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mercredi, 23 juillet 2008

Été assis en cercle de famille

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,31-35.

Comme Jésus était dans une maison, sa mère et ses frères arrivent. Restant au-dehors, ils le font demander. Beaucoup de gens étaient assis autour de lui ; et on lui dit : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui te cherchent. » Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. »

_____Si la famille est la cellule de base de la société, en tant qu’elle est le lieu privilégié de l’éducation et de l’ouverture à l’autre, elle n’en reflète pas moins les divers avatars : frictions, conflits d’intérêts et autres obstacles à une saine croissance. [1] La percevant souvent comme le lieu de repli idéal face à l’ennemi extérieur [2], cocon protecteur, on oublie un peu vite que toute cellule –fût-elle parée des plus belles vertus- ne vit pas sous cloche aseptisée : en conséquence, elle est potentiellement cancérigène. Sans aller jusqu’aux excès fortement médiatisés d’affaires de type Fritzl [3], la famille a toujours été le lieu de ces "secrets" qui font le bonheur des romanciers.
_____« Ta mère et tes frères sont là dehors, qui te cherchent. » Les frères ont bien entendu le sens des cousins et autres "valeurs ajoutées" qui faisaient des familles orientales des cellules plus larges que celle que nous connaissons sous nos latitudes occidentales. Qui cherchent-ils, cette mère et ces frères ? Jésus en tant que fils et frère, ou Jésusen tant que représentant éminent de la loi de l’amour ? Le cherchent-Ils dans un esprit de captation, comme en était tentée Marie Madeleine ? [4] Ou le cherchent-Ils afin de répondre à la volonté de Dieu ? Celui-là est Son frère, Sa sœur, Sa mère. Est-ce à dire qu’Il rejette ainsi sa filiation humaine ? Au contraire, Sa mère n’est-elle pas placée ainsi aux premières loges, elle qui mieux que personne a su acquiescer à la volonté de Dieu [5] contre toute vraisemblance humaine ?

_____« Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. » C’est dire que Jésus ne fait pas de la famille une sorte de casemate inexpugnable, hermétiquement isolée du monde extérieur, rassurante parce que dispensant de tout combat. Ce n’est pas la paix –fût-elle domestique- qu’Il est venu apporter, mais le glaive ![6] Quand l'homme est séparé de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère, quand on a pour ennemis les gens de sa propre maison, on ne saurait voir là une apologie vibrante des valeurs familiales en butte aux margoulins sans foi ni loi qui les menacent du dehors. Si la famille est le lieu par excellence de l’identification personnelle [1], elle n’est pas toujours une valeur sûre quand elle se fait le sujet d’un repli identitaire : les questions d’héritage ont souvent le mérite de faire craquer bien des vernis !… Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi : il s’agit moins de ne plus aimer l’un au profit de l’Autre que d’aimer plus Celui qui donne la vie éternelle en héritage. [7] Aimer son père ou sa mère, son fils ou sa fille : les païens n’en font-ils pas autant ? Ce n’est jamais qu’aimer ceux qui vous aiment,[8] se satisfaire ainsi d’une soumission passive à un état certes agréable mais néanmoins acquis sans mérite personnel. Or, faire la volonté de Dieu consiste précisément à la chercher sans relâche par un acte de volonté personnelle, celui-là même qui en appelle à l’usage de la liberté et de la responsabilité personnelles. [9, APR note 14] Dans cette optique, la famille est un point de départ et non un lieu d’arrivée… abstraction faite des périodes de vacances qui autorisent quelque élargissement ponctuel, voire un certain ressourcement, précieux dans une civilisation atomisée.
_____Quand on a pour ennemis les gens de sa propre maison, que la famille écrase le roseau froissé, éteint la mèche qui faiblit [10] quand elle devrait la ranimer, elle perd naturellement ces vertus fondamentales, constituant à l’inverse un obstacle à toute croissance personnelle. Ce qui se vérifie tout particulièrement -on s’en doute- au sein de la famille contaminée [11] par le virus de la "santé mentale" la mutant à dessein en groupe privilégié de pression à l’encontre de l’un de ses membres, parce que naturellement plus encline à l’affectif [1, APR note 4] qu’au rationnel. À moins d’être congelée [12], la vie n’est pas figée. Rien n’interdit donc de concevoir qu’un vrai père soit parfois "faux", voire qu’un faux père soit parfois "vrai" ! Aimer plus Celui à qui tout a été confié par Son Père [13] est encore le plus sûr moyen de ne pas être renié devant Celui qui est aux cieux [14]