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mardi, 10 avril 2012

Vous AVIEZ dit Carême ?

foi,christianisme,carême,psychologie,santé,résurrection

Réédition in extenso (toujours brute de fonderie) de la note parue le lundi 24 mars 2008

        Avant même que la période liturgique ne se prête aux "exhumations" (qui, ici même ne concernent pas exactement des morts !), la récente réédition d’un des tout premiers articles (2008) de ce blog [1] (donc, relativement enfoui dans les archives) n’avait-elle pas un peu procédé de cet esprit ? Aussi, pourquoi ne pas poursuivre cet exercice avec l’article ci-dessous, ainsi que le suivant ? D’autant que si ce dernier [2] évoquait des faits d’actualité datant de l’année 2008, comme nous le verrons les années passent ; mais certains faits demeurent : cette année 2012 n’étant en effet pas en reste pour exhumer (elle aussi)… de la chimère aux accents nauséabonds de morbidité, plutôt moins en phase avec la dite période liturgique…
        Pour la commodité de lecture, l’édition de ces deux "nouveaux" articles épousera la même configuration que le premier : c’est-à-dire que, sans rien changer au texte, celui-ci se fait directement lisible : autrement dit, sans renvoyer au document original en lien. Celui-là reste cependant disponible : accessible en permanence dans la colonne gauche (rubrique : "LES AVENTURES DE SPI ET DE PSY"), son "enfouissement" dans les archives était finalement assez relatif !
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        « Ah, bientôt le Carême : ça vient vite, cette année. De nouveau, il va falloir « se convertir », n’est-ce pas… À nouveau, ce ne sera qu’une indépassable ligne d’horizon pour beaucoup. Que voulez-vous : la chair est faible, c’est bien connu. Et puis ce n’est pas facile de se « convertir » avec cette épidémie de « maladies psychiques » tout autour de nous. C’est amusant, non ? « Tout autour de nous » : cela fait moins mal qu’ « en nous ». C’est vrai qu’il n’est pas facile de se convertir au spirituel quand tout est psychique. La « géhenne de feu » ? Elle n’attend pas l’au-delà ! Dès ici-bas, il ne lui déplaît pas de tout brûler sur son passage…
       
Dès ici-bas, il faut traiter l’épidémie. Heureusement, il existe des « professionnels-de-l’intérieur-de-l’autre ». Par commodité linguistique, appelons-les « PIA » puisqu’ils ne sont pas indifférents aux manifestations de piété… De l’autre côté du voile -celui de la géhenne qui ne s’éteint pas-, on ne triche plus : si on choit du côté de la souffrance, celle-ci ne sera plus imaginaire du tout. Imaginons un peu : un véritable nid de « PIA » d’outre-tombe ! Pouah ! Déjà qu’ils ne sont pas marrants sur terre… Parce qu’ici-bas, ils ont « gagné leur vie » à illustrer Mt 5, 22-23 de façon méthodique. Ils la perdent donc de l’autre côté : on ne peut pas gagner sur tous les tableaux… »                  (« Vous avez dit Carême ? », le 1er février 2008 )

[ réédité le 26 février 2012 ]

        Ah, enfin ! Fini le Carême, temps de la désolation et de la contrition : le thorax est enfoncé à force de coulpes battues, l’abdomen s’est creusé à proportion des privations. Déjà que la chair était faible, voilà qu’elle s’est davantage affaiblie : sus aux chocolats ! La crise de foie va-t-elle se substituer à la crise de foi ?
        Au sujet de cette indépassable ligne d’horizon de la conversion à marche un peu forcée, où en sommes-nous ? La chair s’est-elle affaiblie au profit de la croissance de l’esprit ? Sommes-nous d’ailleurs bien certains que cette croissance aille automatiquement de pair avec la flagellation charnelle ? Si oui, laissons nos chocolats : d’autres sauront en profiter avantageusement !…
 
        Vous avez dit Pâques [3] ? Sommes-nous bien passés ? Certes, nous avons survécu à quarante jours de mortifications plus ou moins prononcées. La question n’est cependant pas de survivre, voire de vivre : elle est de REVIVRE. Les fêtes pascales ne signent-elles pas le passage de la mort à la résurrection, de la maladie à la guérison ? Avons-nous regardé la fin du film [4][5] ? Ou sommes-nous partis au début du générique, pressés de nous gaver de pop-corn ou d’esquimaux glacés ? Drôle de cinéma : il présente les bandes-annonces en fin de séance. Drôles de bandes-annonces : elles présentent le film suivant, dont le scénario appartient au spectateur. Drôle de spectateur : il est appelé à être acteur ! Drôle d’acteur : il est invité à tourner un remake du film qu’il vient de voir, à l’inculturer dans sa propre vie. Question de talent ? Non : question de foi, d’espérance et de charité. Muni de tels outils, l’esprit peut suppléer à la lettre.

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        Foin de la géhenne : avons-nous allumé un feu qui ne s’éteint pas ? Celui de la résurrection qui s’attache à consumer les germes de maladies plombantes, crucifiantes et injustes. Ou nous attachons-nous au contraire à cerner certaines « maladies » de guillemets ignifuges ?… Le Christ Ressuscité a tout absorbé au cours de Sa passion, absolument TOUT : le vrai comme le faux, sans exception ni privilège. C’est même au nom du faux qu’Il a vraiment connu la mort, afin de pouvoir l’écraser elle-même de l’intérieur. C’est surtout au nom de l’amour qu’Il a été jusqu’au bout de la vie dans Son humanité : à Sa suite, nul ne saurait prétendre être l’instrument de Sa miséricorde sans être Sien : qui n’est pas avec Lui est contre Lui.

        L’amour est un feu qui ne s’éteint pas : la souffrance ne serait-elle pas un feu qui cherche à éteindre l’inextinguible ? Elle court, elle court la maladie d’amour : elle court, telle une flamme qui se propage de cœur en cœur. Cet incendie est de nature à générer la panique, à dresser des barrières anti-feu par d’impressionnantes nomenclatures de « pathologies » qui ont toutes en commun de ne voir dans l’amour qu’une dangereuse maladie. L’amour n’est « bien » que lorsqu’il est domestiqué à la façon du brûleur à gaz qui chauffe sagement la casserole : toute fuite est décrétée impossible. Gazé, éthéré, l’amour est réputé explosif en-dehors des limites qu’on daigne lui conférer ! Moteur de tous les possibles, il est élevé sous serre façon bonsaï : ce qui n’entre pas dans cette catégorie étant relégué au champ d’horreur des amours impossibles. Ce n’est plus de la culture sous abri, c’est de la greffe contre-nature ! Il n’y a que l’amour qui puisse reculer toute limite : c’est pourtant lui qu’on limite, de crainte qu’il ne vienne bousculer des repères que l’on veut solidement établis. C’est encore l’amour qui se venge ensuite, brisant tous les barrages et emportant tout sur son passage, sans discernement. Aveugle, cet amour impétueux ? Moins que tous ces remparts qui lui bouchaient l’horizon : murailles de la mort qui se sont ébréchées au matin de Pâques. Elle court, la maladie d’amour : elle fait courir vers le bien-aimé comme les disciples couraient en direction d’un tombeau vide.

        L’aurore de Pâques achève le Carême ; avec lui, elle achève la plus fatale des maladies : la mort elle-même. Si l’amour vide les tombeaux, comment ose-t-on encore le réduire à une maladie ? Comment peut-on chanter la Résurrection tant que l’amour n’est pas aimé ? Là est le vrai mal, là est la souffrance : l’amour pèche par défaut,  jamais par excès…
        Ah, enfin ! Fini le Carême : rien ne sera jamais plus comme avant la Résurrection. C’est pas formidable, ça ?

Lundi de Pâques 24 mars 2008

  Michel Sardou - La Maladie D'amour .mp3  
   
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dimanche, 26 février 2012

Vous avez dit Carême ?

Réédition in extenso (et brute de fonderie !) de la note parue le vendredi 1er février 2008

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    Ah, bientôt le Carême : ça vient vite, cette année... 
[ NB : il s’agit plus que jamais d’une réédition de 2008, dans son
"jus" d’origine (plus -sans supplément de prix- de belles z'images afin d’en agrémenter cette nouvelle édition, ainsi que quelques notes de renvoi, le blog s'étant étoffé depuis : le Carême étant déjà austère en soi, évitons de lui ajouter de la tristesse [1][2][3][4] !) Donc, "le Carême vient si vite" cette année 2012 qu’il nous fait comme le loup [5>6][7][8][9][10][11][12][13] : à ce jour, il y est [14][15][16]… depuis moins d’une semaine [17!] ...De nouveau, il va falloir « se convertir », n’est-ce pas… À nouveau, ce ne sera qu’une indépassable ligne d’horizon pour beaucoup. Que voulez-vous : la chair est faible, c’est bien connu.

Et puis ce n’est pas facile de se « convertir » avec cette épidémie de « maladies psychiques » tout autour de nous. C’est amusant, non ? « Tout autour de nous » : cela fait moins mal qu’ « en nous ». C’est vrai qu’il n’est pas facile de se convertir au spirituel quand tout est psychique. La « géhenne de feu » ? Elle n’attend pas l’au-delà ! Dès ici-bas, il ne lui déplaît pas de tout brûler sur son passage…

Dès ici-bas, il faut traiter l’épidémie. Heureusement, il existe des « professionnels-de-l’intérieur-de-l’autre ». Par commodité linguistique, appelons-les « PIA »[18] puisqu’ils ne sont pas indifférents aux manifestations de piété… De l’autre côté du voile -celui de la géhenne qui ne s’éteint pas-, on ne triche plus : si on choit du côté de la souffrance, celle-ci ne sera plus imaginaire du tout. Imaginons un peu : un véritable nid de « PIA » d’outre-tombe ! Pouah ! Déjà qu’ils ne sont pas marrants sur terre… Parce qu’ici-bas, ils ont « gagné leur vie » à illustrer Mt 5, 22-23 de façon méthodique. Ils la perdent donc de l’autre côté : on ne peut pas gagner sur tous les tableaux.

EXPLICATION DU SAINT ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU PAR LE BIENHEUREUX THÉOPHYLACTE

Mais quiconque dira “fou” sera passible de la géhenne de feu. (Mt 5, 22-23)

« Beaucoup disent et pensent que c'est un jugement trop cruel et trop sévère. Mais ce n'est pas le cas. En effet celui qui dénie l'existence des facultés de raison et de pensée chez son frère, ces caractéristiques par lesquelles nous différons des bêtes, un tel homme ne mérite-t-il pas la géhenne ? Car celui qui injurie et insulte, détruit l'amour, et quand l'amour est détruit, toutes les vertus disparaissent avec lui, alors qu'à l'inverse quand l'amour est présent il unit en lui toutes les vertus. Donc celui qui lance des insultes détruit toutes les vertus en mettant l'amour en pièces, et mérite à bon droit le feu de l'enfer. »                                                                                                          (Source ) [<7][52][7][116]

 

Ah, on l’aime bien la Parole : Elle nous inspire… de loin, de préférence. Malheur à celui qu’Elle inspirera davantage : quelque « psychopathologie » risque fort de pointer le bout de son nez ! Et tant pis pour saint Paul et sa conversion : son chemin de Damas n’est jamais qu’une colossale « bouffée délirante »[19!!!]. Venant de païens, c’est de bonne guerre. 9782882583390.jpgLe problème se fait plus aigu quand cela ne vient PAS de païens. Et là, les masques tombent [20][21][22][23][24][25][26][27][28][29, note 26?]. Mais pas du tout les « masques » du « psychopathe »[30] : ceux du converti non converti [31]. Plus le converti non converti se veut converti, moins il se convertit [32,Mc(2d1)] : on suit ? Celui-là, il ne faut pas lui parler de correction fraternelle [33] : il n’a PAS à être corrigé, qu’on se le tienne pour dit. Et si on insiste, on le « blesse », le pauvre… On ne « respecte » pas sa souffrance, voyez-vous. Ça, c’est le catho hyper-pieux qui voit arriver le Carême avec délectation. Chouette : de nouveau quarante jours de mortifications « pour se rapprocher du Seigneur » !… Pour se rapprocher de son Seigneur, en tout cas [34]. C’est là que les choses se gâtent : parce qu’il est à craindre que nous n’ayons pas le Même Seigneur. Pourtant, nous sommes de même confession. Pour nous deux, c’est bien le Même Seigneur qui est mort sur la Croix. Mais voilà : apparemment, notre compère est parti avant la fin du film  [35, note 22]! La Résurrection, ce sera pour une autre diffusion, plus tard. Beaucoup plus tard. Le plus tard possible, parce qu’on n’est pas pressé de mourir : il y a tant à souffrir, pardon : à vivre, en ce bas monde. Une véritable vallée de larmes, ma bonne dame… Mais Dieu, comme cela fait du bien d’avoir mal ! Ce n’est pas qu’on soit foncièrement « maso », d’autant que c’est là un « diagnostic » psychiatrique qui n’existe pas[36, notes 53 à 56] (pardon pour le pléonasme…) ; mais c’est que ça nous rapproche du Seigneur, voyez-vous : plus on se botte le cul, plus on sera à la droite du Seigneur ! Et puis surtout, ça expie dur. Parce qu’on ne sait pas ce qui se passe, plus on expie et plus on pèche grave. Du coup, on expie encore davantage, ce qui finit par mettre de méchante humeur… et faire pécher de plus en plus grave. Question prières et génuflexions [37, APR note 27], on passe à la surmultipliée mais rien n’y fait : la côte se fait de plus en plus âpre. Saleté de gravitation universelle ! Et son Seigneur qui ne répond pas. Ouh ouh ? Il y a Quelqu’un là-haut ? Pas de réponse : il a dû composer le mauvais numéro. Malheureusement, le Seigneur doit être sur ligne pourpre. En attendant, on ne se lasse pas : on continue les courbettes vaille que vaille. Pas possible que cela ne serve à rien, quand même ! Évidemment, le rayonnement de joie de l’homme de foi laisse un peu à désirer. Mais bon, on ne peut pas tout avoir : on est là pour souffrir -pour « mériter » son Ciel-, pas pour sourire. Passe un frère, qui l’apostrophe ainsi : « bonjour, ô mon frère ! Mais que fais-tu donc à l’envers ? » C’est qu’à force d’expiations et de contritions, notre homme faisait le poirier [38, note 30]! Pas étonnant que cela ne réponde pas là-haut : chez lui, « là-haut » c’était par terre. Et les vers de terre ne savent pas parler. Ceci exprimé, il s’est donné un mal de chien pour se trouver dans cette position : par conséquent, c’est forcément la bonne. Il y connaît quoi, l’autre frère, d’abord ? Et puis, que fait-il à l’envers, lui ? Il est agaçant en plus : il sourit. « Mais pas du tout ! C’est toi qu’es fou… » répond-il alors, sûr de son coup. Question souffrance, il en connaît maintenant un rayon. Ce qui tombe plutôt bien : certains « docteurs » aussi. Et comme c’est l’autre qu’est fou, il suffit de héler un « docteur » pour fous. En réalité, cela n’existe pas. Enfin si, cela existe : mais uniquement pour rendre fou [39]. (Notre fameux « PIA », bien entendu…) Même en enfer -pourtant riche en matière première- personne n’est parvenu à fabriquer un modèle muni de la marche arrière [40]. Alors, il faut faire avec.

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Donc, arrive le « docteur » pour fous. « Prudent », son client a attendu que le frère s’éloigne pour le consulter : sans doute pour ne pas lui « faire de peine » : c’est qu’il s’y connaît en souffrance. Voyant en son client un « marché porteur », notre « docteur » est prêt à lui décrocher la lune [42] si nécessaire : dans sa mallette, se trouve un chapeau  [43][44] duquel il peut sortir un lapin savant… et parlant. Eh oui : depuis que les hommes se taisent et souffrent en silence, les animaux parlent ! Walt Disney fait des émules chez les « docteurs », mais là attention : ce n’est pas pour les enfants. (À moins d’être pédopsychiatre, bien sûr. Lui, c’est le « bon », le « méchant » étant le pédophile…) Ce n’est pas pour les enfants, parce que nos chères têtes blondes n’y comprendraient rien : le léporidé parle un langage nouveau_[32,Mc(4)]! Un langage très impressionnant : on sent qu’à la Faculté des Lapins [45], ça ne rigole pas tous les jours avec la chasseurologie des profondeurs. Exit tout ce que l’on savait jusqu’à présent sur l’homme : broutilles et roupie de sansonnet. Disons que c’est toujours « valable », histoire de rassurer le client peu aventureux, un peu inquiet de tout ce chambardement. C’est « valable », mais aussi étanche qu’un caisson de sous-marin. Ça n’a « rien à voir » avec quelque chose d’aussi sérieux que de savoir si, oui ou non, le client est à l’envers. Meeeeeuuuuuuh non, il n’est pas à l’envers, souffle le lapin avec un regard incisif à son « docteur » magicien [46][47]. C’est lui qui a raison : c’est l’autre qui était à l’envers. Et comme c’est un « docteur » pour fous, on va dire que l’autre est fou. Pire encore : fou dangereux. Comme cela, il ne viendra plus embêter le client. Fuyez [48, notes 1 à 3], braves gens ! La Bête du Gévaudan est de retour [49][50]. À moins que ce ne soit l’abominable homme des neiges ? Pas crédible : il n’y a pas assez de neige…  Mais de cathos souffreteux, alors là ! À défaut de neige, c’est ceux-là qu’on ramasse à la pelle. Un véritable verger de poiriers !… Il faut dire que le « docteur » pour fous n’est pas fou. En tout cas, pas sur un plan commercial. Il a répandu l’idée saugrenue que la souffrance, cela se « respectait ». Et ça marche du feu de Dieu sur les cathos qui n’ont pas vu la fin du film ! Tout le monde est si attaché à « respecter » la souffrance –à commencer par la sienne- que plus personne ne pense à la combattre. Le « docteur » pour fous, encore moins : que de poires bien juteuses dans ce verger de poiriers…

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           Ah, bientôt le Carême : ça vient vite, cette année. Si tôt dans l’année, les poires seront-elles assez mûres ? C’est que depuis que le psychique n’a « rien à voir » avec le spirituel, on se trouve confronté à des situations étonnantes. Par exemple, on peut développer son intelligence tout en étant complètement siphonné : le « savant fou », quoi. OK : le spi fonctionne très bien, tant mieux pour lui. Mais on s’en fou(t) : parce que côté psy, qu’est-ce que ça déraille [51] ! Inversement, on peut être parfaitement sain d’esprit tout en ne comprenant plus rien à ce qui se passe autour de vous. Maintenant, on sait pourquoi : c’est parce qu’on « souffre ». Juste un incident de « santé », en quelque sorte. Évidemment, le spirituel s’atrophie comme peau de chagrin : on sent bien qu’on a besoin de se « convertir ». Vraiment, c’est épouvantable d’être aussi limités. Ça tombe bien : le Carême arrive, avec toutes ses bonnes résolutions. Mais attention, hein ! ce sont de superbes résolutions spi, plus vraies que nature. Du pur spi. Surtout ne pas le ternir avec du psy : ça n’a « rien à voir ». Ce serait sale, beurk. Surtout décidément, avec toutes ces «maladies psychiques» qui traînent un peu partout (on ne se lasse pas...). C’est pas formidable, ça ?
 

Ajout au jeudi 8 mars 2012

[Vendredi 24 février 2012]
Livre d'
Isaïe 58, 1-9a. {*}{*}{*}
200784894.jpgParole du Seigneur : Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas ! Que ta voix résonne comme le cor ! Dénonce à mon peuple ses fautes, à la maison de Jacob ses péchés. Ils viennent me consulter jour après jour, ils veulent connaître mes chemins. Comme une nation qui pratiquerait la justice et n'abandonnerait pas la loi de son Dieu
(*), ils me demandent de leur faire justice, ils voudraient que Dieu se rapproche. « Pourquoi jeûner si tu ne le vois pas ? pourquoi nous mortifier si tu l'ignores ? [*] » Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien trouver votre intérêt, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous. Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poings sauvages. Ce n'est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd'hui que vous ferez entendre là-haut votre voix. Est-ce là le jeûne qui me plaît ? Est-ce là votre jour de pénitence ? Courber la tête comme un roseau (*)[47], coucher sur le sac et la cendre, appelles-tu cela un jeûne, un jour bien accueilli par le Seigneur ? Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes (*)(*), délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs [Mt] ? N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim [Mt], recueillir chez toi le malheureux sans abri [Mt](*), couvrir celui que tu verras sans vêtement [Mt][*], ne pas te dérober à ton semblable [*][Lc](*)(*)[X] ? Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. »

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mardi, 25 mars 2008

Une disciple indisciplinée !

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,11-18.
Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l'intérieur, tout en larmes, et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête et l'autre aux pieds. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l'a mis. » Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus. Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le gardien, elle lui répond : « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs. Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »
 
    Jean porte plus que jamais l’accent sur Marie Madeleine seule : avec Matthieu, elle est accompagnée de l’autre Marie. Celui que Jésus aimait évite ainsi aux commentateurs à venir de confondre les Marie… et de les diviser ! Ce qui était le cas ici-même [1], en faisant de Marie de Magdala une autre Marie que Marie Madeleine. Le lecteur avisé aura rectifié de lui-même, sachant que l’autre Marie est plus vraisemblablement celle de Béthanie : la sœur de Marthe et de Lazare, celui de l’autre tombeau. Revenons donc à Jean, parce qu’il fait le bonheur… de Marie Madeleine.
 
    Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Pierre et Jean l’ont laissée là, étant retournés chez eux après avoir vu et cru [2]. Mais la Résurrection ne se laisse pas saisir aussi facilement : elle ne s’impose pas davantage aujourd’hui qu’hier. Elle est un apprentissage : celui de l’accueil de l’autre en sa qualité de tout autre. Là ou on a cru saisir l’autre, il n’y est plus ! La vie n’est jamais figée : si elle bouillonne par sa présence, rien ne lui interdit de se manifester en creux, par l’absence. Et cette absence ne va pas de soi, car elle se situe au carrefour de la vie et de la mort : on ne la pénètre pas sans quelque appréhension. De l’extérieur, l’absence suggère la prédominance de la mort : alors, on reste là dehors, à pleurer devant le tombeau. Marie Madeleine n’a pas encore osé franchir le pas décisif : celui qui éclairera l’absence par un surcroît inattendu de vie. Mais au-delà de son légitime chagrin, elle croit sans voir [3] : il lui faut cette étincelle de foi pour suivre l’exemple des deux disciples. Il lui faut croire sans voir afin de croire sans avoir vu… la mort. Afin de ne pas céder au désespoir, elle rallume l’espérance au tréfonds d’elle-même : elle se penche vers l'intérieur. Tout en larmes, elle plonge résolument dans sa vallée de misère, la traverse et parvient à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé. Quel est cet endroit sinon le fond de notre cœur, là où il recueille le corps de Jésus ? Étonnante préfiguration de l’Eucharistie, action de grâces vivifiante jusque dans la pénombre de la désolation !
    « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Chez Matthieu, l’ange est éclatant : il est à l’extérieur. Chez Jean, il est plus discret parce qu’à l’intérieur… si discret qu’il se dédouble : l'un à la tête et l'autre aux pieds. Aux pieds, l’ange est le guide qui montre la voie à suivre ; à la tête, l’ange est le messager de plus grand que lui. Si discret qu’il ne procède pas par injonction -comme l’ange de l’extérieur-, mais par interrogation compatissante : pourquoi pleures-tu ? Notre présence de la tête jusqu’aux pieds n’est-elle pas le signe que rien n’a été laissé à la mort ? Ne montre-t-elle pas que la voie des larmes n’a plus lieu d’être ? où le corps de Jésus est déposé, germe la vie éternelle. Le Seigneur est enlevé de nos regards, mais PAS de nos cœurs. Pour apercevoir Jésus qui est là, il convient de se détourner de l’extérieur pour se retourner vers l’intérieur. Tant que la foi demeure à l’acte de piété extérieure, elle sert davantage l’amour de la loi que la loi de l’amour : on prend Jésus pourson gardien ! On ne sait plus que c'est Jésus. On ne le sait plus, tant que Lui –qui sait qui nous sommes- ne nous a pas nommés. « Marie ! » À des années-lumière de l’élevage intensif (!), le bon Pasteur appelle la brebis par son nom. De Magdala, de Béthanie ou d’ailleurs, chaque « Marie » est unique, enfanté(e) par la plus pure d’entre toutes : « Voici ta Mère ! » (Jn 19, 27)
    « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Comme chez Matthieu, l’ange est l’écho de la question de Jésus. Qui cherches-tu ? Non qu’Il l’ignore, mais la question en appelle une autre : es-tu bien certaine de chercher dans la bonne direction ? Tant que tu demeures dans un esprit de captation (« …et moi, j'irai le reprendre. »), il te faut encore bifurquer : Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! ». Alors –et alors seulement-, tu ne me prendras plus pour le gardien !
 
    Cesse de me tenir. L’amour ne se tient pas, il est à accueillir. Sans frontières, il n’est pas une propriété privée, surveillée par un gardien. Il est un appel à être annoncé, non jalousement gardé : « Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » La Résurrection va jusqu’à abolir les frontières entre le ciel et la terre ! Alors, pourquoi pleurons-nous ? Sans doute parce que nous cherchons encore là où on a enlevé le Seigneur