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mercredi, 25 juin 2008

Entre chien et loups

Grand Orchestre du Splendide - La salsa du demon .mp3
Found at bee mp3 search engine
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- Dites voir : vous ne seriez pas en train de perdre la tête ?
- Pas du tout. C'est mon masque qui tombe !
- Je me disais aussi... une brebis avec de telles cornes.
- Que voulez-vous : ce sont des cornes d'abondance...

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 7,15-20.
Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces. C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons. C'est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l'arbre mauvais donne des fruits détestables.
Un arbre bon ne peut pas porter des fruits détestables, ni un arbre mauvais porter de beaux fruits. Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.

______Méfiez-vous… de certaines traductions officielles : chez sœur Jeanne d’Arc, op. nous en avons de nouveau [1] une différente sur ce passage : "Défiez-vous des faux prophètes…". Ce qui correspond mieux à ce qui a déjà été énoncé ici par ailleurs.[2] Cette distinction de consonne peut sembler un détail : il ne l’est plus dès lors qu’on observera que les plus méfiants laissent venir à eux sans résistance des faux prophètes déguisés en brebis, qu’ils se rendent incapables de reconnaître à leurs fruits… jusquà les prendre pour de "beaux fruits" et de couper et jeter au feu les véritables beaux fruits, ne les voyant plus que sous l’aspect de fruits détestables !

______Des faux prophètes qui viennent à nous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces ? C'est à leurs fruits que nous les reconnaîtrons ? Depuis plusieurs mois, le regard d’aime d’été n’est jamais qu’un panneau indicateur : direction vigne et figueraie. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons. Eh bien si ! Depuis que le "psychique" n’a plus "rien à voir"  [3, p.2] (sic) avec le spirituel [4], le disciple n’a plus rien à voir avec l’Évangile. Par conséquent, cela ne le dérangera pas outre-mesure d’aller cueillir du raisin sur des épines, et des figues sur des chardons. En revanche, cela le dérangera d’être dérangé par un autre disciple qui lui fera remarquer que son raisin est bien épineux et ses figues étrangement piquantes alors qu’elles sont bien mûres. Non mais : de quoi je me mêle ? On le sait : grâce aux précieux apports "scientifiques" [ Ici aussi [4], un fond sonore de rires enregistrés façon sitcom détendrait avantageusement l’atmosphère… ] de la "santé mentale", grande pourvoyeuse devant l’Éternel de faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, abracadabra [5] : le dérangeant se fait dérangé ! L’un de ses plus beaux fruits est que la Passion joue les prolongations [6] ; mais quand on aime le foot [7], cela ne compte pas : on en redemande ! Le raisin de la "santé mentale" ne se cueille QUE sur les épines de souffrances morales déguisées en "mentales" : bonjour la piquette.[8] Périmé avant même d’avoir été vendangé [9](!), cet étrange raisin donne un vin "nouveau" dont on ne voudrait ni comme vinaigre ni même comme huile moteur.[10] Ce qui ne le dissuade pas d’être assez grisant… On peut certes essayer de compenser par plus solide : la salade de fruits. C’est d’autant plus envisageable que les figuiers de la "santé mentale" donnent de superbes poires [11] : avec elle, on ne s’étonne plus de rien. Et surtout pas du piquant de la salade de fruits obtenue [12] qui, au fond, s’accorde plutôt bien avec la boisson citée plus haut.

______La "santé mentale" n’a toujours fonctionné que par le renversement de la charge. Ainsi, le vrai dérangeant faux dérangé a droit à toutes ses faveurs. C’est qu’il la reconnaît à ses fruits ! Ce qui n’est pas bon du tout pour le commerce.[13] L’ancien proverbe latin « panem et circenses » (du pain et les jeux du cirque) apparaît aujourd’hui sous une forme modernisée… et trinitaire : santé-emploi-foot. On remarquera d’emblée que nos faux prophètes déguisés en brebis se placent en tête de gondole. De la sorte, ils occupent TOUT le terrain : ils préservent leur "emploi" dans la "santé" [ Laissons les rires sonores : cela épuise inutilement les piles… ] en s’en faisant les arbitres. [7] Le vrai dérangeant faux dérangé ne veut pas jouer et ne respecte pas les règles du jeu : ignoble personnage… Puisqu’il en est ainsi, le faux prophète qui vient déguisé en brebis, mais au-dedans loup vorace, ce sera LUI ! Voilà qui est très prometteur pour s’auto-proclamer "expert"[14] en "dangerosité"[15] après s’être introduit dans TOUTES les bergeries comme un voleur et un bandit.[16] C’est la parole du dissident contre celle du "médecin"[17], dont l’aura soigneusement entretenue lui confère droit de vie ou de mort sur tout être vivant.[18] Le vrai dérangeant faux dérangé va donc se heurter à un tir nourri de son entourage ; car ce n’est que par cet entourage que le « PIA » peut manœuvrer, l’insultation [19] directe lui étant fermée par le mauvais joueur. C’est l’entourage qui est chargé auprès de l’intéressé d’instiller le doute sur sa "santé", resserrant l’étau autour de lui. L’avantage en est que la pression affective est naturellement plus intense chez des proches que chez des inconnus : tout ce petit monde est absolument truffé de bonnes intentions. Or, ce ne sont pas les intentions qu’il nous est demandé de reconnaître, mais les fruits. Quand l’infestation [20] de l’entourage l’a gagné à la cause de la "maladie", le premier de ces fruits en est un changement radical de regard [21]: il ne voit pas ce qui existe et voit ce qui n’existe pas ! L’usage de la raison n’offrant alors plus aucune prise, le pitre "médical" peut écrire TOUT CE QU’IL VEUT : il sera écouté. En face de lui, le "patient" s’est DÉJÀ fait confisquer son humanité au nom de sa propre "santé". Avant tout "traitement", ce n’est déjà plus qu’un ANIMAL.

Parmi les dons de ce monde, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres. Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la santé, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la santé, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la santé, cela ne me sert de rien. La santé est longanime ; la santé est égoïste ; elle est très envieuse ; la santé ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas, sinon ce serait de l’infatuation pathologique ; elle ne fait apparemment rien d'inconvenant, ne cherche que son intérêt, s'irrite quand l’autre n’en veut pas, ne tient compte que du mal commis par les autres ; elle se réjouit de l'injustice parce qu’elle est sa justice, mais elle met sa joie dans le mensonge et le trompe-l’œil. Elle accuse tout, gobe tout pourvu que cela la flatte, espère tout, ne supporte pas la contradiction. La santé passe à toute vitesse. Les prophéties ? elles disparaîtront. Les langues ? elles se tairont par la voie des neuroleptiques et de l’électroconvulsothérapie. La science ? elle a déjà disparu ! Car partiale est notre science, partiale aussi notre prophétie. Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partial disparaîtra. Lorsque j'étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant ; une fois devenu homme, j'ai fait réapparaître le plus mauvais côté de l'enfant. Car nous n’osons pas voir, à présent, dans un miroir, en énigme, mais maintenant c’est dans le dos. A présent, je connais d'une manière partiale ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu. Maintenant donc demeurent foot, emploi, santé, ces trois choses, mais la plus grande d'entre elles, c'est la santé.
(D’après 1Co 12, 31.13, 1-13… et pardon à saint Paul !)

______Ce n’est déjà plus qu’un ANIMAL. Il n'a pas la santé : il n’a plus la parole : elle n’est qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Il n’est rien. Qu’il aie vingt, trente, quarante ou cinquante ans, qu’il soit plombier ou cadre supérieur, qu’il soit petit ou grand, croyant ou mécréant, il est traité comme un mineur : ON S’OCCUPE DE LUI puisqu’il n’a plus "toute sa raison".

______Ou le doute le gagne à son tour, et il cède à la pression : victoire de la "santé mentale" qui hérite d’une tête supplémentaire de bétail humain. [10]

______Ou "l’animal" résiste encore ! Il faut donc le pousser à la faute autrement… mais toujours au moyen de l’entourage. Ce dernier s’use rapidement : la crédibilité de ses bonnes intentions est de plus en plus écornée par ses manifestations d’impatience et un discours gagné par une incohérence croissante. Ce qui fait un peu désordre –et beaucoup supercherie- de la part de gens se voulant "sains d’esprit" !… Le miel a fait long feu : il faut passer au poivre de la peur, copieusement saupoudré sur l’entourage. Son "animal" devient féroce ! Enfin, pas encore… mais c’est certainement pour bientôt, nous prophétise dans un grand bêlement compassionnel le "gentil docteur" déguisé en brebis de la santé. Qu’on se le dise : le pitbull est déguisé en cocker. Tremblant d’effroi, l’entourage acquiesce avec autant d’aisance que le feu s’étend sur une garrigue sèche : il ne voit pas ce qui existe et voit ce qui n’existe pas. Il voit un cocker, mais à présent il "sait" très bien que c’est un pitbull ! La pression va donc augmenter de façon exponentielle : c’est cette sale bête ou nous. L'arbre mauvais donne des fruits détestables. Un arbre enraciné dans la peur et l’affabulation pseudo-scientifique donne des fruits qu’il est fortement déconseillé de consommer, même en compote : que dire d’une forêt de ces arbres ? On sait ce qu’on en fait : sans doute une nouvelle piste de réflexion pour sauver la forêt d’Amazonie [22]

______Les jours passent, les semaines, les mois : le cocker est toujours cocker. L’impatience gagne alors de nouveau l’entourage : le fermeture éclair du déguisement se serait-elle coincée quelque part ? Pas une seconde quiconque n’aura émis le plus petit doute sur la validité des bonnes paroles du "gentil docteur" ! Mais nous savons bien qu’en matière de "santé mentale", la raison n’est plus qu’un très lointain souvenir qui interdit de facto toute remise en question : c’est la parole d’un "médecin" contre l’aboiement d’un chien. Qui plus est, un chien méchant. Enfin, pas encore… et cela commence à peser sur des nerfs à vif. Ne reste que le pis-aller : exciter la bête par de multiples vexations ; le faire mordre, qu’on en finisse ! Tout est permis sur sa non-personne, puisqu’on s’abrite derrière une kyrielle de possibilités de réactions qui, toutes, sont données pour "attester" du manque de santé de cette pauvre bête ! Forte d’une longue expérience de torture mentale, la "santé" du même nom peut se targuer de disposer d’éblouissantes structures et superstructures [23, p.2] d’analyses "pathologiques" qui embrassent un champ si vaste qu’on se demande encore comment il reste des survivants !… (Le lecteur aventureux pourra toujours se reporter ici, ici, ici, ou … Au fil des lignes, il pourra découvrir comment le "gentil docteur" sait mieux que nous où nous "souffrons". Exactement comme chez le vétérinaire ! )Par conséquent, notre toutou peut faire ce qu’il veut : grogner, remuer la queue, haleter, mordre ou aboyer ; son sort est déjà scellé puisqu’on ne "prouve" pas sa "pathologie" par ses attitudes mais qu’on plaque ces dernières sur une sorte de jurisprudence comportementale qui fait office "d’attestation" ! Vous avez rêvé qu’on vous "prouve" votre ulcère à l’estomac d’un simple claquement de doigts de votre part ? Ça se passe comme ça chez Mc "Docteur" ! Par conséquent, lui seul peut décoincer la fermeture éclair du cocker. Dommage : le sale clebs s’appelle Fidèle, et non Pathos. Par conséquent, il persiste à opposer son veto au veto en dépit de toutes les astuces de "déni pathologique" qu’on lui a servi dans sa gamelle. Il finira par devenir "schizophrénogène" ! Il est vrai que depuis qu’il "souffre" sans le savoir, il n’aura jamais autant fréquenté d’hypocondriaques : quand il reconnaît les fruits de leur "santé mentale", cela lui donne plutôt envie de leur faire une niche… en restant "malade" !
______Au fond, tout ceci lui a donné soif : à leur santé.

lundi, 09 juin 2008

Bée attitude

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,1-12.
Quand Jésus vit la foule, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux !

Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !

Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !

Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !

Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu !

Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !

Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés
. »

_____Afin de s’ouvrir le cœur et l’esprit au grand large, d’embrasser une vision la plus panoramique possible, de respirer un air moins pollué pour s’emplir les poumons de l’oxygène de l’étonnement, il faut toujours prendre de la hauteur : non pour fuir le monde mais pour voir au-delà de la poudre aux yeux qu’il propose à la foule des hommes. Quand Jésus voit cette foule, il gravit la montagne afin de la convier à s’élever au-dessus de sa condition temporelle, quelle que soit cette dernière. Cette fois, l’intimité d’un cercle étroit de disciples n’est pas au rendez-vous [1]. Ce n’est plus Jésus qui est appelé à être transfiguré : c’est le cœur de l’homme. S’il y a transfiguration, c’est celle du mal en plus grand bien. Cette définition du bonheur annihile toute magie, tout romantisme à l’eau de rose, ne cède rien aux cruelles réalités de la vie : chochottes de tous temps, passez votre chemin parce que celui-ci est trop âpre pour vous !
_____Les Béatitudes passent volontiers pour une "recette" chrétienne du bonheur, un idéal à atteindre… mais que personne ne peut toucher en ce bas monde -soumis à un "réalisme" sans pitié- sans s’y brûler les ailes : c’est déjà les faire dégringoler de la montagne ! Parce qu’au lieu de prendre appui sur elles, de porter le regard de haut en bas, on le porte de bas en haut : alors, elles offrent une vue en contre-plongée, écrasante. Au ras du sol, même une souris passerait pour un éléphant ! Or, les Béatitudes sont moins une "recette" du bonheur qu’une sorte de thermomètre révélant les fièvres de ses "recettes" humaines. Quel homme n’aspirerait pas au bonheur ? Quel homme trouverait sa VRAIE joie dans le malheur, le sien ou celui des autres ? Tout cynisme n’en est que le pâle avatar : "joie" perverse des escrocs du bonheur. L’Histoire des hommes n’est rien d’autre que celle d’une quête éperdue d’un bonheur qui, lui aussi, semble fugitif comme la brume du matin, comme la rosée qui s'évapore à la première heure. [2] Le bonheur ? Plus que tout autre bien, il est un défi permanent qui transcende toute considération socioculturelle. C’est pourquoi il est aussi l’arme lourde par excellence des loups de malheur déguisés en brebis du bonheur. [3] Ceux-là ne sont pas trop difficiles à distinguer : ils détiennent une recette quasi magique du bonheur qu’il leur semble impératif d’incarner à la plus grande échelle possible. Le malheur commence quand deux conceptions antinomiques du bonheur s’affrontent, celui qui ne veut pas se plier à la recette quasi magique étant réputé hostile au "bonheur" ! On reconnaît parfaitement le "bonheur" idéologique à ce qu’il cherche à rendre heureux l’autre MALGRÉ LUI. L’idéologue est celui qui a la "recette" insurpassable du bonheur ! Il est donc celui qui fabrique de toutes pièces le malheur chez ceux qui lui résistent… puis chez ceux qui l’écoutent, soit de guerre lasse, soit par conviction partagée. L’escroc du bonheur promet monts et merveilles, quitte à passer par une phase "transitoire" de malheurs pour accéder aux trop fameux lendemains qui chantent : lamentable singerie [4] des Béatitudes. Le "meilleur" est celui qui promet le bonheur SANS passer par la case souffrance. Au hit parade de ceux-là, le charlatan nuisible. C’est celui qui va jusqu’à avoir la prétention d’apaiser les souffrances de par sa fonction : comment parler de bonheur si on n’a pas la santé ?

_____« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux ! » Les pauvres de cœur ne sont pas nécessairement les miséreux qui dorment sous les ponts ou qui demandent l’aumône à la sortie des églises : on peut être pauvre de cœur et être plein aux as… ce qui résout un peu la difficulté du chameau qui passe par le trou d’une aiguille ! [5] Ce sont toujours ceux qui ont le cœur ouvert à la manière d’un enfant [6] À la crédulité, ils privilégient la foi et la confiance. [7] Le bonheur ? Ils pressentent que s’il est multicolore, il n’en est pas moins libre par définition. Il n’est pas un "droit" à acquérir mais un bien personnel à conquérir, et à partager SANS l’imposer. Le pauvre de cœur SAIT que nul ne peut faire le bonheur de l’autre SANS son consentement. ( a fortiori, nul ne peut agir sur la santé de l’autre SANS son consentement… ce qui exclut déjà bien des riches.)

_____« Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise ! » Les doux ne sont pas nécessairement des mous : ils ont même le droit -et le devoir- de "mordre" quand on cherche à leur imposer une conception du bonheur qui n’est pas la leur. Une fausse conception de l’humilité voudrait que la douceur consiste à vouloir "faire plaisir" à tout propos, que ce serait même une sorte de preuve d’amour ! "Prouver" ce peut être au contraire dévoiler ce qui contribue à le détruire : à éloigner toute terre promise.

_____« Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés ! » À condition qu’ils pleurent sur la misère dont ils sont personnellement responsables [2] : oui, ils seront consolés par –et dans- la miséricorde. Piètre et fragile sera la consolation superficielle de ceux qui ne pleurent qu’en voyant la misère des autres, s’en faisant laver les mains par l’entremise de faux spécialistes [3] et véritables escrocs du bonheur, charognards des malheurs des autres. Ceux-là ne font que creuser –pour eux et pour les autres !- des vallées de larmes sans fond.

_____« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés ! » Parce qu’ils sont ouverts à la miséricorde, il ne peuvent pas ne pas être ouverts simultanément à la justice. Ils ne seront rassasiés qu’à la condition expresse de tourner résolument le dos à tout ce qui la trahit. En conséquence, ils ne se prêtent en aucune façon aux manœuvres délérères des FAUX justes [2] qui la captent à leur seul profit. Il n’est que de constater l’effarant déni de justice qui s’exerce sur tout ce qui s’approche de près ou de loin à de la "santé mentale" pour comprendre qu’elle ne "rassasie" que ses vampires.

_____« Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde ! » Ce que n’obtiendront ni les vampires précités ni les crédules qui les écoutent : la miséricorde ne s’applique que sur les vraies misères, non sur des fantasmes dont l’idéologie consiste au préalable à s’en exclure d’emblée.

_____« Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu ! » Oui, heureux les cœurs purs parce qu’ils savent se réjouir [7] sans se laisser troubler par l’inquiétude du lendemain. Tout ce qui est trouble –"professionnel" [8] ou non- leur est ÉTRANGER. C’est pourquoi ils n’ont pas à accepter de se laisser "étiqueter" par les nostalgiques de la pureté, « PVA » en tête.

_____« Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu ! » La paix commence précisément dans les cœurs qui ne se laissent pas troubler par des ferments de guerre dont l’inanité n’est plus à démontrer depuis longtemps. La paix est quiétude, non inquiétude artificiellement –et très provisoirement- terrassée par des démarches "thérapeutiques" qui, ne traitant que les effets -faute d’avoir accès aux causes-, les font croître de façon exponentielle. Les artisans de paix peuvent légitimement entrer en guerre, quand il s’agit de défendre la paix qu’on cherche à leur voler.

_____« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux ! Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. » Nous sommes ici au cœur des Béatitudes, qui interdit à tout jamais d’en faire une "recette" de bonheur parmi d’autres ! C’est ici qu’agit le thermomètre. Le juste qui n’est pas persécuté est indubitablement le FAUX juste. En effet, difficile d’être au four et au moulin : le FAUX juste se distingue à ce qu’il s’est introduit dans le rang des persécuteurs. Provisoirement "heureux" est le juste persécuteur : on le loue, on le cajole et l’on dit faussement toute sorte de bien à son sujet, à cause d’un autre : le juste persécuteur est l’autre facette du faux persécuté ! Ce dernier est celui qui se voit notifier une fin de non recevoir à SA conception du bonheur… même si elle fait référence au Royaume des cieux : tout résistant est à ses yeux son "bourreau" ! C’est dire que le persécuteur a une faculté de "reproduction" que n’a pas le persécuté. En cela, il est puissamment aidé par le "professionnel" [9] de la "santé mentale" qui tient à sa disposition son arme suprême… mais plus vraiment secrète (!) : le "délire de la persécution", auto-protection insurpassable [10 p.6] des persécuteurs qui n’ont pas même le courage de se l’avouer à eux-mêmes… Certes, on sait que c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui nous ont précédés. Mais de mémoire d’homme, avait-on été jusqu’à pervertir la médecine à ce point, afin qu’elle devienne ce fléau destiné à persécuter, à insulter, à dire faussement toute sorte de mal contre tout ce qui échappe à son petit -tout petit- entendement ?

_____Heureux ceux qui se ferment à certaine "médecine" en s’ouvrant le cœur et l’esprit : ils ne s’en porteront que mieux ! Et le monde qui les entoure aussi…

samedi, 31 mai 2008

Cousines et dépendances

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,39-56.
En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » Marie rendit grâce au Seigneur en disant : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.
 
_____Faut-il que Son joug soit facile à porter, et Son fardeau, léger [1] pour que l’enfant s’annonce ainsi en des corps si fragiles, frêles vases d’argile : d’un côté, une jeune fille sortant à peine de l’adolescence, et de l’autre une femme âgée, réputée stérile [2] ! Élisabeth était en droit d’être épuisée, étant vraisemblablement à son sixième mois de grossesse (Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois… sans doute pour l’assister jusqu’à la naissance). Pourtant, c’est d'une voix forte qu’elle bénit Marie entre toutes les femmes ! Tout parent sait que la voix forte est souvent inversement proportionnelle à l’âge. Le tout-petit n’est guère réputé avoir un timbre procurant le repos… notamment quand il réclame une tétée à tois heures du matin. À l’autre extrémité de la vie, la voix se fait plus fluette quand elle n’est pas éteinte. Entre les deux, la voix forte est celle de la colère… ou du bel canto. Ici, personne ne chante et il n’y a pas de nouveau-né : pas encore… Nonobstant, c’est la voix forte de la louange proclamée par deux femmes remplies en abondance de l'Esprit Saint : Esprit propice à restaurer l’esprit d’enfance. Non l’esprit de l’enfant gâté tournant en rond sur son manège [3], mais celui qui sait s’émerveiller des biens dont il est comblé, qui sait goûter au bonheur sans loucher sur celui du voisin, mieux en partageant ce bonheur –comme ici- avec une cousine.
_____L'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Or, il y a deux enfants… et pas ceux que l’on croit ! Il y a l’enfant Jean Baptiste, bien sûr. Et puis il y a l’autre enfant que l’on n’attendait plus : l’enfant Élisabeth, parce que remplie de l'Esprit Saint qui réconcilie "Élisabeth–fille"avec "Élisabeth–mère"[4 p.9] dans un élan d’amour que Lui seul peut accomplir par sa parole, dite de la part du Seigneur. Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement de ces paroles : la ligne de partage du bonheur n’est pas tant de croire à des paroles qu’à franchir le pas décisif qui conduit à croire par anticipation à l'accomplissement de ces paroles ! Croire à des paroles, c’est encore de la crédulité [5], qui peut aller jusquà s’opposer à la foi quand elles accomplissent le contraire de ce qu’elles annoncent… ou qu’elles n’accomplissent rien du tout, ce qui est encore un moindre mal ! Croire à leur accomplissement avant qu’il aie eu lieu est davantage un saut qualitatif dans l’inconnu, demandant un acte de foi qui relève moins de la naïveté que d’une confiance éclairée. (en l’occurrence, confiance dans l’amour : il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères…) À partir de là, on peut légitimement établir quelques prospectives sur l’avenir sans qu’elles soient suspectes d’en constituer une forme plus ou moins subtile d’évasion du présent. Désormais tous les âges me diront bienheureuse… parce que le Puissant fit pour moi des merveilles : non par mérite personnel de l’enfant qui se veut plus doué que son camarade mais par grâce surabondante déversée sur l’enfant humble servante ! Il va de soi que chez Marie également (chez Marie par prédilection divine), "Marie–fille" rencontre "Marie–mère". L'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. C’est aussi l’enfant intérieur Élisabeth qui a tressailli d'allégresse, jusqu’à se réjouir avec un cœur pur –dénué de toute arrière-pensée envieuse- du bonheur de l’autre. Ce cœur est l’ineffable modèle de celui qui accueille le royaume de Dieu à la manière d'un enfant [6]. (Remarquons au passage la mauvaise caricature de cette attitude, la singeant [7] symétriquement en se lamentant du malheur de l’autre… lui ayant indécrottablement "décelé" quelque "trouble psychique" : les crocodiles ont la peau dure…)
 
_____Libérée de ses entraves terrestres, toute âme peut s’élever pour exalter le Seigneur, tout esprit exulter en Dieu son Sauveur. De même que l’âme peut être spirituellement morte dans un corps physiquement vivant [8], elle n’est pas obligée d’attendre que le corps soit mort pour s’élever ! Elle n’est pas obligée non plus d’accélérer le processus par sa crédulité à des "médecins" qui s’en prétendent les "spécialistes" : ceux-là sont de moins en moins exaltants