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samedi, 02 août 2008

En Galilée, la tête est ronde… même sur un plat.

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,1-12.

En ce temps-là, Hérode, prince de Galilée, apprit la renommée de Jésus et dit à ses serviteurs : « Cet homme, c'est Jean le Baptiste, il est ressuscité d'entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. » Car Hérode avait fait arrêter Jean, l'avait fait enchaîner et mettre en prison, à cause d'Hérodiade, la femme de son frère Philippe. En effet, Jean lui avait dit : « Tu n'as pas le droit de vivre avec elle. » Hérode cherchait à le mettre à mort, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète. Lorsque arriva l'anniversaire d'Hérode, la fille d'Hérodiade dansa devant tout le monde, et elle plut à Hérode. Aussi s'engagea-t-il par serment à lui donner tout ce qu'elle demanderait. Poussée par sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut contrarié, mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner. Il envoya décapiter Jean dans la prison. La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l'apporta à sa mère. Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps, l'ensevelirent et allèrent en informer Jésus.

_____Si l’Évangile ne s’en tenait qu’aux apparences, il serait facile de répondre à la question suivante : de Hérode ou de Jean le Baptiste, lequel a perdu la tête ? Si la réponse est apportée sur un plat, c’est aussi parce qu’elle est d’une platitude affligeante ! Hérode cherchait à mettre à mort Jean, la qualité de prophète de ce dernier l’ayant conduit à lui formuler des révélations peu démagogiques sur sa relation coupable avec Hérodiade, la femme de son frère Philippe. Se voir stigmatiser le mal que l’on commet est toujours fort désagréable : la tentation est grande de projeter ce mal sur celui qui le dénonce. Le mécanisme dit de projection [1, note 18] n’a pas attendu sa formalisation par les "sciences humaines" pour se manifester dès l’aube de l’humanité : n’est-il pas déjà présent dans la Genèse ? [2, p.5] Et de même y a-t-il infiniment plus de confort et de sièges dans une salle de cinéma que dans le local du projectionniste qui la surplombe, est-il infiniment plus aisé de trouver des complicités au mal que des résistances. Le résistant est justement le prophète ! Lui se montre extrêmement critique sur le film qu’on lui projette, et le fait savoir. Hier encore, Jérémie n’était pas à la fête [3] : lui aussi, on cherchait à le mettre à mort ! Autour de lui, les complicités au mal étaient unanimes : les prêtres, les prophètes et tout le peuple criaient haro sur le baudet. Visiblement, son "scénario" n’a pas plu. Dieu merci, de nos jours les mauvais scripts sont traités de façon moins radicale sur leurs auteurs : le boycott suffit.

_____On pourrait d’ailleurs s’étonner que les prophètes eux-mêmes s’opposent à Jérémie : n’est-il pas des leurs ? C’est oublier que là encore, Jésus n’abolit en rien l’ancienne Alliance que la nouvelle vient accomplir [4]. Quand Il met en garde contre les faux prophètes [5], ceux-là ne viennent pas d’apparaître dans le paysage ! Ils en sont au contraire partie intégrante de toute l’ancienne Alliance. Ce sont bien entendu ceux qui sont à la solde des pouvoirs temporels en place… plus prompts à la flagornerie qu’à la dénonciation du mal chez leurs employeurs du moment : toutes proportions gardées, des météorologues avant l’heure de la popularité du souverain en place. Ceux-là aussi, c’est à leurs fruits qu’on les reconnaissait. C’est dire qu’ils étaient loin de reconnaître un confrère chez un Jérémie qui, lui, n’avait aucun intérêt personnel à défendre… D’ailleurs, que devient celui qui, à rebours des autres, a prophétisé contre la ville ?

Livre de Jérémie 26,11-16.24.
À la porte du Temple, les prêtres et les prophètes dirent aux chefs et à tout le peuple à propos de Jérémie : « Cet homme mérite la mort, car il a prophétisé contre cette ville ; vous l'avez entendu de vos oreilles. » Jérémie répondit, en s'adressant à tous les chefs et à tout le peuple : « C'est le Seigneur qui m'a envoyé prophétiser contre ce Temple et contre cette ville, et dire toutes les paroles que vous avez entendues. Et maintenant, changez de route, conduisez-vous bien, écoutez l'appel du Seigneur votre Dieu ; alors il renoncera au malheur qu'il a décrété contre vous. Quant à moi, me voici entre vos mains, faites de moi ce qui vous semblera bon et juste. Mais sachez-le bien : si vous me faites mourir, c'est d'un sang innocent que vous allez vous charger, vous-mêmes et cette ville et tous ses habitants. Car c'est vraiment le Seigneur qui m'a envoyé prononcer toutes ces paroles pour que vous les entendiez. » Alors les chefs et tout le peuple dirent aux prêtres et aux prophètes : « Cet homme ne mérite pas la mort, car c'est au nom du Seigneur notre Dieu qu'il nous a parlé. »

_____Retournement inattendu de situation pour Jérémie ! « Cet homme ne mérite pas la mort, car c'est au nom du Seigneur notre Dieu qu'il nous a parlé. » Il est tout à coup reconnu comme prophète… mais nullement par les prêtres et les prophètes officiels ! Ce sont les chefs et tout le peuple qui contraignent ces derniers à mettre de l’eau dans leur vin en infléchissant leur position. « Vox populi, vox Dei » : à raison, les chefs et tout le peuplecraignent davantage le Seigneur que Ses représentants attitrés. La perspective de verser le sang innocent d’un envoyé du Seigneur les émeut encore assez pour les amener à s’interroger sur le bien-fondé de cette condamnation.
_____Beaucoup plus tard, on observe une attitude très similaire chez un prince de Galilée. Chef d’un peuple, lui est confronté au prophète Jean. Hérode cherchait à le mettre à mort, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète. À n’en pas douter, pour cette foule : « cet homme ne mérite pas la mort, car c'est au nom du Seigneur notre Dieu qu'il nous a parlé. » Dans un premier temps, cette peur de la foule est salvatrice puisqu’elle évite à Hérode de poser un acte malheureux qui lui attirerait l’opprobre de tout le peuple. Gageons que déjà le simple fait d’avoir fait arrêter Jean, l'avoir fait enchaîner et mettre en prison n’a pas dû beaucoup améliorer sa cote de popularité : heureusement pour lui, les instituts de sondage n’existaient pas encore !… En revanche, la peur du regard de l’autre [2, p.8] est ici flagrante. Chez un chef de peuple, elle est exponentielle puisqu’il ne saurait être indifférent par fonction au regard de tout son peuple. Par inclination, il ne l’est pas non plus à celui de la fille d'Hérodiade. Et voilà qu’il s'engage par serment à lui donner tout ce qu'elle demanderait, autrement dit à se plier à sa volonté du moment ! Quelle est cette volonté ? « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. » Or, ce n’est pas là la volonté de la fille d'Hérodiade, mais de sa mère qui l’a poussée en ce sens : Hérode n’aurait donc pas failli à son serment s’il n’avait pas donné suite, abstraction faite de la disproportion inconséquente de ce serment. Hérodiade, elle, était dégagée des scrupules politiques qui étaient ceux d’Hérode. On devine qu’elle ne portait pas Jean le Baptiste dans son cœur, le prophète étant un reproche vivant pour eux deux : « Tu n'as pas le droit de vivre avec elle. » Puisque qu’Hérode lui fournit sur un plat l’occasion d’obtenir sa revanche en éliminant définitivement le reproche vivant, elle ne rate pas le coche, le prenant au piège en manipulant sa fille. En soi, ce serment d’Hérode n’a aucune valeur : du reste, rien n’indique qu’il n’aie pas été engagé sous l’emprise d’une conscience altérée par l’abus d’alcool qu’on ne savait pas encore officiellement consommer avec modération !… Cette conscience n’est cependant pas assez éteinte pour que le roi ne fusse pas contrarié par la demande inattendue de la fille d'Hérodiade. Il aurait pu encore ne pas la satisfaire, arguer à juste titre de la légèreté de son serment comme de l’incongruïté monstrueuse d’une tête sur un plat pour récompenser quelques moments de plaisir. Comment un tel acte de cruauté pourrait-il répondre à un instant de bonheur ? C’est absurde.

_____Mais il y a aussi les convives, témoins directs du serment ! Quelle image [2, p.6] d’Hérode auront-ils s’il se dédit ? Il a peur d’être pris pour un roi inconstant et parjure : c’est ici son imaginaire qui le travaille, ses émotions non sa raison… fût-elle d’État. (Cette dernière ne commande-t-elle pas d’ailleurs de laisser les émotions de côté ?) Ajoutons à cela qu’Hérode cherchait à mettre à mort Jean le Baptiste : en dépit de la légèreté du serment engagé, cela fournissait au roi un alibi lui permettant de concrétiser cette mise à mort sans avoir à subir les foudres de la foule qui tenait le condamné pour un prophète. Tous ces convives sont donc autant de témoins qui pourront atténuer la colère du peuple si elle se manifeste : la mort du prophète passe ainsi pour un acte qui n’est plus de la responsabilité directe d’Hérode, voire un acte héroïque de fidélité à un serment tenu, que le roi a respecté contre sa volonté ! Bien avant l’apogée de la "santé mentale", on savait fort bien maquiller le vice en vertu… De même savait-on s’enferrer dans des logiques de mort où l’on préférait faire perdre la tête à l’autre plutôt que de perdre la face.

_____Aujourd’hui, sous nos latitudes occidentales, l’élimination du reproche vivant est devenue plus difficile à mettre en œuvre pour cause d’abolition de la peine capitale. [3] Aucun serment au monde ne justifierait plus d’apporter la tête de quiconque sur un plat. En attendant que la guillotine révèle ses vertus "thérapeutiques" cachées [6] (telles un trésor ? [7]), elle reste confinée aux livres d’Histoire. À défaut de pouvoir se mouiller dans un serment, demeure la possibilité de se préoccuper des sarments secs [8] : pratique pour lesatpvefv0.gif barbecues, ou pour agir à la barbe du prophète… donc par derrière lui. Il s’agit là du barbe-cul spirituel : on s’y brûle aussi quand on l’approche de trop près. Ne pouvant plus tuer directement le prophète, on commence par tuer son nom [9]. On ne lui lance plus de pierres : on s’apitoie sur lui. Le pauvre : il "souffre". Apporter la tête du prophète sur un plat est nettement passé de mode : aujourd’hui, on préfère largement faire un plat de ce qui se passe dans la tête du prophète. Il existe à cet égard tout un "art culinaire" [10] dont les goûts et les couleurs [11] s’apparentent à n’en pas douter à la cuisine nouvelle : assiette aux dimensions d’un plat, un pois chiche [12, note 17] au beau milieu qui empêche de savoir lire l’inscription imprimée sur la serviette : « Tu ne feras pas de faux serments, mais tu t'acquitteras de tes serments envers le Seigneur. Eh bien moi, je vous dis de ne faire aucun serment, ni par le ciel, car c'est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Cité du grand Roi. » (Dommage qu’Hérode n’aie pas eu le loisir d’apprécier ces nouvelles saveurs : il est vrai que l’usage de serviettes de table n’était pas nécessairement inscrit dans les mœurs de la Galilée…)
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_____Cette étrange "cuisine nouvelle" répugne aux condiments. Le régime sans sel est de rigueur : on est prié de la monter à cru. [13] Il convient en effet de ne pas voir pour y croire [14] : en conséquence, fermons les yeux si d’aventure nous croisons un cheval de bois muni de somptueuses roulettes [15]. Malheur à l’inconditionnel de la cuisine traditionnelle : reproche vivant à la nouvelle, il sera privé de dessert… mais pas de désert : son assiette trop richement garnie risquant de déclencher des indigestions psychosomatiques, il devient un "danger pour lui-même et pour les autres". Ne pouvant pas décemment le faire arrêter, enchaîner et mettre en prison faute de délit avéré, on va tout simplement remplacer le "mal commis" par "l’atteint-par-le-mal"… ou latin remplacé par le grec : longue vie à Pathos [16, note 16] ! Mieux encore, on va faire le prophète à la place du prophète. (En tant que spécialiste diplômé de la déprophétisation [17], c’est bien normal…) Il n’a pas commis de mal ? Au nom du dieu tout-puissant de la "santé", il va le commettre ! Étant donnée la teneur de ses condiments, on va lui retourner après traitement. Finis sel, poivre, cumin et fines herbes ; place aux piments "diagnostiques" plus effarouchants les uns que les autres : "délires", "hallucinations", "infatuations" et autres contorsions sémantiques vont se charger de le faire arrêter, en prétextant que sa raison est enchaînée. La mettre en prison [18] –avec tout ce qu’il y a autour- devient alors un jeu d’enfant, puisque c’est naturellement une question de salubrité publique ! Au nom de "l’amour", on retire au gourmet tout ce qui pique : une nouvelle version de love épice
_____ À défaut de convives d’anniversaire, la première invitée reste invariablement la même : la peur du regard de l’autre. Cette peur va être méthodiquement distillée chez ceux qui vivent avec l’horrible-monstre-qui-n’a-pas-commis-de-mal-mais-qui-va-le-commettre. Dotée d’un tel "nouveau nom" [19], la bête immonde va se voir faire sa fête à défaut de lui fêter son anniversaire. Notons que cette situation d’enfermement n’a rien à envier à celle d’un Hérode qui se retrouvre prisonnier de son serment : ici, ce sont les "convives" de la bête immonde qui se voient entraînés dans une logique de mort aussi sûrement que la mouche se trouve prise dans la toile de l’araignée [18]. araignee.gifIl est aisé de prononcer un serment. Il est aisé pour l’insecte de se faire une toile. Il est tout aussi aisé de prononcer un "diagnostic" comme de l’écouter et le diffuser. « C’est grave, Docteur » : de fait, la loi de la gravitation universelle semble opérer des merveilles même en ce domaine ! "Descendre" quelqu’un par voie d’insultation [20] rencontre d’autant plus aisément des complicités actives que le masque pseudo-scientifique typé "cuisine nouvelle" trouvera toujours des émules prêts à se donner bonne conscience en soupçonnant un autre d’avoir altéré la sienne. Dès lors que ce soupçon se voit "confirmer" par le "gentil docteur" (dont on préfère ne pas voir le côté commercial [21]…), nous ne sommes plus chez Hérode, mais chez Pilate : par ici le lavabo… La raison n’a plus son mot à dire quand c’est la peur qui l’emporte, y compris chez son spécialiste attitré. La mise en chenil [22] a aussi sans doute la vertu d’écarter le juste "psychique" [23, notes 36] du terrible regard du cocker malgré lui…
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_____Quelle image d’Hérode auront ses convives s’il se dédit ? Il a peur d’être pris pour un roi inconstant et parjure : c’est ici son imaginaire qui le travaille, ses émotions non sa raison… De la même façon, quelle image de l’insultant premier auront ses complices et relais s’il se dédit en s’apercevant du désastre social qu’a entraîné sa manœuvre de diversion sur un tiers devenu bête immonde contre toute évidence pour qui sait regarder ? Si la "santé mentale" ne dispose pas de marche arrière [17, note 8], c’est aussi parce que la disproportion monstrueuse de ses "traitements" au regard du "mal" originel est si effarante qu’elle interdit à ceux qui les ont initiés de les remettre en question sans se remettre en question sur leur responsabilité par leur complicité. On peut même se demander si la disproportion entre un serment et une tête sur un plat n’est pas plus modeste, ne concernant somme toute "que" Jean Le Baptiste : on voudrait pouvoir en dire autant des sacrifiés de la "santé mentale" qui, eux, se comptent par dizaines de millions… Combien de vrais prophètes parmi eux ?

Livre de Jér’imite -26,11-16.24°
À la porte du Temple de la Santé, les psychologues et les pharmaciens dirent aux chefs et à tout le peuple à propos de Jér’imite : « Cet homme mérite la compassion, car il a déliré contre cette ville ; vous l'avez entendu de vos oreilles. » Jér’imite répondit, en s'adressant à tous les chefs et à tout le peuple : « C'est le Docteur qui m'a envoyé délirer contre ce Temple et contre cette ville, et dire toutes les fariboles que vous avez entendues. Et maintenant, changez de route, conduisez bien n’importe où [24], écoutez l'appel du Docteur votre dieu de la santé ; alors il renoncera au diagnostic qu'il a décrété contre vous. Quant à moi, me voici entre vos mains, faites de moi ce qui vous semblera bon et juste. Mais sachez-le bien : si vous me faites guérir, c'est d'un sang coupable que vous allez me charger, vous-mêmes et cette ville et tous ses habitants. Car c'est vraiment le Docteur qui m'a envoyé prononcer toutes ces fariboles pour que vous les entendiez. »
Alors les chefs et tout le peuple dirent aux psychologues et aux pharmaciens : « Cet homme ne mérite pas la compassion, car c'est au nom du Docteur notre dieu de la
santé qu'il nous a parlé. »
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lundi, 19 mai 2008

Pour ne pas céder sa peau aux possédés…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,14-29.
En rejoignant les autres disciples, ils virent une grande foule qui les entourait, et des scribes qui discutaient avec eux. Aussitôt qu'elle vit Jésus, toute la foule fut stupéfaite, et les gens accouraient pour le saluer. Il leur demanda : « De quoi discutez-vous avec eux ? » Un homme dans la foule lui répondit : « Maître, je t'ai amené mon fils, il est possédé par un esprit qui le rend muet ; cet esprit s'empare de lui n'importe où, il le jette par terre, l'enfant écume, grince des dents et devient tout raide. J'ai demandé à tes disciples d'expulser cet esprit, mais ils n'ont pas réussi. » Jésus leur dit : « Génération incroyante, combien de temps devrai-je rester auprès de vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le auprès de moi. » On l'amena auprès de lui. Dès qu'il vit Jésus, l'esprit secoua violemment l'enfant ; celui-ci tomba, il se roulait par terre en écumant. Jésus interrogea le père : « Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive ? » Il répondit : « Depuis sa petite enfance. Et souvent il l'a même jeté dans le feu ou dans l'eau pour le faire périr. Mais si tu y peux quelque chose, viens à notre secours, par pitié pour nous ! » Jésus reprit : « Pourquoi dire : 'Si tu peux'... ? Tout est possible en faveur de celui qui croit. » Aussitôt le père de l'enfant s'écria : « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance ! » Jésus, voyant que la foule s'attroupait, interpella vivement l'esprit mauvais : « Esprit qui rends muet et sourd, je te l'ordonne, sors de cet enfant et n'y rentre plus jamais ! » L'esprit poussa des cris, secoua violemment l'enfant et sortit. L'enfant devint comme un cadavre, de sorte que tout le monde disait : « Il est mort. » Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva, et il se mit debout. Quand Jésus fut rentré à la maison, seul avec ses disciples, ils l'interrogeaient en particulier : « Pourquoi est-ce que nous, nous n'avons pas pu l'expulser ? » Jésus leur répondit : « Rien ne peut faire sortir cette espèce-là, sauf la prière. »

______Étrange épisode que celui qui narre la mésaventure de ce fils possédé par un esprit qui le rend muet. Cet esprit s'empare de lui n'importe où, il le jette par terre, l'enfant écume, grince des dents et devient tout raide. Ce cas de possession présente bien des symptômes qui rappellent étrangement ceux de l’épilepsie. [1] Celle-ci est une pathologie neurologique : induite ou non par une possession, elle ne relève donc pas de la compétence de l’incompétent pédant que nous savons [2], mais du Seul et Unique Médecin de l’âme. En effet, les apparences épileptiques laissent assez entendre qu’elles sont moins les causes que les effets : « Rien ne peut faire sortir cette espèce-là, sauf la prière. »

______S’il ne s’était agi que de crise épileptique, les disciples auraient sans doute réussi là où ils ont échoué. Surtout, cette sévère invective de Jésus n’aurait pas eu lieu d’être : « Génération incroyante, combien de temps devrai-je rester auprès de vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le auprès de moi. » D’emblée, la racine du mal est nommée : elle est spirituelle. À cette époque bénie, on n’avait pas encore inventé la "santé mentale" qui allait mettre bas des pans entiers de civilisation : la tentation de recourir au "diagnostic" d’un trouble "psychique" attendra donc des jours plus favorables. Par conséquent, quand la racine d’un mal est donnée comme étant spirituelle, elle LE RESTE et n’est pas déguisée en une racine imaginaire propice à le maintenir et à le développer prodigieusement. Ici, à un diagnostic juste répond un remède efficace qui transite par un paradoxal état de langueur mortelle : L'enfant devint comme un cadavre, de sorte que tout le monde disait : « Il est mort. » De fait, il était spirituellement mort : l’esprit qui le possédait l’avait entièrement phagocyté, jusqu’à faire taire son propre esprit : c’est un esprit qui le rend muet. Les morts ne parlent pas. Ce silence n’est pas à confondre avec le silence de l’écoute : l’esprit est vivement interpellé comme rendant muet et sourd. Les morts n’entendent pas non plus. C’est à n’en pas douter un esprit de mort, puisqu’il va jusqu’à détourner des éléments de vie à son profit : et souvent il l'a même jeté dans le feu ou dans l'eau pour le faire périr. Cet esprit qui rend muet et sourd n’est lui-même pas sourd : autrement dit, il rend sourd à certaines paroles afin d’en privilégier d’autres. Les siennes, par exemple… d’autant qu’il est loin d’être muet, lui : l'esprit poussa des cris. Plus il vocifère, plus il couvre la Parole de vie. Il n’est pas aveugle non plus : dès qu'il vit Jésus, l'esprit secoua violemment l'enfant. Doué de tous les sens qu’il altère délibérément chez celui qu’il possède, cet esprit est manifestement de ceux qui envahissent ceux qui ne croient pas. Tout est possible en faveur de celui qui croit…et plus rien ne l’est en faveur de celui qui ne croit pas ou croit en des esprits mauvais.

______Ici, nous revenons au vingt-et-unième siècle avec un spécialiste mondial des esprits mauvais : dom Amorth.[3]. Comme on le sait, on retrouve chez lui tous les sophismes habituels qui nourrissent le mythe de la « nécessaire collaboration des servants du spi avec ceux du psy » [4] C’est bien dommage, parce que les symptômes décrits ci-dessus ne rappellent pas QUE ceux de l’épilepsie. On les distingue fort bien dans l’atmosphère nauséabonde qui règne autour d’un "diagnostic" de trouble "psychique". Une telle atmosphère fuit par essence toute racine spirituelle d’un mal : ne sachant pas y répondre, elle détourne cette racine en "psychique". Déjà, c’est un esprit qui le rend muet sur le plan spirituel ! Toute évocation de cet ordre le jette par terre, le fait écumer, grincer des dents et devenir tout raide dans des convictions incantatoires : il pousse des cris. Alerte à la "dangerosité" de celui qui le débusque ! L’esprit de la "santé mentale" (si tant est que l’on puisse encore qualifier cette engeance « d’esprit ») rend assurément muets et sourds ceux qui y participent : « PVA » et « PIA ». Ils sont muets sur un "diagnostic" dont le "patient" peut ignorer jusqu’à l’identité de son auteur, même s’il la demande explicitement à son entourage ! Celui-ci est archi-sourd quand il s’agit d’accéder à cette demande : il avait l’ouïe beaucoup plus fine quand il s’agissait d’entendre un "diagnostic" qui flattait son conformisme moral !… Il est surtout sourd à toute objurgation d’ordre spirituel de la part d’un "souffrant" unilatéralement décrété "délirant" ou "incohérent" ! Le processus de la persécution intérieure [5] est en place. Grâce aux artifices sémantiques du « PIA », la patience du "patient" va être mise à rude épreuve. Son objectif ? Garder ses guillemets. L’objectif de son entourage ? Lui retirer. Toute cohérence manifestée par le "patient" devenant rapidement insupportable par le démenti cinglant de son pseudo-état de "santé", il convient d’être muet et sourd à ses arguments. Sauf quand il se met en colère face à une telle marée noire de stupidité : cela contribue à démontrer sa "dangerosité" ! Ainsi, notre "patient" va être odieusement possédé par un esprit qui le condamne à être muet « Je ne te crois pas ! Viens au secours de ma croyance… en acceptant le "diagnostic" ! » (sic), tel est le leitmotiv de l’entourage d’un "patient psychique" : l’exact opposé de celui qui est rapporté dans l’Évangile d’aujourd’hui. Est-ce si étonnant, sous le sceau d’une telle mauvaise foi ?

______Tout est possible en faveur de celui qui croit. Brouillant tous les repères spirituels en les déguisant en troubles "psychiques", les adorateurs de la "santé mentale" viennent tout rendre impossible en faveur de celui qui croit. Pourquoi est-ce que nous, nous n'avons pas pu les expulser ? Difficile de s’expulser soi-même, probablement… « Rien ne peut faire sortir cette espèce-là, sauf la prière. » La prière vers le VRAI Père [6], est-il utile de le préciser ?

samedi, 17 mai 2008

L’homme en blanc n’est pas celui qu’on croit…

Joe Dassin - Le Costume Blanc .mp3
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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,2-13.
Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et ils s'entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.
En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d'entre les morts ».
Ils l'interrogeaient : « Pourquoi les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d'abord ? » Jésus leur dit : « Certes, Élie viendra d'abord pour remettre tout en place. Mais alors, pourquoi l'Écriture dit-elle, au sujet du Fils de l'homme, qu'il souffrira beaucoup et sera méprisé ? Eh bien ! je vous le déclare : Élie est déjà venu, et ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu, comme l'Écriture le dit à son sujet. »

______À l’ère de la société de consommation, on pourrait se demander si ce passage d’Évangile n’a pas été sponsorisé par une grande marque de détergents. Obtenir une blancheur pareille, des vêtements resplendissants : on songe davantage à des slogans publicitaires éculés qu’à une Transfiguration !
______Mais ici, il s’agit moins de nettoyage extérieur de linge sale que de purifier une poignée de disciples de leurs scories intérieures. À l’inverse du « PIA » qui isole socialement son "patient" pour le défigurer "psychiquement" [1] en l’emmenant, lui seul, dans les bas-fonds de son imaginaire pseudo-scientifique, Pierre, Jacques et Jean, sont emmenés, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Élie leur apparut avec Moïse, et ils s'entretenaient avec Jésus. Non seulement Il n’est pas venu accomplir la loi sans l’abolir [2], mais Il va jusqu’à s’entretenir avec ceux qui l’ont établie !
______Ce qui n’est pas sans décontenancer Pierre, vivant précisément à l’époque où c’est la loi de Moïse qui prédomine. De fait, il ne savait que dire, tant était grande leur frayeur. Comme toujours, la peur est un indicateur : c’est quand elle devient le moteur de la réflexion et de l’action qu’elle se fait la marâtre de l’existence… [3] Il s’agit ici d’une GRANDE peur : une frayeur. C’est moins l’éblouissement de la Transfiguration que l’aveuglement de la peur qui va dicter la conduite de Pierre. Cette éclatante Transfiguration voudrait qu’en toute logique le cœur ne soit pas partagé : le Vrai prophète, c’est Lui, les autres ne faisant que L’annoncer. Une seule tente devrait donc suffire. Eh bien non ! « Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » Sans le vouloir, Pierre annoncerait presque la Trinité !… Il annonce surtout qu’on peut avoir la Parole sous les yeux dans tout son éclat, et néanmoins être tenté de se rassurer avec des paroles jugées plus accessibles parce qu’exprimées par ceux qui ont établi la loi à laquelle on s’est habitué. On s’y est tellement habitué que leurs auteurs sont d’ailleurs parfaitement identifiés par Pierre. Élie leur apparut avec Moïse, et ils s'entretenaient avec Jésus. Avec Jésus, pas avec Pierre : ce dernier propose une tente personnalisée pour chacun, sans qu’ils lui aient été présentés. Il n’en demeure pas moins qu’il fait fausse route, improvisant un camping qui n’a pas lieu d’être : la Parole est une et indivisible. Et pour que ce message soit bien clair, survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. » Celui-ci et non d’autres. Non que la parole de ces autres soit devenue caduque, mais elle est couverte de l’ombrede la Parole du seul et Unique Fils bien-aimé qui résume en Lui celles qui L’ont précédée. Tout ceci est entériné par la scène finale de la haute montagne : soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ce qui devrait éliminer définitivement la tentation de la dispersion !

______« Élie est déjà venu, et ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu, comme l'Écriture le dit à son sujet. » Le nouvel Élie est aussi déjà venu. Lui aussi, ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu, comme l'Écriture le dit à son sujet. Et ils CONTINUENT de Lui faire ce qu’ils veulent : la foi n’est ni une opinion ni un "droit acquis" (sic). En fonction de cette foi –et des actes qu’elle promeut [4]- on peut feindre de Le suivre et rester fermement attaché à une consigne humaine, tout en se demandant entre nous ce que veut dire : « ressusciter d'entre les morts ».Et ceci deux mille ans après la Résurrection ! À cet effet, il suffit de se laisser distraire par l’approche d’une étrange "Trinité" qui couvre de son ombre glauque la Vraie Trinité : celle de Pathos [5], Thanatos [6] et Hermès [7] ! Grâce au mythe de la "santé mentale"[8] -qui nous invite à nous barricader à double tour, de crainte de rencontrer un lycanthrope[9] "psychique" à chaque coin de rue- la laïcité triomphante ressuscite la mythologie grecque. Ainsi, la "santé mentale" nous ramène à l’âge de Pierre : dresser plusieurs tentes se voulant indépendantes et complémentaires. Une "consultation" par ici, une "consultation" par là : déballage de son affaire [10] –quand ce n’est pas celle de l’autre [11]- dans la tente d’un autre. Dieu y retrouvera les siens… en éliminant d’abord les pépins.[12] Chez les "disciples" de ce mythe des temps nouveaux, Élie leur disparaît avec Moïse, et ils traquent avec une horripilante fausse compassion ceux qui osent encore s'entretenir avec Jésus. Maudits soient ces chevaux qui nous font du "déni de souffrance" en répugnant à jouer à l’âne [13] ou au cheval de bois [14] ! Chez ces "disciples" , ils ne savent que dire, tant est grande la frayeur que leur a distillée le "gentil docteur" sur un tiers. Dites que vous venez de voir passer en rase-mottes un vol groupé d’éléphants roses chantant la Marseillaise : si vous êtes médecin, ON VOUS CROIRA. Car il semblerait que ses vêtements soient resplendissants, d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille

vendredi, 16 mai 2008

Le "docteur" a médit calmement, Jacques a dit sans médicament…

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,34-38.9,1.
Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l'Évangile la sauvera. Quel avantage, en effet, un homme a-t-il à gagner le monde entier en le payant de sa vie ? Quelle somme pourrait-il verser en échange de sa vie ? Si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l'homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les anges. » Et il leur disait : « Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d'avoir vu le règne de Dieu venir avec puissance. »
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_____D’emblée, Jésus établit un lien formel entre celui qui a honte de Lui et de Ses paroles, et celui qui veut sauver sa vie, quitte à gagner à sa cause le monde entier. Celui-là ne renonce pas à lui-même, et bien qu’il prétende à Le suivre, sa croix lui est de plus en plus pesante. Celui qui veut sauver sa vie est constamment tenté d’alléger sa croix : c’est à cette croix qu’il renonce, non à lui-même. Il s’imagine se protéger lui-même en se protégeant de sa croix. La souffrance est souvent la ligne de démarcation qui opère une nette distinction entre celui qui prend sa croix en suivant le Christ et celui qui veut bien Le suivre… mais dans une version light. N’a-t-Il pas porté Sa Croix une bonne fois pour toutes, pour le salut de tous ? Toujours la tentation de se réfugier derrière une lecture arrangeante de l’ Évangile : puisque l’Écriture est accomplie, surtout n’y ajoutons rien ! C’est oublier la dernière parole prononcée sur cette Croix : Tout est accompli. (Jn 19, 30) [1], et non : Tout est fini. [2] Si tout était fini, inutile de marcher derrière Lui : ce serait le payer de sa vie en pure perte.

Lettre de saint Jacques 2,14-24.26.
Mes frères, si quelqu'un prétend avoir la foi, alors qu'il n'agit pas, à quoi cela sert-il ? Cet homme-là peut-il être sauvé par sa foi ?  Supposons que l'un de nos frères ou l'une de nos sœurs n'aient pas de quoi s'habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l'un de vous leur dit : « Rentrez tranquillement chez vous ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » et si vous ne leur donnez pas ce que réclame leur corps, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, celui qui n'agit pas, sa foi est bel et bien morte, et on peut lui dire : « Tu prétends avoir la foi, moi je la mets en pratique. Montre-moi donc ta foi qui n'agit pas ; moi, c'est par mes actes que je te montrerai ma foi. Tu crois qu'il y a un seul Dieu ? Tu as raison. Les démons, eux aussi, le croient, mais ils tremblent de peur. Pauvre homme, veux-tu une preuve que la foi sans les œuvres ne sert à rien ? Regarde Abraham notre père : Dieu a fait de lui un juste à cause de ses actes, quand il a offert sur l'autel son fils Isaac. Tu vois bien que sa foi était à l'œuvre avec ses actes, et ses actes ont rendu sa foi parfaite. Ainsi s'est accomplie la parole de l'Écriture : Abraham eut foi en Dieu, et de ce fait Dieu estima qu'il était juste, Vous le constatez : l'homme devient juste à cause de ses actes, et pas seulement par sa foi. En effet, comme le corps qui ne respire plus est mort, la foi qui n'agit pas est morte.

_____Cette indication de l’apôtre Jacques ne laisse planer aucun doute : prétendre avoir la foi alors qu’on n’agit pas, c’est prétendre marcher derrière Lui sans prendre sa croix. Or, si elle est anormale dans tous les cas d’espèces, la souffrance est néanmoins le lieu privilégié du combat spirituel : elle en distingue le vrai du faux, les intentions de la volonté, les désertions et les acceptations de ce combat. La croix est l’objet d’une dialectique stérile qui la rend incompréhensible : celle du faux combat spirituel entre dolorisme et anti-dolorisme, matrice de toutes les désertions du vrai combat. Le dolorisme est une caricature de l’acceptation de la souffrance : il en est plus exactement une résignation fataliste. Il s’attache à normaliser la souffrance, jusqu’à cette extrémité qui peut conduire à la provoquer sur soi. C’est se donner l’illusion de faire agir sa foi, en prenant Jacques au pied de la lettre. C’est croire rendre sa foi parfaite en surenchérissant sur des œuvres de piété qui englobent une certaine complaisance à l’égard de la souffrance. C’est enfin croire que l’on a accepté la souffrance quand on n’a pas pris sa croix ! Ceci se vérifiera précisément dans les véritables œuvres qui répondront à cette attitude… Tournant résolument le dos au dolorisme, l’anti-dolorisme a au moins le mérite d’être plus limpide en matière de refus de porter sa croix ! Il est une hantise de la souffrance qui, lui aussi, peut conduire à multiplier des actes qui montreront moins la foi que le souci permanent de prévenir toute souffrance par l’application sur soi de baumes spirituels apaisants. Ce qui donne bonne conscience et par conséquent anesthésie la conscience, à commencer par la conscience de la souffrance. La porte s’ouvre ainsi à une multiplication exponentielle de la souffrance…
_____Seule la croix donne sens à la souffrance. Ne pas prendre sa croix, est-ce bien refuser la souffrance ? N’est-ce pas plus précisément en refuser l’apparente absurdité ? Refuser la souffrance est en soi une absurdité : si elle attendait notre permission pour survenir, elle aurait disparu depuis longtemps ! (Même le doloriste le plus "éclairé" se serait lassé de présumer de cette permission.) Une souffrance qui a du sens est plus aisément acceptable qu’une autre qui n’en a pas : vient s’y greffer la notion de justice ou d’injustice. La souffrance inexplicable est perçue comme foncièrement injuste. Prendre sa croix est donc moins l’attitude du doloriste résigné que celle du disciple qui cherche sens à sa croix. La croix de l’autre, c’est l’affaire de l’autre.[3] Non qu’il faille décourager la compassion à son égard, mais charité bien ordonnée commence par soi-même : l’inquiétude pour la santé de l’autre relève des pensées des hommes [4], et fournit le prétexte douteux à entrer dans la bergerie sans passer par la porte.[5] Prendre sa croix et Le suivre n’implique nullement de se voir contraint de remplir à tout propos le rôle de Simon de Cyrène…
_____Nous rejoignons ici les effets délétères de la dialectique dolorisme/anti-dolorisme : tous deux se rejoignent dans une œuvre commune : le transfert du sens de la souffrance. Qu’on en veuille ou non, la croix est toujours là. Ne pas la prendre, c’est moins nier son existence que la nier en tant que lieu privilégié du combat spirituel. Ne pas la prendre, c’est déplacer ce combat à l’extérieur en livrant sa croix à un autre : pur acte de désertion, dont le succès ne tient qu’à ses masques de "pigeon combattant".[6]
_____Il existe deux façons de livrer sa croix à un autre. La plus commune est bien sûr d’attribuer la responsabilité de cette croix à l’autre : sans cet autre, on ne souffrirait pas ! Il est donc prié de "récupérer son bien". L’avènement du mythe de la "santé mentale" a permis l’émergence d’une seconde manière de livrer sa croix à un autre, plus subtile : l’autre va être non plus celui qui "fait souffrir" (enfin… moins immédiatement), mais celui qui est prié de donner sens à cette souffrance. Et c’est celui qui est réputé "faire souffrir" qui va être assimilé à la croix. À cet exercice, le souffrant gagne le monde entier à sa cause car il a les apparences pour lui.

_____Certes, la médecine digne de ce nom donne sens à la souffrance. Pour lui donner sens, la meilleure méthode dont elle dispose est paradoxalement de l’apaiser, voire de l’éliminer. En effet, donner sens en amont à une souffrance, c’est en déterminer les causes. Ces causes étant identifiées, on peut agir avec succès sur les effets, en fonction des remèdes existants. Afin de remplir au mieux ces conditions, il convient donc de ne pas se fourvoyer sur les causes… et sur les compétences RÉELLES de la médecine. Quand ces compétences sont outrepassées, les "causes"qu’elle "décèle" deviennent les causes réelles de nouvelles souffrances dont la croissance va de pair avec l’absurdité. Ou la médecine est une science en constant devenir, épaulée par un outillage de réelle vérification, soucieuse d’apaiser voire d’éliminer la souffrance. Ou ses actes démontrent à eux seuls que le sens qu’elle donne à la souffrance est vicié à la base, parce qu’identifiée là où ELLE N’EST PAS. Là où doit être la médecine, elle apaise les souffrances ; là où elle n’a rien à faire, elle les augmente. La médecine n’est qu’organique, ou elle n’est pas. [7]
_____L’invention de la souffrance "psychique" n’est que l’arme des lâches, déserteurs du combat spirituel qui est le leur. Elle vient apporter une fausse caution morale à la désertion en feignant d’ignorer le combat spirituel, le travestissant en "combat psychique" CHEZ CELUI qui refuse la désertion… et dont la résistance est un cinglant démenti au confort moral du déserteur ! Défenseur exclusif de ce dernier, le "médecin de l’âme" est aussi médecin qu’est "banquier" le voleur qui enfonce votre porte pour vous soutirer la combinaison de votre coffre-fort sous la menace de son arme. Lui aussi est armé : face à son artillerie, un P38 ferait presque figure de pistolet à bouchons. Son arsenal est impressionnant : il va de l’arme chimique [8] à l’arme atomique (atomisation eugénique) [9], en passant par l’arme psychologique [10]. Celle-ci se décline à l’extérieur par des manipulations de masses, et à l’intérieur par la pression psychologique intense exercée par l’entourage déserteur (appuyé au besoin par un "diagnostic par correspondance" (sic) digne d’un film d’épouvante !…) d’un non-déserteur prié d’endosser une défroque de "souffrant psychique". Celui-là souffre plus sûrement de l’ahurissante "crédopathie" [11] pseudo-médicale des siens ! Et ceci, il ne saurait S’EN "soigner"…

_____Vous le constatez : l'homme devient juste à cause de ses actes, et pas seulement par sa foi. En effet, comme le corps qui ne respire plus est mort, la foi qui n'agit pas est morte. Le mythe de la "santé mentale" fait encore pire ! Il avilit tant et si bien l’intelligence humaine qu’il va jusqu’à pervertir la conscience de la souffrance en imaginant de toutes pièces des souffrances se voulant inconscientes : et pour cause, puisqu’ELLES N’EXISTENT PAS ! Ainsi, l'homme devient profondément injuste à cause de ses actes, et par sa foi en une médecine qui n’en est pas une. Cette foi stupide étouffe la vraie foi, qui ne respire plus. Non seulement la foi qui n'agit pas est morte, mais cette foi morte cherche à entraîner dans son sillage la foi qui agit. Si quelqu'un prétend avoir la foi, alors qu'il empêche l’autre d’agir, à quoi cela sert-il ? Cet homme-là peut-il être sauvé par sa foi quand il compromet celle de l’autre ? Supposons que l'un de nos frères ou l'une de nos sœurs n'aient pas de quoi s'habiller, ni de quoi manger tous les jours : va-t-on les "déshabiller" davantage en les "diagnostiquant" ? ; si l'un de vous leur dit : « Laisse-moi entrer tranquillement dans mon petit confort moral ! Que je me mette au chaud dans mes certitudes, et que je mange à ma faim d’auto-justification ! » et si vous leur donnez ce que ne réclame ni leur corps ni leur âme, à quoi cela sert-il ? C'est toujours par les actes que l’on montre sa foi. Quelle que soit cette foi…[12] Or, on sait ce qu’il advient de la mauvaise foi : de celui qui l’aura fait agir, le Fils de l'homme aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les anges.
_____À propos d’anges, les démons, eux aussi, croient en un seul Dieu, mais ils tremblent de peur. Le « PIA » rate là un fabuleux marché, les démons n’étant que la forme désincarnée de « PVA » dont ils ont à n’en pas douter le profil commercial-type. Dommage : ils n’ont ni chéquier ni carte Vitale ; et pas d’organisme pouvant absorber des substances lucratives aux fâcheux effets secondaires qui enferment le "patient" dans son propre corps après lui avoir volé son âme… Dans un moment de faiblesse, on finirait par les envier ! Davantage en tout cas que ceux qui veulent sauver leur vie en la livrant (ou en livrant d’autres !) à des fossoyeurs de l’âme qu’ils prennent sans rire pour des apôtres-bis de la miséricorde (sic)

mercredi, 14 mai 2008

Les dogues sont-ils tendres ?

Daniel Guichard - La tendresse .mp3
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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,9-17.
Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j'ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j'ai appris de mon Père, je vous l'ai fait connaître. Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l'accordera. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres.

_____Qui, mieux que le disciple que Jésus aimait (lui qui, pendant le repas, s'était penché sur la poitrine de Jésus)[1], saurait nous parler de l’ineffable tendresse du Père qui nous a aimés le premier ? Cet amour est devenu l’ennemi public n°1, l’ennemi à abattre à tout prix. Pour l’abattre, nul besoin de bazooka ou de mitraillette : il suffit de fissurer les murs de la demeure, de distiller le doute sur la fidélité. La nature ayant horreur du vide, à cette demeure, à cette fidélité seront insidieusement substituées d’autres demeures, d’autres fidélités. Qui, raisonnablement, peut se déclarer ouvertement ennemi de l’amour ? Celui qui s’y risque agit par dépit : c’est un blessé de l’amour. Moins que jamais la haine n’existe-t-elle, si l’on ose dire, à l’état naturel…[2]
_____La haine a au moins la franchise de ne pas se payer de mots : son expression est la violence sous toutes ses formes. L’ennemi est identifié : il peut être combattu comme tel. La haine qui combat l’amour est perdue d’avance, la lutte étant par trop inégale. Elle doit avancer masquée, pénétrer dans les rangs adverses, les soudoyer afin de passer pour l’ami. C’est le principe de la subversion, dont le siècle qui nous précède n’a pas été avare. L’expression de l’amour, c’est la tendresse. Quand on n’ose pas s’attaquer à l’amour lui-même, on cherche à l’atteindre par son expression. De l’expression d’un sentiment parfaitement distingué, l’objectif va être d’en produire l’excrétion d’un sentiment entraînant la confusion. Semons le doute sur toute tendresse, ce sera l’amour qui sera atteint dans sa demeure comme dans sa fidélité. Le « PVA » a ici un rôle prépondérant : ne se veut-il pas le gardien de la demeure comme de la fidélité ? Il n’est que le dogue [3] qui dissuade de toute velléité de tendresse. Que vaut une fidélité sans tendresse ? L’amour qui est défendu demeure sans doute en apparence… comme reste apparemment entier le bout de viande conservé à l’intérieur d’un bocal de formol.

_____Livré à ses propres forces, l’homme oscille sans cesse entre l’absence de tendresse… et la réaction opposée qui le livre à un raz-de-marée de tendresse : mai 68 en fut l’exemple le plus emblématique, épiphénomène purement réactionnaire mais néanmoins demande pressante d’un appel d’air de la part de toute une génération étouffant sous le carcan de celle qui la précédait, composée de « PVA » de toutes natures. À ouvrir trop de portes et de fenêtres, les courants d’air sont inévitables : tout le contenu de la demeure est renversé. La génération de mai 68 a donc tout refermé, se faisant « PVA » à son tour : elle ne garde de la tendresse que nostalgie, par la commémoration de faits qu’elle se trouve présentement bien incapable de reproduire. Elle se veut en effet aux avant-postes de la vigilance contre le "retour de l’ordre moral". Quel retour ? Quel ordre moral ? Elle est elle-même le nouvel ordre moral. Elle aussi crie au loup [4], car elle aussi protège SON "ordre moral". L’absence revendiquée de toute morale est un "ordre moral" : derrière la "neutralité morale", se cache toujours la volonté de la substitution d’une morale sur l’autre. [1]
_____Mai 68 n’a su que s’approprier la tendresse par la violence, s’en donner l’illusion de la qualité par la quantité. C’est oublier que l’amour se donne, il ne se prend pas. De même la tendresse se donne et se reçoit ; elle n’est pas un bien de consommation courante interchangeable, car elle est la respiration de l’amour. La tendresse est donc la cible n°1 : l’atteindre, c’est asphyxier l’amour. L’arbre qui n’est plus nourri par la sève de l’amour ne donne plus de fruit, et son fruit ne demeure plus.Les fruits de mai 68 ont un goût bien amer, celui du rejet du père [5 (p.7)]. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l'accordera. Cela, c’était le cadet des soucis de mai 68 ! Cette génération a pris sans demander.

_____Retour de bâton : la tendresse -toute tendresse- devient suspecte. Une nouvelle censure [6] fait son apparition, prête à contenir tout nouveau raz-de-marée. Le nouvel ordre moral du soixante-huitard en cache un autre, qui lui est antérieur et qui lui survit : celui du « PIA ». Triturée à la moulinette de la "santé mentale", la tendresse n’a plus bonne presse : il convient d’être un "dur" pour aimer ! Le nouvel ordre moral de la "santé mentale" bannit en effet toute manifestation intempestive de tendresse : au moyen de son artillerie lourde, elle s’évertue à entretenir autour d’elle une malsaine atmosphère de suspicion "pathologique". Cette suspicion se fabrique en deux temps. Le premier est l’héritage direct de mai 68 : l’industrie pornographique florissante, caricature de l’excès de tendresse (paradoxalement tenue pour "psychiquement saine" par ses défenseurs)… et génératrice de l’excès inverse en réaction : le refoulement de la tendresse. Ce refoulement sert les intérêts de ce qui va en constituer le second temps : insurpassable chef-d’œuvre qui fait la une des journaux et des chroniques judiciaires les plus scabreuses. Protégée par le statut médical de ses disciples, la "santé mentale" a de la sorte modelé de toutes pièces l’homo pedophilus, épouvantail des temps modernes. Elle se nourrit du pédophile –réel ou supposé- afin d’asseoir son autorité sur tout être vivant [7]. Elle prêche le faux pour obtenir parfois le vrai (tout le monde n’est pas apte à sublimer ses refoulements imposés, ce qui peut se traduire sporadiquement par une manifestation violente et désespérée de ces refoulements… ce en quoi NUL ne saurait préjuger). Prêcher le faux, c’est créer un climat permanent de déséquilibre affectif en interprétant toute manifestation minime de tendresse comme une "perversion" de l’amour, truffée d’arrière-pensées "psychiquement malsaines". Or, qui est le SEUL à déterminer ce qui est "psychiquement sain" ? [1] Grand prêtre de la "santé mentale", le « PIA » a même obtenu -sous l’intimidation de sa "neutralité" pseudo-sanitaire (!)[8]- l’allégeance de sa victime n°1 (ce qui n’exclut pas les autres) : le VRAI prêtre. Culpabilisateur des innocents et déculpabilisateur des coupables [9], le « PIA » peut se targuer de commettre le crime parfait sous le nez de la justice elle-même ! Le crime parfait est celui qui éteint de lui-même toute action en justice, et porte pour nom le suicide. L’objectif du criminel parfait est de déstabiliser le prêtre innocent -suspecté de "pédophilie"- jusqu’à le faire douter de lui-même. Ce qui peut l’acculer au suicide, quand le montage conduit à une accusation plus formelle qui laisse présager une condamnation infamante à la clé. Le « PIA » gagne ainsi sur tous les tableaux. Son aura est renforcée : « s’il avait été innocent, le prêtre n’aurait pas mis fin à ses jours. Il avait donc bien "détecté" sa "perversité". » (sic) Il avait bien "vu" à l’intérieur de l’autre ! Il asseoit sa fausse supériorité spirituelle sur sa victime qui, elle, par son geste désespéré, contredit ouvertement ce à quoi elle est censée témoigner. Ce qui décrédibilise le témoignage de l’un… et renforce le "témoignage" de l’autre. Enfin, un suicide n’est officiellement pas un meurtre : le criminel n’est donc pas inquiété… et peut continuer à saper les institutions -civiles comme religieuses- à la barbe des servants des unes comme des autres.
_____Ceci n’innocente en rien les vrais coupables, bien entendu. Mais dans un tel brouillard de fausses dénonciations au nom d’une "santé mentale" puante de suffisance (et se satisfaisant du ressenti ô combien subjectif des plaignants officiels sur un sujet aussi délicat, à défaut de faits objectifs et vérifiables…) quel en est le VÉRITABLE chiffre ? En clair, combien de FAUX coupables sont-ils condamnés ? Aucune jurisprudence ne saurait distinguer le vrai du faux : la jurisprudence conserve les actes de justice, pas nécessairement les actes de vérité. Tant que le « PIA » fera la pluie et le beau temps en la matière, les actes de justice seront sous sa coupe réglée : la vérité est chez lui un gros mot…

_____Or, il n’y a pas de vérité sans amour. Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j'ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie. La joie est également un gros mot chez le « PIA » : grand prêtre du dieu Pathos, il est le "médecin" de la tristesse. Tout ce qui est sain est "malade" : lui n’aime fidèlement que ce qui est malade, avec ou sans guillemets. Par conséquent, il rend malade ce qui ne l’est pas : position qui serait insupportable si elle n’était insoupçonnable. Il faut en effet bénéficier du statut protecteur du médecin pour démolir ainsi tout ce qui bouge avec une impunité aussi insolente. Chez lui, tout amour, toute fidélité, toute joie porte en germe une "dangerosité" qui n’existe que dans un imaginaire pseudo-rationalisé, finissant parfois par suggérer dans les actes isolés d’esprits plus malléables ce qu’il est censé "prévenir". QUI est dangereux pour qui ? Qui a recouvert ainsi toute tendresse d’un soupçon permanent d’acte délictueux et judiciarisable à l’envi, étouffant de son autorité de plomb la moindre velléité de manifestation ? Par quel miracle pourrions-nous demeurer dans l’amour, garder fidèlement les VRAIS commandements, être comblés de joie sous un tel régime de terrorisme pseudo-médical ?

_____Tout ce que nous demanderons au Père en son nom, il nous l'accordera.[10] Un père accorde toujours ce qu’on lui demande, en fonction du besoin RÉEL et non de caprices : il sait distinguer l’un des autres. La mauvais père, lui, accorde en fonction des caprices : l’esprit de mai 68 ne s’est pas vraiment éteint…
_____Plus positivement, il réclame toujours de la TENDRESSE. Il demande qu’en son nom, nous chassions de nos cœurs et de nos institutions ceux qui l’assassinent sous nos yeux. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres : pas de vous épouvanter mutuellement en vous imaginant les prédateurs les uns des autres, allant jusqu’à ne plus savoir qui est le chasseur et qui est le gibier ! Avec la bénédiction des dogues de service [3]

mardi, 13 mai 2008

Attention aux odeurs…

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,14-21.
Les disciples avaient oublié de prendre du pain, et ils n'avaient qu'un seul pain avec eux dans la barque. Jésus leur faisait cette recommandation : « Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d'Hérode ! » Ils discutaient entre eux sur ce manque de pain. Il s'en aperçoit et leur dit : « Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain ? Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur aveuglé ? Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas ? Vous ne vous rappelez pas ? Quand j'ai rompu les cinq pains pour cinq mille hommes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? » Ils lui répondirent : « Douze.
— Et quand j'en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ? » Ils lui répondirent : « Sept. » Il leur disait : « Vous ne comprenez pas encore ? »

_____On peut être dans la même barque, partager le même pain, rien n’indique que l’on partage pour autant les mêmes soucis. Il n’y a qu'un seul pain avec eux dans la barque. Et ce pain divise avant seulement d’avoir été divisé ! Les disciples ne le considèrent que sous son aspect visible, notamment quantitatif. Jésus, Lui, plonge au cœur du pain, dans son aspect le plus invisible : le levain. C’est que nous sommes dans une phase de transition : celle du passage d’une rive à une autre, celle de l’apprentissage de la disponibilité à l’Esprit [1]. En fonction de cette disponibilité, le pain devient Pain de vie du Boulanger [2]… ou il devient le pain dur et rance, sommairement gonflé au levain des pharisiens et à celui d'Hérode : pain frais aux premières heures, vite rassis. Après un petit déjeuner copieux, on peut partir au bureau au petit matin le ventre plein, ne pas se sentir concerné par ces boulangeries ouvertes qui exhalent des odeurs enivrantes de baguettes sortant du four, de croissants encore chauds et de pains au chocolat. Rassasiés, nous nous voulons indifférents à ces arômes : il n’en demeure pas moins que nous ne prenons pas garde que nous en respirons les effluves qui emplissent l’atmosphère… Nous avons des yeux et nous ne regardons pas, nous avons des oreilles et nous n’écoutons pas… Nous avons un nez, mais nous ne saurions vivre en apnée.

_____Au nom d’un certain "réalisme", seul a de la valeur à nos yeux le pain levé au levain des "pharisiens" d’aujourd’hui et à celui auquel nous sommes "rodés". Seul ce pain nous fait signe. Et ceci ne dépend en rien de notre proximité avec le Maître. Regardons ces disciples : ils sont au pied du mur. Témoins privilégiés d’un signe ô combien éloquent [3], ils en sont encore à se chamailler pour quelques miettes de pain, tenaillés par la peur du manque. Au-delà du manque de pain, se fait jour un autre manque. Ce manque-là sera exprimé plus tard par leur Maître, parvenu à Son extrémité humaine : « J'ai soif. »[4] Cette soif rejoint la faim exprimée par les disciples dans la barque : soif d’amour. Il faut en effet avoir le cœur aveuglé pour exprimer une soif d’amour qui ne dit pas son nom, quand on a le privilège d’avoir l’Amour en Personne dans sa barque ! Ils discutaient entre eux. D’emblée, ils excluent de leurs conciliabules Celui qui a produit de tels signes que ceux-ci rendent caduques cette conversation ! Comment peut-on s’inquiéter pour un seul pain quand on a face à soi Celui qui en a rompu cinq pour cinq mille hommes ? Comment ? Toujours, en ne recevant pas les signes.[1] Rien à faire : témoin privilégié ou non, on peut se fouetter jusqu’au sang, se mettre à plat ventre, invoquer l’Esprit Saint du matin jusqu’au soir, ON NE LE REÇOIT PAS.[5] À l’heure où les disciples "comptent les mouches", Jésus les rejoint dans leurs petits calculs, inverse leur perspective en substituant la multiplication à la division. Combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? Combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ? Ce n’est pas même à leur cœur qu’il est fait appel, mais à leur mémoire. « Vous ne comprenez pas encore ? » Non : ils ne comprennent pas encore. Parce qu’ils n’ont pas encore achevé leur traversée ; ils ne sont pas encore sur l'autre rive : la rive de l’accueil de l’Esprit. [1]
_____À cet égard, les disciples d’aujourd’hui ne sont pas moins privilégiés que ceux d’hier. Plus que jamais, la vie d’un disciple est ponctuée de traversées à effectuer [6], de périodes de réchauffement… et d’autres de glaciation. [7] Mais qu’Il dorme ou non sur son coussin au fond de la barque, le Maître est toujours là. Il lui a été donné autorité sur tout être vivant [8]… y compris les êtres nocifs dont la pérennité ne tient qu’à l’art consommé d’avoir entretenu l’illusion d’être devenus indispensables. Eux aussi rejoignent les hommes dans leurs petits calculs, développant leur perspective au lieu de l’inverser : eux aussi comptent les mouches, car c’est une toile qu’ils tissent…[9]

_____À l’instar de ceux d’hier, les disciples d’aujourd’hui ont eux aussi à prendre garde au levain des pharisiens et des Hérode des temps modernes. Cette garde, il est patent qu’ils l’ont baissée, allant jusqu’à accueillir le loup qui les dévore à bras ouverts [10]! Il peut paraître "obsessionnel" d’orienter jour après jour des commentaires de l’Évangile autour de la "santé mentale"… ce qui démontre déjà une certaine complaisance à l’égard du vocabulaire de l’ennemi. En réalité, il s’agit moins d’être "obsessionnel" à son endroit que de remettre les choses à l’endroit : l’humilité ne commande nullement de se livrer à lui sans coup férir, fût-ce avec le sourire. Aucune charité –chrétienne ou non- n’impose de faire semblant de pactiser avec l’ennemi qui passe pour l’ami quand cet ennemi est démasqué. L’humilité commande encore moins de se laisser phagocyter son propre vocabulaire, vidé de son sens. Quand elle n’est plus que la complicité –active ou passive- au sabordage de sa propre barque, ou de celles des autres, elle interdit toute traversée sur l’autre rive. Quand elle se fait le prétexte au refus de tout extraordinaire – de tout don de l'Esprit [11]- elle n’est plus que la prostituée d’elle-même, et la maquerelle des autres. Quand elle ne voit qu’"orgueil" dans l’accueil de l’Esprit Saint, elle est atteinte du virus [12]… On voudrait bien que ce virus soit comme les accidents : il ne concerne que les autres. Un peu à l’image du nuage radioactif de Tchernobyl : on voudrait bien que bon prince, il se soit arrêté net au-dessus des frontières de la Russie ! De même, on voudrait bien ne pas être concerné par la "santé mentale" : n’intéresse-t-elle pas que ceux qui ont été "diagnostiqués" déficients en la matière, eux et leur entourage ? Ceux-là ne sont que la partie émergée de l’iceberg.
_____Car c’est oublier que la "santé mentale", elle aussi, multiplie les signes à foison. Ceux-là deviennent de plus en plus éloquents : ne les voient pas que ceux qui NE VEULENT PAS les voir. Dire qu’elle concerne les uns et non les autres, c’est déjà oublier qu’elle se décline en "plans" officiels [13] grassement financés par les deniers publics, soit l’argent de CHAQUE contribuable… "souffrant" ou non. D’ores et déjà, des sommes faramineuses englouties en pure perte dans une cause en trompe-l’œil pendant que les hôpitaux "importent" des médecins étrangers pas toujours bien formés. Quand on organise une semaine de la "santé mentale" [14] coïncidant jour pour jour avec celle de la Passion, le signe est également criant, parce que l’adversaire est clairement désigné. Pourtant, ils sont finis les jours de la Passion [15]: qu’avons-nous à faire de ceux du sinistre Pathos ? Quand règne une opacité totale quant aux "guérisons" (sic) observées dans le domaine d’une "santé mentale" dont les cadres irresponsables croulent sous de dispendieux fonds publics (toujours CHAQUE contribuable…) dont aucun ne justifie jamais l’usage, c’est là plus qu’un signe. S’il n’y avait que le portefeuille qui soit atteint…

_____On peut partir au bureau au petit matin le ventre plein, ne pas se sentir concerné par ces boulangeries ouvertes qui exhalent des odeurs enivrantes de baguettes sortant du four, de croissants encore chauds et de pains au chocolat. Si les échoppes dédiées à la "santé mentale" exhalaient leur véritable odeur, nul n’y rentrerait, de gré ou de force. Tous les fuiraient… ou tireraient la chasse. Il faut que la pomme soit appétissante pour que Blanche-Neige la croque [16], que les valets de la "santé mentale" diffusent dans la rue les odeurs enivrantes de baguettes sortant du four, de croissants encore chauds et de pains au chocolat. Que nous entrions OU NON dans leurs échoppes, nous en respirons les effluves qui emplissent l’atmosphère… Et ceci passe encore et toujours par un vocabulaire de bernard-l’ermite. Quand passent dans le langage courant des expressions désignant la suspicion de "maladies" qui n’existent QUE dans l’imagination de ceux qui les exploitent à leur seul profit, leur travail est à moitié accompli. Quand les mêmes font passer un cheval de bois [17] pour un pur-sang bien vivant aux yeux de tous, leur travail est à moitié accompli. IL suffit pourtant de baisser les yeux pour voir que ce cheval a des roues et non des sabots : des roues conçues pour rouler dans la farine ceux qui la déversent sous son passage. (Cette farine est gracieusement fournie par le loup : il n’en a plus besoin, ayant déjà dévoré tout le troupeau après lui avoir montré "patte blanche"… [18]) Quand cette monture n’a pour yeux que d’énormes boules de cristal de chiromancienne, destinées à prédire la "dangerosité" des uns et des autres, voire à prévenir (sic) de bien mystérieuses "épidémies" sorties de nulle part, leur travail est à moitié accompli quand on se laisse hypnotiser par de tels yeux de verre. Quand ces handicapés du cœur cherchent à imposer par fausse compassion le concept fumeux de "handicap psychique" et qu’ils ne rencontrent qu’hochements de tête "compréhensifs" et molle opposition, leur travail de sape est en bonne voie. Aurait-on déjà oublié le signe grandiose fourni par la sombre affaire d’Outreau ? À la face du monde, le « PIA » montrait son véritable visage : le culpabilisateur des innocents et le déculpabilisateur des coupables. [19] Faudra-t-il incendier nos Palais de justice afin de les désinfecter de leur présence nauséabonde pour la justice la plus élémentaire ? Ou en arrivera-t-on ENFIN, et plus constructivement, à EXERCER cette justice la plus élémentaire sur ceux qui la sabordent de l’intérieur ?

_____Qui peut affirmer que la "santé mentale" ne le concerne pas ? Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur aveuglé ? Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas ? Que celui qui n’a jamais péché de complaisance à l’égard de la "santé mentale" lui jette la première pierre.[20] Mais sur cette réponse, il ne s’agit pas de s'en aller l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés. Car si la "santé mentale" est prise en flagrant délit d'adultère à l’encontre de tout être vivant [8], elle NE REGRETTE RIEN, ses yeux de verre étant incapables de lui montrer le mal dont elle hérite AVANT de le commettre : elle n’est autre que la fosse s(c)eptique débordante de la multitude d’excrétions spirituelles qu’elle recueille. Ce qui attire les mouches… et les arachnides.

lundi, 12 mai 2008

Un signe pour le singe

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,11-13.
Les pharisiens survinrent et se mirent à discuter avec Jésus : pour le mettre à l'épreuve, ils lui demandaient un signe venant du ciel. Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit : « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? Amen, je vous le déclare : aucun signe ne sera donné à cette génération. » Puis il les quitta, remonta en barque, et il partit vers l'autre rive.
______
______Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent.[1] Les pharisiens survinrent et se mirent à discuter avec Jésus. La marque de l’Esprit se distingue à ce qu’Il peut bien produire un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent, ce bruit ne couvre pas celui de la discussion agitée des hommes. Quand ils Le mettent à l'épreuve, c’est pour Lui demander un signe venant du ciel à eux qui en ont été abreuvés ! On le sait : cette demande de signe n’est pas sans arrière-pensée. [2] Le véritable signe qui atteste de l’Esprit n’a JAMAIS besoin d’être demandé, parce qu’il frappe TOUJOURS à la porte de nos cœurs. Demander un signe est donc déjà un signe contraire : celui du refus de tout signe ! Il n’est donné que le signe de Jonas, celui qui fait noyer le poisson au cours de violents coups de vent [3] qui, eux, incitent à partir vers l'autre rive : la rive de l’accueil de l’Esprit. Tant que cette traversée n’a pas été effectuée, toute discussion est vaine : aucun signe ne sera donné à cette génération, parce qu’elle ne le recevrait pas davantage que les précédents. Qu’il soit brise légère ou violent coup de vent, l’Esprit n’enfonce aucune porte.

______Il en devient presque pathétique ce « PVA » qui reste sur le bord de la route, en panne sèche. Il supplie le Pompiste de lui faire le plein, mais garde soigneusement fermée sa trappe de carburant ! Que le Pompiste se débrouille : s’Il se veut l’Esprit, Il donnera un signe en remplissant le réservoir sans que ce dernier soit ouvert. Il pourra enfin repartir… par l’opération du Saint Esprit. C’est là le mettre à l'épreuve : Lui demander de violer la trappe du réservoir. Au plus profond de Lui-même, Jésus soupire : Il ne peut que quitter un tel esprit qui caricature son Esprit, faisant de Lui une pâle projection de l’esprit de la chair, moins Avocat des pauvretés humaines que de faiblesses jamais remises en question. L’Esprit Saint est réduit à l’état de paillasson sur lequel se frottent des pieds crottés par la poussière de la route. Le faux esprit d’amour se repaît de fausses humilités : il s’en tient à la petite Thérèse qui ramasse une aiguille par amour, qui épluche des pommes de terre par amour, qui sourit par amour à la sœur qui lui est moins sympathique. Le faux esprit amour ne se reconnaît que dans ces petites choses, celles qui passent encore sous la porte, celles qui n’obligent pas à lever les yeux vers le ciel de peur qu’il en vienne un signe. Il oublie simplement que c’est là le ciel qui vient rejoindre la terre, non le ciel qui se met à la botte de la terre. C’est le ciel qui vient rappeler jusqu’au fond d’un Carmel que la Parole s’incarne jusque dans les choses les plus insignifiantes, précisément afin de les habiter par des signes s’incarnant dans le disciple qui accueille le véritable Esprit Saint ! Celui qui ne l’accueille pas ne garde qu’aiguille et pommes de terre, admire -de loin- puis oublie l’histoire d’une âme : trop fort pour lui. Surtout quand il ne s’intéresse qu’à la "médecine"de l’âme [4] qui, elle aussi, se vautre dans les petites choses et s’imagine grande parce qu’elle amoncelle petitesses et mesquineries… À quoi bon être Docteur de la loi de l’amour, si les disciples de cette loi se laissent séduire par les faux docteurs d’une loi de "l’amour" aplatie par l’amour de la loi ? [5] À quoi bon passer son ciel à faire du bien sur la terre –être un signe venant du ciel-, quand simultanément les disciples n’ont plus d’autre "bien" que se fier à des "sages" qui rendent singes ? Des millénaires de multiples civilisations pour en arriver au stade de pré-hominidés dont la cognition ne se résume plus qu’à l’art de se laisser identifier comme des agglomérats incertains de pulsions incontrôlées ! Les signes venant du cielne se laissent voir et accueillir que par ceux qui consentent à partir vers l'autre rive, sans crainte des inévitables tempêtes. Si nul n’y est contraint, nul ne doit davantage contraindre quiconque à demeurer sur la rive, au nom d’une "prudence"qui n’est que le masque de la pleutre tentative de partage d’une peur ankylosante : celui qui tente SA traversée, il lui arrivera ce qui lui arrivera ! [6]
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Lettre de saint Jacques 1,1-11.
Moi, Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus Christ, je vous salue joyeusement, vous qui appartenez aux douze tribus d'lsraël dispersées dans le monde. Mes frères, quand vous butez sur toute sorte d'épreuves, pensez que c'est une grande joie. Car l'épreuve, qui vérifie la qualité de votre foi, produit en vous la persévérance, et la persévérance doit vous amener à une conduite parfaite ; ainsi vous serez vraiment parfaits, il ne vous manquera rien. Mais s'il manque à l'un de vous la sagesse, qu'il la demande à Dieu : lui qui donne à tous avec simplicité et sans faire de reproches, il la lui donnera. Mais qu'il demande avec foi, sans la moindre hésitation, car celui qui hésite est semblable au va-et-vient des flots de la mer agités par le vent. Qu'il ne s'imagine pas, cet homme-là, qu'il recevra du Seigneur quoi que ce soit, s'il est partagé, instable dans tout ce qu'il fait. Parmi les frères, l'homme de basse condition pourra s'enorgueillir de ce que Dieu l'élève, et le riche de ce que Dieu l'abaisse, car il passera comme l'herbe en fleur. Quand le soleil est monté, avec sa chaleur brûlante, l'herbe a séché, sa fleur est tombée, et l'éclat de sa beauté s'en est allé ; ainsi le riche se flétrira avec toutes ses entreprises.

______Mais s'il manque à l'un de vous la sagesse, qu'il la demande à Dieu. Quand on demande cette sagesse à un autre qu’à Dieu, c’est à ses risques et périls. Il n’y a pas de "professionnel" [7] de la sagesse ! Tout prétendant en ce sens est un escroc et un berger mercenaire. [8] C’est un voleur de la clé de la trappe du réservoir. Pas facile de faire le plein quand on a perdu la clé… En un sens, lui aussi vérifie la qualité de votre foi dans l’épreuve. Mais cette épreuve ne sait produire que désespérance en lieu et place de la persévérance. Elle entretient savamment la moindre hésitation, rendant celui qui hésite semblable au va-et-vient des flots de la mer agités par le vent. Qu'il ne s'imagine pas, cet homme-là, qu'il recevra du Seigneur quoi que ce soit, s'il est partagé, instable dans tout ce qu'il fait. Qu’il ne s’imagine pas, cet homme-là, que l’on puisse impunément partager la sagesse de Dieu avec les "sagesses"des hommes. On peut se fouetter jusqu’au sang, se mettre à plat ventre, invoquer l’Esprit Saint du matin jusqu’au soir, ON NE LE REÇOIT PAS.[1] Ce n’est plus même remplir un réservoir de carburant d’eau sucrée [9] : ce réservoir est devenu inaccessible faute de clé. Pourtant le Serrurier [10] est là qui attend : s’Il sait fournir une clé qui nous permette d’échapper au loup, a fortiori a-t-Il un passe-partout susceptible de ne pas buter sur cette sorte d'épreuve, surmontable avec une grande joie ! Mais c’est à Lui qu’il faut demander ce passe-partout : à personne d’autre. Demander à un autre, c’est prendre le risque de casser une fausse clé dans la serrure, voire d’abîmer cette serrure. C’est se rendre hermétique à l’Esprit Saint jusqu’à en avoir peur, tant Il s’oppose en tous points à ses petits, tout petits canons en vigueur. Le disciple lui-même va inspirer de la peur.[11] Cette peur n’est rien d’autre qu’un signe à l’attention de l’affecté : celui de l’attachement à un "Esprit Saint" de pacotille réduisant un Docteur de l’Église à une ramasseuse d’aiguille ou une éplucheuse de pommes de terre, faisant battre notre coulpe sur les pauvres pécheurs que nous sommes, ployant sous le poids de limites qu’il n’est surtout pas question d’essayer de dépasser. Que vienne soudain du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent, et la fausse paix s’envole telle une nuée de pigeons se dispersant au coup de fusil du chasseur. Alors les pigeons se mobilisent.[1] Sus au chasseur ! Non seulement sont-ils aveugles, mais à leur cécité vient s’ajouter la surdité. En effet, ce n’était pas un coup de fusil qui se faisait entendre : juste le tintement d’un trousseau de clés. Leur chasseur est en effet le Serrurier : Il ne chasse jamais que la peur. Ses clés ouvrent toutes les cages, toutes les trappes et tous les chausse-trappes, ne ferment que les portes destinées à empêcher l’entrée du loup. Il vise toujours juste… mais Il ne tire jamais sur un pigeon qui Lui tourne le dos : c’est un chasseur, non un boucher. Il ne chasse jamais que la peur, mais Il ne la chasse jamais contre le gré de celui qui en est affecté.

______On sait ce qu’il advient du riche de la "sagesse" des hommes. Certes, il se veut amateur de lumière (…voire "professionnel" !). Mais quand le soleil est monté, avec sa chaleur brûlante, l'herbe a séché, sa fleur est tombée, et l'éclat de sa beauté s'en est allé ; ainsi le riche se flétrira avec toutes ses entreprises. Il se flétrira à la hauteur des pétales de rose -signes venant du ciel d’un Docteur de l’Église- qu’il aura flétries de ces mêmes entreprises… de démolition. Celui-là pourra avoir tous les signes venant du ciel depuis la création du monde : il n’en verra AUCUN, chacun le faisant fuir sous l’emprise d’un étrange "Esprit Saint" dont les inspirations se limitent à lui faire éplucher des bananes, et à en jeter la peau sous le passage des autres.

podcast

Daniel Facérias : Thérèse 5mn32
(extrait de « Oser l’éternité », Bayard Musique)

dimanche, 11 mai 2008

À peur vaillante, rien de possible

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-23.
Ce même soir, le premier jour de la semaine, les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »

_____Dieu que l’on est bien chez soi, confortablement au chaud dans les pantoufles de ses certitudes…[1] La certitude du moment, c’est la peur qui verrouille les portes comme les cœurs. La pantoufle du moment, c’est la paralysie occasionnée par cette peur. Comme toujours, la peur est un indicateur : c’est quand elle devient le moteur de la réflexion et de l’action qu’elle se fait la marâtre de l’existence… [2] La peur ne retient de la PENTECÔTE que la pente ascendante et la côte âpre à monter : elle préfère les mornes plaines, si vaillamment partagées par des disciples qui se tiennent les coudes à défaut de prendre de l’altitude. L’union fait la force : le mythe du "courage guerrier" est à la hauteur de l’illusion entretenue par la lâcheté mise en commun.

Livre des Actes des Apôtres 2,1-11.
Q
uand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux. Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit. Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »

_____Ce mythe du "courage guerrier" n’est pas innocent chez le « PVA », souvent au premier rang afin d’implorer la "descente de l’Esprit Saint" un jour de Pentecôte. L’Esprit Saint ? Il le "connaît bien" : c’est SON défenseur ! En tant qu’Esprit, Il est insaisissable. Mais le « PVA » est plus malin que les autres : il sait s’en saisir afin de s’abriter sous son aile. On sait bien que l’Esprit Saint n’est que "brise légère" (1 Rois, 19,4-15), qu’on ne Le trouve que dans le silence et jamais dans le bruit. Un Esprit Saint qui se manifeste dans le bruit est donc nécessairement un "mauvais" Esprit Saint ! Le « PVA » est beaucoup plus malin que le Malin : il l’a "reconnu" ! (On avait bien "reconnu" Béelzéboul chez quelqu’Un qui expulse les démons [3]) "L’Esprit Saint""reconnu", on lui est reconnaissant de savoir à présent reconnaître ceux qui ne le connaissent pas. Que ceux-ci prennent garde : s’ils s’avisent de faire trop de bruit à leur goût, qu’ils sachent que la médecine a fait de considérables progrès. À présent, elle aussi sait reconnaître "l’Esprit Saint" ! Tout au moins ne l’indique-t-elle pas de façon si directe : ce serait avouer qu’elle empiète sur un terrain qui lui est totalement étranger. Hennissant de rire, le cheval de Troie [4] assure qu’il n’en est rien. Une autre monture [5], plus modeste, brait de plaisir : elle sait reconnaître "l’Esprit Saint" là où Il n’est pas. C’est ainsi que se négocient de bonnes affaires [6] entre « PVA » et « PIA ». Le second ne fait jamais qu’entériner un constat déjà établi par le premier : lui laissant volontiers son "Esprit Saint", afin de ne pas l’effaroucher il lui enfile sa camisole "diagnostique". Chez lui, pas d’Esprit Saint (avec ou sans guillemets) : que du "trouble psychique". L’Esprit de guérison -Celui qui va jusqu’à ressusciter les morts- en est réduit à une "pathologie" !!! Plus Il fait de bruit chez l’un de Ses disciples, plus le "cas" de ce disciple sera "grave"… et plus ce disciple fera peur à ceux qui l’entourent. Or l’Esprit Saint –le Vrai- ne fait pas peur. Avec Lui, la paix est avec soi ! Et si la paix n’y est pas, l’Esprit n’y est pas non plus. Pire : le loup y est [7]! Et ce loup est un grand "malade" qui s’ignore…
_____Si le « PVA » avait été un peu attentif à cet extrait d’aujourd’hui du Livre des Actes des Apôtres, il aurait pu constater que les faits relatés n’étaient pas exactement de la même teneur que ceux du premier Livre des Rois. Mieux encore : il aurait été étonné de reconnaître dans SON "Esprit Saint" l’esprit qui prévalait AVANT la venue de l’Esprit Saint ! Peur, verrouillage et autres tourments sont au menu. Le portrait craché de l’Esprit Saint ! Oui : craché, comme ce qui est rejeté de l’intérieur, à l’extérieur de soi. Pire : craché, comme ce qui est rejeté de l’extérieur, réinterprété en "pathologie" avec la complicité d’une "médecine" qui vient se mêler d’une affaire qui ne la concerne pas, et qui est iatrogène PARCE qu’elle se mêle d’une affaire qui ne la concerne pas.[6]
_____Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit. Ceci est complètement étranger au rouleau compresseur du « PIA ». Si chacun ne s’exprime pas selon les dons infectants [8] de son "esprit", il est prié de passer dans sa moulinette pour faire plaisir à ceux qu’il a pu infecter. Chacun a sa barque à mener, et cette barque n’est jamais la même que celle de l’autre. Chacun a une vocation qui lui est strictement personnelle : la vocation de l’autre n’est pas son affaire. [6] (Ceci était écrit AVANT de connaître les Textes de CE jour…) Chacun est pourvu d’un don que l’autre n’a pas : il n’appartient pas à un autre d’en juger, a fortiori quand il se prétend médecin. Il n’appartient pas à un autre d’en faire juger par un médecin : c’est non seulement de la trahison, mais du détournement de combat spirituel.

_____« Recevez l'Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. » On ne saurait remettre ou maintenir des péchés qu’en ayant REÇU l’Esprit Saint. De même, on ne peut se faire remettre ses péchés qu’en ayant REÇU l’Esprit Saint. Quand on crache sur l’Esprit Saint –chez soi comme chez un autre-, on ne Le reçoit pas. On peut se fouetter jusqu’au sang, se mettre à plat ventre, invoquer l’Esprit Saint du matin jusqu’au soir, ON NE LE REÇOIT PAS. Et nos péchés ne peuvent être remis, QUELLE que soit notre fréquentation de certains sacrements : aucun de ces sacrements n’a de vertu magique qui ne fait plus exister ce qui existe. Aucun sacrement n’a la faculté de faire cohabiter dans un seul cœur l’Esprit Saint et son contraire : c’est l’un OU l’autre. Comment l’Esprit Saint pourrait-Il remplir de joie un cœur qui ne Le voit plus que comme un "délire", une "hallucination", une "fuite du réel" (sic) et autres calembredaines pseudo-scientifiques ? Comment l’Esprit Saint pourrait-Il remplir de joie un disciple qui en livre un autre à l’abattoir spirituel ? Comment l’Esprit Saint pourrait-Il remplir de joie un disciple qui Le prie d’inspirer à un autre d’aller se faire "soigner" ? Quel est donc cet étrange "Esprit Saint" d’audace qui ne remplit que certaines maisons de "soins", volant au secours de ceux qui ont le cœur verrouillé par la peur, protégeant cette peur avec un soin jaloux ? Est-ce bien là l’esprit Saint qui vient du ciel, faisant un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent destiné à BALAYER toute peur ?

_____L’Esprit Saint est symbolisé par la colombe blanche de la paix. Si le « PIA » avait accès au ciel, il en éteindrait les étoiles. Il n’a accès qu’à ce qui vole dans le ciel : il a volé la colombe blanche de la paix. De même que le bourreau s’habille en blanc afin de passer pour un médecin, il vole une multitude de pigeons -aussi GRIS que des ânes [7]- qu’il repeint en blanc, les faisant passer pour des colombes de la paix ! Il faut être pigeon pour prendre un pigeon pour une colombe : si les ânes volaient à leur tour, il y aurait cohue au bureau de recrutement des chefs d’escadrille. C’est précisément à de tels détails que l’on reconnaît un pigeon déguisé en fausse colombe. Harnaché de l’impressionnant équipement de combat fourni par le gentil docteur, il fait le vaillant. Pigeon de "combat", il n’est que pigeon tout court, porteur de dérisoires messages de mort. "L’Esprit Saint" ("esprit" du « PIA ») parvient même à convaincre de vils déserteurs qu’ils sont de vaillants combattants ! L’ennemi à abattre ? L’Esprit Saint. LE VRAI. C’est qu’implorer la "descente de l’Esprit Saint" quand on est un pigeon combattant peut s’entendre de la même façon qu’un pilote de la R.A.F. qui descend celui de la Luftwaffe L’avenir du monde se moque bien de leur zèle…

P.S. Merci à Gary Chapman de son involontaire collaboration (terme ambigü en temps de guerre…). Et pardon pour cet odieux détournement en plein vol…