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dimanche, 23 mars 2008

Veillée de larmes

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Lève-toi, ô femme : pourquoi pleures-tu ?
É
veille-toi, fille de Sion : la mort s’est tue.

Fille de rien, tu es fille de roi : entends-tu ?
Dis-moi, que sont tes larmes devenues ?

Fille de rien, est-ce que tu le crois ?
Maintenant, tu es fille de roi :
Disparus tristesse et désarroi
À la mesure de ta grande foi.

Femme de grand amour, vois tes larmes :
Chacune fut une perle à mon cœur,
Toutes furent d’impitoyables armes
Terrassant d’innombrables erreurs.

Femme de petite vie, vois ton dépit ;
Il n’est d’égal qu’à ce que tu renies :
Car de l’amour tu avais tout pris,
Voluptés et vanités t’avaient brûlée.

À ces grands incendies de miel,
Ne restaient plus qu’un goût de fiel.
Femme, comme tu t’étais consumée ;
De tes amours il ne t’est rien resté.

Or, de ses cendres tu ne le savais pas,
De la mort l’amour prend le pas.
Réjouis-toi, femme : ce que tu ignorais,
Dans ton grand cœur se cachait.

Femme d’espérance, vois ton chagrin ;
Aura-t-il raison de son coûteux parfum ?
Mère, épouse ou fille, femme est de vertu
Telle qui se fie à l’amour qu’elle a reçu.

Fille de rien, tu es fille de roi : entends-tu ?
Dis-moi, que sont tes larmes devenues ?

Elles ont tressé la couronne de ta charité,
Dressé un rempart contre la fatalité,
Pressé ton cœur contre le mien.
La passion de tes larmes oppressées
A distillé le mal : ne reste que le bien.
La lie de la mort s’en est allée.

Femme de beauté, vois ton sourire ;
Il est lumière dans l’obscurité !
Alors qu’il fait encore sombre,
De grand matin tu es levée
Car de la nuit tu te fais l’ombre.
C’est que dans ton cœur tu l’as deviné :
La pierre ne saurait garder le pire.

Tu te lèves, ô femme : pourquoi ris-tu ?
Tu as entendu l’appel : tu n’es plus méprisée.
Foi, espérance et charité t’ont pardonnée.
À ta dignité de femme elles t’ont rendue.

Fille de rien, tu es fille de roi ;
Reine de cœur, tu es femme de joie ;
Mère de vie, à la Source tu enfantes
La passion de tes larmes riantes.


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