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mercredi, 09 avril 2008

Après la paix du pain, un pet de lapin

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,35-40.
Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif. Mais je vous l'ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas. Tous ceux que le Père me donne viendront à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. Car je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m'a envoyé. Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite tous au dernier jour. Car la volonté de mon Père, c'est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui obtienne la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

_____Disciples dont le cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes [1] , leur cœur incline plus que jamais à croire ce qu’ils voient : une boulangerie qui affiche ses heures d’ouverture… et de fermeture. Une Boulangerie ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre… même le dimanche [2] ? Une Boulangerie qui rassasie définitivement, doublée d’un Bar qui n’a pas besoin d’afficher la pancarte obligatoire concernant la répression de l’ivresse chez les mineurs ? Le café de ce Bar semble un peu fort… Pourtant, un verre ça va. Au-delà, inutile d’en saluer les dégâts : loin de générer un coma éthylique, l’ivresse provoquée par la boisson ne fait perdre aucune des facultés à ceux à qui elles ont été données. Mieux encore, cette ivresse les ressuscite tous ! Par conséquent, le Barman ne va pas les jeter dehors : attitude anti-commerciale, s’il en est.
_____Mais je vous l'ai déjà dit : j’ai déjà affiché mes tarifs. Ils ne sont d’ailleurs pas pluriels mais singuliers : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas. Vous ne croyez pas parce que les tarifs sont singuliers ! Tout simplement parce qu’ils sont nuls : dans ce Bar-Boulangerie, pas de tiroir-caisse. La Maison ne prend pas davantage la carte bleue ou la carte American Express, tout ceci étant inutile. Ce serait de l’escroquerie de vendre des marchandises qui ne se distinguent pas du Marchand. Celui qui vient à Son Bar-Boulangerie n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en Lui n'aura plus jamais soif. Si la marchandise était distincte du Marchand, le client viendrait une fois et n’y reviendrait plus. Or, la volonté de celui qui L'a envoyé, c'est qu’Il ne perde aucun client de ceux qu’Il Lui a donnés ! Une bonne clientèle est celle qui y revient : il convient de la fidéliser. Que le tarif soit nul n’est pas nécessairement un gage de fidélisation : le client subodore au contraire quelque embrouille, une fin de stock à épuiser, un produit de mauvaise qualité à écouler afin de faire place nette pour un produit meilleur. Le cœur n’est pas en paix : il se méfie instinctivement de ce qu’il ne paie pas.

_____« Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. »[2] Cette faim de pain n’est jamais qu’une faim de paix. Cette foule qui cherche Jésus [3] ne trouve pas la paix tant qu’elle ne L’a pas retrouvé : elle ne reste pas en place, traverse le lac de Tibériade de part en part, quel qu’en soit le coût de temps et d’efforts. Plus que jamais représentative des foules qui suivront, pour elle la paix est un bien qui ne peut s’obtenir qu’en l’achetant. Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde.[2] Quelle aubaine : un facteur de paix qui se donne au lieu de se vendre ! Voilà qui est inouï. Décidément, vous ne croyez pas parce que les tarifs sont nuls. Et pourtant, l’unité ne se trouve qu’en franchissant le pas de ce zéro : zéro plus un font un [4]. Une telle opération n’est pas non plus la mer à boire [5] ! Toujours un "lac" à traverser : celui du doute quant à la gratuité de la paix…

_____Bien précieux entre tous, la paix est l’objet de tous les désirs : pour elle, on est prêt à sacrifier le budget le plus modeste. Ce qui va de l’acquisition d’un lecteur portable de DVD -afin que les enfants se tiennent tranquilles durant un long périple en voiture- à la consultation onéreuse d’un "spécialiste" de la paix. Car il y a un "spécialiste" [6] ! On devine lequel…[7] Plus besoin de persécution externe chez les croyants occidentaux : ils s’entretuent à présent en interne ! Gare à celui qui entreprend quelque correction fraternelle à l’encontre de son frère : il lui fait perdre sa "paix". La tentation est alors grande de recourir au "spécialiste" du même nom… et des mêmes guillemets. Exit la correction fraternelle : place au "diagnostic" censé restaurer la "paix" perdue. Est-il utile de préciser que ce "diagnostic" s’applique non à celui qui a perdu la "paix", mais à celui qui lui a fait perdre ? Est-il utile de préciser que le traitement qui s’en suivra (avec, ou sans guillemets pour celui qui se laissera piéger) mènera les uns et les autres de Charybde en Scylla ? Fût-elle remboursée par la Sécurité dite sociale, aujourd’hui comme hier, la paix ne se monnaie pas : elle n’a que faire de "professionnels", plus sûrement mercenaires grassement rétribués de guerres qui ne veulent pas dire leur nom. De même que l’on peut agir contre l’amour en parlant « au nom de l’amour », on n’est pas avare de mener des guerres injustes au nom de "paix" non moins injustes. Facteur de paix, le « PIA » ? En trois lettres, oui : sans le X qui rappelle trop la Croix et qui, ajouté à ses initiales, formerait l’anagramme d’une réalité qui lui est étrangère. En trois lettres, oui : mais avec une autre orthographe. Ce qu’il vend n’étant que du vent, ce qu’il pratique ne s’effectuant que par derrière, il est effectivement facteur de secrétions gazeuses malodorantes, conjonctions des excrétions du cœur de ceux qui viennent à lui.  Il ne va pas les jeter dehors ! Il y a un tel besoin. C’est bien connu : c’est dans le besoin que l’on reconnaît ses amis… La volonté de celui qui envoie son "ami" chez le "docteur", c'est qu’il perde celui qu'il lui a donné, afin de hâter son dernier jour. Il ne retrouvera sa "paix" qu’en s’étant débarrassé impunément –au vu et au su de tous- (la "santé" est toujours très consensuelle, et ne choque personne…) de l’empêcheur de "pacifier" en rond. Avec de tels amis de la "paix", plus besoin d’ennemis ! Il y a juste besoin d’ouvrir la fenêtre. Pour aérer un peu…