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vendredi, 04 juillet 2008

De Pathos à Amos, il s’en faut d’un cheveu… sur la tête à Matthieu


Y a qu'un ch'veu
Sur la tête à Matthieu !

Y en a deux, deux Testaments (ou "Continents")
L'Ancien et le Nouveau-o-o-o-o
Ya qu'un ch'veu sur la tête à Matthieu !

Y en a trois, Troyes en Champagne,
Deux Testaments, l'Ancien et le Nouveau-o-o-o-o
Y a qu'un ch'veu sur la tête à Matthieu !

Y en a quatre, Catherine de Médicis,
Troyes en Champagne,
Deux Testaments, l'Ancien et le Nouveau-o-o-o-o,
Ya qu'un ch'veu sur la tête à Matthieu !
etc.
saint-mathieu-et-lange.jpg
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,9-13.
Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

______Si l’abus de santé nuit à la méfiance [1], on peut toujours abuser du même passage d’Évangile : cela ne saurait nuire qu’aux gens se voulant bien portants ! Seuls ceux-là se formalisent de ce que le Maître mange avec les publicains et les pécheurs. L'homme qui se leva et le suivit était réputé des leurs : depuis lors, la postérité s’est chargée d’arrondir les angles !
______On le voit bien ici : les publicains et les pécheurs sont assimilés aux malades, et les justes aux médecins. Ces derniers seraient volontiers associés aux pharmaciens, mais on les rencontre plus sûrement chez les pharisiens ! « C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. » Cette parole, il nous est demandé d’aller l’apprendre. Ce qui signifie qu’aujourd’hui encore, elle reste à apprendre. Si tel n’était pas le cas, elle entrerait dans la fameuse litanie des « Vous avez appris qu'il a été dit ; Eh bien moi, je vous dis… »[2, 2bis, notes 1] Aller apprendre, c’est accepter de ne pas comprendre : sacrifier les sacrifices au profit de la miséricorde. On remarque d’ailleurs que les plus enclins aux sacrificessont ceux qui se veulent les détenteurs de la compréhension. Les autres, -cette plèbe qui n’a rien compris- sont priés d’apprendre à l’aune de cette compréhension : ils n’ont droit à la miséricordequ’à la mesure où ils acceptent leur sacrifice ! Faute de quoi, ce sont des publicains et des pécheurs : des malades.

______Ceci prend naturellement un relief très singulier à l’âge décrépi de la "santé mentale". Si se vouloir "médecin de l’âme" est en soi une formidable imposture frisant le blasphème, elle illustre cependant cette présomption de compréhension qui sacrifie le malade en l’ajustant sur l’autel de cette illusion : il doit accepter d’être malade pour redevenir juste !!! Avec la "santé mentale", pas de quartier : la bien portance est réservée à l’élite "médicale", tout sous-fifre étant un malade en puissance. Ce qui ne dissuade nullement de prendre le « PIA » pour un apôtre laïc de la miséricorde ! La confusion est à son comble quand le praticien lui-même navigue dans le domaine de la foi, presque pathétique dans sa quête de sens qui le pousse à d’intéressantes fréquentations. Par exemple, quand nous jetons un coup d’œil sur cet échange autour de la mélancolie entre un clerc et le "Dr" Philippe de Labriolle [3], outre que l’abbé laisse allègrement entrer au grand galop le cheval de Troie [4], une perle jaillit de sa réflexion : « je ne pense pas que les prêtres soient des thérapeutes. Ou alors on est dans l'imposture du gourou. Il me semble aussi que la tendance que l'on a aujourd'hui à transformer la religion en en faisant une thérapie, est grave… » Sur tous ces points, il a parfaitement raison. Simplement, il s’exprime face à un "thérapeute" qui, en tant que "médecin de l’âme", se fait "prêtre" ! On est dans l'imposture du gourou, parce que sa tendance est de transformer sa "thérapie" en en faisant une religion : c’est cela qui est grave, monsieur l’abbé ! Ce qui l’est encore davantage, c’est que son interlocuteur est le "thérapeute" d’une "médecine" criminelle peu avare -entre autres- de générer cette mélancolie qui fournit la matière au débat. De plus, si les prêtres thérapeutes sont des gourous et des imposteurs, il se trouve que notre "gentil docteur" a des sympathies prononcées avec une association médicale très catholique [5] dont l’organe de presse [6] a pour direction spirituelle deux prêtres : l’un est médecin, et l’autre pharmacien. Une certaine cohérence voudrait que l’on en tire les conclusions qui s’imposent ! Nous épargnerons l’abbé sur ce point, qui démontre assez que la promiscuité de deux réalités antinomiques penche toujours en faveur de celle qui privilégie la chair à l’esprit : plus que jamais, qui veut faire l’ange fait la bête… et notamment le cocker.[7] De par sa qualité de maître-chien, le "gentil docteur" sera, lui, moins épargné. Qu’il prenne chaque matin une douche d’eau bénite n’y changera strictement rien, et va jusqu’à annihiler la dernière excuse qui lui restait : celle de l’ignorance. (Excuse qu’il balaie d’ailleurs d’un revers de la main, puisqu’il est le gourou de la compréhension.) Que le chat se morde la queue en déplorant d’une main certaines réalités désagréables [8] -et en signant de l’autre des formulaires d’incarcération faisant de lui le maître absolu de la liberté et de la vie d’autrui- ne contribue qu’à renforcer sa responsabilité. Mais on le sait : dans ce "métier", ce mot n’a plus cours depuis que par inertie charnelle, le souci de la santé de l’autre [9, note 4] prime sur tout le reste. Ici plus qu’ailleurs,  l’excès d’un tel souci n’est pas sans déclencher ce qu’on voulait éviter[10, note 8] La miséricorde sans la justice n’est qu’un pâle vernis d’hypocrisie. Elle se distingue à ce que le "thérapeute" vient appeler aux sacrifices non pas les pécheurs, mais les justes. Pourquoi les disciples mangent-ils avec de tels "médecins", monsieur l’abbé ? Sans doute parce qu’ils vous ont bien possédés [11]… Il est à craindre, monsieur l’abbé, que la vigilance [10, note 10] sur la forme l’emporte souvent sur celle qui a trait au fond… Depuis Tchernobyl, l’on sait que certains nuages sont redoutables. Tous ne sont pas visibles à l’œil nu : la briolle [12] en fournit un exemple emblématique. Raison de plus pour s’en écarter quand il se fait visible

Livre d'Amos 8,4-6.9-12.
Écoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre pour anéantir les humbles du pays, car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix, et fausser les balances. Nous pourrons acheter le malheureux pour un peu d'argent, le pauvre pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu'aux déchets du froment ! »
Parole du Seigneur Dieu : Quand arrivera mon Jour, je ferai disparaître le soleil en plein midi, en plein jour, j'obscurcirai la lumière sur la terre. Je changerai vos fêtes en deuil, tous vos chants en lamentations ; je vous obligerai tous à mettre un vêtement de pénitence, à vous raser la tête. Je mettrai ce pays en deuil comme pour un fils unique, et, dans la suite des jours, il connaîtra l'amertume.  Voici venir des jours, déclare le Seigneur Dieu, où j'enverrai la famine sur la terre ; ce ne sera pas une faim de pain ni une soif d'eau, mais la faim et la soif d'entendre les paroles du Seigneur. On se traînera d'une mer à l'autre, marchant à l'aventure du nord au levant, pour chercher en tout lieu la parole du Seigneur, mais on ne la trouvera pas.

______Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix, et fausser les balances. [13] Quand un vrai père dialogue avec un faux sur la mélancolie, quelle est donc cette mélancolie ? N’est-ce pas celle de la lumière sur la terre qui s’est obscurcie au nom de la "santé" ? Étrange "santé" qui oblige tous à mettre un vêtement de la pénitence d’un "diagnostic" infamant (établi ou non par correspondance…) qui annihile la dignité humaine chez tous ceux qui se croient obligés de prêter foi à des sornettes fantasmatiques. Étrange "santé" qui rase la tête de ses victimes sacrifiées par des traitements anti-cognitifs –parfois irréversibles- qui les ravalent au rang de l’animal. Je mettrai ce pays en deuil comme pour un fils unique, et, dans la suite des jours, il connaîtra l'amertume. « Par son intensité, par le risque suicidaire majeur qu’elle fait encourir, la mélancolie a, pour les "psychiatres", le statut d'un trouble psychotique.  Non seulement un trouble de la constitution intérieure mais en plus, un trouble qui altère la perception de la réalité.  Le psychotique est conduit à se faire de la réalité une représentation à la fois tragique et inexacte. C’est d'ailleurs ce qui ouvre le champ à la thérapeutique car de cette inexactitude dans le rapport au réel naît la possibilité d'un certain travail de rectification. »[3] Fort bien, "Dr". Mais l’exactitude commande de commencer par déboulonner votre statut. Le risque suicidaire majeur, qui le fait encourir ?[14][14bis][14ter] Qui altère la perception de la réalité ? Qui se fait de la réalité une représentation à la fois tragique et inexacte ? Quel champ –d’herbes folles- de la thérapeutique apporte-t-il une telle inexactitude dans le rapport au réel qu’il fait mourir toute possibilité de travail de rectification ?
______Voici venir des jours, déclare le Seigneur Dieu, où j'enverrai la famine sur la terre ; ce ne sera pas une faim de pain ni une soif d'eau, mais la faim et la soif d'entendre les paroles du Seigneur. Une certaine mode est au régime sans sel : mais ceci ne concerne que le corps ! Il semblerait que l’esprit se traîne d'une mer à l'autre… avec une certaine prédilection pour la mer Morte. Il y fait beau, il y fait chaud. Et son taux de sel est tel que tout le monde sait nager ! Ce qui donne pendant un temps la sensation de vivre, d’avoir où reposer sa tête [15]… mais pas d’avoir à étancher sa soif. La parole du Seigneur, on la trouve sur une autre mer, plus au nord. La vie y est plus féconde [16]. Et si son sel y est moins abondant, il réside surtout dans la violence de ses tempêtes. [17] Ces tempêtes font partie intégrante du rapport au réel : travailler à les rectifier –ce qui conduit à les fabriquer [18] là où elles n’existaient pas- relèverait presque d’un statut de "trouble psychotique"… si l’on commençait à vouloir croire sans voir [10] à ce genre de "diagnostic" destiné à acheter le malheureux pour un peu d'argent et en fournir beaucoup à ceux qui vendraient jusqu'aux déchets du froment ! [19][19bis] Dites, monsieur l’abbé, quand le monde sera las de crever de sa faim et de sa soif d'entendre les paroles du Seigneur, il recommencera peut-être à les écouter ? Au fond, la "santé mentale" n’est jamais que le fléau de Dieu : elle parvient même à apporter un relief saisissant d’actualité à un prophète de l’Ancien Testament ! C’est d'ailleurs ce qui ferme le champ du rapport aux tueurs [12, note 20] de prophètes, non ?

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Y en a goret, goret en Champagne...