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mardi, 10 avril 2012

Vous AVIEZ dit Carême ?

foi,christianisme,carême,psychologie,santé,résurrection

Réédition in extenso (toujours brute de fonderie) de la note parue le lundi 24 mars 2008

        Avant même que la période liturgique ne se prête aux "exhumations" (qui, ici même ne concernent pas exactement des morts !), la récente réédition d’un des tout premiers articles (2008) de ce blog [1] (donc, relativement enfoui dans les archives) n’avait-elle pas un peu procédé de cet esprit ? Aussi, pourquoi ne pas poursuivre cet exercice avec l’article ci-dessous, ainsi que le suivant ? D’autant que si ce dernier [2] évoquait des faits d’actualité datant de l’année 2008, comme nous le verrons les années passent ; mais certains faits demeurent : cette année 2012 n’étant en effet pas en reste pour exhumer (elle aussi)… de la chimère aux accents nauséabonds de morbidité, plutôt moins en phase avec la dite période liturgique…
        Pour la commodité de lecture, l’édition de ces deux "nouveaux" articles épousera la même configuration que le premier : c’est-à-dire que, sans rien changer au texte, celui-ci se fait directement lisible : autrement dit, sans renvoyer au document original en lien. Celui-là reste cependant disponible : accessible en permanence dans la colonne gauche (rubrique : "LES AVENTURES DE SPI ET DE PSY"), son "enfouissement" dans les archives était finalement assez relatif !
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        « Ah, bientôt le Carême : ça vient vite, cette année. De nouveau, il va falloir « se convertir », n’est-ce pas… À nouveau, ce ne sera qu’une indépassable ligne d’horizon pour beaucoup. Que voulez-vous : la chair est faible, c’est bien connu. Et puis ce n’est pas facile de se « convertir » avec cette épidémie de « maladies psychiques » tout autour de nous. C’est amusant, non ? « Tout autour de nous » : cela fait moins mal qu’ « en nous ». C’est vrai qu’il n’est pas facile de se convertir au spirituel quand tout est psychique. La « géhenne de feu » ? Elle n’attend pas l’au-delà ! Dès ici-bas, il ne lui déplaît pas de tout brûler sur son passage…
       
Dès ici-bas, il faut traiter l’épidémie. Heureusement, il existe des « professionnels-de-l’intérieur-de-l’autre ». Par commodité linguistique, appelons-les « PIA » puisqu’ils ne sont pas indifférents aux manifestations de piété… De l’autre côté du voile -celui de la géhenne qui ne s’éteint pas-, on ne triche plus : si on choit du côté de la souffrance, celle-ci ne sera plus imaginaire du tout. Imaginons un peu : un véritable nid de « PIA » d’outre-tombe ! Pouah ! Déjà qu’ils ne sont pas marrants sur terre… Parce qu’ici-bas, ils ont « gagné leur vie » à illustrer Mt 5, 22-23 de façon méthodique. Ils la perdent donc de l’autre côté : on ne peut pas gagner sur tous les tableaux… »                  (« Vous avez dit Carême ? », le 1er février 2008 )

[ réédité le 26 février 2012 ]

        Ah, enfin ! Fini le Carême, temps de la désolation et de la contrition : le thorax est enfoncé à force de coulpes battues, l’abdomen s’est creusé à proportion des privations. Déjà que la chair était faible, voilà qu’elle s’est davantage affaiblie : sus aux chocolats ! La crise de foie va-t-elle se substituer à la crise de foi ?
        Au sujet de cette indépassable ligne d’horizon de la conversion à marche un peu forcée, où en sommes-nous ? La chair s’est-elle affaiblie au profit de la croissance de l’esprit ? Sommes-nous d’ailleurs bien certains que cette croissance aille automatiquement de pair avec la flagellation charnelle ? Si oui, laissons nos chocolats : d’autres sauront en profiter avantageusement !…
 
        Vous avez dit Pâques [3] ? Sommes-nous bien passés ? Certes, nous avons survécu à quarante jours de mortifications plus ou moins prononcées. La question n’est cependant pas de survivre, voire de vivre : elle est de REVIVRE. Les fêtes pascales ne signent-elles pas le passage de la mort à la résurrection, de la maladie à la guérison ? Avons-nous regardé la fin du film [4][5] ? Ou sommes-nous partis au début du générique, pressés de nous gaver de pop-corn ou d’esquimaux glacés ? Drôle de cinéma : il présente les bandes-annonces en fin de séance. Drôles de bandes-annonces : elles présentent le film suivant, dont le scénario appartient au spectateur. Drôle de spectateur : il est appelé à être acteur ! Drôle d’acteur : il est invité à tourner un remake du film qu’il vient de voir, à l’inculturer dans sa propre vie. Question de talent ? Non : question de foi, d’espérance et de charité. Muni de tels outils, l’esprit peut suppléer à la lettre.

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        Foin de la géhenne : avons-nous allumé un feu qui ne s’éteint pas ? Celui de la résurrection qui s’attache à consumer les germes de maladies plombantes, crucifiantes et injustes. Ou nous attachons-nous au contraire à cerner certaines « maladies » de guillemets ignifuges ?… Le Christ Ressuscité a tout absorbé au cours de Sa passion, absolument TOUT : le vrai comme le faux, sans exception ni privilège. C’est même au nom du faux qu’Il a vraiment connu la mort, afin de pouvoir l’écraser elle-même de l’intérieur. C’est surtout au nom de l’amour qu’Il a été jusqu’au bout de la vie dans Son humanité : à Sa suite, nul ne saurait prétendre être l’instrument de Sa miséricorde sans être Sien : qui n’est pas avec Lui est contre Lui.

        L’amour est un feu qui ne s’éteint pas : la souffrance ne serait-elle pas un feu qui cherche à éteindre l’inextinguible ? Elle court, elle court la maladie d’amour : elle court, telle une flamme qui se propage de cœur en cœur. Cet incendie est de nature à générer la panique, à dresser des barrières anti-feu par d’impressionnantes nomenclatures de « pathologies » qui ont toutes en commun de ne voir dans l’amour qu’une dangereuse maladie. L’amour n’est « bien » que lorsqu’il est domestiqué à la façon du brûleur à gaz qui chauffe sagement la casserole : toute fuite est décrétée impossible. Gazé, éthéré, l’amour est réputé explosif en-dehors des limites qu’on daigne lui conférer ! Moteur de tous les possibles, il est élevé sous serre façon bonsaï : ce qui n’entre pas dans cette catégorie étant relégué au champ d’horreur des amours impossibles. Ce n’est plus de la culture sous abri, c’est de la greffe contre-nature ! Il n’y a que l’amour qui puisse reculer toute limite : c’est pourtant lui qu’on limite, de crainte qu’il ne vienne bousculer des repères que l’on veut solidement établis. C’est encore l’amour qui se venge ensuite, brisant tous les barrages et emportant tout sur son passage, sans discernement. Aveugle, cet amour impétueux ? Moins que tous ces remparts qui lui bouchaient l’horizon : murailles de la mort qui se sont ébréchées au matin de Pâques. Elle court, la maladie d’amour : elle fait courir vers le bien-aimé comme les disciples couraient en direction d’un tombeau vide.

        L’aurore de Pâques achève le Carême ; avec lui, elle achève la plus fatale des maladies : la mort elle-même. Si l’amour vide les tombeaux, comment ose-t-on encore le réduire à une maladie ? Comment peut-on chanter la Résurrection tant que l’amour n’est pas aimé ? Là est le vrai mal, là est la souffrance : l’amour pèche par défaut,  jamais par excès…
        Ah, enfin ! Fini le Carême : rien ne sera jamais plus comme avant la Résurrection. C’est pas formidable, ça ?

Lundi de Pâques 24 mars 2008

  Michel Sardou - La Maladie D'amour .mp3  
   
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dimanche, 26 février 2012

Vous avez dit Carême ?

Réédition in extenso (et brute de fonderie !) de la note parue le vendredi 1er février 2008

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    Ah, bientôt le Carême : ça vient vite, cette année... 
[ NB : il s’agit plus que jamais d’une réédition de 2008, dans son
"jus" d’origine (plus -sans supplément de prix- de belles z'images afin d’en agrémenter cette nouvelle édition, ainsi que quelques notes de renvoi, le blog s'étant étoffé depuis : le Carême étant déjà austère en soi, évitons de lui ajouter de la tristesse [1][2][3][4] !) Donc, "le Carême vient si vite" cette année 2012 qu’il nous fait comme le loup [5>6][7][8][9][10][11][12][13] : à ce jour, il y est [14][15][16]… depuis moins d’une semaine [17!] ...De nouveau, il va falloir « se convertir », n’est-ce pas… À nouveau, ce ne sera qu’une indépassable ligne d’horizon pour beaucoup. Que voulez-vous : la chair est faible, c’est bien connu.

Et puis ce n’est pas facile de se « convertir » avec cette épidémie de « maladies psychiques » tout autour de nous. C’est amusant, non ? « Tout autour de nous » : cela fait moins mal qu’ « en nous ». C’est vrai qu’il n’est pas facile de se convertir au spirituel quand tout est psychique. La « géhenne de feu » ? Elle n’attend pas l’au-delà ! Dès ici-bas, il ne lui déplaît pas de tout brûler sur son passage…

Dès ici-bas, il faut traiter l’épidémie. Heureusement, il existe des « professionnels-de-l’intérieur-de-l’autre ». Par commodité linguistique, appelons-les « PIA »[18] puisqu’ils ne sont pas indifférents aux manifestations de piété… De l’autre côté du voile -celui de la géhenne qui ne s’éteint pas-, on ne triche plus : si on choit du côté de la souffrance, celle-ci ne sera plus imaginaire du tout. Imaginons un peu : un véritable nid de « PIA » d’outre-tombe ! Pouah ! Déjà qu’ils ne sont pas marrants sur terre… Parce qu’ici-bas, ils ont « gagné leur vie » à illustrer Mt 5, 22-23 de façon méthodique. Ils la perdent donc de l’autre côté : on ne peut pas gagner sur tous les tableaux.

EXPLICATION DU SAINT ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU PAR LE BIENHEUREUX THÉOPHYLACTE

Mais quiconque dira “fou” sera passible de la géhenne de feu. (Mt 5, 22-23)

« Beaucoup disent et pensent que c'est un jugement trop cruel et trop sévère. Mais ce n'est pas le cas. En effet celui qui dénie l'existence des facultés de raison et de pensée chez son frère, ces caractéristiques par lesquelles nous différons des bêtes, un tel homme ne mérite-t-il pas la géhenne ? Car celui qui injurie et insulte, détruit l'amour, et quand l'amour est détruit, toutes les vertus disparaissent avec lui, alors qu'à l'inverse quand l'amour est présent il unit en lui toutes les vertus. Donc celui qui lance des insultes détruit toutes les vertus en mettant l'amour en pièces, et mérite à bon droit le feu de l'enfer. »                                                                                                          (Source ) [<7][52][7][116]

 

Ah, on l’aime bien la Parole : Elle nous inspire… de loin, de préférence. Malheur à celui qu’Elle inspirera davantage : quelque « psychopathologie » risque fort de pointer le bout de son nez ! Et tant pis pour saint Paul et sa conversion : son chemin de Damas n’est jamais qu’une colossale « bouffée délirante »[19!!!]. Venant de païens, c’est de bonne guerre. 9782882583390.jpgLe problème se fait plus aigu quand cela ne vient PAS de païens. Et là, les masques tombent [20][21][22][23][24][25][26][27][28][29, note 26?]. Mais pas du tout les « masques » du « psychopathe »[30] : ceux du converti non converti [31]. Plus le converti non converti se veut converti, moins il se convertit [32,Mc(2d1)] : on suit ? Celui-là, il ne faut pas lui parler de correction fraternelle [33] : il n’a PAS à être corrigé, qu’on se le tienne pour dit. Et si on insiste, on le « blesse », le pauvre… On ne « respecte » pas sa souffrance, voyez-vous. Ça, c’est le catho hyper-pieux qui voit arriver le Carême avec délectation. Chouette : de nouveau quarante jours de mortifications « pour se rapprocher du Seigneur » !… Pour se rapprocher de son Seigneur, en tout cas [34]. C’est là que les choses se gâtent : parce qu’il est à craindre que nous n’ayons pas le Même Seigneur. Pourtant, nous sommes de même confession. Pour nous deux, c’est bien le Même Seigneur qui est mort sur la Croix. Mais voilà : apparemment, notre compère est parti avant la fin du film  [35, note 22]! La Résurrection, ce sera pour une autre diffusion, plus tard. Beaucoup plus tard. Le plus tard possible, parce qu’on n’est pas pressé de mourir : il y a tant à souffrir, pardon : à vivre, en ce bas monde. Une véritable vallée de larmes, ma bonne dame… Mais Dieu, comme cela fait du bien d’avoir mal ! Ce n’est pas qu’on soit foncièrement « maso », d’autant que c’est là un « diagnostic » psychiatrique qui n’existe pas[36, notes 53 à 56] (pardon pour le pléonasme…) ; mais c’est que ça nous rapproche du Seigneur, voyez-vous : plus on se botte le cul, plus on sera à la droite du Seigneur ! Et puis surtout, ça expie dur. Parce qu’on ne sait pas ce qui se passe, plus on expie et plus on pèche grave. Du coup, on expie encore davantage, ce qui finit par mettre de méchante humeur… et faire pécher de plus en plus grave. Question prières et génuflexions [37, APR note 27], on passe à la surmultipliée mais rien n’y fait : la côte se fait de plus en plus âpre. Saleté de gravitation universelle ! Et son Seigneur qui ne répond pas. Ouh ouh ? Il y a Quelqu’un là-haut ? Pas de réponse : il a dû composer le mauvais numéro. Malheureusement, le Seigneur doit être sur ligne pourpre. En attendant, on ne se lasse pas : on continue les courbettes vaille que vaille. Pas possible que cela ne serve à rien, quand même ! Évidemment, le rayonnement de joie de l’homme de foi laisse un peu à désirer. Mais bon, on ne peut pas tout avoir : on est là pour souffrir -pour « mériter » son Ciel-, pas pour sourire. Passe un frère, qui l’apostrophe ainsi : « bonjour, ô mon frère ! Mais que fais-tu donc à l’envers ? » C’est qu’à force d’expiations et de contritions, notre homme faisait le poirier [38, note 30]! Pas étonnant que cela ne réponde pas là-haut : chez lui, « là-haut » c’était par terre. Et les vers de terre ne savent pas parler. Ceci exprimé, il s’est donné un mal de chien pour se trouver dans cette position : par conséquent, c’est forcément la bonne. Il y connaît quoi, l’autre frère, d’abord ? Et puis, que fait-il à l’envers, lui ? Il est agaçant en plus : il sourit. « Mais pas du tout ! C’est toi qu’es fou… » répond-il alors, sûr de son coup. Question souffrance, il en connaît maintenant un rayon. Ce qui tombe plutôt bien : certains « docteurs » aussi. Et comme c’est l’autre qu’est fou, il suffit de héler un « docteur » pour fous. En réalité, cela n’existe pas. Enfin si, cela existe : mais uniquement pour rendre fou [39]. (Notre fameux « PIA », bien entendu…) Même en enfer -pourtant riche en matière première- personne n’est parvenu à fabriquer un modèle muni de la marche arrière [40]. Alors, il faut faire avec.

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Donc, arrive le « docteur » pour fous. « Prudent », son client a attendu que le frère s’éloigne pour le consulter : sans doute pour ne pas lui « faire de peine » : c’est qu’il s’y connaît en souffrance. Voyant en son client un « marché porteur », notre « docteur » est prêt à lui décrocher la lune [42] si nécessaire : dans sa mallette, se trouve un chapeau  [43][44] duquel il peut sortir un lapin savant… et parlant. Eh oui : depuis que les hommes se taisent et souffrent en silence, les animaux parlent ! Walt Disney fait des émules chez les « docteurs », mais là attention : ce n’est pas pour les enfants. (À moins d’être pédopsychiatre, bien sûr. Lui, c’est le « bon », le « méchant » étant le pédophile…) Ce n’est pas pour les enfants, parce que nos chères têtes blondes n’y comprendraient rien : le léporidé parle un langage nouveau_[32,Mc(4)]! Un langage très impressionnant : on sent qu’à la Faculté des Lapins [45], ça ne rigole pas tous les jours avec la chasseurologie des profondeurs. Exit tout ce que l’on savait jusqu’à présent sur l’homme : broutilles et roupie de sansonnet. Disons que c’est toujours « valable », histoire de rassurer le client peu aventureux, un peu inquiet de tout ce chambardement. C’est « valable », mais aussi étanche qu’un caisson de sous-marin. Ça n’a « rien à voir » avec quelque chose d’aussi sérieux que de savoir si, oui ou non, le client est à l’envers. Meeeeeuuuuuuh non, il n’est pas à l’envers, souffle le lapin avec un regard incisif à son « docteur » magicien [46][47]. C’est lui qui a raison : c’est l’autre qui était à l’envers. Et comme c’est un « docteur » pour fous, on va dire que l’autre est fou. Pire encore : fou dangereux. Comme cela, il ne viendra plus embêter le client. Fuyez [48, notes 1 à 3], braves gens ! La Bête du Gévaudan est de retour [49][50]. À moins que ce ne soit l’abominable homme des neiges ? Pas crédible : il n’y a pas assez de neige…  Mais de cathos souffreteux, alors là ! À défaut de neige, c’est ceux-là qu’on ramasse à la pelle. Un véritable verger de poiriers !… Il faut dire que le « docteur » pour fous n’est pas fou. En tout cas, pas sur un plan commercial. Il a répandu l’idée saugrenue que la souffrance, cela se « respectait ». Et ça marche du feu de Dieu sur les cathos qui n’ont pas vu la fin du film ! Tout le monde est si attaché à « respecter » la souffrance –à commencer par la sienne- que plus personne ne pense à la combattre. Le « docteur » pour fous, encore moins : que de poires bien juteuses dans ce verger de poiriers…

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           Ah, bientôt le Carême : ça vient vite, cette année. Si tôt dans l’année, les poires seront-elles assez mûres ? C’est que depuis que le psychique n’a « rien à voir » avec le spirituel, on se trouve confronté à des situations étonnantes. Par exemple, on peut développer son intelligence tout en étant complètement siphonné : le « savant fou », quoi. OK : le spi fonctionne très bien, tant mieux pour lui. Mais on s’en fou(t) : parce que côté psy, qu’est-ce que ça déraille [51] ! Inversement, on peut être parfaitement sain d’esprit tout en ne comprenant plus rien à ce qui se passe autour de vous. Maintenant, on sait pourquoi : c’est parce qu’on « souffre ». Juste un incident de « santé », en quelque sorte. Évidemment, le spirituel s’atrophie comme peau de chagrin : on sent bien qu’on a besoin de se « convertir ». Vraiment, c’est épouvantable d’être aussi limités. Ça tombe bien : le Carême arrive, avec toutes ses bonnes résolutions. Mais attention, hein ! ce sont de superbes résolutions spi, plus vraies que nature. Du pur spi. Surtout ne pas le ternir avec du psy : ça n’a « rien à voir ». Ce serait sale, beurk. Surtout décidément, avec toutes ces «maladies psychiques» qui traînent un peu partout (on ne se lasse pas...). C’est pas formidable, ça ?
 

Ajout au jeudi 8 mars 2012

[Vendredi 24 février 2012]
Livre d'
Isaïe 58, 1-9a. {*}{*}{*}
200784894.jpgParole du Seigneur : Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas ! Que ta voix résonne comme le cor ! Dénonce à mon peuple ses fautes, à la maison de Jacob ses péchés. Ils viennent me consulter jour après jour, ils veulent connaître mes chemins. Comme une nation qui pratiquerait la justice et n'abandonnerait pas la loi de son Dieu
(*), ils me demandent de leur faire justice, ils voudraient que Dieu se rapproche. « Pourquoi jeûner si tu ne le vois pas ? pourquoi nous mortifier si tu l'ignores ? [*] » Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien trouver votre intérêt, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous. Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poings sauvages. Ce n'est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd'hui que vous ferez entendre là-haut votre voix. Est-ce là le jeûne qui me plaît ? Est-ce là votre jour de pénitence ? Courber la tête comme un roseau (*)[47], coucher sur le sac et la cendre, appelles-tu cela un jeûne, un jour bien accueilli par le Seigneur ? Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes (*)(*), délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs [Mt] ? N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim [Mt], recueillir chez toi le malheureux sans abri [Mt](*), couvrir celui que tu verras sans vêtement [Mt][*], ne pas te dérober à ton semblable [*][Lc](*)(*)[X] ? Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. »

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jeudi, 04 septembre 2008

Des pêcheurs pas en poiriers

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,1-11.
Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu. Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule. Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. » Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. » Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient. Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient. À cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. » L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

_____Irions-nous extraire les assiettes du buffet pour les introduire directement dans le lave-vaisselle ? C’est un peu ce qui arrive à nos pêcheurs : ils lavaient leurs filets alors qu’ils ont peiné toute la nuit sans rien prendre. Quand Jésus peine toute la nuit, le succès est nettement plus au rendez-vous… même si l’on fait abstraction du poisson anachronique [1]! Ici, pas de neuropathologiste : les seuls "experts" présents ne prononcent pas de grands discours : cela ferait fuir le poisson. De fait, ils ont bien mérité leurs guillemets ce matin-là : en dépit du silence de la nuit, leur expertise en pêche au filet se solde sur quelque inquiétude quant à la nourriture solide à venir…
_____Le "poisson" ne manque pourtant pas : la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu. C’est là d’ailleurs le contraste le plus saisissant avec une scène très ressemblante [2] à ce qui nous est décrit ici, qui se déroulera plus tard avec un public beaucoup plus restreint pour cause de dispersion après des événéments douloureux survenus à Jérusalem. Entre les deux, cette évocation d’un enseignement effectué au fil de l’eau rappelle aussi celle qui amorçait une longue suite de paraboles [3]. Parmi ces dernières, le Royaume des cieux n’était-il pas comparable à un filet qu’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons ? [4] Si le salut opère des merveilles en matière de guérisons, il n’est pas avare de se manifester en d’autres domaines, non moins concrets. C’est quand il eut fini de parler qu’il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. », non pendant qu’Il parle. Il fallait bien sûr que tous Ses auditeurs –pêcheurs compris- puissent écouter ce qu’Il disait sans se laisser distraire ; et il fallait surtout que le Royaume des cieux soit davantage que comparé : qu’il soit attesté comme étant présent parmi les hommes, non pas comme une utopie gentillette tout juste apte à consoler des malheurs présents. Quoi de plus malheureux, précisément, pour un pêcheur, que de rentrer au port après avoir peiné toute la nuit sans rien prendre ! Dans l’Évangile, pas non plus de cas de nourriture solide dans lequel n’est pas rapportée une référence explicite à la foi de celui qui en bénéficie.[2][5/1][5/2][5/3][5/4][5/5][5/6][5/7][5/8][5/9][5/10][5/11][5/12][5/13][5/14][5/15]

_____Voilà un homme qui a pêché toute la nuit en vain, qui connaît pourtant les zones poissonneuses, qui peut légitimement être éreinté et ne demander qu’à se reposer : de son propre chef, il serait rentré chez lui. « mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »filet_de_peche.jpg Ce n’est plus le poisson qui fuit, mais les filets qui se déchirent, tant ils prirent une grosse quantité de poissons. Le poisson est abondant, et les ouvriers sont peu nombreux [6] : on fait donc signe à ceux de l’autre barque de venir aider afin d’accroître le nombre de bras prêts à relever ces impressionnants filets, restés pourtant désespérément vides tant qu’ils étaient livrés à la seule sagesse des pêcheurs de ce monde. La déchirure des filets appelle toujours à être surmontée : le salut signe l’appel à ce que la multiplication l’emporte sur la division, que l’unité s’établisse dans la diversité d’hommes aussi différents [7] que Simon, Jacques, Jean, Zébédée et bien d’autres. En l’espèce, ils ne la trouvent qu’en ramenant les barques au rivage et, laissant tout et reprenant contact avec le terre ferme, suivant Celui qui l’emporte sur tout raisonnement de sages :

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,18-23.
Que personne ne s'y trompe : si quelqu'un parmi vous pense être un sage à la manière d'ici-bas, qu'il devienne fou pour devenir sage. Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. L'Écriture le dit : C'est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté. Elle dit encore : Le Seigneur connaît les raisonnements des sages : ce n'est que du vent ! Ainsi, il ne faut pas mettre son orgueil en des hommes dont on se réclame. Car tout vous appartient, Paul et Apollos et Pierre, le monde et la vie et la mort, le présent et l'avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.

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_____Ce n'est que du vent ! Sur ce même lac de Génésareth, nos nouveaux pêcheurs d’hommes s’y sont largement frottés ![8/1][8/2][8/3][8/4] Le vent souffle où il veut : on entend le bruit qu'il fait, mais on ne sait pas d'où il vient ni où il va. [9] Même s’Il n’est pas loin pour apaiser les tempêtes, le Seigneur est dans le murmure d’une brise légère. [8/4] Une tempête dans un verre d’eau ? [8/2, note 2] Cela ressemble fort à du murmure émanant de quelqu'un qui pense être un sage à la manière d'ici-bas : le Seigneur n’aimant pas la concurrence, Il passe au milieu, va son chemin. [10] Que tout se passe pour chacun selon sa foi [11]: c’est bienfou1.jpg guérisons [1, notes 4] … et il est à craindre que cela se vérifie aussi dans certaines "guérisons" qui ne contredisent en rien la foi qu’on a accordé à certains hommes dont on se réclame. Ceux-là sont très faciles à reconnaître, d’autant que saint Paul nous mâche le travail : qu'ils devienne fous pour devenir sages ! Concernant la première partie de ce devenir… tout est accompli : pour avoir l’auguste privilège de se coiffer d’un ravissant entonnoir, il suffit par exemple de se présenter comme un devin de la "dangerosité" des autres : ce n'est que du vent ! Quand on prétend d'où il vient et où il va, on se prétend bien plus "puissant" que Jésus.[12, note 12] Certes, l’Apôtre nous allèche avec le présent et l'avenir : tout est à nous. Les filets de nos pêcheurs étaient également tout à eux ; les courants d’air qu’ils contenaient suite à une longue nuit infructueuse aussi… Mais… l’Apôtre n’a pas achevé sa phrase : vous, vous êtes au Christ, etmouche.jpg le Christ est à Dieu. Question de foi, là encore ; mais sans cette foi, -ou avec une foi qui lui est étrangère… quand elle ne lui est pas opposée- le monde et la vie et la mort, le présent et l'avenir : tout est aux risques et périls de celui qui y adhère, comme la mouche adhère à la toile [9, AV note 3]
_____Reprenons précisément notre mouchard labriollisateur, celui-là même qui finira par perdre son dentier [13, AV note 24] à force de lire saint Paul la tête en bas [14, note 19] (ce qui ne laisse pas d’être inquiétant quand on lit à l’endroit : qu'il devienne fou pour devenir sage…) :

Première lettre de Phil’os à poutre [15, note 9] malsain aux Coquins Chiens 3,18-23.
singe_a_lunettes.jpgQue personne ne s'y trompe [16] : si quelqu'un parmi vous pense être un singe [17] à la manière d'ici-bas, qu'il devienne fou pour devenir singe. Car la bassesse de ce monde est sagesse devant le Docteur. Le DSM [5/5, note 8] le médit : C'est lui qui prend les singes au piège de leur propre habileté. Il médit encore : Le Docteur connaît les raisonnements des singes : ce n'est que du vent ! Ainsi, il faut mettre son orgueil en des maîtres-chiens dont on se réclame. Car tout vous appartient, Phil’os et Apoll’os et Pierr’os, le monde et l’avis de mort, le présent et l'avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes en crise, et la crise est en Docteur.

_____Pauvre saint Paul ! On s’étonnera ensuite que bien longtemps après, on le soupçonne encore des pires avanies mentales [18]. S’il avait vécu de nos jours, cette version coquine l’aurait pourtant peut-être sauvé in extremis des griffes des prédateurs de la "santé" qui s’y seraient mieux reconnus. Pour ce qui est de la version originale, la seconde partie du devenir reste cruellement en souffrance : à se demander si elle n’a pas été purement et simplement abolie ? [19] Mais laissons Paul, et retournons sur le bord du lac :

Escroquerie de Labriolle selon malsain Philou -5,1-11°
Un jour, Philou se perdait sur le bord du lac de Genèse-Arêtes [17, APR note 4] ; la poule se pressait autour de lui pour écouter le caquetage du Docteur. Il vit deux barjes affalés au bord du lac ; les pêcheurs les avaient descendus et lapaient leur petit lait. Philou se montra à l’un des barjes, qui appartenait à Siphon, et lui demanda de s'inquiéter un peu de ses arrivages. Puis il s'assit et, près du barje, il enseignait la poule. Quand il eut fini de parler, il dit à Siphon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du pigeon. [18] » Siphon lui répondit : « Docteur, nous avons pleuré toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordonnance, je vais jeter les filets. » Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de pigeons que ces filous se déchiraient. Ils firent signe aux compagnons de l'autre barje de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barjes, à tel point qu'ils en jaunissaient [19, APR note 10]. À cette vue, Siphon-Pierr’os tomba à la tête de Philou (puisqu’il faisait le poirier), en disant : « Docteur, éloigne l’autre de moi, car il est un homme malade. » Le froid [20], en effets secondaires [21], l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de pigeons qu'ils avaient prise ; et de même Seropram et Seroplex, fils de Zoloft, ses compagnons. Philou dit à Siphon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des cockers que tu prendras. » Alors ils ramenèrent les barjes au chenil et, laissant tout, ils le suivirent en laisse.

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mercredi, 03 septembre 2008

Hôpital de nuit

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,38-44.
En quittant la synagogue, Jésus entra chez Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on implora Jésus en sa faveur. Il se pencha sur elle, interpella vivement la fièvre, et celle-ci quitta la malade. À l'instant même, elle se leva, et elle les servait. Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d'eux, les guérissait. Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux en criant : « Tu es le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les interpellait vivement et leur interdisait de parler parce qu'ils savaient, eux, qu'il était le Messie. Quand il fit jour, il sortit et se retira dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu'à lui, et elles le retenaient pour l'empêcher de les quitter. Mais il leur dit : « Il faut que j'aille aussi dans les autres villes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. » Et il se rendait dans les synagogues de Judée pour y proclamer la Bonne Nouvelle.

______Qui peut le plus peut le moins : quand on interpelle vivement le pire des maux –un esprit démoniaque [1]- afin de le chasser, on peut bien chasser le moindre : une forte fièvre, par exemple. La corrélation entre les deux n’est pas nécessairement obligatoire : ils se rejoignent cependant dans leur nature d’un mal indiscutable qui diminue les forces vives de celui qui en est affligé, le contraignant malgré lui à enfouir ses talents.[2]
______Jésus céderait-Il à la dictature de la santé ? Le fait est que la maison de Simon devient une véritable annexe d’hôpital ! Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d'eux, les guérissait. Ce ballet va durer toute la nuit, puisque Jésus ne se retire que lorsqu’il fit jour. Ne le prendrait-on QUE pour un thaumaturge efficace ? C’est oublier que nous sommes toujours à Capharnaüm, ville où il est nettement mieux reçu que chez les siens de Nazareth. Là-bas, beaucoup auraient rechigné à amener des infirmes atteints de diverses maladies… à un fils de charpentier. On sait que s’il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, c’est à cause de leur manque de foi.[3] À Capharnaüm, c’est le manque de santé qui est souligné : la foi, elle, est au rendez-vous. Sans elle, Jésus peut imposer les mains, mais pas la guérison : celle-ci intervient selon la foi de chacun. Pas un cas de guérison dans l’Évangile dans lequel n’est pas rapportée une référence explicite à la foi de celui qui en bénéficie.
[4/1][4/2][4/3][4/4][4/5][4/6][4/7][4/8][4/9][4/10][4/11][4/12][4/13][1]
______Tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les lui amenèrent, quel que soit leur rang social, leur nationalité, les infirmités et les maladies. Aucune n’oppose de résistance à Jésus, pas même la plus ultime d’entre elles : la mort. (La foi est alors manifestée par les proches du défunt) Les esprits mauvais ne résistent pas davantage aux vives interpellations de Celui qu’ils savent être le Messie ; on remarque d’ailleurs qu’ils sont beaucoup à sortir, tous criant : « Tu es le Fils de Dieu ! » Pour que les hommes le sachent aussi, il fallait que Jésus soit davantage qu’un grand sage : que son discours de salut [4/10] ne reste pas que pieuse abstraction et qu’il s’incarne concrètement jusque dans la restauration de la santé. Le passage de l’état inférieur à un état supérieur contribue bien entendu à faire croître l’acte de foi, mais ne reste qu’un marchepied pour plus grand encore : « Il faut que j'aille aussi dans les autres villes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. » Pas pour jouer au gentil docteur… même sans guillemets. Ce talent de guérison n’est du reste pas une sorte de pouvoir magique jalousement gardé par celui qui en bénéficie : il l’est tellement peu qu’il est appelé à être le signe [5] distinctif du bon disciple ! (Non que tout disciple reçoive indistinctement ce talent, mais le serviteur mauvais et paresseux ne le recevra pas, la paresse étant précisément de l’ordre de la foi. On peut être extrêmement paresseux en travaillant quinze heures par jour, ou en se donnant sans compter à quelque œuvre de bienfaisance : cela n’augure en rien de capacités de guérison… voire peut contribuer à s’user prématurément sa propre santé !) Ici encore, l’Évangile est parcouru d’incessants témoignages de guérisons opérées au nom de Jésus, mais par d’autres que Jésus.[6/1][6/2][6/3][6/4][6/5][6/6][6/7][6/8][6/9][6/10]


______Ces témoignages ne s’achèvent d’ailleurs pas à la dernière ligne de l’Évangile puisqu’ils perdurent jusqu’à nos jours. « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades… »[7] Or, ces malades sont plus que jamais parmi nous… et le médecin aussi : celui qui est agrémenté par l’Ordre [8, note 14] du même nom… comme les autres. Parmi ces autres, d’inévitables charlatans [9] (qu’on trouve aussi chez des agrémentés, une carrière universitaire n’étant en rien de l’ordre de la divinisation…) et des thaumaturges efficaces… désagréments faisant un peu d’ombre aux agrémentés ! Même il y a deux mille ans, il semble difficile d’imaginer qu’environ quinze ans de charpenterie équivalent à sept ans ou plus de médecine : pourtant, Jésus –qui n’aurait certainement pas été agrémenté si l’Ordre avait existé !- n’a jamais subi aucun échec médical. On n’envoie pas les autres guérir toute maladie et toute infirmité [6/9] quand on n’a pas soi-même ce pouvoir, englobant celui d’expulser les esprits mauvais. Non seulement Il guérit ce qui existe, mais IL rend l’existence à ce qui n’existe plus. Cependant, si la santé est le signe du salut, elle n’en est pas toujours le gage. La liturgie de ce jour fait précisément mémoire d’un docteur… de l’Église. Saint Grégoire le Grand (540-604), successeur de Simon, a vécu un pontificat qui l’a fait connaître comme étant d’une santé fragile. Sans remonter aussi loin dans le temps, on se souvient naturellement d’un long et récent pontificat dont le dernier tiers fut marqué par des souffrances plus que tangibles : un autre successeur de Simon est lui aussi déjà appelé "le Grand" dans nombre de cœurs.

______Imaginons à présent un de ces médecins super-agrémentés –accompagnés de leur(s) patient(s)- qui prennent la file d’attente au coucher du soleil, devant la maison de Simon, il y a deux mille ans : il paraît qu’il y a là un prophète qui accomplit des prodiges sur les cas les plus désespérés ! N’ayons pas peur de l’anachronisme : il y a moins de différences [10] entre un Galiléen d’il y a quelques millénaires et un Bavarois d’il y a un peu plus d’un siècle qu’entre… un cocker et un pitbull [11], par exemple. Leurs différences sont d’ordre culturel… et d’ordre alimentaire, comme le suggère aujourd’hui l’Apôtre des païens :

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,1-9.
Frères, quand je me suis adressé à vous, je n'ai pas pu vous parler comme à des spirituels, mais seulement comme à de faibles êtres de chair, comme à des enfants dans le Christ. C'est du lait que je vous ai donné, et non de la nourriture solide ; vous n'auriez pas pu en manger, et encore maintenant vous ne le pouvez pas, car vous êtes encore des êtres de chair. Puisqu'il y a entre vous des jalousies et des disputes, n'êtes-vous pas toujours des êtres de chair, et n'avez-vous pas une conduite toute humaine ? Quand l'un de vous dit : « Moi, j'appartiens à Paul », et un autre : « J'appartiens à Apollos », n'est-ce pas un langage tout humain ? En fait, qui est Apollos ? et qui est Paul ? Rien que des ministres de Dieu, par qui vous êtes devenus croyants, et qui ont agi selon les dons du Seigneur à chacun d'eux. Moi, j'ai planté, Apollos a arrosé ; mais c'est Dieu qui donnait la croissance. Donc celui qui plante ne compte pas, ni celui qui arrose ; seul compte celui qui donne la croissance : Dieu. Entre celui qui plante et celui qui arrose, il n'y a pas de différence, mais chacun recevra son salaire suivant la peine qu'il se sera donnée. Nous sommes les collaborateurs de Dieu, et vous êtes le champ de Dieu, vous êtes la maison que Dieu construit.

______De fait, les Corinthiens auraient eu moult difficultés à assimiler maints développements théologiques tels qu’ils sobiberon.jpgnt exposés dans les dernières encycliques papales ! C’eût été pour eux de la nourriture solide. Cela exprimé, il apparaît que les "Corinthiens" d’aujourd’hui semblent avoir l’estomac plus fragile que ceux d’autrefois. Seraient-ils malades ? Seraient-ils devenus si avancés en âge qu’ils ont prématurément revendu leur dentier [12], les condamnant à revenir à du lait ? Le mieux est encore de poser la question à l’un d’entre eux, qui s’est récemment avéré être un grand spécialiste de saint Paul [12, APR note 23]:

Première lettre de Phil’os à poutre [13, note 9] malsain aux Coquins Chiens 3,1-9.
Frères chiens, quand je me suis adressé à vous, je n'ai pas pu vous parler comme à des teckels, mais seulement comme à de faibles êtres d’esprit partiellement malade
[14, note 35], comme à des cockers du Docteur. C'est du lait caillé [15, note 6] que je vous ai donné, et non de la nourriture solide ; vous n'auriez pas pu en manger, et encore maintenant vous ne le pouvez pas, car vous êtes encore des êtres d’esprit partiellement malade. Puisqu'il y a entre vous des jalousies et des disputes comme entre chiens et chats, n'êtes-vous pas toujours des êtres d’esprit partiellement malade, et n'avez-vous pas une conduite toute canine ? Quand l'un de vous dit : « Moi, j'appartiens à mon maître Paul », et un autre : « J'appartiens à mon maître Apoll’os », n'est-ce pas un langage tout canin ? En fait, qui est Apoll’os ? et qui est Phil’os ? Rien que des sinistres du Docteur, par qui vous êtes devenus souffrants, et qui ont agi selon les ventes [16] du Docteur à chacun d'eux. Moi, j'ai planté la "santé" de l’autre, Apoll’os l’a rossé ; mais c'est le Docteur qui donnait la dégénérescence. Donc celui qui n’a pas la "santé" ne compte pas, ni celui qui rosse ; seul compte celui qui donne la dégénérescence : le Docteur. Entre celui qui qui n’a pas la "santé" et celui qui rosse, il n'y a pas de différence, mais chacun recevra son sale air suivant la peine qu'il aura donnée à l’autre. Nous sommes les collaborateurs du Docteur, et vous êtes le champ de ruines du Docteur, vous êtes la maison que le Docteur détruit.

______À la lecture de ce texte (à peine) remanié, on comprend mieux cet immense éclat de rire qui submerge Capharnaüm il y a deux mille ans au coucher du soleil, dans la maison de Simon : pendant que notre spécimen réinterprétait à sa façon la lettre aux Corinthiens, la longue cohorte d’éclopés en tous genres s’est écoulée doucement. Est arrivé devant Jésus un monsieur barbu [1, note 26] plein d’autorité sur le diagnostic qu’il avait porté à l’endroit du roi de Bavière qui l’accompagnait en cette lointaine contrée.

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« C’est grave, Docteur ? demanda le Messie –amusé de cette récréation- à cet étrange voyageur du temps et de l’espace.
- Je le crains, Seigneur. Sa Majesté ici présente souffre de paranoïa.
- De para… quoi ?
- De paranoïa, Seigneur. Si nous sommes venus de si loin, c’est parce que le mal est incurable… et nous savons que tu guéris aussi les maux incurables.
- On t’a bien renseigné, Bernhard. En revanche, et pour Ma part, je n’ai aucun renseignement sur ce que tu m’indiques : la para… chose, là.
- La paranoïa, Seigneur ! Impressionnant, pas vrai ? (le "gentil docteur" est décontenancé. Il se voit obligé d’en rajouter alors que d’habitude, le simple fait de prononcer le mot "paranoïa" paralyse les fonctions cérébrales de celui qui l’écoute… et cela dure encore en 2008. Ici, Jésus semble impassible…) Mais c’est normal que tu n’aies aucun renseignement sur ce fléau. Nous ne sommes que dans les années trente après Toi. Et je n’ai inv… pardon, découvert avec mes collègues cette maladie que dans dix-neuf siècles !
- Et alors ?
- Alors, elle n’est sûrement pas répertoriée dans Tes tablettes : voilà pourquoi Tu ne la connais pas !
- Dis-moi, Bernhard. Connais-tu le syndrome de l'immunodéficience acquise ? Le syndrome respiratoire aigu sévère ? L’encéphalopathie spongiforme bovine ?…
- Euh… non.
- Et je vais te dire pourquoi. Ces maladies ne sont pas répertoriées dans TES tablettes : elles n’apparaîtront que dans vingt siècles.
- Et tu sais les guérir ?
- Bien sûr.
- Alors, Tu sauras guérir Louis ! Nous avons frappé à la bonne porte. Mais… attends. Quelque chose cloche. Tu me dis que Tu sais guérir des maladies qui sont encore loin d’avoir fait leur apparition à mon époque… et tu n’as aucun renseignement sur la paranoïa ?
- Hélas non : Je ne sais guérir que ce qui a existé, qui existe ou qui existera. [4/10, AV note 33] Moi, Je ne suis que le Sauveur, pas le Créateur.
- Alors, tu ne peux rien pour le roi ?
- Qui a dit cela ? Louis souffre des effets de ses nombreux péchés, et J’ai le pouvoir de lui remettre s’il le désire. Il souffre aussi d’autre chose…
- Ah oui ? De quoi donc, Seigneur ?
- D’une certaine promiscuité médicale, dirons-nous…
- Euh… bon. Je vois que tu as encore beaucoup de travail. Les vrais mal… pardon, les autres malades commencent à s’impatienter derrière nous. Je crois que nous allons Te laisser…
- Pas si vite, Bernhard ! Je ne voudrais pas que tu aies entrepris un tel voyage pour rien. Tu sais : moi aussi je connais des formules "magiques".
- Ah oui ? Pourtant, on nous a assuré que Tu étais Quelqu’un de sérieux…
- Et Je le suis ! Sûrement Je vais te citer le dicton : 'Médecin, guéris-toi toi-même.' Maintenant que tu as appris tout ce qui s’est passé ici à Capharnaüm, fais donc de même là-bas dans ton pays ! [17] »

______Entré neuropathologiste et "psychiatre" dans la maison de Simon, Bernhard von Gudden en ressort médecin généraliste : quelle miséricorde de la part du Seigneur !… Vraiment, le Fils de l’homme est maître du ça-va. [18] Quant à Louis II de Bavière, il va beaucoup mieux et s’est fortement allégé… ce qui lui permet de prendre son médecin sur les épaules, un peu sonné : tous ces événements l’ont quelque peu perturbé. Il ne manquerait plus qu’un Philippe de Labriolle effectue le voyage à son tour, accompagné d’une immense meute de cockers… et Jésus pourrait de nouveau se fâcher très fort, lui dire : « J’ai dit : « Laissez les enfants venir à moi… pas les chiens ! » [19] Sans doute est-ce ce qu’on appelle tomber sur un os…
______Pas facile de consommer de la nourriture solide, même après deux mille ans d’exégèse : c’est que les "fragilités psychologiques" [20, APR note 33] sont passées par là. Il faudra bien se résoudre tout de même à se "solidifier" tôt ou tard car, à ce rythme de "progrès" nous allons revenir à de la nourriture solide… très solide : la fonte de la banquise aidant, on devrait retrouver quelques mammouths pour se remettre dans l’ambiance…

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Escroquerie de Labriolle selon malsain Philou -4,38-44°
En quittant la clinique, Philou entra chez Siphon. Or, la belle-mère de Siphon était oppressée par une forte poussée de bouffées délirantes, et on implora Philou en sa frayeur. Il se pencha sur elle, leva mortellement le lièvre, et celui-ci ricana de la malade. À l'instant même, elle se coucha, et elle les desservait. Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des infirmiers atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Et Philou, exposant ses mains sales à chacun d'eux, les maudissait. Des esprits mauvais entraient dans beaucoup d'entre eux en criant : « Tu es un fils de P… ! » Mais Philou les interpellait mortellement et leur interdisait de parler parce qu'ils savaient, eux, qu'il était le mais-non. Quand il fit jour, il sortit et retira ses malades dans un endroit désert. Les poules le cherchaient ; elles ac55544203c46a6220dca92f6a6b-62175743-0.jpgarrivèrent jusqu'à lui, et elles le retenaient pour ne pas l'empêcher de caqueter. Mais il leur dit : « Il faut que j'aille aussi percer [21] avec d’autres vrilles pour annoncer la mauvaise nouvelle du règne pandémique du Docteur, car c'est pour cela que j'ai été dévoyé. » Et il rendait dans les cliniques de Zobrée pour y dégobiller la mauvaise nouvelle.

mardi, 02 septembre 2008

Le plein d’auto… rité, SVP

  Wagner - Ride of the Valkyries .mp3  
   
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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,31-37.
Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat. On était frappé par son enseignement parce que sa parole était pleine d'autorité. Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par un esprit démoniaque, qui se mit à crier d'une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu ! » Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme ! » Alors le démon le jeta par terre devant tout le monde et sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent effrayés, et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Car il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils sortent ! » Et la réputation de Jésus se propagea dans toute la région.

_____En ce jour de rentrée des classes, combien d’enseignants aspireraient à être pourvus d’une parole assez pleine d’autorité pour que leurs élèves soient frappés par leur enseignement ! Cette aspiration est devenue suffisamment utopique pour que dans certaines zones dites "défavorisées", on voit plutôt les élèves qui frappent leur enseignant… Si ce dernier se défend seulement en levant le ton, plane sur lui la menace de se voir appliquée cette étrange "justice" qui culpabilise les innocents et défend les coupables [1, note 14] : est-il venu pour perdre ses élèves ? « Silence ! Sors de cet école ! » lui assénera le serviteur de Thémis à la discipline [2] impeccable, répondant moins à la justice qu’à un abus de son autorité et de sa puissance, sur la demande d’un parent pourtant surpris en flagrant délit d’enfouissement de talent d’éducateur premier : l’éducation [« educare » : conduire vers le haut ] n’est pas vraiment censée aller dans le sens de la descente !…

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_____Les jours de sabbat se suivent et ne se ressemblent pas. À Nazareth, si on consent à s’étonner du message de grâce qui sort de la bouche de l’enseignant, on ne lui accorde une autorité que très relative : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Autrement dit, le monde pourrait bien s’écrouler tout autour de soi, pas question de se soumettre à l’autorité d’un fils de charpentier ! À Capharnaüm, on est plus qu’étonné : on est frappé. Il y a en effet de quoi être frappé de constater que c’est un esprit démoniaque qui va reconnaître Jésus de Nazareth –loin de Nazareth !- comme ayant la pleine autorité : celle du Saint de Dieu. Cette autorité va d’ailleurs être brillamment démontrée dans l’instant, le démon sortant de l’homme sans lui faire aucun mal. Or, cette scène ne se déroule pas sur la place du marché mais de nouveau dans la synagogue. Pour savoir fort bien qui est Jésus, il faut avoir une bonne connaissance des Textes, de la loi de Moïse : en somme, il faut manifester une présence assidue à la synagogue. Connaissance de l’ancienne Alliance plus reconnaissance de Celui qui vient accomplir [3] la nouvelle ne garantissent en rien Sa connaissance dans l’amour [4] : tel est le message qui s’inscrit en filigrane dans cette évocation, d’une actualité brûlante puisque s’adressant toujours aujourd’hui aux assidus de la synagogue [5, note 8], ruminants compensatoires [6, note 30] et autres justes "psychiques" [7, notes 36]. Si l’assiduité était la fidélité [8], il n’y aurait nul besoin de chasser les démons ni à Capharnaüm ni ailleurs.
_____À Nazareth, la réputation de Jésus Le précède : même si on a appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm (à Son précédent passage), nul ne semble en avoir été le témoin direct. C’est donc la réputation de fils du charpentier Joseph qui prédomine, ce dont on est ici témoin. Un fils de charpentier, cela rabote, mais cela ne chasse pas les démons. Jésus n’impose pas les signes [9] à qui ne veut pas les voir : Sa pleine autorité ne s’exerce que chez ceux qui y consentent librement. Il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils sortent ! Ils ne sortent qu’après L’avoir eux-mêmes reconnu comme le Saint de Dieu et non comme le fils du charpentier : hommage extrême du vice à la vertu. Un homme va-t-il être plus mauvais qu’un démon ? À Capharnaüm, la réputation de Jésus Le suit : elle se propagea dans toute la région, les témoins impressionnés par cette scène s’avérant fort heureusement moins mauvais qu’un démon. Devant tout le monde, Jésus a opéré non une transfiguration [10, note 6] de cet homme possédé par un esprit démoniaque mais à la restauration de sa vraie figure d’homme libre, le passant d’un état inférieur à un état supérieur. En cela, Il éduque comme Celui qui détient la pleine autorité… dans la liberté [11, p.5] et non à coups de bâton !… Ce qui implique déjà de ne pas en rester à la surface de toutes choses :

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 2,10-16.
Et c'est à nous que Dieu, par l'Esprit, a révélé cette sagesse. Car l'Esprit voit le fond de toutes choses, et même les profondeurs de Dieu. Qui donc, parmi les hommes, sait ce qu'il y a dans l'homme ? Seul l'esprit de l'homme le sait, lui qui est dans l'homme. De même, personne ne connaît ce qu'il y a en Dieu, sinon l'Esprit de Dieu. Et nous, l'esprit que nous avons reçu, ce n'est pas celui du monde, c'est celui qui vient de Dieu, et ainsi nous avons conscience des dons que Dieu nous a faits. Et nous proclamons cela avec un langage que nous n'apprenons pas de la sagesse humaine, mais de l'Esprit, et nous interprétons de manière spirituelle ce qui vient de l'Esprit. L'homme qui n'a que ses forces d'homme ne peut pas saisir ce qui vient de l'Esprit de Dieu ; pour lui ce n'est que folie, et il ne peut pas comprendre, car c'est par l'Esprit qu'on en juge. Mais l'homme qui est animé par l'Esprit juge de tout, et lui ne peut être jugé par personne. L'Écriture demandait : Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui lui donnera des conseils ? Eh bien ! la pensée du Christ, c'est nous qui l'avons !

_____Cette année paulinienne vient fort à propos pour remettre certaines pendules à l’heure de la véritable autorité, très phagocytée par moult "autorités" aussi brillantes que des feux d’artifice [11, APR note 16] dans leur éclairage… et dans la durée de cet éclairage. L’Apôtre des païens avait déjà donné le ton il y a quelques jours [12][10] chez les Romains : chez les Corinthiens, il confirme en approfondissant que l'homme qui n'a que ses forces d'homme ne peut pas saisir ce qui vient de l'Esprit de Dieu ; pour lui ce n'est que folie, et il ne peut pas comprendre, car c'est par l'Esprit qu'on en juge.
_____Qui donc, parmi les hommes, sait ce qu'il y a dans l'homme ? Seul l'esprit de l'homme le sait, lui qui est dans l'homme. C’est plus qu’il n’en faut pour être frappé par la fascination de ces bergers d'Israël [13, note 13] –toutes hiérarchies confondues- qui ne voient aucun inconvénient à ce que leurs brebis –voire eux-mêmes- se laissent juger par des hommes qui feignent de voir le fond de toutes choses, de savoir ce qu'il y a dans l'homme, prétendent depuis leurs seules forces d’homme saisir ce qui vient de l'Esprit de Dieu et ce qui n’en vient pas [14, note 34] !!! Despotisme "sanitaire", leur "autorité" ne se légitime que par l’illusion d’être une branche prestigieuse de la médecine, ses servants osant prétendre savoir ce qu'il y a dans un autre homme qu’eux-mêmes, mieux que cet homme ! [15] On peut lire saint Paul sans le comprendre, sans l’accepter, sans l’accueillir : c’est déjà lire –pas même entre les lignes !- que ce qu’il proclame, c’est avec un langage que nous n'apprenons pas de la sagesse humaine. Les pensées des hommes ne sont pas celles de Dieu : cela a été vertement rappelé à Simon-Pierre lui-même. [12, note 1] Ce que l’homme ne peut pas comprendre, pour lui ce n'est que folie. Or, ces hommes qui feignent de voir le fond de toutes choses, de savoir ce qu'il y a dans l'homme, se prétendent par dessus le marché les uniques "experts" en matière de folie. À leur fausse sagesse humaine –en soi folie de se prétendre plus sage que saint Paul en ne laissant rien de sauf dans ses lettres- ils ajoutent la folie de "démontrer" de l’indémontrable [16, APR note 28] chez les autres, pris la main dans le sac à en rester à la surface ressentie de toutes choses. Voilà qui commande avec autorité et puissance aux bons esprits, et il est à craindre qu’ils sortent… Ces bons esprits, ils les jettent par terre devant tout le monde et le sortent de lui en lui faisant mal au nom de sa "santé" ! D’où vient à ces faux arbitres [17] de la conscience des autres cette effarante autorité et puissance de commander aux esprits mauvais de se répandre, de faire perdre conscience des dons que Dieu nous a faits ? Depuis quand cette conscience se fait-elle prétendument "professionnelle" ? [18] Depuis les premiers travaux pratiques…

_____L’historique de la "médecine de l’âme" [19] n’a jamais fait mystère de son profond mépris pour la vraie santé comme du mensonge de sa "neutralité morale". Ses visées n’ont rien de médical et tout de politique : la "santé" n’est que le sésame [20] qui lui a permis de s’introduire partout. Cette politique s’exprime essentiellement sur les populations… mais elle a été guillotine-cigar-cutter-1.jpgtestée sur ceux dont la parole politique était pleine d'autorité.
_____Ce jour, la liturgie fait mémoire des bienheureux martyrs [21, APR note 28] de septembre 1792. Quelques mois plus tard, l’instrument "thérapeutique" [22] des temps nouveaux raccourcissait leur Roi : Louis, seizième du nom. La "santé mentale" n’en étant encore qu’à ses balbutiements, personne n’a osé parler de "guérison" ce 21 janvier 1793 : les plus fieffés menteurs parlaient encore d’une condamnation à mort, qu’ils y aient été favorables ou non.

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_____Près d’un siècle plus tard, la médecine a fait bien des progrès : la vraie… comme la fausse. Quittons les berges de la Seine et rejoignons celles du beau Danube bleu. Vienne, capitale de la valse… et berceau historique de la "santé mentale", en plein essor en cette fin de XIXe siècle. Des bords du Danube à ceux de l’Isar, il n’y a pas même le barrage de la langue. Les royaumes germaniques brillent alors de leurs derniers feux, la roue de l’Histoire tourne : c’est « le crépuscule des dieux »… et l’aurore de nouveaux dieux. Guerres intestines sont parfois à déplorer entre nations cousines, mais pas de Révolution sanglante comme celle que nous avons connu de ce côté du Rhin. En conséquence, on n’exécute plus un souverain, surtout quand on sait que son peuple s’y opposerait formellement. Alors, que faire pour éliminer cet autre Louis que les intrigues politiques du moment rendent gênant ? « Le crépuscule des dieux », c’est bien sûr LE Ludwig, celui de Visconti. [23] Un film de quatre heures comporte sans doute bien des romances, mais il offre surtout le temps d’exposer maints détails directement inspirés de faits réels. Louis II de Bavière ? Une fin beaucoup plus ressemblante qu’on ne l’imagine à visconti30.jpgcelle de Louis XVI de France ; une vie dont les dépenses somptuaires exubérantes s’apparentent plus volontiers à celles de Louis XIV : en cela, le Roi amateur de la Lune réverbérait les œuvres du Roi-Soleil dans sa Bavière. Le tempérament de ce jeune monarque était ce qu’il était : à savoir, épris d’une liberté si pure et si extrême qu’il fait le vide autour de lui, le condamnant à une solitude qui n’était pas QUE celle du pouvoir suprême. Égocentrisme et orgueil ne fournissent jamais que les ingrédients de cruelles souffrances morales. Mais nous sommes dans une nation de langue allemande, à la fin du XIXe siècle : un certain médecin viennois a déjà fait bien des émules dans cette région du monde, imposant ses fantasmes pseudo-scientifiques qui avaient alors encore l’excuse d’être assez nouveaux pour que le recul généré par l’expérience à grande échelle aie pu révéler l’ampleur de ses conséquences désastreuses : ces fantasmes perdurant en 2008, cette pâle excuse tombe d’elle-même. Ce ne sont pas les souffrances morales de Louis II de Bavière que la postérité a retenu de lui : ce sont ses souffrances mentales ! Louis II ? Un règne s’achevant dans la "folie". [24] Selon Visconti, il n’a pas fallu moins de quatre "gentils docteurs" de l’époque (commençant à quitter leur appellation d’aliénistes au profit de celle de "psychiatres") pour déposer Ludwig. La dernière partie du film de Visconti montre que les éléments qui feront la fortune de la "santé mentale" sont déjà en place. Déjà, la mainmise sur la vie politique est patente… et déjà on laisse entendre que les "médecins" ne font que répondre aux sollicitations des politiques, rendant ces derniers seuls responsables des conséquences de leurs actes "médicaux". (À bien des égards, nous sommes toujours en 1886 : sans doute est-ce là ce qu’on appelle le "progrès"…) Exit donc la souffrance morale : la "médecine" nouvelle joue d’emblée sa carte de la "neutralité morale". Barbiches grisonnantes, airs graves et compassés sont au rendez-vous : les excentricités ne sont plus admises, fussent-elles celle d’un roi. Après un examen "approfondi" (effectué comme il se doit en l’absence du "patient" !) de nos quatre "sommités" du moment, commanditées dans une atmosphère déjà imprégnée à l’époque de l’inquiétude pour la santé ("mentale", bien sûr)… d’autrui, le verdict tombe, aussi tranchant que le couperet de la guillotine : le roi "souffre" de "paranoïa" ! Le climat tendu dans lequel il est rendu serait à hurler de rire tant le "médecin" qui l’énonce s’y entend à merveille pour dramatiser son effet d’annonce : il aurait diagnostiqué un cancer généralisé en phase terminale qu’il n’aurait pas davantage donné envie de sortir les mouchoirs. La pharmacologie de l’époque n’étant pas celle que nous connaissons aujourd’hui, la touche dramatique prend une densité plus grande encore : le "mal" est réputé incurable, et le roi en "souffrira" jusqu’à la fin de ses jours. C’est très exactement ce que désirait entendre la fine équipe de ministres félons, qui n’attendaient que ce signal "médical" fort pour se ruer sous une violente pluie d’orage vers la résidence du roi, afin de le destituer séance tenante. En 1886, la "paranoïa" [25][25bis] est encore une "maladie" toute neuve : l’appliquer sur une haute autorité de l’époque va lui permettre un développement qui dure encore jusqu’à ce jour ! Et la réputation des "gentils docteurs" se propagea dans toute la région. La monstruosité du "diagnostic" est flagrante dans ce contexte, les définitions de base de la "paranoïa" ayant peu varié : il laisse ici entendre que le roi "souffrirait" d’imaginer un complot fomenté contre lui… quand toute la fin du film indique assez que ce complot est tout sauf imaginaire, le "diagnostic" en question en faisant précisément partie intégrante ! Pas une seconde n’est perdue dès que les comploteurs "imaginaires" en ont pris connaissance.

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_____Monarque plus fragilisé par une conscience morale torturée, par les événements qui se déchaînent contre lui que par une "maladie" qui n’existe pas, Louis n’est pas homme à supporter longtemps l’étau pseudo-médical qui se resserre autour de lui au nom de cette "maladie" qui le condamne à l’internement en son château de Berg, flanqué d’un pot-de-colle à barbiche, visiblement fasciné d’avoir à sa disposition un tel "cas" sous la main. Bernhard von Gudden [26] est d’ailleurs l’auteur du 221001.jpgfameux "diagnostic"… qu’il emportera dans la tombe avec son prestigieux "diagnostiqué" : tous deux sont retrouvés baignant entre deux eaux dans l’étang qui jouxte le château. Chez Visconti, peu avant ce bain fatal, il aura le temps d’entendre de la bouche de son "malade" qu’il resterait à jamais une énigme pour sa "médecine", d’autant qu’il se revendiquait énigmatique pour lui-même : pour un réputé "fou", il ne raisonnait pas si mal... Quand on découvre la disparition des deux hommes dans le parc, on entend d’ailleurs dans les conversations ce mot d’un gardien "infirmier" du roi à l’adresse d’un autre : « Comment a-t-on pu le laisser sortir ? On sait bien que les fous sont rusés !… » Les lieux communs ont la vie dure : chez le même homme, on souligne d’une main la perte de ses facultés de raison… et de l’autre l’usage plus aigü de ces mêmes facultés ! Il semble que le "bon usage" de la raison soit proportionnel à celui de la contradiction : très marxiste, très "théorie du savant fou" [27, note 25]… mais pas très médical. Et toujours très actuel : avec de tels "progrès", plus besoin de reculer.
XVIIIe siècle : on supprime celui qui commande en faisant montre d’autorité et de puissance supérieures à la sienne, ce qui permet de couper la tête –de l’extérieur- en toute légalité.
XIXe siècle : on supprime celui qui commande en faisant montre d’autorité et de puissance supérieures à la sienne, ce qui permet de couper la tête –de l’intérieur- en toute légalité.
XXIe siècle : la peine capitale de l’intérieur n’est toujours pas abolie. Faute de rois, elle s’applique à des sujets innocents, avec la complicité de sujets coupables.

Escroquerie de Labriolle selon malsain Philou -4,31-37°
Philou descendit à Cafard-City [28, note 29], ville de Galilée, et il y saignait, le jour du ça-va. On était assommé par son enseigne qui ment parce que sa faribole était pleine de fragilité [29, APR note 33]. Or, il y avait dans la clinique un homme possédé par un esprit paranoïaque, qui se mit à crier d'une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu, Philou de Nazes-Arêtes [30, APR note 4] ? Es-tu venu pour nous pendre ? Je sens fort bien qui tu es : le sain… le sain doux [31, 31bis] ! » Philou l'interpella mortellement : « Infirmier ! Enferme cet homme ! » Alors l’infirmier le jeta par terre devant tout le monde et sortit de sa seringue de quoi lui faire très mal. Tous furent effrayés, et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette faribole ? Car il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils s’injectent ! » Et l’injection de Philou se propagea dans toute la région.

mercredi, 27 août 2008

Quand l’hypo’ campe, c’est un vrai poison !

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 23,27-32.
Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis à la chaux : à l'extérieur ils ont une belle apparence, mais l'intérieur est rempli d'ossements et de toutes sortes de choses impures. C'est ainsi que vous, à l'extérieur, pour les gens, vous avez l'apparence d'hommes justes, mais à l'intérieur vous êtes pleins d'hypocrisie et de mal. Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, vous décorez les sépulcres des justes, et vous dites : 'Si nous avions vécu à l'époque de nos pères, nous n'aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes.' Ainsi vous témoignez contre vous-mêmes : vous êtes bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes. Eh bien, vous, achevez donc ce que vos pères ont commencé !

_____Ils sont hypocrites, ces scribes et pharisiens parce que ce qu’ils prônent d’une main, ils y font obstruction de l’autre. [1, note 1] Cette obstruction se fait aujourd’hui celle de la dalle que l’on referme sur les tombeaux. Non de peur de choir dans le trou [2], mais parce que leur esprit se prête peu aux tombeaux ouverts. [3]

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_____'Si nous avions vécu à l'époque de nos pères, nous n'aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes.' On croirait entendre aujourd’hui quantité de brebis qui s’offusqueraient telles des vierges effarouchées si on leur suggérait à demi-mot être aux premiers rangs non plus dans les synagogues [4], mais pour vouer aux gémonies ce Berger qu’elles croient suivre quand elles en suivent d’autres, d’apparence si réconfortante.[5] De fait, entrer dans cette logique d’apparence d'hommes justes [6, note 3], c’est d’abord se décorer son propre sépulcre. Qu’importe la belle apparence à l’extérieur : quantité de tombeaux de prophètes ou non- sont de haute prestance. On sait de quoi leur intérieur est rempli : il ne diffère pas de ceux qui se font plus modestes à l’extérieur. À l’intérieur, la Faucheuse [7, note 15] se charge d’égaliser la coupe.

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_____À s’en tenir à l’extérieur, la mort est clairement identifiable : elle donne une apparence d’hommes figés, comme blanchis à la chaux. Ce qui n’est finalement pas si loin de scribes et pharisiens hypocrites figés dans leurs certitudes. La première de ces certitudes est d’être meilleurs que ceux qui les ont précédés : on dirait aujourd’hui qu’ils sont plus "évolués". On dit d’ailleurs aujourd’hui que cela concerne les scribes et pharisiens d’il y a deux mille ans : quelle soufflante ont-ils prise là, les pauvres ! Heureusement nous n’en sommes plus là : nous avons… évolué. Nous avons même effectué des progrès époustouflants en matière de compassion, puisqu’elle s’étend à présent sur des souffrances qui n’existent pas ! Nous appliquons l’Évangile à la lettre, dans la surenchère à "l’humilité", au "partage", à la "pauvreté d’esprit". Finis l’hypocrisie et le mal : place à une compassion devenue si universelle qu’elle se scandalise [2] des manques d’"humilité", de "partage" et de "pauvreté d’esprit". Aujourd’hui nous sommes "sincères" : ce n’est pas comme ces scribes et pharisiens horriblement mesquins. Aujourd’hui on a inventé la machine à remonter le temps et on nous le cache ! Car beaucoup ont voyagé en cachette (attention : c’est limite hypocrite !) deux mille ans en arrière pour savoir avec certitude que les scribes et pharisiens péchaient par un manque flagrant de sincérité : ils les ont vus, le regard fuyant, la bave aux lèvres, prêts à mordre si on ne les retenait pas. Ah, ils sont bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes. Si nous avions vécu à leur époque, nous n'aurions pas été leurs complices. D’ailleurs, il n’y a plus à verser le sang des prophètes puisqu’il n’y en a plus. Finis l’hypocrisie et le mal… et inversement les prophètes : place à l’hypocondrie généralisée et la "maladie"… et inversement les "schizophrènes" [8], les "paranoïaques" [9], les "psychopathes" [10] etc. : bref, nos nouveaux amis les dahus "psychiques".[11, note 31] Aujourd’hui, si un prophète disparaît, ce n’est plus parce qu’on a versé son sang. D’abord, c’est d’un ringard achevé ; ensuite bonbons-lion.jpgce serait en faire un martyr ! Le prophète ? [12, note 23] Maintenant, il rugit de plaisir tant on est aux petits "soins" pour lui : de quoi se plaint-on ? Du bruit ? Mais non : maintenant les cellules sont parfaitement insonorisées… et superbement décorées d’un capitonnage qui serait également de belle apparence dans une cellule plus étroite (sans porte mais avec poignées)… et plus destinée aux "accidents thérapeutiques" : c’est qu’à l’usage le prophète se révèle sans doute truffé de "fragilités psychologiques" [1, note 17] Et cela ne pardonne pas [13], quand on est déjà affligé de "délire mystique"…

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_____L’idéal est le prophète "guéri", libéré après "traitement". Il rugit toujours… mais avec moins de plaisir. Une "thérapie" intensive de déconnexions neuronales l’a rendu mûr pour la prophétie de malheur : viols, crimes et autres horreurs [14, notes 27] ne sont plus annoncés mais accomplis. De là à altérer le message de départ, il n’y qu’un pas. Si on ignorait que l’hypocrisie et le mal étaient de l’histoire ancienne, on aurait presque pu se laisser aller à croire que l'intérieur de certain courant "thérapeutique" est rempli d'ossements et de toutes sortes de choses impures. Eh bien, vous, "gentils docteurs", achevez donc ce que vos pères ont commencé ! On achève bien les chevaux [15]

Escroquerie de Labriolle selon malsain Philippe 02,38-60,59-58.
Heureux êtes-vous, gentils docteurs et pharmaciens hypocondriaques, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis à la chaux : à l'extérieur ils ont une belle apparence, et l'intérieur est rempli d'ossements et de toutes sortes de choses impures. C'est ainsi que vous, à l'extérieur, pour les gens, vous avez l'apparence d'hommes justes, et à l'intérieur vous êtes pleins d'hypocondrie et de médicaments. Heureux êtes-vous, gentils docteurs et pharmaciens hypocondriaques, parce que vous démolissez les tombeaux des prophètes, vous décorez les sépulcres des injustes, et vous dites : 'Si nous avions vécu à l'époque de nos pères, nous aurions été nous aussi leurs complices pour verser le sang des prophètes.' Ainsi vous témoignez pour vous-mêmes : vous êtes bien les fils de ceux qui ont soigné les prophètes. Eh bien, vous, achetez donc ce que vos Docteurs ont recommandé
!

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mercredi, 18 juin 2008

Quand la trompette n’est que du pipeau…

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.
« Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l'aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. »

_____Que faites-vous d'extraordinaire ? Que faites-vous de l’extraordinaire [1]? Ne pas confondre l’extraordinaire avec le spectaculaire ! Il ne se fait pas remarquer, ne fait pas sonner de la trompette devant lui, ne se donne en spectacle nulle part parce qu’ obtenir la gloire qui vient des hommes n’est pas sa priorité. Si vous voulez vivre comme des justes, évitez de rechercher l’extraordinaire au journal télévisé de vingt heures ! Celui-là ne sonne que la trompette de la gloire qui vient des hommes : rien de plus trompant qu’une trompette… L’extraordinaire ? Il est présent dans le secret ! Non qu’il aime à faire l’enfant en jouant à cache-cache, mais justement parce qu’il n’est accessible qu’à l’enfant : celui qui n’a pas même de quoi faire l’aumône, voire celui à qui ne reste plus que la solution de la demander ! [2][2bis] C’est aux tout-petits [3] que lextraordinaire a été révélé, non aux avides de ce sensationnel qui, par définition, agit devant les hommes pour se faire remarquer.

_____Retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret. Cette porte, ce n’est pas aux autres en tant que tels qu’elle se ferme : c’est à tout ce qui ferme à l’extraordinaire. Car tout ce qui ferme à l’extraordinaire tourne le dos à ce qui en constitue la quintessence : l’amour. Ferme la porte, parce que c’est l’amour qui est présent dans le secret : et c’est TON secret, bien qu’il aille au-delà de ta personne. Parce qu’il va au-delà de ta personne –sinon ce ne serait pas l’amour-, il ne t’appartient pas de le divulguer à qui n’est pas concerné : ce serait jeter les perles au cochons. Ferme la porte, non pour te cacher mais pour chercher le silence. Ce n’est en effet que dans le silence [4] qu’est dévoilé ce qui est présent dans le secret. Les paparazzis de toutes espèces ne peuvent capter que ce qui est épidermique, apparent : aucun d’entre eux ne saurait prendre une photographie de l’intérieur sans qu’elle soit truquée. Les secrets d’amour ne se dévoilent pas à qui prétend les "expertiser" : ceux-là sont des voleurs et des bandits qui sont entrés sans passer par la porte, mais qui ont escaladé par un autre endroit,[5] même si la porte leur a été ouverte par la force, la ruse ou la crainte de l’inconnu. Il n’y en a pas moins trahison de secret d’amour de la part de ceux qui les ont laissé entrer. Cette trahison est immédiatement sanctionnée : leur porte ne peut qu’être refermée… de l’extérieur, barricadant derrière elle l’extraordinaire. Or, la porte du cœur n’a qu’une seule poignée : elle est normalement à l’intérieur.
_____Ton Père est présent dans le secret : il n’est pas d’autre Nom que le Sien, puisqu’Il voit ce que tu fais dans le secret. Ce qu’Il voit, PERSONNE d’autre que Lui ne le voit : pas même toi ! Parce que dans la mesure où il est ton Père, tu es son fils. Il n’est pas demandé au fils d’en savoir autant que le Père, mais de venir à Lui –ou de revenir ! [6]- non pour "comprendre"l’amour mais pour accueillir Celui qui en est à la source, cette source qui n’est pas connue des hommes. Accueillir l’amour, ce n’est pas tant se laisser engloutir par quelque passion aussi volage que fugace : le Seigneur n’est ni dans les ouragans, ni dans les tremblements de terre et encore moins dans les feux dévorants ! [7] De fait, est-il nécessaire de se retirer au fond de sa maison –de son cœur-, d’en fermer la porte aux bruits extérieurs –au lieu d’en ajouter- afin de percevoir ce murmure d’une brise légère qui attise juste ce qu’il faut pour que le cœur puisse brûler sans se consumer.[8] Accueillir l’amour, c’est jeûner ! Plus précisément, jeûner d’en comprendre tous les tenants et les aboutissants avant de s’y engager. Et ce, sans regrets ! Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui donnent en spectacle leur incompréhension : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent… et chercher parmi eux quelqu’un qui en fournira quelque clef. C’est oublier qu’il n’y a qu’Un Serrurier. [9] S’en reférer à un autre, c’est se faire refaire… une mine défaite. Accueillir l’amour, c’est se parfumer la tête –sans se la laisser troubler- et se laver le visage afin de le rendre le plus transparent possible à l’amour.

_____Que faites-vous de l’extraordinaire ? Il a été caché aux sages et aux savants [3] : nul parmi eux ne saurait être un "professionnel" [10] de l’intelligence de l’amour. Ils peuvent bien se composer une mine défaite et faussement compassionnelle pour bien montrer aux hommes qu'ils maîtrisent le sujet, mais il ne touchent leur récompense que sur leur fidélité aux schémas préconçus qui enserrent le sujet comme un corset. Ils obtiennent la gloire qui vient des hommes en leur faisant l'aumône empoisonnée de leurs secrets d’amour qu’ils réduisent à de sinistres "pathologies" !… Ils "comprennent" et "respectent" si bien l’amour qu’ils le démolissent partout où on leur livre inconsidérément. Aucune importance : ils font sonner de la trompette devant eux pour bien montrer aux hommes que sans eux, ils seraient sans doute en manque d’amour… Ennemis de lextraordinaire, ils n’en gardent que la puissante illusion d’en être les défenseurs. Pervertisseurs de lextraordinaire, ils ne le "voient" plus qu’à l’extérieur, jamais de l’intérieur. Les seuls signes [11] qui aient de valeur à leurs yeux sont ceux qui abondent dans le sens de leurs préjugés : c’est ainsi qu’ils rendent "extraordinaire" l’ordinaire le plus basique. N’est-ce pas en effet extraordinaire de rendre malades des gens qui ne l’étaient pas au nom de la médecine ? Mais tout devient possible quand on détruit l’amour au nom de l’amour : quand on ferme de l’extérieur la porte d’un cœur, c’est une porte de l’enfer qu’on ouvre parce qu’on écarte vivement l’enfant [12] au nom d’une fausse prudence de sage et de savant.

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_____Or, le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent (aux enfants !). L’enfant ne cherche pas à "comprendre" l’amour : il l’accueille sans réserve parce qu’il n’est ni sage ni savant. Il est simplement confiant [13] parce que aimé gratuitement : formidablement ouvert à l’extraordinaire. Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas, faute de disposer de la bonne clef. On trouvera plus volontiers cette clef chez l’enfant que chez quelque pseudo-"médecin" de l’amour. Parce que l’amour est encore –et de loin-  la plus grande des médecines, les autres –vraies ou fausses- lui étant soumises et non l’inverse. Où donc est-il, cet enfant ? Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. En te montrant l’enfant [14 p.9], par exemple : il suffit parfois de se prendre en main…

vendredi, 13 juin 2008

Souris chez des éléphants vaches

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,27-32.
« Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettras pas d'adultère. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà commis l'adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi : car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi : car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne s'en aille pas dans la géhenne. Il a été dit encore : Si quelqu'un renvoie sa femme, qu'il lui donne un acte de répudiation. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d'union illégitime, la pousse à l'adultère ; et si quelqu'un épouse une femme renvoyée, il est adultère. »

_____« Vous avez appris qu'il a été dit ; Eh bien moi, je vous dis… » À l’ancien amour de la loi semble se substituer un nouvel amour de la loi : le présent intériorise le passé. De fait, la nouvelle Alliance se fait jour : elle n’efface pas l’ancienne [1], mais l’éclaire de l’intérieur. Mais par quoi l’éclaire-t-elle, sinon par la loi de l’amour ? Celle-ci n’est pas là pour poser des limites, mais au contraire pour nous inciter à les dépasser : à ne pas nous arrêter à notre propre regard.[2] Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettras pas d'adultère. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà commis l'adultère avec elle dans son cœur. Cette phrase est un plat de choix pour le « PVA » de service, premier pourvoyeur de chair fraîche auprès du « PIA » chez qui il rencontre une complicité acquise d’avance. Soyons sérieux : au pied de la lettre, et à moins d’être aveugle, tout homme normalement constitué est adultère dans son cœur ! On remarque d’ailleurs que cet adultère est ici stigmatisé non par le vice mais par… la vertu elle-même. En effet, on peut d’abord noter que le regard n’est pas celui de la conjonction des DEUX yeux. L’œil qui entraîne la chute n’est PAS celui qui gauchit l’amour : c’est l’œil droit. (Matthieu est ici plus précis que Marc. [3]) La rectitude morale fige davantage le regard qu’elle ne l’assouplit : elle répond à l’amour de la loi, au détriment de la loi de l’amour. [4] Cette dernière en appelle à cultiver toute alliance dans l’unité : ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ! [5]
_____La vertu n’est pas un bonsaï que l’on cultive en pot : resserrée sur elle-même, elle assèche le cœur quand il n’aspire qu’à se dilater. La vertu ? Elle est telle qui se fie à l’amour qu’elle a reçu.[6] Quel amour pourrait-elle recevoir, quand on la sépare de sa source ? Elle ne le reçoit pas : dans sa chasse obsessionnelle à l’adultère… elle le jette dans la géhenne. Que reste-t-il de l’amour à qui on a donné un acte de répudiation ? Pathétiques « PVA » qui, mieux que personne, poussent  à l'adultère À quoi peut bien rimer un cœur qui se referme sur sa vertu exclusive [7] et auto-proclamée ? C’est le mener droit au bug[8] Toute fidélité [9] n’a de sens que par rapport à l’amour, non par rapport à la vertu dont le rôle est de le faire demeurer SANS l’étouffer. C’est l’amour étouffé par une vertu desséchante qui entraîne la chute : lui faire violence, c’est poser les germes d’une autre violence plus réactive qui, elle, étouffera l’amour par un surcroît de vice, jetant sans distinction dans la géhenne le corps tout entier debourreaux et victimes. Cercle vicieux, s’il en est : de telles situations présentant toutes les apparences de "confirmer" les craintes préventives d’un « PVA » qui a alors beau jeu de se féliciter de sa "clairvoyance" !…

_____Tout homme qui regarde une femme… Femme de beauté, vois ton sourire ; Il est lumière dans l’obscurité ! [6] Il n’est rien de plus triste, de plus sombre –et de plus assommant !- qu’une femme qui ne sourit pas, parce qu’elle fane sa beauté avant l’heure : ses larmes sont comme la rosée qui s'évapore à la première heure. [7] Or, qui est-elle cette femme sinon celle que l’homme ne regarde pas ? Mais pourquoi l’homme ne la regarde-t-il pas ? Parce qu’elle n’est pas femme de beauté ? Plus sûrement parce qu’elle est femme de vertu repliée sur elle-même. De Marthe ou de Marie Madeleine [8], laquelle attire-t-elle le plus spontanément le regard de l’homme… et du Fils de l’homme ? De la femme adultère [9] aux gardiens de la vertu, lesquels ont obéi à la loi de l’amour dictée par la nouvelle Alliance ? Lesquels commettaient-ils l'adultère avec elle dans leur cœur ? On ne le sait pas : ils sont tous partis ! En commençant par les plus âgés : sans doute les plus expérimentés en matière de vertu… Femme de beauté, comment pourrais-tu sourire quand on fait de l’amour –de tout amour- une source polluée ? Ne te reste plus que le pis-aller du sourire : le cynisme satisfait de la bien-pensante repue de vertu. Comment pourrais-tu sourire quand on jette dans la géhenne le corps tout entier… de crainte d’en perdre un de ses membres ?
_____Sinistres "préventions" qui massacrent l’amour quand elles se fondent sur la coercition et la répression, quel que soit leur objet : paris insensés sur l’avenir, elles ne savent que générer dépressions au présent.[10][10bis] (Ce qui dépasse amplement le domaine de la "santé mentale" qui n’en est que le révélateur… et l’odieux profiteur.) Or, l’avenir n’appartient PAS à l’homme : il n’est chez lui que promesses… n’étant tenues que dans la mesure où il ne trahit pas son présent : où il ne commet pas l'adultère avec des "doctrines" perverses dans son cœur. Que dire quand ces "doctrines" ont démontré à l’envi leur inanité dans le passé ? Si quelqu'un les épouse encore alors qu’elles ont tout pour être renvoyées, n’est-il pas adultère ? Même au négatif, le présent intériorise toujours le passé. Moins que jamais il n’existe "d’expert" [11] de l’avenir de l’homme : tout prétendant à ce titre est au mieux un imposteur et un escroc… au pire un DANGEREUX criminel, quelle que soit sa façade. Tuer tout avenir au nom d’un présent affabulé de toutes pièces est à classer au rang des crimes contre l’humanité : au mieux, c’est tuer l’éléphant afin de préserver le rat.

_____À quoi bon ne pas répudier sa femme (ou son mari !) quand on répudie froidement tout ce qui ouvre au Royaume des cieux [12]? À quoi bon répudier l’avenir, ne serait-ce qu’en s’en inquiétant pour fuir le présent [13 p.12], le passé… ou la femme qui ne sourit pas ? Le poète n’a peut-être pas tort : et si la femme était l’avenir de l’homme ? À condition de sourire, bien sûr : qu’elle redevienne reine de cœur et femme de joie [6] La femme, c’est celle qui sourit, qui console ceux qui pleurent plutôt que de pleurer ceux qui consolent : celle qui laisse toute tristesse [14] au cimetière des éléphants de la vertu…

Premier livre des Rois 19,9.11-16.
Là, il entra dans une caverne et y passa la nuit. La parole du Seigneur lui fut adressée : « Sors dans la montagne et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer. » Àl'approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu'il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n'était pas dans l'ouragan ; et après l'ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n'était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d'une brise légère. Aussitôt qu'il l'entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne. Alors il entendit une voix qui disait : « Que fais-tu là, Élie ? » Il répondit : « J'éprouve une ardeur jalouse pour toi, Seigneur, Dieu de l'univers, car les fils d'Israël ont abandonné ton Alliance, renversé tes autels, et tué tes prophètes par l'épée. Je suis le seul à être resté et ils cherchent à me tuer. » Le Seigneur lui dit : « Repars vers Damas, par le chemin du désert. Arrivé là, tu consacreras par l'onction Hazaël comme roi de Syrie ; puis tu consacreras Jéhu, fils de Namsi, comme roi d'Israël ; et tu consacreras Élisée, fils de Shafate, comme prophète pour te succéder. »

_____Toute femme qui écoute les bruits du monde et les désire a déjà commis l'adultère avec eux dans son cœur. Joie et sourire se figent, les alliances sont abandonnées, les autels renversés. Comment pourrait-on encore consoler quand on pleure après l'ouragan, un tremblement de terre, un feu ? Comment peut-on être femme en éprouvant une ardeur jalouse pourtout ce qui éprouve l’amour ? En tournant le dos à tous ces sujets d’inquiétudes : en troquant les ruminements [15] contre le murmure d'une brise légère… Si la vache est moins imposante que l’éléphant, elle reste cependant moins élégante que la femme. Et à moins d’être un fromage, elle ne sourit pas…
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jeudi, 12 juin 2008

Pour envoyer balader le baladin et sa "lampe" magique

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,20-26.
« Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou. »

_____« Les païens n’en font-ils pas autant ? » (Mt 5, 46-47) [1] est LA question qui fait invariablement écho à cette phrase : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. La loi de l’amour phagocytée par l’amour de la loi ne sera jamais rien d’autre que du sel dénaturé. [2]
_____Si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. La colère est ici très explicitement associée au meurtre. C’est dire qu’il ne s’agit en aucun cas de la colère de Jésus qui chasse les marchands du Temple : il y a aussi des colères justes et légitimes PARCE QU’elles s’opposent formellement à toute logique mortifère. La distinction est nécessaire, tant cet Évangile est un régal pour le disciple sans scrupules qui y voit la justification de toutes ses lâchetés et autres pusillanimités. Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal ? Fort bien : alors, adoptons la zen attitude en ÉVITANT toute colère ; le disciple n’est-il pas censé être une douce brebis qui écoute la voix du berger ? [3] Et celle qui se met en colère n’a-t-elle pas la voix des inconnus ? Alors, c’est elle qui en répondra au tribunal ! C’est oublier que la brebis peut légitimement se mettre en colère contre une colombe qui se déguise en pigeon [4] : une autre brebis qui laisse entrer dans la bergerie le voleur et le bandit… Au bout du compte, laquelle des deux commet un meurtre ?

_____Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu. Les habitués de ce blog auront bien entendu effectué le rapprochement avec certaines insultes et autres malédictions[5] Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Le mythe de la "santé mentale" rend tout simplement ceci irréalisable ! Tout effort de réconciliation reste unilatéral pour qui a été "étiqueté" par un « PIA » : quelle que soit l’énergie qu’il y déploie, il se heurte à une fin de non recevoir. Abrité derrière de faux arguments de "dangerosité", "d’incommunicabilité"(!) et autres incantations gratuites livrées par le servant de la "santé mentale", son adversaire a beau jeu de percevoir la moindre tentative de réconciliation comme un acte d’agression, voire de "harcèlement". Disciple ou non, peu lui importe Matthieu 5,20-26 : l’important, c’est la "santé"… surtout quand un "expert" [6] l’a réputée déficiente chez un autre !… En l’espèce, il y a DÉJÀ eu réponse au tribunal et au grand conseil : celui de la "santé mentale", il va sans dire. Ce qui est tout à fait remarquable en matière de déni de justice, c’est que cette réponse a été effectuée par un juge qui feint d’être "médecin" : sans doute est-ce pour cette raison que la présence physique de l’intéressé semble superflue ! Étrange "justice" qui se passe de juge comme d’accusé : les dogmes de la "santé mentale" n’ont pas fini de nous faire découvrir les bas-fonds de la veulerie humaine… Son grand conseil ? Ne répondre à AUCUNE velléité de réconciliation : autrement dit, FAIRE LE MORT. Certes, c’est une manière astucieuse de ne pas se mettre en colère contre son frère : quant à incarner l’Évangile de la VIE, quelques réserves s’imposent : Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants [7]

_____QUELLES qu’en soient les circonstances, la "consultation" chez un « PIA » n’en est pas une. On vient officiellement à lui pour exorciser quelque mal-être existentiel : plus officieusement, dans l’objectif inavoué de se faire déculpabiliser en expédiant à l’extérieur l’origine supposée de ce mal-être. [8] En clair, on vient à ce "confesseur" des temps modernes SANS péché… mais avec celui de l’autre. C’est pourquoi ce dernier est rarement invité à la fête : on peut imaginer sans difficulté que sa coopération personnelle à cette imposture soit pour le moins relative. On le sait depuis longtemps, le principe de fonctionnement de cette "médecine" est le suivant : tout par derrière et rien par devant… jusqu’à ce que la pression soit telle que le client-malgré-lui puisse tomber comme un fruit mûr avec l’assentiment reconnaissant de son entourage. Premier concerné, il est le dernier à être fermement invité à "faire confiance en la médecine" ! C’est bien connu : les premiers seront les derniers [9] !… Ne soyons pas en retard d’un néologisme : en fait de "consultation" (à réserver aux VRAIS médecins…), nous avons affaire à une véritable insultation. C’est à regret que nous abandonnons le préfixe originel, tant il reste approprié pour la circonstance… mais craignons la géhenne de feu ! Ce qu’apparemment craignent moins tous ceux qui se prêtent à de telles bassesses qui évoquent la "médecine" comme le crocodile rappelle le lézard… Ne pas se mettre en colère contre un frère qui cherche à se réconcilier est certes un bien : très exactement celui de l’homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable [10]… Même son sable semble avoir subi les assauts d’une marée noire ! C’est qu’en appeler à un insultant et un maudisseur professionnel pour se justifier [11] ne saurait être sans conséquences… « Quand l’homme maudit quelque chose, sa malédiction monte au ciel, mais les portes du ciel se ferment devant elle. Elle retourne alors à la terre et en trouve aussi les portes fermées. Puis elle se cherche un passage à droite et à gauche et n’en trouve aucun. Elle revient alors à celui qui a été maudit, s’il la mérite, sinon elle retombe sur celui qui l’a proférée ». (Rapporté par Abou Dawùd) ou « Le croyant n’est pas celui qui jette le doute sur la bonne réputation des autres, ni le maudisseur invétéré, ni le grossier ». (Rapporté par Attirmidhi) [12] (Certaines sagesses orientales ne s’en laissent pas trop conter par les apparences pseudo-médicales : on comprendra alors que ces apparences cherchent à présent à s’implanter sur leurs terres…[13]) Il est vrai qu’il y a de l’oriental chez l’insultant : chez un sultan, on aime à frotter les lampes magiques afin d’en faire sortir un génie. Celui-là accomplit les vœux : comme de se débarrasser d’un gêneur en répandant le doute sur sa "santé mentale", par exemple. Génial, en effet : le consensus sur la "santé" faisant le reste…

_____Le tribunal de la "santé mentale" commet un tel meurtre sur la conscience morale la plus élémentaire qu’il n’est pas rare de voir des disciples qui l’ont utilisé contre leurs frères présenter leur offrande devant l’autel comme si de rien n’était ! Pour éviter que leur adversaire ne les livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne les jette en prison, ils ont même INVERSÉ la charge de l’accusation en le faisant stigmatiser par une étiquette infamante pseudo-médicale : ainsi, l’adversaire est décrédibilisé d’avance par un "état de santé" fantasmatique !!! (Au besoin, fort de l’appui "sanitaire", on ne se gêne pas pour aller jusqu’à la menace judiciaire ; d’autant plus aisément que la "justice" elle-même est hypnotisée  depuis longtemps par les grands prêtres de la "santé mentale" : nous ne sommes plus à une affaire Outreau près…[14]) C’est lui qui n'en sortira pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou ! (Quand on connaît les "qualités" redoutablement iatrogènes de cette "médecine", le dernier sou n’est pas incompatible avec le dernier souffle…) On comprendra que ceux qui se sont barricadés dans un système aussi pervers aient beaucoup de mal à trouver la marche arrière : la déculpabilisation collective a ses limites… et personne n'en sortira avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou. Pour quelques-uns, la note risque d’être salée ! (Qu’à cela ne tienne : la statue de sel devrait avoir l’habitude du sel…) Tels des berniques sur leur rocher, ils s’accrochent pathétiquement à leur dernier rempart : le trop fameux –et non moins ridicule- "déni de souffrance"[15] qu’ils attribuent désespérément à leur bouc émissaire de circonstance : microscopique souriceau au regard du mastodonte que représente un déni de justice généralisé qui pollue les cœurs et les esprits de son nuage de plomb. Comparativement, les retombées de Tchernobyl en auraient presque un parfum de violette !… In fine, la justice des scribes et des pharisiens surpasse de beaucoup celle des adorateurs [16] de la "santé mentale", faux arbitres [17] de l’intérieur de l’autre.

_____Pour l’édification des générations futures, les cinéastes seraient inspirés de créer un nouveau genre : le film comique d’épouvante. C’est qu’avec la meilleure volonté du monde, tout est à jeter dans certaines "thérapies" : absolument TOUT. À commencer par les pesticides (estampillés "médicaments") qui leur tiennent lieu de "traitements" [18]. Quand on se sera enfin décidé à leur faire rejoindre les poubelles les plus profondes de l’Histoire, on aura beaucoup de mal à croire qu’elles aient non seulement pu exister, mais encore perdurer aussi longtemps en se faisant entretenir par les premiers à être outillés pour en déceler instantanément la monstruosité tant elles contredisent l’Évangile point par point, jusqu’à la caricature la plus grotesque : ceux-là même qui, toute honte bue, vont présenter leur offrande sur l'autel
À MTD…
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samedi, 07 juin 2008

À propos de la méfiance...

Méfiance, méfiance… on se méfie de tout ! Le monde est si peu sûr. Les gens ont l’air si gentil, et voilà que nous apprenons au détour d’une conversation que l’un d’entre eux est une bête assoiffée de sang… ou sur le point de le devenir ! Lui à qui on aurait donné le bon Dieu sans confession : on ne se méfie jamais assez. Afin de ne point paraître trop naïf, on mesure donc le degré de maturité à celui de la méfiance. Il est à présent de bon ton de se méfier du voisin de palier, du collègue de travail, du facteur (attention au chien !), du banquier (le relevé mensuel de compte est-il correct ?) ou de la boulangère (a-t-elle bien rendu toute la monnaie ?). Jusque dans sa propre famille, rien n’est laissé au hasard. L’ado rentre de son lycée avec un quart d’heure de retard ? Il s’est fait hacher menu par un « psychopathe » qu’il a suivi sans se méfier, lui. On a beau se méfier de tout ce qu’on nous raconte à la télévision, il y a quand même sûrement un peu de vrai…

Certes, on se méfie un peu de la méfiance : juste assez pour prendre conscience qu’elle finit par nous empester sérieusement la vie. Alors, on la déguise pour se donner un peu d’air : la « prudence », c’est davantage tendance. Mais qui pense à se méfier de la méfiance… SANS la déguiser ? La méfiance n’est peut-être pas là où on va la chercher : on ne se méfie pas assez… (lire la suite)