lui prit la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait. Le soir venu, on lui amena beaucoup de possédés ; il chassa les esprits par sa parole et il guérit tous les malades. Ainsi devait s'accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.

Uniformes1grand.jpg_______« Que tout se passe pour toi selon ta foi. » Tel est ce qui se passe pour un lépreux [1], ou un centurion de l'armée romaine. Chez le premier, c’est lui qui souffre terriblement ; chez le second, c’est son serviteur cloué au lit, chez lui, paralysé : cet état le dissuade naturellement de s’approcher directement de Jésus. L’aurait-il pu, rien n’indique qu’il fusse venu à lui, sa guérison ayant été obtenue non selon sa foi mais par celle de son maître. Qu’est-ce qu’un serviteur pour un centurion de l’armée romaine ? Quelqu’un qui est soumis à son autorité. Dans un registre purement utilitariste, le serviteur souffrant est un "poids mort", ne pouvant rien faire quand on lui dit : 'Fais ceci'. À la limite, ce serviteur n’est pas digne de rester sous le toit de son maître. Il suffirait que ce dernier dise seulement une parole et sous ses ordres, le souffrant serait prié d’aller souffrir ailleurs. Là, il y aurait des pleurs et des grincements de dents : loin des yeux, loin du cœur. Qui pourrait s’opposer hiérarchiquement aux ordres d’un centurion de l’armée romaine ? Tel n’est pas, bien entendu, l’état d’esprit de celui-ci. Son serviteur souffre terriblement : il en souffre pour lui. Aux antipodes de l’indifférence d’un maître pouvant avoir légitimement d’autres préoccupations, c’est la compassion qui l’anime [2] : non le manque à gagner d’un serviteur devenu momentanément inefficace ; son rang social suggère assez qu’il en a d’autres pouvant se répartir les tâches. Il suggère surtout, en sa qualité d’occupant politique, de se soumettre toutes les autorités du lieu occupé. Quand on a des soldats sous ses ordres, rien de plus facile que de leur demander de faire venir Jésus sous son toit sans prendre la peine de se déplacer.
_______Non seulement le centurion –emblématique de ceux qui viendront notamment de l'occident– se déplace personnellement, mais il subvertit sa propre autorité, se soumettant à une autre qui lui est socialement inférieure… ne la reconnaissant supérieure que selon sa foi en un Seigneur qui, s’Il le veut, peut [1] guérir en disant seulement une parole. La hiérarchie s’inverse alors, lui ne se sachant pas digne que le Seigneur entre sous son toit. S’il n’avait eu qu’une vision utilitaire de la guérison de son serviteur, il ne se serait sans doute pas satisfait de seulement une parole et se serait soumis quelque médecin au chevet du souffrant. Beaucoup, nombreux, de grandes foules [1, note 1] : les superlatifs exprimant la quantité ne manquent toujours pas autour de Jésus, mais ce beaucoup s’applique ici hors des héritiers du Royaume : chez personne en Israël, il n’a été trouvé une telle foi. C’est dire que moins que jamais il ne suffit de dire : 'Seigneur, Seigneur !' [3] pour prendre place au festin du Royaume des cieux, l’habit –en l’occurrence, le vêtement de noce [4]- ne faisant pas le moine.

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_______Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies. Elles sont elles-mêmes assez nombreuses pour ne pas s’encombrer en sus de celles qui n’existent pas [5, APR note 32][6] ! Certes, beaucoup sont venus de l'orient et de l'occident et ont pris place avec Abracadabra, Sacapatate et Jacob Delafon [7, notes 27, 28] aux mesquins du royaume des dieux [8] : le fait est qu’ils ne répugnent pas à jeter dehors dans les ténèbres les héritiers du Royaume. Mais peut-être y aurait-il moins de pleurs et de grincements de dents chez ces jeteurs si eux-mêmes ne se revendiquaient pas héritiers de ce Royaume !… « Sors de chez moi, que tout se passe pour moi selon ma foi » : tel pourrait être le leitmotiv remis au goût du jour sous certains toits [9]. Chez personne en Raihël [10], on n'a trouvé une telle foi. On a amené ainsi beaucoup à se laisser posséder au nom d’une psychologie terriblement "chrétienne" accomplissant à merveille la parole prononcée par le prophète Isaïe : Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies. Mais cette fois, "Il", c’est le "malade" prié d’accepter sa "souffrance" [11, APR note 28], sous peine d’être un piètre héritier du Royaume ! Ainsi, le "bien-portant" qui est soumis à l’autorité "sanitaire", a des "malades" sous ses ordres ; il dit à l'un : 'Va te faire soigner', et il y va, à un autre : 'Viens prendre ton traitement', et il vient, et à l’esclave de sa "maladie" : 'Fais ceci', et il le fait. » Le bon "malade" est celui qui se couche, et qui sert les intérêts du "bien-portant". Le portrait de ce dernier est aisé à brosser : il est au lit, chez lui, paralysé dans ses affirmations [12, note 1/4], et il souffrira terriblement… tant que son "malade" désigné ne voudra pas "guérir" ! À l’occasion, on en supplie le Seigneur pour lui : qu’Il dise seulement une parole et il sera "guéri". Et tout se passe pour eux selon leur foi : il ne sera donc pas guéri… parce qu’ils ont "omis" de Lui demander d’abord de chasser les esprits par sa parole. Aux avant-postes de ces esprits délétères, ceux qui insufflent charité et sollicitude [13, APR note 12] destinées à voiler [14] une parfaite indifférence à l’égard d’autrui, antithèse d’un centurion suppliant pour la guérison d’un serviteur. À l’origine de cette indifférence, une insoumission à une autorité [15, note 1]: soit par un excès d’autorité entretenant des rapports maître/esclave indus, soit par un refus de la différence [16, note 2], celle-ci pouvant par exemple se manifester dans une évolution comportementale traduisant un réajustement des rapports susnommés. Quand la différence se fait arbitrairement "maladie", là, il y a des pleurs et des grincements de dents : quantité de serviteurs se mettent au lit, chez eux, paralysés, et ils souffrent terriblement. Jésus leur dirait bien : « Je vais aller les guérir. » Mais Il ne guérit que selon la foi de chacun… et tout se passe pour le "bien-portant" selon sa foi.

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Une cockerinade par jour

C'est un type qui se promène dans la rue, et accroché sur la porte d'une entrée d'un jardin, il voit : ATTENTION : PERROQUET MÉCHANT ! Et un peu plus loin dans le jardin, il aperçoit notre bête, attachée sur un perchoir. Notre hardi gaillard se marre en voyant la bestiole attachée sur son perchoir. Décidant de tenter le diable, il passe la barrière et pénètre dans le jardin. Soudain, le perroquet :
- REX, ATTAQUE !

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samedi, 27 juin 2009 | Lien permanent | Commentaires (1)

À l'instant, elle fit arrêter son mari, et elle ressentit dans son cœur qu'elle était guérie de son mâle.

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5,21-43. (*)
Jésus regagna en barque l'autre rive, et une grande foule s'assembla autour de lui. Il était au bord du lac. Arrive un chef de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma petite fille est à toute extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu'elle l'écrasait. Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans... -Elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré -... cette femme donc, ayant appris ce qu'on disait de Jésus, vint par derrière dans la foule et toucha son vêtement. Car elle se disait : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »
À l'instant, l'hémorragie s'arrêta, et elle ressentit dans son corps qu'elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu'une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » Ses disciples lui répondaient : « Tu vois bien la foule qui t'écrase, et tu demandes : 'Qui m'a touché ? ' » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait ce geste. Alors la femme, craintive et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Mais Jésus reprit : « Ma fille, ta foi t'a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre pour annoncer à celui-ci : « Ta fille vient de mourir.
À quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de la synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l'accompagner, sinon Pierre, Jacques, et Jean son frère. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l'agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L'enfant n'est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l'enfant, et ceux qui l'accompagnent. Puis il pénètre là où reposait la jeune fille. Il saisit la main de l'enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher -elle avait douze ans. Ils en furent complètement bouleversés. Mais Jésus leur recommanda avec insistance que personne ne le sache ; puis il leur dit de la faire manger.

______Quand Jésus est à terre, sur l’autre rive, Il laisse derrière Lui la barque qui était tenue à sa disposition pour qu’il ne soit pas écrasé par la foule.[1] Cette fois, la foule qui le suivait était si nombreuse qu'elle l'écrasait. Car il avait fait beaucoup de guérisons, si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher. Ce qui, comme toujours, ne dépend nullement de la hiérarchie sociale : aujourd’hui, nous sommes plus volontiers en haut de l’échelle, s’entrecroisant deux intervenants dont l’une avait des pertes de sang depuis la naissance de la petite fille de l’autre : douze ans.

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______Un chef de synagogue n’est socialement pas le plus malheureux. Cette femme non plus, ayant dépensé tous ses biens durant un temps aussi long sans les avoir épuisés sur une durée plus brève : ce qui suppose vraisemblablement des réserves confortables à défaut de Sécurité sociale. L’allusion de Marc -à son état qui avait plutôt empiré, ayant beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins- se réfère moins à une médecine de l’époque plus rudimentaire que celle d’aujourd’hui (comment l’aurait-il deviné ?) qu’à une quasi-idolâtrie dans les capacités illimitées de la médecine à améliorer la santé.[2, APR note 6]. Les progrès de la médecine aidant, cette idolâtrie n’a rien perdu de sa vigueur : au contraire, va-t-elle jusqu’à revendiquer son autonomie dans certaine branche de bernard-l’ermite que nous savons [3, notes 5], spécialiste insurpassable de l’état qui s’empire. Livrée sans frein à elle-même, elle ne manque pas d’infecter [4, note 1] tout corps social qui, en soi, est d’un tout autre registre qu’elle. Nul besoin de courir le monde : Mrs K n’est-elle pas l’exemple le plus emblématique de la femme qui (se) fait beaucoup souffrir du traitement de nombreux "médecins" de la Justice ? Mister K étant le maléficiaire exclusif du dit traitement, il n’est pas trop mal placé pour n’observer aucune amélioration ; au contraire, l’état de son épouse a plutôt empiré en méchanceté [1, notes 7 à 9] pas même gratuite puisque chèrement payée : espérons simplement qu’elle ne consacre pas douze ans à dépenser tous ses biens… Un bon moyen d’arrêter l’hémorragie reste plus que jamais le remboursement de contrats commerciaux non remplis [5] : plus cohérent que de condamner un exsangue pécunier [6, note 38] à des pertes de sang hors de propos et hors-la-loi [7, note 9] ! Car elle se disait : « Si je parviens à toucher seulement le vêtement de mon avocat, je serai sauvée. » À l'instant, l'hémorragie reprit de plus belle, et elle ressentit dans son cœur qu'elle s’enfonçait dans son mal. Tant que l’on évite de regagner en barque l'autre rive, [8] Marc demeure d’une saisissante actualité.

Lettre aux Hébreux 12,1-4.
Ainsi donc, cette foule immense de témoins est là qui nous entoure. Comme eux, débarrassons-nous de tout ce qui nous alourdit, et d'abord du péché qui nous entrave si bien ; alors nous courrons avec endurance l'épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l'origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré, sans avoir de honte, l'humiliation de la croix, et, assis à la droite de Dieu, il règne avec lui. Méditez l'exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement. Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang dans votre lutte contre le péché.

Lettre aux Peureux 12,1-4.
Ainsi donc, cette foule immense de faux-témoins est là qui nous entoure. Comme eux, débarrassons-nous de tout ce qui nous allège, et gardons le péché qui nous entrave si bien ; alors nous ferons courir avec inconscience [9, note 16] l'épreuve qui est imposée au malade, les yeux fixés sur Philou [10, note 15/2], qui est à l'origine et au terme de la crédulité [11, note 13]. Renonçant à la joie [12] qui lui était retirée, il a enduré, avec leur honte, l'humiliation de la croix des autres [13], et, assis loin du Docteur, il ne règne surtout pas avec lui. Méditez l'exemple de celui qui a enduré de votre part une telle hostilité, et vous serez accablés par le découragement maniaco-dépressif. Il n'a pas encore résisté jusqu'au sang dans sa lutte contre votre péché.

______Mais au contraire de "maladies"

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mardi, 03 février 2009 | Lien permanent | Commentaires (1)

Ils étaient obligés d'habiter les lieux évités, car de partout on voyait luire ces ”revenants”©.

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,40-45. (*)(*)
(Mt)(Lc)(Lc)(Mc)(Mt)(Lc)(Lc)(Mt)(Lc)(Lc)(Lc)   
Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »
À l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié. Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte qu'il n'était plus possible à Jésus d'entrer ouvertement dans une ville. Il était obligé d'éviter les lieux habités, mais de partout on venait à lui.

            Ne comptons pas trop sur les spectateurs du dernier rang pour venir ouvertement se plaindre aujourd’hui de la diffusion d’un remake : à cette heure, ils sont toujours obligés d’éviter les lieux habités afin de parfaire les révisions au sujet desquelles le réalisateur les a sévèrement renvoyés [1]. Ils l’ont mis à l’épreuve et défié ? Alors, ils l’ont vu à l’œuvre ; c’est ainsi qu’il s’est emporté contre cette génération-là, et il a dit : « Leur cœur s'égare toujours, ces gens-là ont trouvé le chemin de la sortie. Alors, dans ma colère, je l'ai juré : On verra bien s'ils entreront dans mon repos ! » Et Dieu sait que personne -parmi les étudiants se préparant à subir quelque épreuve d’un examen conduisant à des échelons s’endurcissant jour après jour- n’entre dans le repos avant d’en avoir franchi le cap. Lequel n’aura pas nourri le rêve secret d’en être purifié à l’instant même -d’un vigoureux coup de baguette magique [2] !-, de sorte qu’il lui soit possible d’entrer ouvertement dans la salle la tête haute, son permis de chasse –délivré avec mention bien- étant pour le réalisateur un témoignage ?
         Celui-ci n’est cependant pas un si mauvais bougre : en effet, n’aurait-il pas pu maintenir fermement, jusqu’à la fin, son engagement premier de respecter la programmation en faisant projeter un film inédit à ceux qui lui restent ? Au contraire, prenant acte de ce qu’il lui manque une partie de ses compagnons spectateurs sortis par la porte, voilà aujourd’hui qu’un lépreux sorti, lui, par celle de Luc [3], nous revient par la fenêtre de Marc ! Les absents [4] ne seront donc pas excessivement frustrés : quant aux présents, on verra bien s’ils voient son exploit, ouvrant plus grand leur cœur en relevant le défi de regarder [5] au-delà du déjà vu ? N’ont-ils d’ailleurs pas assisté à un défi autrement plus consistant : celui d’un lépreux dont la moindre des épreuves n’aura pas été de se frayer un passage provocant parmi des gens bien portants ayant si peu connu ses chemins qu’ils n’auront pas été les derniers à s’emporter et se révolter contre lui [3, APR note 22] ? S’ils ont vu son exploit, ils s’inclinent et se prosternent devant cette décision de leur réalisateur, s’encourageant les uns les autres à "adorer" [ad-orer : se tourner vers [6, APR note 63]] le lépreux sans récriminer [7] : pourquoi écouteraient-ils aujourd'hui moins sa parole ? S’ils le veulent bien, ne peut-elle pas leur fournir quelques conditions supplémentaires de maintenir fermement, jusqu'à la fin, leur engagement premier ? Après tout, ce film est toujours un court-métrage : il ne dure pas quarante ans !

Lettre aux Hébreux 3,7-14. (*)/(*)
Le Saint-Esprit dit dans un psaume : Aujourd'hui, si vous entendez la voix du Seigneur, n'endurcissez pas votre cœur comme au temps de la révolte, au jour où, dans le désert, vos pères m'ont mis à l'épreuve et défié. Alors, pendant quarante ans, ils m'ont vu à l'œuvre ; c'est ainsi que je me suis emporté contre cette génération-là, et j'ai dit : “ Leur cœur s'égare toujours ”, ces gens-là n'ont pas trouvé mes chemins. Alors, dans ma colère, je l'ai juré : On verra bien s'ils entreront dans mon repos ! Frères, veillez à ce que personne d'entre vous n'ait un cœur perverti par l'incrédulité au point d'abandonner le Dieu vivant. Au contraire, aussi longtemps que dure l'“ aujourd'hui ” de ce psaume, encouragez-vous les uns les autres jour après jour, pour que personne parmi vous ne s'endurcisse en se laissant tromper par le péché. Car nous sommes devenus les compagnons du Christ, mais à condition de maintenir fermement, jusqu'à la fin, notre engagement premier, alors qu'il est dit :

Psaume 95
(94),6-7.8-9.10-11.
Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ; nous sommes le peuple qu'il conduit, le troupeau guidé par sa main. Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi, où vos pères m'ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit.
« Quarante ans leur génération m'a déçu, et j'ai dit : Ce peuple a le cœur égaré, il n'a pas connu mes chemins.
Dans ma colère, j'en ai fait le serment : Jamais ils n'entreront dans mon repos. »

            Aujourd'hui, si nous entendons la voix du lépreux, elle nous revient cependant au lendemain d’une guérison à Capharnaüm : guérison que les chenapans du dernier rang de la salle s’étaient empressés d’associer à quelque esprit mauvais, se laissant tromper par la 1906472135.jpgtentation multiséculaire d’y établir un lien de cause à effet entre celui-ci et le mal organique dont est affligé celui qu’il possède : à cœur perverti, corps perverti ! Aussi longtemps qu’est porté crédit à cette thèse, les uns et les autres s’encouragent jour après jour à la maintenir fermement, au mieux en suspectant une épreuve "méritée" par celui qui la subit, au pire en s’engageant résolument sur d’autres chemins que celui-là… quitte à apporter plus activement [8][9, note 32] sa pierre à l’expédition de l’éprouvé dans le désert s’il ne veut pas connaître de lui-même ces chemins-là. Attitude archaïque s’il en est, mais qui demeure évidemment légitime lorsqu’il s’agit de se prémunir d’une maladie aussi contagieuse que la lèpre. En tout autre cas, elle relève non moins évidemment d’un ostracisme portant la marque sévère de cœurs endurcis. Pour que chez ceux qui se revendiquent les compagnons du Christ, on puisse entrer ouvertement en tout autre cas et se donner l’impression, l’illusion que la vraie vie est là [10, APR note 44], que le cœur ne s’égare pas, il suffit de lui laisser entendre qu’il s’ouvre… précisément au pointil se ferme [11]. Ce qui provoque l’ouverture d’un boulevard à l’usage de toute une sémantique "médicale"© calquant peu ou prou sa "philosophie" prophylactique sur celle qu’on a toujours connue au sujet d’une maladie telle que la lèpre. À l’abri d’une telle sémantique –faisant pleurer Margot de "compassion"©[12] dans les chaumières-, les compagnons du Christ entrent têtes baissées [13, notes 17][14, note 85], s’inclinent et se prosternent à la mesure [15] de ce qu’eux-mêmes ne sont pas "médecins"©[16]… ceux qui le sont l’étant [17] : et c’est là le seul "exploit" qu’on leur aura vu ! Pourtant, mis à l’épreuve et défiés au contact d’un réel qui est là pour tous [10, AV note 41], ils pervertissent ce réel au point d'abandonner le Dieu vivant au profit d’anti-thèses "expertes"©[18, notes 34 à 38] mortes-nées. [ NB : le Dieu vivant est le Dieu "convivant" [19], œuvrant visiblement dans les compagnons du Christ ; Il n’est ni un "Dieu" projeté [20, APR note 16] de "philosophes" ni un accompagnateur de cœurs révoltés et endurcis par l'incrédulité au point de concéder son nom à Dieu… et quelques miettes [21][22, notes 5 à 8] au-delà de son nom [6, note 69].]

         Or, aujourd'hui, nous entendons la voix d’un authentique lépreux : bien que l’ostracisme qui le frappe se justifie par le louable souci de la préservation de la vraie vie des bien portants, nous avons bien vu qu’à ses risques et périls, il passait outre cet ostracisme, les mettant quelque peu à l’épreuve et les défiant. Cependant, son objectif [23, APR note 24] n’était évidemment pas là d’endurcir son cœur comme au temps de la révolte, de se boucher les oreilles [24] à la voix du Seigneur : bien au contraire, il était de s’en approcher assez ostensiblement pour l’entendre. Ce faisant, QUI met-il à l’épreuve et défie-t-il le plus justement ? Tous les tenants de la thèse arbitraire cœur perverti (esprit mauvais) = corps perverti (corps malade), cœur perverti + corps perverti = châtiment immanent ou "divin". Si encore il s’agissait d’une lépreuse, on pourrait tenter de soutenir cette thèse en se réfugiant in extremis dans une autre, sous-jacente : c’est une… belle-mère [1]. Nous échapperons là in extremis au renvoi par le réalisateur : même dans le meilleur des rôles de composition, un lépreux sera difficilement crédible dans celui d’une belle-mère. Par conséquent, et personne ne peut décemment s’y laisser tromper, notre lépreux nous fait ici voir l’exploit de la dite thèse littéralement pulvérisée sur place.
         Si on se souvient des propos que peuvent tenir un esprit mauvais reconnaissant Jésus (« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu. » [25]), elle ne valait déjà pas cher en amont. Car ici, le lépreux sait fort bien qui Il est : le Saint, le Saint de Dieu ; mais lui en veut auprès de Jésus, c’est lui qui vient à Lui et non l’inverse ; il ne vient pas à Lui pour Le perdre puisque sachant qui Il est, il sait fort bien qu’il ne peut pas Le perdre ; quant à lui-même, qu’aurait-il à perdre dans son état ? Malgré tous ces facteurs infirmant la thèse d’un esprit mauvais, renforçons-la d’une improbable thèse parallèle (improbable dans le sensJésus est le Premier à fort bien savoir qui est qui, et ne se laisse jamais tromper par quiconque: d’une rare hypocrisie [26] trompant son monde, le lépreux est bel et bien un esprit mauvais ; à la limite, au prix de moult "pieuses" feintes, il vient à Jésus pour Le perdre en Le contaminant. (Ce en quoi il démontrerait alors ne pas si bien savoir qui Il est, mais passons…) Quoi qu’il en soit, parvenu au but son plan échoue : sa lèpre le quitte et il est purifié !
         À cet instant, nous parvenons en aval de la guérison. Opérons de nouveau un léger flash back à Capharnaüm. "Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme. » Tous s'interrogeaient : « […] Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. [25] »" "Il chassa beaucoup d'esprits mauvais et il les empêchait de parler, parce qu'ils savaient, eux, qui il était." [1] En aval, la reconnaissance de l’esprit mauvais chassé est absolument limpide, dans tous les cas : il est frappé d’une incommunicabilité [26] ne devant rien aux hypocrisies et autres lâchetés humaines, mais tout à l’obligation d’une obéissance inconditionnelle à ce qui relève du Saint de Dieu

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jeudi, 13 janvier 2011 | Lien permanent

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