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samedi, 14 juin 2008

Dégoût des couleurs…



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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,33-37.
« Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne feras pas de faux serments, mais tu t'acquitteras de tes serments envers le Seigneur. Eh bien moi, je vous dis de ne faire aucun serment, ni par le ciel, car c'est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Cité du grand Roi. Et tu ne jureras pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. Quand vous dites 'oui', que ce soit un 'oui', quand vous dites 'non', que ce soit un 'non'. Tout ce qui est en plus vient du Mauvais.»

_____« Vous avez encore appris qu'il a été dit ; Eh bien moi, je vous dis… » Dans la continuité, le présent intériorise le passé.[1] Aujourd’hui, le présent fait davantage qu’intérioriser le passé : il l’expurge de toute compromission avec ce qui peut nuire à la loi de l’amour. C’est bien en cela qu’il accomplit la loi [2], lui interdisant d’être un outil de contrainte pour en faire un instrument [3] de libération. Ce qui a été dit aux anciens était valide à leur époque, mais l’est moins au fil du temps. Non que ce soit "dépassé" et qu’il faille en faire table rase, mais le tuteur qui permet au jeune arbuste de ne pas se déraciner à la première bourrasque est moins indispensable à l’arbre plus mûr auquel on a donné le temps d’établir des racines solides. Entre l’ancienne Alliance et la nouvelle, les tuteurs deviennent superflus, voire gênants pour la suite de la croissance. Les serments envers le Seigneur étaient de ces tuteurs. Ne parlons pas des faux serments qui, eux, étaient des tuteurs plantés de travers… laissant croître de mauvais penchants. La nouvelle Alliance inaugure un âge nouveau : celui de l’entière responsabilité qui incombe au disciple. Lui dire de ne faire aucun serment, ni par le ciel, ni par la terre, c’est lui accorder une confiance nouvelle en l’incitant à voler de ses propres ailes : la larve bien à l’abri dans son cocon de l’amour de la loi est invitée à prendre son envol de papillon de la loi de l’amour.
_____Quand vous dites 'oui', que ce soit un 'oui', quand vous dites 'non', que ce soit un 'non'. Attention : le papillon ne peut plus retourner dans sa chrysalide ! Faire un serment reviendrait à laisser entendre le contraire : que l’on pourrait aller jusqu’à rendre un seul cheveu blanc ou noir… en faisant naturellement abstraction des moyens modernes de colorants de coiffure. (Cela, c’est en plus et vient du Mauvais : tant pis pour les coquet(te)s, mais on doit convenir que cela manque de conformité à la nature !…)

_____Tu ne jureras pas non plus sur ta tête, parce que si tu voles de tes propres ailes, c’est parce que tu es devenu un papillon… non un ange. Le papillon est la proie rêvée pour le prédateur. [4] Ce dernier est en plus ! On sait d’où il vient… On sait peut-être moins où il mène sa victime. Et lui-même le sait moins, parce qu’il est sous l’emprise d’un serment, qu’il soit par le ciel ou par la terre. Qu’est donc le serment, sinon une captation de l’avenir ? Or, l’avenir n’appartient PAS à l’homme[1] Quand il se l’approprie, c’est du temps qui vient en plus de son présent. [5 p.12] C’est un temps présent qui n’existe pas encore, venant se faire le tuteur d’un présent existant. Comment s’acquitter d’un tel serment quant tout est confondu, qu’on ne sait plus quels cheveux sont blancs ou noirs ? La tentation est alors grande de procéder par uniformisation : que tout soit blanc ou noir. Y succomber, c’est se condamner à la grisaille…
_____Quand vous dites 'oui', que ce soit un 'oui', quand vous dites 'non', que ce soit un 'non'. La grisaille vient naturellement du 'oui' mais… ou du 'non' mais. La nouvelle Alliance : 'oui' mais… on cultive la nostalgie de l’ancienne ! Voler en toute liberté : 'oui' mais… on a peur de se crasher ou d’être pris dans les rets du premier prédateur venu. À cette liberté redoutable, on préfère se fabriquer des tuteurs : on jure sur sa tête être fidèle à la nouvelle Alliance tout en s’arqueboutant sur les moyens propres à l’ancienne. Ce qui revient à dire 'oui' et à faire 'non'. L’on croit de la sorte échapper au prédateur… quand on se FAIT prédateur ! [6] C’est ainsi qu’on devient « PVA », disant 'oui' à l’ancienne Alliance et faisant 'non' à la nouvelle. Le papillon rentre au forceps dans sa chrysalide : régression qui oppose artificiellement la sécurité à la liberté, à laquelle on dit 'oui' pour avoir pris le noir pour le blanc : le recul pour une avancée.

_____Marchepied du trône de Dieu, la terre n’est pas avare d’en produire nombre de succédanés, créant autant d’illusions propices à faire prendre des vessies pour des lanternes. À défaut d’accéder au trône de Dieu, on cherche à en faire des cartes postales [7] en noir et blanc qui présentent un inconvénient majeur : elles sont en négatif. Dommage : le révélateur du film est au sein du trône de Dieu… Le Photographe consent bien volontiers à développer les photos, mais y pose une condition : quand vous Lui dites 'oui', que ce soit un 'oui', quand vous Lui dites 'non', que ce soit un 'non'. Si vous Lui dites 'oui', vous dites 'oui' à TOUT Le Photographe… c’est-à-dire à TOUTES ses casquettes. [8] C’est que Lui ne se laisse pas découper en tranches [9] se voulant "indépendantes" les unes par rapport aux autres ! (Ici encore, le 'oui' du dire contredit le faire du 'non', l’expérience démontrant que la fausse autonomie est le marchepied de la véritable hégémonie par ingérence…) Au sein du trône de Dieu, ce qui est blanc RESTE blanc : d'une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. [10] Sur la terre, il en va tout autrement : on ne dédaigne pas y sortir les pinceaux, masquer le noir par du blanc. Qui soupçonnerait un blanc d’être noir ? Un homme en blouse blanche, par exemple ?… Le noir ayant des relents funèbres, le blanc inspire davantage confiance : c’est plus gai. Quelle que soit la qualité du vernis utilisé, tout ceci finit par s’écailler avec le temps, voire à se mêler à la couleur d’origine. Rien à faire : quand on mélange du noir avec du blanc, cela donne du gris ! Le gris, c’est tristounet… à moins de se laisser griser, naturellement : encore qu’il s’agisse là d’une joie très provisoire qui cède rapidement la place au désenchantement de la gueule de bois. Les "progrès" de la médecine sont devenus tels sur l’une de ses prétendues branches que ses servants en sont à faire de faux serments sur la "guérison" de leur clientèle. Non seulement on en revient à l’ancienne Alliance, mais encore à l’une de ses interdictions ! Au train où vont ces "soins", en l’état ils finiront par conduire à de nouvelles "thérapies" se fondant sur l’art de manipuler le gourdin de l’homme de Cro-Magnon : il semble que ce train-là [11] ne roule pas vraiment dans la BONNE direction…
_____On comprendra que cette "médecine" franchement grisonnante se soit faite une spécialité du gris. Elle n’est à cheval ni sur les principes ni sur les fougueux alezans [12] : ceux-là sont trop excités pour ne pas être suspects de "souffrir" sans le savoir. Soit elle leur préfère les modèles en bois [13], soit elle les repeint à SA couleur [14]! La monture en perd de son prestige, mais au moins l’a-t-on calmée… Faute d’avoir des pinceaux assez longs pour atteindre les étoiles, on s’intéresse aussi à ce qui est plus accessible dans le ciel : montgolfière [15], colombe, papillon. Si ce dernier est un peu cinéphile, on lui proposera gentiment de se faire une toile. [16] Quant à la colombe, elle aussi est une insulte à certaine "santé" : maculée de peinture grise, on l’alourdit tellement qu’elle ne vole plus qu’en rase-mottes. Quand elle a dit 'oui'au "docteur", que ce soit un pigeon.[17] Et cela marche même quand on dit 'oui' à sa place ! Qu’importe qu’elle dise 'non', que ce soit un plus qui vient du Mauvais. À quelques détails près, on jurerait être sur le trône de Dieu : ce n’est pourtant que la Cité du grand Roi de la "santé mentale". Étrange cité, où tout est triste [18] et gris : elle n’est pourtant peuplée que de bouffons ! Sans doute est-ce cela qui la rend si étrange…
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