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dimanche, 20 juillet 2008

Blé livré sans l’ivraie

foi,christianisme,politique,santé,évangile,petits grains et graines de voyous

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,24-43.
Il leur proposa une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l'ivraie au milieu du blé et s'en alla. Quand la tige poussa et produisit l'épi, alors l'ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : 'Seigneur, n'est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D'où vient donc qu'il y a de l'ivraie ?' Il leur dit : 'C'est un ennemi qui a fait cela.' Les serviteurs lui disent : 'Alors, veux-tu que nous allions l'enlever ?' Il répond : 'Non, de peur qu'en enlevant l'ivraie, vous n'arrachiez le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu'à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d'abord l'ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, rentrez-le dans mon grenier.' »
Il leur proposa une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde qu'un homme a semée dans son champ. C'est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches. »
Il leur dit une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu'à ce que toute la pâte ait levé. »
Tout cela, Jésus le dit à la foule en paraboles, et il ne leur disait rien sans employer de paraboles, accomplissant ainsi la parole du prophète : C'est en paraboles que je parlerai, je proclamerai des choses cachées depuis les origines.
Alors, laissant la foule, il vint à la maison. Ses disciples s'approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l'ivraie dans le champ. » Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme ; le champ, c'est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l'ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L'ennemi qui l'a semée, c'est le démon ; la moisson, c'est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l'on enlève l'ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l'homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume tous ceux qui font tomber les autres et ceux qui commettent le mal, et ils les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu'il entende !

_____Il n’y a pas que les fabuleux progrès de la médecine qui ferment les cœurs et fassent marcher sur la tête, cultivant avec un soin jaloux les penchants pour la procédure sacrificielle [1] : il semble que les progrès de "l’agriculture" intensive lui fassent un peu d’ombre ! En effet, l’enthousiasme de certains moissonneurs les incline aux bruits de bottes bien avant la maturité des épis : il n’y a plus de saisons…
_____Aujourd’hui, la "santé mentale" se discrédite depuis sa racine jusqu’à l’extrémité de sa tige. Qu’elle sème de l'ivraie au milieu du blé et s'en aille est déjà fidèle à sa nature, mais elle ne s’arrête pas là. Pour elle, le blé est de l’ivraie et elle se fait son blé avec de l’ivraie [2]. Cette graminée a en effet tout pour lui plaire : ses graines sont toxiques, et son étymologie elle-même révèle sa potentialité à générer l’ivresse. Soit un état de conscience dont elle se repaît : celui d’un détachement plus ou moins prononcé vis à vis du réel. Dès lors qu’on a intégré cette gymnastique consistant à faire le poirier [3] pour appréhender la logique interne de la "santé mentale", on ne s’étonne plus de son intérêt pour l’ivraie… et de son goût démesuré à enlever le blé. Bien entendu, chez elle "l’ivraie" est la "pathologie" ; le "blé" la "thérapie". Chez un Docteur de l’Église peu encline à faire le poirier, la charité la presse [4] ; chez notre "gentil docteur" soumis par définition à l’urgence [1, APR. note 6], c’est naturellement la santé qui le presse, avec ou sans guillemets. Avec, l’ennemi qui a fait cela (semer de l'ivraie) vient nécessairement de l’extérieur.[5] Ce que semble confirmer la suite du Texte : un fils du Mauvais. L'ennemi qui l'a semée, c'est le démon. Mais le Rousseau sent le roussi : l’homme ne naît pas bon, puisqu’il vient au monde avec sa part d’inimitié dans le cœur.[6] Qu’on se rassure : il ne naît pas démon non plus ! Simplement, il vit dans ce champ qu’est le monde. La moisson, c'est la fin du monde : de son monde personnel avant que d’être la fin universelle. C’est l’inéluctable rendez-vous avec la Faucheuse.[7, note 15] Au temps de la moisson, l'ivraie est d’abord enlevée, liée en bottes pour être brûlée ; quant au blé, il est rentré dans le grenier du Royaume des cieux. Au temps de la moisson : pas avant. Les moissonneurs, ce sont les anges. Qui veut faire l’ange fait la bête : ce que fait précisément tout moissonneur qui moissonne avant l’heure.

_____Depuis des temps plus immémoriaux que la "paranoïa" [8, note 25], « séparer le bon grain de l’ivraie » est une locution usuelle qui signifie depuis toujours l’extraordinaire difficulté de cette séparation, dont le risque majeur est bien entendu de retirer le bon avec le mauvais : ne restent plus que pleurs et grincements de dents sur une terre qui n’accueille plus que des ronces.[7] Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! Et que celui qui a des yeux pour regarder blé et ivraie constate de lui-même leur ressemblance [9] interdisant la sélection prématurée et leur différence ne pouvant être sanctionnée qu’au temps de la moisson. Ce qui se voit est déjà hors de portée des serviteurs du maître ; alors, que dire de ce qui ne se voit pas ??? Le mythe aberrant d’un esprit "partiellement malade" [10, note 15] est pourtant de cette eau ! À seulement consentir à la thèse de l’existence de la "maladie psychique", on en revient aux fameux "enzymes gloutons" [10, note 12] que seuls les anges pourraient arrêter dans leur course ! Si les progrès scientifiques ont permis de fabriquer des désherbants [11, note 12] sélectifs (encore que leur effet à moyen et à long terme reste écologiquement discutable…), ces produits agissent visiblement sur du visible existant en éradiquant de façon palpable des végétaux parasites réputés mauvais pour les cultures. Or, une "pathologie psychique" n’est réputée "mauvaise" que pour les moissonneurs empressés que sont « PVA », « PIA » et autres pharisiens "sanitaires" [8] qui veulent aller enlever l’ivraie -ou ce qu’ils prennent pour telle- de l’autre. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : 'Docteur, n'est-ce pas du bon grain qui a été semé dans son champ ? D'où vient donc qu'il y a de l'ivraie ?' Il leur dit : 'C'est un ennemi "psychique" qui a fait cela.' Les serviteurs lui disent : 'Alors, veux-tu lui enlever ?' Il répond : 'Oui, et le plus vite possible. Tant pis pour le blé arraché en même temps que j’enlèverai l’ivraie. Étant donné qu’il est devenu "dangereux pour lui-même et pour les autres", il risque fort de leur arracher leur blé. (À propos : vous avez une bonne mutuelle ?…) Poussez-le ensemble jusqu'à la maison de "soins" [9, note 11] ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d'abord l'ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, mettez-le sur mon compte… s’il en reste.' » _____Quand les justes "psychiques" [10, note 37] garderont leurs soucis pour eux, ils pourront anticiper une retraite [11] avantageuse sur leur ivraie : cela fournira des vacances aux dahus "psychiques" [12, note 31] dont ils aiment à anticiper le "danger" !

Livre de la Sagesse 12,13.16-19.
Il n'y a pas de Dieu en dehors de toi, Seigneur, toi qui prends soin de toute chose, et montres ainsi que tes jugements ne sont pas injustes. Ta force est à l'origine de ta justice, et ta domination sur toute chose te rend patient envers toute chose. Il montre sa force, l'homme dont la puissance est discutée, et ceux qui la bravent sciemment, il les réprime. Tandis que toi, Seigneur, qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n'as qu'à vouloir pour exercer ta puissance. Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain, et tu as pénétré tes fils d'une belle espérance : à ceux qui ont péché tu accordes la conversion.

Livre du singe [13] de la sagesse.
Il n'y a pas de "santé" en dehors de toi, Docteur, toi qui prends soin de toute chose, et montres ainsi que tes "diagnostics" sont "justes" [8]. Notre faiblesse est à l'origine de ta "justice", et ta domination sur toute chose te rend dans l’urgence fort impatient envers toute chose. Il montre sa "pathologie", l'homme dont la puissance est discutée, et ceux qui la bravent sciemment, il les réprime, ce "dangereux". Tandis que toi, Docteur, qui disposes de la force, tu juges avec complaisance, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n'as qu'à vouloir pour exercer ta puissance. Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple que l’injuste doit être humain, et tu as pénétré tes fils d'un joli désespoir : à ceux qui ont péché tu accordes la dépression.[14]

_____Quand bien même un grain serait différent de celui du blé, qui a suffisamment élagué son ivraie pour affirmer que ce grain n’est pas bon ? Pourquoi ne semble-t-il pas bon ? Parce qu’il empêche son blé de pousser ? Qui peut affirmer que ce blé-là n’est pas de l’ivraie ? Quelle visibilité a-t-on –de près ou de loin [15]- pour distinguer une paille chez l’autre avec une poutre dans son œil ? [16] Sans cette poutre, il serait plus aisé de distinguer dans ce grain si différent non un grain de folie, mais un autre qui soit comparable à une graine de moutarde qu'un homme a semée dans son champ. C'est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches. Tous les goûts sont dans la nature : on peut ne pas aimer la moutarde ou la trouver trop forte… parce qu’on la consomme comme de la confiture quand elle n’est qu’un condiment. De même le levain serait bien amer à ingurgiter en l’état, mais sans lui la pâte ne peut pas lever. Quelle pâte d’ailleurs, puisqu’il n’y a plus de farine ? C’est qu’il faut du blé pour faire de la farine : quand il a été lié en bottes pour le brûler sur l’autel de la "santé mentale", il en reste tout juste de quoi en faire un signe de pénitence [10] à défaut de pitance. Le "gentil docteur" a été "prudent" : il a retiré tout ce qui pique. Ainsi, il retire jusqu’à l’intelligence de ceux qui mettent en lui une si belle espérance qu’elle est trop belle pour être vraie. Plus de condiments, plus d’aliments : tel est son menu.[17] Aussi chiche que les pois qu’il laisse à la place de l’organe dont il se veut "l’expert" [18] ! Faute de grives, on mange des merles ; faute de retrouver un authentique esprit d’enfance [19], à son contact on ne répugne pas à se laisser infantiliser…
_____Le Fils de l'homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume tous ceux qui font tomber les autres (en enfance ?) et ceux qui commettent le mal (leurs fournisseurs compris ?), et ils les jetteront dans la fournaise : après cette longue entreprise de glaciation [20], au moins auront-ils bien mérité d’avoir résolu leurs problèmes de chauffage.
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dimanche, 13 juillet 2008

Le semeur a des grains, le faucheur n’en a qu’un.

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,1-23.
Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord du lac. Une foule immense se rassembla auprès de lui, si bien qu'il monta dans une barque où il s'assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur est sorti pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D'autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n'avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt parce que la terre était peu profonde. Le soleil s'étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D'autres grains sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D'autres sont tombés sur la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! »
Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, mais à eux ce n'est pas donné. Celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance ; mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. Si je leur parle en paraboles, c'est parce qu'ils regardent sans regarder, qu'ils écoutent sans écouter et sans comprendre. Ainsi s'accomplit pour eux la prophétie d'Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s'est alourdi : ils sont devenus durs d'oreille, ils se sont bouché les yeux, pour que leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n'entendent pas, que leur cœur ne comprenne pas, et qu'ils ne se convertissent pas. Sinon, je les aurais guéris ! Mais vous, heureux vos yeux parce qu'ils voient, et vos oreilles parce qu'elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand l'homme entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s'empare de ce qui est semé dans son cœur : cet homme, c'est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c'est l'homme qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n'a pas de racines en lui, il est l'homme d'un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il tombe aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c'est l'homme qui entend la Parole ; mais les soucis du monde et les séductions de la richesse étouffent la Parole, et il ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est l'homme qui entend la Parole et la comprend ; il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »

_____Supprimons la crainte des hommes, et, telle un château de cartes, la "santé mentale" s’écroule instantanément ! Elle tombe en panne sèche : la crainte des hommes est son essence.[1] Si cette essence était végétale, il y aurait peu de chance de la trouver dans d’abondants vergers poussant dans la bonne terre, donnant du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Le soleil s'étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché : poussant sur le sol pierreux, où elles n'ont pas beaucoup de terre, les cactées elles-mêmes sont nonobstant à exclure puisqu’elles peuvent être la seule source d’eau dans les zones les plus inhospitalières. Par leur aspect extérieur, elles rappellent seulement la crainte des hommes : qui s’y frotte s’y pique. Plus répandues parce que poussant au bord du chemin comme là où il y a beaucoup de terre, les ronces se prêtent davantage à l’analogie parabolique de la souffrance.
_____Cette souffrance ne concernera pas celle du décryptage de la parabole : celle-ci nous est en effet fournie avec le décodeur [2], qui donne de connaître les mystères du Royaume des cieux. Pour les comprendre, toujours pas besoin d’effectuer sept ans et plus de médecine : il suffit de regarder et d’écouter, c’est-à-dire de lire… pas même entre les lignes. Celui qui a des oreilles, qu'il entende !Et que celui qui a des yeux regarde le contexte dans lequel s’inscrit la parabole. Si Jésus n’est pas encore passé sur l’autre rive [3](opposée cette fois à celle de Capharnaüm), Il n’est pas non plus resté au bord du lac : seule la foule se tenait sur le rivage. Il monta dans une barque où il s'assit : autrement dit, Il incarne immédiatement la parabole en la situant de Lui-même sur le lieu où elle s’applique. Instable par nature, l’eau est en effet l’élément qui, lui, symbolise le lieu du combat spirituel. Selon l’âpreté… ou la désertion de ce combat, "le sol est pierreux", il y a plus ou moins de "bonne terre", l’eau est plus ou moins salée [4, note 15].
_____Comment celui qui n'a rien peut-il se faire enlever même ce qu'il a, puisqu’il n’a rien ? Il n’a rien, mais a néanmoins de quoi se faire enlever ! De fait, celui qui n'a rien est celui qui a des yeux, des oreilles et un cœur. Il est pourtant aveugle, sourd et inapte à la compréhension sur des sujets qui n’ont rien d’académique puisqu’ils sont à portée d’enfant.[5] Naturellement, il ne s’agit pas ici d’un handicap physique, d’origine accidentelle ou génétique : c’est la lèpre du cœur [6] qui est concernée en premier chef. Celle-ci ne relève en rien de quelque fatalité, mais bel et bien d’une auto-contamination qui est le fameux accomplissement d’une de ces prophéties [7] devenue elle-même incompréhensible, celle d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s'est alourdi : ils sont devenus durs d'oreille, ils se sont bouché les yeux, pour que leurs yeux ne voient pas, que leurs oreilles n'entendent pas, que leur cœur ne comprenne pas, et qu'ils ne se convertissent pas. Ce qui n’est pas sans rappeler le récent Psaume 115 qui stigmatise les idoles : « Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas, des narines et ne sentent pas. »[8] Cette incompréhension ne doit rien à "l’ancienneté" des Textes de l’ancienne Alliance : au contraire révèlent-ils au fil des jours une redoutable et étonnante actualité qui leur donne encore aujourd’hui un goût amer d’accomplissement [9]
_____On le sait : nous sommes jugés sur la charité, non sur la santé.[10] Sur notre réalisation effective de plus grands biens, non sur l’intention de "bien faire" qui, en soi, n’offre aucune garantie : c’est une direction, non une action. En tant que telle, elle est aussi sensible qu’une girouette au vent… notamment les vents contraires. Un acte mauvais reste un acte mauvais, indépendamment de son intentionnalité. Quand celle-ci est maligne, il est simplement plus mauvais encore. Quand elle ne l’est pas, aucune magie ne saurait le rendre bon. L’enfer reste pavé de ces "biens" de gagne-petit… En piquants-de-ronces.jpgconséquence, nous sommes jugés sur notre volonté à donner du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un, à récolter des pommes quand nous avons planté des pommiers dans la bonne terre… et non des poires [11] après avoir planté sur un sol pierreux… ou des ronces après avoir cru planter des rosiers. Certes, on s’y est beaucoup piqué. Mais la souffrance n’est pas une fatalité quand on s’est alourdi le cœur : elle relève de la culpabilité et de la responsabilité personnelles. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons. C'est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l'arbre mauvais donne des fruits détestables.[12] La "santé mentale" est de ces fournisseuses d’étranges semences qui n’ont pas d’autre vertu que de faire pousser des ronces !
« Voici que la semeuse est sortie pour semer. Comme elle semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les pigeons [13] sont venus tout manger. D'autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n'avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt parce que la terre était peu profonde. Le soleil s'étant levé, ils ont brûlé et, grâce à leurs racines, ils ont asséché tout ce qui les entourait. D'autres grains sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont multipliés. D'autres sont tombés sur la bonne terre, et ils ont donné du piquant à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! » (version cryptée Canaille Plus) Et que celui qui a des yeux les écarquille en se demandant s’il n’y pas comme une gémellité [14] entre l’amont (la semeuse) et l’aval : la Faucheuse[15]

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,18-23.
J'estime donc qu'il n'y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire que Dieu va bientôt révéler en nous.  En effet, la création aspire de toutes ses forces à voir cette révélation des fils de Dieu. Car la création a été livrée au pouvoir du néant, non parce qu'elle l'a voulu, mais à cause de celui qui l'a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l'espérance d'être, elle aussi, libérée de l'esclavage, de la dégradation inévitable, pour connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore. Et elle n'est pas seule. Nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance ; nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit, mais nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps.

_____ L’Apôtre des païens serait-il tout à coup en train de se faire plus païen que les païens, cédant à sa culture grecque en versant à son tour son obole sur l’autel d’une vieille connaissance "trinitaire" [16, notes 5, 6 et 7] ? Si à sa suite, nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps, devons-nous souscrire à ce que le monde ne soit plus qu’une vallée de larmes ne pouvant plus être asséchées que par Thanatos ? Mais par Toutatis, un irréductible détail vient encore résister à la tristesse [17] envahissante ! Ce détail ne saurait plier pour le monde [18] puisque la création a gardé l'espérance d'être, elle aussi, libérée de l'esclavage, de la dégradation inévitable, pour connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu. À rebours de la mort, au-delà de l’épais buisson de ronces qui envahit l’abîme [19] et menace de boucher l’horizon, la création ne fait jamais que transiter vers des prés d’herbe fraîche en passant par les douleurs d'un enfantement qui dure encore. (Il est vrai que ruminer [20] de la ronce est plus douloureux que de l’herbe fraîche…) Nul besoin de passer de vie à trépas pour attendre notre adoption et la délivrance de notre corps : elles s’enfantent dès lors que nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit… soit passés d’une vie inerte d’esclavage et de dégradation (esprit de peur) à un esprit de force, d'amour et de raison. (2 Tm 1,1-3.6-12) [21]. Cet enfantement est intimement de la responsabilité de celui à qui il est donné, et à lui seul. Nul autre que lui ne saurait le voir, l’entendre ou le comprendre à sa place. Tout autre que lui ne saurait avoir cette prétention… a fortiori sous l’étiquette de guérisseur ! Ce serait se laisser planter des ronces dans le cœur, passer des douleurs d'un enfantement à celles d'un avortement de l’esprit. Cette souffrance, vous aurez beau l’écouter, vous ne la comprendrez pas ; vous aurez beau la regarder, vous ne la verrez pas.[22]
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_____ « Pourquoi leur parles-tu en fariboles ? », ô mélancolique [23] "guérisseur" ? Dans quel état d’esprit laisses-tu ceux que tu violes [24] ou qui se laissent violer, croyant que tu leur offres des roses quand tu n’as que ronces à ta portée ? La création a été livrée au pouvoir du néant, non parce qu'elle l'a voulu, mais à cause de celui qui l'a livrée à ce pouvoir. Il est à craindre que le savoir de tes "néons"[25] ressemble comme un frère au pouvoir du néant. Un frère qui en livre un autre à ce pouvoir ? Est-ce donc cela, la révélation des fils de Dieu ? Et si nous cultivions notre jardin, sans lorgner sur celui du voisin ? Il y a tant de vraies roses à semer ; ce que ne démentirait pas un certain Docteur [26] qui, en dépit de sa majuscule, n’aurait pas su distinguer un neuroleptique d’une dose de mort-au-rats [1, note 23]. Il est minuit, "Dr" Fauche-heure…
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