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samedi, 04 octobre 2008

Pour les inscriptions à la sécurité aux cieux, pas besoin de prendre son ticket…

foi,évangile,christianisme,politique,santé,philosophie à voile et écoutes 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,17-24.
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient : « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Vous, je vous ai donné pouvoir d'écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l'Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal. Cependant, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. » Jésus, exultant de joie sous l'action de l'Esprit Saint, dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. »

______Retour de mission, celle-ci s’insérant dans le cadre élargi des soixante-douze disciples. On concluerait aujourd’hui à un "bilan globalement" si positif qu’ils en revinrent tout joyeux. Ne s’inscrivant pas encore dans le sillage de la montée vers Jérusalem [1] –avec ses résistances et ses refus-, les disciples reviennent… et n’en reviennent pas : même les esprits mauvais leur sont soumis ! Sans doute n’est-ce qu’au cours d’une mission ultérieure qu’ils se heurteront à une espèce d’esprit mauvais –de celle qui ne s’expulse que par la prière [2]- s’avérant moins soumise. Pour l’heure, il importait qu’à la confiance [3] accordée à Jésus par Ses disciples, ceux-ci trouvent matière à Lui rendre cette confiance : que ce pouvoir et autorité pour dominer tous les esprits mauvais et guérir les maladies se vérifient assez pour être confiés –comme aujourd’hui- au-delà de l’intimité des Douze, premiers témoins auprès des leurs.
______Même si cela n’engendre pas la mélancolie [4, note 3], ce ne sont pas les esprits mauvais soumis qui doivent offrir matière à réjouissance, parce que leurs noms ne sont pas inscrits dans les cieux. Satan lui-même tombait du ciel comme l’éclair : avec lui astre_brillant.jpgest tombé son nom. Ayant en effet renié sa filiation avec le Père… en se voulant trop ressemblant [5] (ou pas assez différent !…), il s’est tant éloigné du ciel qu’il est tombé plus bas que l’homme, ne pouvant exercer toute sa puissance qu’à l’horizon de la terre, là où marchent serpents [6, note 4] et scorpions. La réjouissance, l’homme en trouve précisément la raison première en ce que son nom est inscrit dans les cieux en dépit de sa lourdeur terrestre. Si lui aussi est soumis aux règles de l’horizon de la terre, il vit cependant debout, sa tête étant en quelque sorte le ciel de son corps. Ce qui permet d’obtenir quelque hauteur de vue moins accessible aux serpents et scorpions, si peu sensibles à la verticalité que c’est aux pieds qu’ils mordent. Réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. Lorsqu’on s’adresse directement à quelqu’un, qu’on l’appelle par son nom, on le regarde… mais rarement aux pieds, à moins d’être particulièrement intimidé ou de nourrir quelque malveillance coupable à son égard. On le regarde depuis notre "ciel" vers son "ciel" : les yeux dans les yeux ; à moins d’un signe distinctif visible, on ne reconnaît personne par ses pieds, ses genoux ou son épaule gauche ! Les noms sont inscrits dans les cieux parce qu’on les associe aux visages –aux "cieux"- plutôt qu’aux gros orteils. On peut même se souvenir d’un visage en ayant oublié le nom ou l’inverse, mais on intervertit rarement un nom avec un visage : ce dernier a une valeur identificatrice parce qu’il partage avec le nom son unicité.

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______Une telle unicité en appelle à cette unité qu’engendre l'action de l'Esprit Saint qui fait exulter de joie, parce qu’elle est loin d’être innée tant elle fait l’objet d’âpres combats menés par maints sages et savants pour lesquels le nom seul importe. Ce que cachent ces sages et ces savants, c’est le visage. Celui de l’homme –quand il s’agit de commettre un acte délictueux sans être reconnu- et celui de la femme, dans les traditions religieuses qui veulent voir en elle la source potentielle d’un acte délictueux. On peut se demander en quoi il est "religieux" [religare : relier] de soustraire un visage des regards, l’indifférenciant ainsi des autres tout en le séparant d’eux. Chez la femme, c’est d’ailleurs là une réaction à l’excès inverse qui prévaut dans nos sociétés occidentales ne cachant plus rien aux sages et aux savants… comme aux autres ! La plastique féminine incite en effet à un regard plus "global" que vers le "ciel"… jusqu’à parfois faire tomber du ciel comme l’éclair : serait-ce la définition du "coup de foudre" ? Heureux les yeux qui voient ce qu’ils voient… mais ce n’est pas exactement ce qu’a voulu dire Jésus en se tournant vers ses disciples !

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______Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Sages et savants portent en effet leur regard sur ce qui est de la terre, à l’horizontale. Les tout-petits, eux, parce qu’ils sont tout-petits, lèvent d’instinct leurs regards vers plus grands qu’eux, comme le fils lève les yeux vers le père. Rien ne peut leur faire du mal tant que leurs noms sont inscrits dans les yeux du père en qui ils déposent leur confiance : le père représentant le pouvoir sur toute la puissance de leurs ennemis.
______« Heureux donc les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. » Ce qui tranche en apparence avec : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » [7, note 8] Simplement, Jésus ne change pas d’avis selon les circonstances : Il décourage ici toute vaine dialectique voulant que seuls soient heureux ceux qui n’ont pas vu, ou que seuls soient malheureux ceux qui ont vu. Beaucoup de prophètes et de rois n’ont pas vu ni entendu : peut-être auraient ils été plus heureux de voir et entendre, mais rien n’indique qu’ils aient été malheureux de ne pas voir ni entendre. Dans un cas comme dans l’autre, heureux est celui qui n’a pas le regard faussé [8] : faute de quoi, il se rend malheureux [9]… quoi qu’il voie et quoi qu’il entende.