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mardi, 02 décembre 2008

Beaucoup de prophètes et de rois rient de voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas cru.

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,21-24.
Jésus, exultant de joie sous l'action de l'Esprit Saint, dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. »

_____Simultanément, on livre des tout-petits à des sages et des savants qui, eux, se cachent derrière leurs codes étriqués afin de justifier des disciples qui se tournent vers eux pour les implorer de proclamer des actions qui ne sont à la louange ni des fournisseurs ni des demandeurs. Qui exulterait de joie sous l'action de l'Esprit Saint dans un tel déni, justement, de son action ? Il est des Avent qui ont un goût amer d’Après, où l’ange Gabriel annonçant Le Tout-Petit [1] s’efface devant les Judas [2] annonçant sa mise à mort. Imagine-t-on une seconde Judas Iscariote allant trouver les chefs des prêtres [3] ( les chefs des prêtres : non des tueurs à gage patentés !…) en leur vendant Jésus pour trente pièces d’argent sous le nez du même Jésus, convoqués tous deux ensemble par les dits chefs ? Cela n’est malheureusement pas œuvre d’imagination, mais porte un autre nom : « tentative de conciliation » [4, APR note 30]. Peu importent l’issue de cette pseudo-conciliation et le chiffon de papier qu’elle pourra produire : c’est son principe et le contexte dans lequel elle s’inscrit qui sont à remarquer… et à objecter en conscience.
_____Avant de rejoindre son bureau, Madame cocker avait un crochet à effectuer ce matin. Quand on a mal aux dents, il arrive aussi d’effectuer un crochet par le cabinet de son dentiste avant d’amorcer plus sereinement une nouvelle journée de travail. Madame cocker aurait-elle une dent contre Monsieur ? C’eût été presque préférable : manifestant ainsi quelque abcès de haine, cet abcès n’aurait été que l’envers de l’amour : en le soignant comme il convient, on aurait pu revenir à de meilleurs sentiments. Qui dit meilleur dit pire ; dans un sens ou dans l’autre dit sentiment. Madame cocker n’aime pas les chiens. Non qu’elle les déteste formellement : simplement, elle n’en veut pas chez elle. Or, comme son nom l’indique, Monsieur cocker est un chien : faux chien, mais "vrai" chien puisque chez Madame cocker ce qui est vrai est "faux",[5, APR note 10] ce qui est bien est "mal".[6, APR note 16] Chien, Monsieur cocker est donc pourvu d’un sérieux handicap auprès de sa maîtresse qui est néanmoins son épouse : ce qui, pour elle, est également inscrit sur un chiffon de papier bien qu’attesté par une autorité autrement plus exultante que celle d’Elodie ou de qui que ce soit : celle d’un certain Seigneur du ciel et de la terre. Il est vrai qu’à l’époque, Monsieur cocker avait la bonne fortune de porter encore son nom d’origine, lui autorisant la station debout sans qu’il lui en coûte. C’était compter sans l’intervention d’un certain Docteur de la terre et surtout du sous-sol [7, APR note 29] qui, dans un grand élan de voyance extra-lucide, sans voir ce qu’il voyait et en voyant ce qu’il ne voyait pas et sans entendre ce qu’il entendait tout en entendant ce qu’il n’entendait pas, a bien voulu révéler au fils de […] [8, note 29] la nature soudainement carnassière d’un tout-petit se rapetissant en marchant à quatre pattes, suite à la promotion donnée à cette révélation. Qu’on se rassure : cette marche n’est effective que dans le regard des autres [9] ! « Heureux les yeux qui voient ce qu’ils voient ! Car, on leur déclare : beaucoup de faux prophètes et de rois de la "santé" ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. » Un chien vaut mieux que deux tu l’auras : une pluie de bonheur est donc abondamment tombée sur maints "prudents" [10, AV note 28] n’ayant pas du tout envie de se faire mordre par la sale bête… et ayant oublié d’ouvrir leur parapluie. Le nuage était noir.[11, note 44]

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_____Mais ceci est presque de l’histoire anchienne, Monsieur cocker –se gaussant depuis longtemps de tous ces justes "psychiques" [12, notes 36] s’auto-ridiculisant de leurs incohérences [13]- ayant pour l’heure quelque raison de cultiver une certaine nostalgie de son état de canidé. En effet, Monsieur cocker n’est plus un canidé. Alléluia ! Les endormis [14] se dentiste-rigolo.jpgseraient-ils enfin réveillés ? Eu égard à la nature du crochet de Madame cocker, cette hypothèse est hélas illogique. Monsieur cocker n’est plus qu’une canin(e). Et cette canine fait mal parce qu’elle est cariée : Madame cocker a rendez-vous à dix heures chez sa dentiste. Monsieur cocker était invité lui aussi à ce rendez-vous. Comme convenu il s’est rendu à la même heure à son autre Rendez-vous [15, note 13] : devant Celui qui ne prend pas Ses tout-petits pour des chiens… et encore moins pour des crocs. Elodie Giloppe n’étant qu’une dentiste assermentée, on comprendra que Monsieur canine (au revoir, Monsieur cocker : on vous regrettera…) aie une pensée émue pour son frère cochon [16][17][18, APR note 43] invité à "tenter de se concilier" avec le charcutier de son quartier : par la grâce de la congélation [19], on en mange encore ! Mais combien de temps encore devra-t-on vomir [11, APR note 44] une telle "justice" de consommation de produits avariés ? Ce n’est plus de la décadence, mais vouloir qu’il en soit ainsi dans la méchanceté. [20, note 13]

Livre d'Isaïe 11,1-10.
Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l'esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur, qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas d'après les apparences, il ne tranchera pas d'après ce qu'il entend dire. Il jugera les petits avec justice, il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays. Comme un bâton, sa parole frappera le pays, le souffle de ses lèvres fera mourir le méchant. Justice est la ceinture de ses hanches ; fidélité, le baudrier de ses reins. Le loup habitera avec l'agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l'ourse auront même pâturage, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s'amusera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère l'enfant étendra la main. Il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu sur ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.

_____Il existe maints esprits de conseil. Pour faire mourir un méchant, il faut bien que vive au préalable ce méchant : ce qui n’existe pas ne peut pas mourir. Il n’est plus de bon ton de dire à quelqu’un qu’il est méchant : selon les uns, c’est une insulte ; et selon les autres, c’est "culpabiliser" le méchant en "l’enfermant" dans sa méchanceté. Ajoutons-y la touche "spirituelle" afin de conquérir les dernières brebis réticentes flairant l’entourloupe : se garder d’associer le pécheur à son péché. La brebis tombant dans le trou [21] n’aura plus grand chose à associer, le péché ne devenant chez elle qu’une vague réminiscence. Car "les autres", ce sont bien entendu nos "gentils docteurs" (donc, pas "méchants" !) et tous leurs acolytes, toutes "écoles" confondues : les dernières illusions de Monsieur canine –quant à une certaine école à la mode brebis- ont récemment sauté au cours d’un repas d’anniversaire anticipé, le vrai jour étant le jour d’hui. L’enfant fêté m0305-c2.jpgprématurément fut couvert de cadeaux avec force tendresse par un proche de Madame canine : quelle gentillesse dégoulinante de la part de ce proche. Réputé gentil avec tout le monde, parfois interviewé dans de gentils magazines pour tout le gentil monde dans les gentilles familles [22] de gentilles brebis. En somme, un esprit de conseil assez couru : plus que toute autre, de ces personnes sur lesquelles on dit volontiers que l’on donnerait le bon Dieu sans confession. Quel dommage : bien qu’également doté d’un esprit de connaissance et de crainte du Seigneur, Il juge d'après les apparences, il tranche –précisément en prônant la séparation, spécialité maison- d'après ce qu'il entend dire. (On en connaît d’autres [5, note 20] comme cela…) Il juge les petits avec une époustouflante injustice, il tranche avec rigueur en faveur de "pauvres" relatifs du pays, ses tarifs n’étant pas conventionnés par la médecine officielle et sa clientèle étant dépensière en coûts de transport, venant parfois de fort loin. Quel dommage d’être gentil avec tout le monde, d’honorer l’anniversaire de l’enfant… tout en faisant sa fête à son père. Monsieur canine s’est demandé si son voisin de droite [14, note 6] n’avait pas une dent contre lui. Car il est gentil avec tout le monde, sauf avec un "malade". Monsieur canine est un grand "malade", option carie douloureuse. Il est d’autant plus "grand" que son voisin de table n’est pas influent que chez lui ou dans les gentils magazines, mais également dans l’ensemble de la famille de Madame canine comme de celle de Monsieur. Et tant qu’à être canine, Monsieur a beaucoup mordu dans son état de "santé" ce soir-là, assombrissant quelque peu l’ambiance festive qui régnait au cours d’un anniversaire anticipé. Il est vrai que rappeler haut et fort que la vraie date est également celle d’un autre événement "familial" à venir –c’est-à-dire odieusement anti-familial- plombe un tantinet l’atmosphère. Et cela la plombe d’autant plus que Monsieur canine a sous les yeux quelqu’un qui se révèle monstrueusement opposé à l’image –aussi bucolique que ce passage du Livre d’Isaïe- fournie habituellement à tous, en privé comme en public. Surtout, Monsieur canine a sous les yeux un artisan-clef voire moteur de sa déchéance "sanitaire" chez les chiens… pardon, les siens. Monsieur canine comprend beaucoup mieux comment beaucoup de ses proches sont convaincus de sa "maladie" comme si elle était inscrite dans le marbre, alors qu’il les a à peine entrevus ou donné quelque signe fort de comportement fantaisiste sous leurs yeux. Un proche méchant de Madame canine a entraîné celle-ci à engraisser sa nouvelle amie Nana [20][15, APR note 16], faisant logiquement suite à une consœur du sérail : Rose.[23] Pour ce proche méchant, la méchanceté est une insulte. En dépit de virulentes protestations de Monsieur canine, attestant de la gravité de l’insulte que constitue la stigmatisation péremptoire d’un "malade mental", on garde le silence [24, notes 32,33]. Quand on le rompt timidement, aucune remise en question [25, note 2] n’est à l’ordre du jour : avec le ton le plus condescendant possible et faussement tendre, "ce-n’est-pas-une-insulte". Ce que soutient d’ailleurs Madame canine depuis des mois, forte du soutien de cette proche autorité.

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_____Madame cocker [ à présent canine ] est trop "psychiquement" juste pour l’être uniquement de son fait. Le démon ou le péché ne suffisent pas à expliquer que l’on puisse contredire l’Évangile point par point, sans faille et en toute impunité, tout en ayant la prétention de lui être fidèle ! [26, APR note 34] Un proche si influent l’explique déjà beaucoup mieux. Surtout un proche qui se sait découvert : le ton se fait plus sec, plus cassant, plus péremptoire : presque une autre personne en regard de l’image qu’elle donne habituellement, image qu’elle essaie de conserver au maximum dans une féroce lutte intérieure, le repas n’étant pas vraiment un tête à tête, et l’image sirupeuse ayant été préalablement soignée sous le prétexte d’un anniversaire. Monsieur canine s’est frotté ce soir-là à une puissante sentinelle de la citadelle imprenable, prête à plonger une famille entière dans le désarroi –de sa propre famille !-, la sacrifiant sur l’autel de sa "cause". Ce n’est plus un divorce, mais une pantalonnade de haute volée. Le loup habite avec l'agneau, le léopard se couche près du chevreau, [14, APR note 5] le veau et le lionceau sont nourris ensemble, un petit garçon les conduit. La vache et l'ours ont même pâturage, leurs petits ont même gîte. Pour se consoler, Monsieur canine se paie le culot de conjuguer un prophète aussi ancien qu’Isaïe au présent ! Elodie Giloppe, elle, est chargée de conjuguer à l’imparfait… comme la "justice" qu’elle sert. Cela dit, elle n’a pas vu celui qu’elle a voulu voir, pas entendu celui qu’elle a voulu entendre : en conséquence, tout acte judiciaire de nature coercitive prononcé aujourd’hui à l’encontre de Monsieur canine est un acte politiquement chinois… et Monsieur canine –sous-citoyen français de par sa "maladie"- est désolé d’être dépourvu du don des langues.
[ NB au 2-12-2010 : Elodie Giloppe s'étant retirée, c'est bien Anne-Lise Collomp qui s'est 
"chargée de conjuguer à l’imparfait"... ]

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_____Monsieur canine ne s’est pas amusé à compter le nombre de fois où figurait le mot méchant dans l’ancienne comme dans la nouvelle Alliance : l’informatique aidant, l’exercice doit être aisément réalisable. Le fait est que ce mot revient souvent. Si son usage n’avait plus lieu d’être aujourd’hui, la logique commande que nous vivions par conséquent dans un quasi paradis terrestre, incarnant Isaïe au premier degré. Dans ce cas, il convient de prendre les journaux –télévisés et imprimés- comme des œuvres de pure fiction. Ce que ne croiront ni les victimes ni les coupables des marées de violences dont ils nous abreuvent chaque jour. La "maladie mentale" n’étant pas une insulte, les actes les plus abjects sont à présent commis par des "malades". Grâce à quoi et sous ces oripeaux, la méchanceté des temps modernes se "soigne" ! Hop, une pilule ; et on redevient "gentil". Voilà qui est déjà plus crédible en matière d’œuvre de pure fiction. En effet, à l’usage, certaines de ces "gentilles" pilules inhibent les dernières résistances de la conscience morale : ne reste plus que la conscience mentale. Quand celle-ci est submergée de sentiments de forte exaspération chez un "malade" ayant subi des pressions "sanitaires" insupportables à un malade qui ne l’est pas, on observe comme d’étranges effets secondaires. Un certain esprit de sagesse et de discernement, de conseil et de force, suggère d’ailleurs d’observer à distance respectable [27, notes 27] si l’on tient un tant soit peu à conserver corps et esprit. Si encore les pilules du "bonheur" n’apportaient que le malheur, elles ne seraient "que" funeste escroquerie. Mais elles font "mieux" : elles rendent méchant, voire très méchant ! Qu’on le veuille ou non, il faut donc être méchant pour prescrire ce type de produit, et lâche de surcroît pour presser quelqu’un d’autre d’en consommer. Ce méchant–là, on le trouve en surabondance chez le "gentil" officiel, amateur et professionnel. À la limite, il est plus méchant que le méchant final –parfois consommateur forcé [28, note 15]-, sa méchanceté pouvant s’accroître à l’infini puisqu’il n’a jamais à y répondre… surtout s’il passe pour "gentil" !
_____Dans un cas comme dans l’autre, quand la conscience morale est atrophiée voire anéantie, la vie continue. Mais quelle vie ?…[6, APR note 4/2] Une vie de chien ! Du moins pour celui qui entretient voire développe sa conscience morale : celui-là est insupportable à toute conscience morale atrophiée. Ce n’est jamais exprimé comme tel, pour la bonne raison qu’un minimum de conscience morale est requis à cet effet. Si cette conscience morale est là, ce ne sera pas exprimé non plus parce que cet agacement n’aura plus lieu d’être ! Quand on veut à tout prix mettre des mots sur les maux, le langage glisse rapidement vers la "mère" du mal : la maladie. Qu’une conscience morale atrophiée attribue le qualificatif de "malade" à une conscience morale plus éveillée n’est pas un "diagnostic" : c’est une pure méchanceté. On peut la proférer dans un grand sourire gentil : ce sera toujours une pure méchanceté. C’est donc une insulte [29], parce qu’un mensonge. [30] Dire de quelqu’un qu’il est méchant n’est pas une insulte, tant qu’il est vraiment méchant. Ce n’est pas le juger, mais l’inviter à s’extraire de sa méchanceté qui lui nuit comme elle nuit aux autres. C’est l’inviter à éveiller sa conscience morale : c’est par l’assoupissement de cette dernière qu’il est devenu méchant. Ce qui n’est pas une fatalité irréversible. Ici encore, la touche "spirituelle" vient brouiller les cartes, associant frauduleusement la méchanceté à la colère, l’insulte et la malédiction selon saint Matthieu. [31] « Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu. » Ceci n’est pas anodin, colère, insulte et malédiction se retrouvant dans un contexte commun, en dépit de différentes traductions : celui de ce qu’on appelait encore pour longtemps la folie. En dehors d’un tel contexte, on sait que la colère peut être légitime [32], l’insulte relative parce que dépendante d’une réception douteuse [33] (ce avec quoi on sait fort bien jouer en retournant la dialectique…) et la malédiction de l’ordre de la complainte douloureuse de celui qui se heurte à une porte fermée [26, note 11]. Assimiler la folie vue par saint Matthieu à la méchanceté donne ainsi l’illusion que l’une et l’autre s’éliminent en se rejoignant : traiter son frère de fou est une méchanceté et le méchant traite son frère de fou. L’une relève de la conscience morale alors que l’autre suggère un déficit de conscience mentale. Ce dernier n’est concevable qu’à partir d’un handicap neurologique cliniquement vérifiable : le reste présentant tout risque de n’être que méchante littérature. (Rappelons qu’un ouvrage cité ici à plusieurs reprises pourrait avantageusement se titrer : « Comment être méchant et rendre les gens méchants, "bien-portants" et "malades" confondus » [34, note 28], l’auteur en étant lui-même un redoutable spécimen emblématique.) On se plaît ainsi à imaginer que cet Évangile devient hors-sujet en gommant la méchanceté par la "gentillesse" empathique sur un "malade" et non plus un fou, terme jugé trop péjoratif pour être assez "gentil" : belle hypocrisie changeant la forme sans rien altérer du fond, et ouvrant un formidable appel d’air à la méchanceté la plus ignoble qui soit, parce que faisant baisser la garde : la méchanceté du "gentil", que lui-même ne perçoit pas faute d’une conscience morale dont le déficit se trahit à la source, prenant prétexte d’une branche "médicale" à part entière par cet alibi de traitement d’une "maladie". Or, une conscience morale avertie sait qu’il n’existe pas de neutralité morale dès qu’intervient une relation humaine, quelle qu’elle soit. Le monde médical lui-même est bien le dernier à se prétendre désincarné quand il est le premier à traiter de la chair. Et il n’a à traiter que de la chair : c’est plus qu’il ne lui en faut, le reste ne lui appartenant d’aucune manière. Toute spécialisation s’extrapolant de la chair n’est donc pas de la médecine, mais de la méchanceté. Celle-ci peut aller jusqu’à la férocité quand elle revient sur la chair via ce type d’extrapolation, par des traitements qui remplissent les définitions de la torture, officiellement dénommés "soins".
_____Dans un environnement de méchants, tout méchant passe inaperçu… et perçu comme "gentil". Ce qui obture d’emblée tout retour à une saine conscience morale, et le début de la chasse à l’homme. Passé un certain stade, le "méchant" va être le gentil arrivant au milieu des méchants : ces derniers étant "gentils", le nouveau venu ne peut pas l’être puisqu’il se révèle leur contraire. Comme ils ne sont pas "méchants", l’autre va donc être "malade" : c’est avec des postulats aussi primaires que l’on bâtit des classifications "diagnostiques" fumeuses ne se nourrissant que de la "méchanceté" de "malades" ne voulant pas l’être, puis de malades l’étant devenus suite aux "soins" subis ! Une telle "médecine" a au moins le mérite de donner un relief particulier à cette phrase du Christ : « ce qui est prestigieux chez les hommes est une chose abominable aux yeux de Dieu. » [35] Faut-il en effet du prestige pour que des brebis tenant le haut du pavé déchiquètent littéralement l’Évangile en s’imaginant le servir par l’apport de certaines "sciences" ! [32, note 17]

_____Livrée à elle-même, la conscience mentale ne perçoit que le mal subi : isolée de la conscience morale, elle ne perçoit rien du mal commis. Ce mal, elle l’entend mais ne le reçoit pas. Fonctionnant comme la mémoire vive d’un ordinateur, elle est sur l’instant et nie "naturellement" l’avant comme l’après, ces derniers relevant de la mémoire de stockage d’un disque dur. Si l’on voulait pousser cette analogie plus loin, la conscience morale évoquerait quant à elle la carte-mère de la machine. Contrairement au "déni de souffrance", pure invention arbitraire de déni du mal subi, se calquant par projection [33, APR note 16], le déni du mal commis est le propre non d’une "maladie" mais d’une conscience mentale privée de sa conscience morale. En soi, le déni du mal subi reste une absurdité fondamentale puisque la conscience mentale seule –aussi portée au mensonge soit-elle- peut d’autant moins nier ce mal qu’elle y est plus sensible, pour ne pas dire hyper-sensible ! Remarquons d’ailleurs qu’il en va du mensonge comme de la méchanceté : ce n’est pas nécessairement une insulte que de stigmatiser quelqu’un comme menteur. Le laisser s’habituer à ce mensonge, c’est lui laisser entendre que c’est une "vérité" et le laisser "communier" avec d’autres détenteurs de cette "vérité", formant une association de menteurs devenant de plus en plus allergiques à la vérité. C’est ainsi que l’on voit des associations de type UNAFAM [34][35][36], truffées en surface de "bons sentiments" et diffusant profondément une pathomaniaque méchanceté au nom du soutien à des souffrances stupides [37, APR note 8] et inutiles. Si cette méchanceté était inexistante, le moins qu’eût pu attendre Monsieur canine de Madame est qu’elle respecte ses aboiements : que son adhésion à cette association constitue une grave insulte à son égard, le stigmatisant ainsi comme le "malade mental" de la famille, ajoutant le mensonge à l’insulte. Cela lui a été dit et répété sur tous les tons, rien à faire : "ce-n’est-pas-une-insulte". LA VOIX DE SON MAÎTRE… Il en ressort que la conscience mentale ne peut pas recevoir la vérité de l’extérieur sans la concordance intérieure de la conscience morale. Si celle-ci est inexistante, toute vérité devient un "mal" subi… et rejeté à l’extérieur, par projection, sur celui qui le "commet". En matière de "santé mentale", ce sera toujours celui-là qui sera le "malade". Parce qu’elle juge d’après les apparences mentales et non morales, tranche d'après ce qu'elle entend dire par "l’agressé" et n’entend goutte à ce que dit le "malade", cette étiquette suffisant à tout disqualifier d’avance en "délire" : un troupeau d’ânes [38] entourant le pur-sang dont les braiments leur semblent "pathologiques" !

_____Et si on cachait les sages et les savants ? Cela permettra peut-être à la racine de Jessé, père de David, de se dresser comme un étendard pour les peuples… sans qu’elle soit prise pour une mauvaise herbe, et traitée en conséquence !

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