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mardi, 10 avril 2012

Ils sont finis les jours de la Passion ?...

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Réédition in extenso (toujours brute de fonderie) de la note parue le jeudi 27 mars 2008

    … C’est ce que proclame en tout cas la liturgie pascale. Certes, nous sommes néanmoins encore dans ce monde, avec son cortège d’heurs et de malheurs. Mais à tout prendre, le bonheur garde une touche plus sympathique que le malheur : alors, pourquoi jouer les prolongations de Carême ?
________________________________LE DIAGNOSTIC D’UN « DIAGNOSTIC » 5    Une semaine pour la « santé mentale »
 

« Foin de la géhenne : avons-nous allumé un feu qui ne s’éteint pas ? Celui de la résurrection qui s’attache à consumer les germes de maladies plombantes, crucifiantes et injustes. Ou nous attachons-nous au contraire à cerner certaines « maladies » de guillemets ignifuges ?… Le Christ Ressuscité a tout absorbé au cours de Sa passion, absolument TOUT : le vrai comme le faux, sans exception ni privilège. C’est même au nom du faux qu’Il a vraiment connu la mort, afin de pouvoir l’écraser elle-même de l’intérieur… »                                                 

(« Vous AVIEZ dit Carême ? », le 24 mars 2008 ) [ réédité le 10 avril 2012 ]

         Étonnant "hasard" du calendrier : la 19ème semaine d’ « information » sur la « santé mentale »[1] a très exactement coïncidé avec la Semaine sainte de la Passion. Signe intéressant, pratiquement passé inaperçu sous la percée médiatique des pressions en faveur de l’euthanasie. Le temps de la Passion déclenche des passions sulfureuses qui lui sont contraires, voilà qui n’est pas nouveau. Que le "mental" -ou le "psychique »- vienne interférer dans le spirituel [2], voilà qui n’est guère nouveau non plus. Ce qui l’est davantage, c’est que les thuriféraires de la « santé mentale » eux-mêmes finissent par s’apercevoir que le bouchon a été poussé un peu loin, et qu’ils se trouvent confrontés en permanence à des situations humaines de plus en plus inextricables. D’où le thème dit « majeur » retenu pour cette fameuse semaine d ‘« information » : « maladies psychiques et isolement. ». Dans toute la France, des pyromanes patentés ont été requis pour appeler les pompiers : tombant des nues, ils découvrent que leurs « maladies psychiques » sont de formidables facteurs d’éclatement familial et social… (On pourra baguenauder tout à loisir sur "les aventures de SPI et de PSY" -colonne gauche de ce blog- pour situer plus précisément où se trouve la mèche de la bombe…) Par conséquent, un sérieux replâtrage est requis par nos « experts »[3] : « assouplissement », « humanisation » des « soins » et tutti quanti… Tout ceci dégouline de bons sentiments… et du maintien -voire du développement- d’un certain marché de la « santé » qui est loin d’être négligeable : on tond au plus ras plutôt que de s’interroger sur l’opportunité de passer un sérieux coup de désherbant. Tout va bien : que des personnes concernées par la « maladie psychique » dans les salles de réunions [4]… et pas de jardinier.

         Qui se sera interrogé un peu plus rigoureusement sur ce concept de « santé 676274917.jpgmentale » ? Naturellement, ce serait un peu scier la branche sur laquelle on est assis… Pas de bûcheron non plus. Ce concept ne manque pourtant pas d’intérêt, à une époque qui se gargarise de repentances et de « devoirs de mémoire ». C’est que la « santé mentale [5]» fut le cheval de bataille d’un petit bonhomme à petite moustache qui n’a pas laissé un excellent souvenir dans nos livres d’Histoire. Pour tout avouer, cette « santé » était déjà si déficiente que 70 000 « malades mentaux » n’ont pas survécu à l’Allemagne hitlérienne. Déjà, ce n’est pas de leur « maladie » qu’ils ont péri… mais de leurs « soins ». Certes, ceux-ci étaient plus expéditifs que ceux d’aujourd’hui, mais au moins avaient-ils le mérite d’une certaine clarté. Il semblerait qu’à trop se consacrer aux « maladies de l’intelligence », on en devienne malade de la mémoire…
         L’Organisation mondiale de la Santé [6] s’intéresse aussi beaucoup à la « santé mentale » : elle tient même à en renforcer la promotion [7]… tout en rassurant d’emblée le « malade » potentiel : « la santé mentale ne consiste pas seulement en une absence de troubles mentaux. » Ouf ! Suivent ensuite quantité d’excellentes intentions… de celles qui pavent l’enfer. Le problème est qu’il suffit que l’expression de « trouble mental » -qu’on en « détecte » ou non « l’absence » - soit lâchée, le trouble s’installe effectivement… et installe avec lui le "PIA"[8][9] dans son exclusivité à prétendre l’éclaircir. On comprendra que les résultats contredisent quelque peu les intentions… On comprendra éventuellement que la santé soit davantage une affaire personnelle que celle d’une superstructure planétaire dont on se demande au nom de quelle légitimité elle prononce la « santé » ou la « non-santé » des personnes. Orwell, reviens : ils nous en remettent une couche !
         On retrouvera tous les poncifs de cette « santé mentale » dans ce document, traitant du « plan de santé mentale 2005-2008 »[10]. (À comparer bien entendu avec les précédents articles sur LE DIAGNOSTIC D’UN « DIAGNOSTIC »[11][12][13][14]) Soyons « malades » : on nous dorlote en nous berçant… de beaucoup d’illusions.

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         Si nous savons aujourd’hui que le Christ est Ressuscité, c’est parce que le concept de « santé mentale » n’avait pas cours à Jérusalem il y a deux mille ans. Si tel avait été le cas, Marie Madeleine aurait été très gentiment conviée à se faire « soigner » (deux anges [15] qui racontent que le Christ est Vivant ? Ça va pas la tête, non ?). Simon-Pierre [16] a une apparition à son tour… sans parler des deux disciples d’Emmaüs [17] : sûrement une insolation due au chemin effectué sous un astre trop ardent… Le « PIA » a déjà « inventé » la machine à lire dans les pensées des autres : il ne lui reste plus qu’à réaliser cet autre vieux rêve de l’humanité, en inventant la machine à remonter le temps. Elle lui permettra ainsi de remettre bon ordre dans cet Israël d’il y a deux mille ans où régnaient visiblement « délires » et « hallucinations »[18][19][20]. Il est vrai qu’il a pour l’heure d’autres soucis que de réaliser les rêves, étant trop occupé à réaliser les cauchemars [21][22]

         Quelle que soit sa confession, le chrétien d’aujourd’hui est confronté à un choix : celui de la Résurrection… ou celui de la « santé mentale ». Or, le chrétien d’aujourd’hui est loin d’être le dernier à se rendre complice de ce déni de Résurrection : même ce vocable lui a été volé sous son nez, et il en redemande !!!… Il n’est pas interdit de croire que les ennuis de santé -les vrais- relèvent parfois d’une certaine justice immanente.
         L’eau ne se mélange pas avec l’huile, JAMAIS. Quel feu va allumer le chrétien d’aujourd’hui ?

Mercredi de Pâques, 26 mars 2008
[ + quelques notes de renvoi rajoutées ce jour... ]

Ils sont finis... mais jouent néanmoins les prolongations :

         Les "hasards" du calendrier ne se limitent pas nécessairement à quelque semaine perdue en 2008, les années écoulées s’étant chargées de la faire oublier : depuis lors, chacun ayant légitimement eu d’autres chats à fouetter… sinon à tourner [23][24, note 67] : question de choix, tel que déjà suggéré alors, ci-dessus. Question de choix, tel que rappelé beaucoup plus récemment [25,Dt, APR note 238]

         À ce jour, les "hasards" du calendrier rendent difficile de ne pas rebondir sur le "plan" dont il était fait allusion à l’issue de l’article ci-dessus, celui-là étant en "fin de carrière" puisque échelonné sur la période 2005-2008 [10]. Entre temps, lui aura vraisemblablement succédé un nouveau "plan 2008-2011", la durée de trois ans semblant une constante en la matière. Auquel cas ce dernier est-il aujourd’hui "épuisé" à son tour : la logique commande donc de s’attendre à ce que nous soyons actuellement sous le "feu" d’un "plan 2011-2015". Ce "feu"-là constitue une réponse très défavorable à l’ultime question posée en guise de conclusion à l’article ci-dessus ; en quatre ans, ce qui n’était alors que suspicion -encore un peu balbutiante- aura largement eu le loisir de se voir douloureusement confirmé sur le terrain, tant par d’innombrables témoignages externes (écrits et oraux, virtuels et physiques) que par une consistante expérience interne…

santé,résurrection,société,stupidité

         Il se trouve précisément que les "hasards" du calendrier viennent réactualiser 2008 en 2012 : le "plan 2011-2015" relève si peu d’une vague extrapolation calendaire -dictée par la seule logique énoncée à l’instant-… qu’il constitue le cœur du sujet traité aujourd’hui même sur le blog parallèle.
        "…même ce vocable lui a été volé sous son nez, et il en redema1187420748.jpgnde" ? Non seulement il en redemande, mais –plus grave [26,Mt(5)][27, notes 97,98][28,Jn(7){3}] (pour lui)- il en demande… contre [29,com.3][30,com.13][31,com.2§3][32,4°)] celui qui ne veut en aucun cas allumer ce "feu"-là. Notamment parce qu’à choisir, celui-ci aura préféré -par exemple- la Résurrection… à sa grimaçante caricature qu’est la tentative de zombification [33] par voie de réponse en présence d’une « non-demande [32,3°)] »(sic).
        Carburant exclusivement à l’huile de vidange [34][35], le énième "plan" sulfureux se déroule ici :

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QUOI QU’ON EN D.I.S.E…(Dernières Interventions sur des Sites Extérieurs)

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Quand les poules auront des dents, leur omelette sera plus facile à mâcher...
Vendredi 13 avril 2012

Vous AVIEZ dit Carême ?

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Réédition in extenso (toujours brute de fonderie) de la note parue le lundi 24 mars 2008

        Avant même que la période liturgique ne se prête aux "exhumations" (qui, ici même ne concernent pas exactement des morts !), la récente réédition d’un des tout premiers articles (2008) de ce blog [1] (donc, relativement enfoui dans les archives) n’avait-elle pas un peu procédé de cet esprit ? Aussi, pourquoi ne pas poursuivre cet exercice avec l’article ci-dessous, ainsi que le suivant ? D’autant que si ce dernier [2] évoquait des faits d’actualité datant de l’année 2008, comme nous le verrons les années passent ; mais certains faits demeurent : cette année 2012 n’étant en effet pas en reste pour exhumer (elle aussi)… de la chimère aux accents nauséabonds de morbidité, plutôt moins en phase avec la dite période liturgique…
        Pour la commodité de lecture, l’édition de ces deux "nouveaux" articles épousera la même configuration que le premier : c’est-à-dire que, sans rien changer au texte, celui-ci se fait directement lisible : autrement dit, sans renvoyer au document original en lien. Celui-là reste cependant disponible : accessible en permanence dans la colonne gauche (rubrique : "LES AVENTURES DE SPI ET DE PSY"), son "enfouissement" dans les archives était finalement assez relatif !
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        « Ah, bientôt le Carême : ça vient vite, cette année. De nouveau, il va falloir « se convertir », n’est-ce pas… À nouveau, ce ne sera qu’une indépassable ligne d’horizon pour beaucoup. Que voulez-vous : la chair est faible, c’est bien connu. Et puis ce n’est pas facile de se « convertir » avec cette épidémie de « maladies psychiques » tout autour de nous. C’est amusant, non ? « Tout autour de nous » : cela fait moins mal qu’ « en nous ». C’est vrai qu’il n’est pas facile de se convertir au spirituel quand tout est psychique. La « géhenne de feu » ? Elle n’attend pas l’au-delà ! Dès ici-bas, il ne lui déplaît pas de tout brûler sur son passage…
       
Dès ici-bas, il faut traiter l’épidémie. Heureusement, il existe des « professionnels-de-l’intérieur-de-l’autre ». Par commodité linguistique, appelons-les « PIA » puisqu’ils ne sont pas indifférents aux manifestations de piété… De l’autre côté du voile -celui de la géhenne qui ne s’éteint pas-, on ne triche plus : si on choit du côté de la souffrance, celle-ci ne sera plus imaginaire du tout. Imaginons un peu : un véritable nid de « PIA » d’outre-tombe ! Pouah ! Déjà qu’ils ne sont pas marrants sur terre… Parce qu’ici-bas, ils ont « gagné leur vie » à illustrer Mt 5, 22-23 de façon méthodique. Ils la perdent donc de l’autre côté : on ne peut pas gagner sur tous les tableaux… »                  (« Vous avez dit Carême ? », le 1er février 2008 )

[ réédité le 26 février 2012 ]

        Ah, enfin ! Fini le Carême, temps de la désolation et de la contrition : le thorax est enfoncé à force de coulpes battues, l’abdomen s’est creusé à proportion des privations. Déjà que la chair était faible, voilà qu’elle s’est davantage affaiblie : sus aux chocolats ! La crise de foie va-t-elle se substituer à la crise de foi ?
        Au sujet de cette indépassable ligne d’horizon de la conversion à marche un peu forcée, où en sommes-nous ? La chair s’est-elle affaiblie au profit de la croissance de l’esprit ? Sommes-nous d’ailleurs bien certains que cette croissance aille automatiquement de pair avec la flagellation charnelle ? Si oui, laissons nos chocolats : d’autres sauront en profiter avantageusement !…
 
        Vous avez dit Pâques [3] ? Sommes-nous bien passés ? Certes, nous avons survécu à quarante jours de mortifications plus ou moins prononcées. La question n’est cependant pas de survivre, voire de vivre : elle est de REVIVRE. Les fêtes pascales ne signent-elles pas le passage de la mort à la résurrection, de la maladie à la guérison ? Avons-nous regardé la fin du film [4][5] ? Ou sommes-nous partis au début du générique, pressés de nous gaver de pop-corn ou d’esquimaux glacés ? Drôle de cinéma : il présente les bandes-annonces en fin de séance. Drôles de bandes-annonces : elles présentent le film suivant, dont le scénario appartient au spectateur. Drôle de spectateur : il est appelé à être acteur ! Drôle d’acteur : il est invité à tourner un remake du film qu’il vient de voir, à l’inculturer dans sa propre vie. Question de talent ? Non : question de foi, d’espérance et de charité. Muni de tels outils, l’esprit peut suppléer à la lettre.

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        Foin de la géhenne : avons-nous allumé un feu qui ne s’éteint pas ? Celui de la résurrection qui s’attache à consumer les germes de maladies plombantes, crucifiantes et injustes. Ou nous attachons-nous au contraire à cerner certaines « maladies » de guillemets ignifuges ?… Le Christ Ressuscité a tout absorbé au cours de Sa passion, absolument TOUT : le vrai comme le faux, sans exception ni privilège. C’est même au nom du faux qu’Il a vraiment connu la mort, afin de pouvoir l’écraser elle-même de l’intérieur. C’est surtout au nom de l’amour qu’Il a été jusqu’au bout de la vie dans Son humanité : à Sa suite, nul ne saurait prétendre être l’instrument de Sa miséricorde sans être Sien : qui n’est pas avec Lui est contre Lui.

        L’amour est un feu qui ne s’éteint pas : la souffrance ne serait-elle pas un feu qui cherche à éteindre l’inextinguible ? Elle court, elle court la maladie d’amour : elle court, telle une flamme qui se propage de cœur en cœur. Cet incendie est de nature à générer la panique, à dresser des barrières anti-feu par d’impressionnantes nomenclatures de « pathologies » qui ont toutes en commun de ne voir dans l’amour qu’une dangereuse maladie. L’amour n’est « bien » que lorsqu’il est domestiqué à la façon du brûleur à gaz qui chauffe sagement la casserole : toute fuite est décrétée impossible. Gazé, éthéré, l’amour est réputé explosif en-dehors des limites qu’on daigne lui conférer ! Moteur de tous les possibles, il est élevé sous serre façon bonsaï : ce qui n’entre pas dans cette catégorie étant relégué au champ d’horreur des amours impossibles. Ce n’est plus de la culture sous abri, c’est de la greffe contre-nature ! Il n’y a que l’amour qui puisse reculer toute limite : c’est pourtant lui qu’on limite, de crainte qu’il ne vienne bousculer des repères que l’on veut solidement établis. C’est encore l’amour qui se venge ensuite, brisant tous les barrages et emportant tout sur son passage, sans discernement. Aveugle, cet amour impétueux ? Moins que tous ces remparts qui lui bouchaient l’horizon : murailles de la mort qui se sont ébréchées au matin de Pâques. Elle court, la maladie d’amour : elle fait courir vers le bien-aimé comme les disciples couraient en direction d’un tombeau vide.

        L’aurore de Pâques achève le Carême ; avec lui, elle achève la plus fatale des maladies : la mort elle-même. Si l’amour vide les tombeaux, comment ose-t-on encore le réduire à une maladie ? Comment peut-on chanter la Résurrection tant que l’amour n’est pas aimé ? Là est le vrai mal, là est la souffrance : l’amour pèche par défaut,  jamais par excès…
        Ah, enfin ! Fini le Carême : rien ne sera jamais plus comme avant la Résurrection. C’est pas formidable, ça ?

Lundi de Pâques 24 mars 2008

  Michel Sardou - La Maladie D'amour .mp3  
   
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mardi, 22 juillet 2008

Il est deux anges heureux de conduire à tombeau ouvert

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podcast

Daniel Facérias : Marie Madeleine 1mn52
(extrait de « Oser l’éternité », Bayard Musique)
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,1.11-18.
(Ste Marie Madeleine, disciple du Seigneur, mémoire)
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l'intérieur, tout en larmes, et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête et l'autre aux pieds. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l'a mis. » Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus. Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le gardien, elle lui répond : « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs. Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »

______S’il en est de la crédulité à la foi comme un abîme [1] qui sépare la soumission passive à un objet extérieur de la liberté intérieure d’une volonté active [2], il n’en est pas autrement de la loi de l’amour. Celle-ci ne s’inscrit pas –à l’instar de l’amour de la loi- sur des tables de pierre qui la figent pour l’éternité, mais en des cœurs de chair qui la cherchent. « Qui cherches-tu ? » À la suite du Fils de l’homme, la charité [3] n'a pas d'endroit où reposer sa tête. [4] La mettre en vitrine parce que tel état de vie semble mieux la refléter qu’un autre, c’est à nouveau la réduire à une soumission passive, admiration de l’objet pour lui-même [2], lui demander de remplir une fonction qui n’est pas la sienne mais celle du disciple qui prétend moins l’avoir trouvé que le chercher. Le "trouver", c’est s’exposer à voir le nécessaire emporté par les passions contingentes qui le contraignent à leur mesure, plus enclines à recevoir passivement qu’à émettre activement.
______« Femme, pourquoi pleures-tu ? » Parce que la femme n’a pas toujours le beau rôle : elle est celle qui cherche, et qui est par conséquent en butte à ceux qui ont "trouvé". Heureux hommes qui ont "trouvé" ! Mais qu’ont-ils réellement trouvé, sinon la protection de leurs turpitudes à l’abri de l’amour de la loi ? Dans tout l’Évangile, l’immense majorité des chercheursde la loi de l’amour sont des chercheuses. Cette loi, elles vont jusqu’à la chercher dans des voies que l’on qualifierait de répréhensibles parce qu’elles s’opposent parfois formellement à l’amour de la loi… et à ses représentants.[5a][5b][5c][5d] La femme est plus entière que l’homme, parce qu’elle ne se satisfait pas de demi-mesure : elle se sait sauvée si elle parvient seulement à toucher le vêtement [5d] de la charité, et n’hésite pas à consacrer toute sa fortune [5c] à une recherche portée par l’espérance. Cet enthousiasme n’est d’ailleurs pas sans risque, pouvant accroître les larmes de la souffrance du manque dans un esprit de mise en vitrine : de captation. « Dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre. » Ce à quoi il est répondu : « Cesse de me tenir. » Ce serait en effet imposer à la charité un endroit où reposer sa tête… comme on impose au condamné de poser la tête sur le billot, introduire une logique de mort à cela même qui fait mouvoir la vie. On peut tenir à la charité : on ne la tient jamais sans la faire éclater comme une bulle de savon, parce qu’elle est de ces fardeaux légers [6], fragiles parce que confrontés à la lourdeur de la pierre du tombeau des certitudes tenues pour acquises. Faire de la charité un "droit acquis", c’est déjà l’avoir perdue ; se condamner à rester là dehors, à pleurer devant son tombeau qu’on a soi-même creusé. Ce serait se coucher là où la femme est appelée à se lever, annonciatrice privilégiée du grand matin. [7] Elle fait verser des larmes à la femme à dessein de l’ouvrir à sa vocation d’assécher celles de l’homme.[8]

______Cette vocation n’est pas sans générer son contraire par son refoulement. Ne se satisfaisant pas de la demi-mesure, la femme n’est pas moins entière dans la trahison. La projection feuerbachienne [2] de Dieu par l’homme trouve son équivalent dans celle de la femme par l’homme. Si la femme n’est plus qu’un homme au féminin, alors les sexes sont interchangeables à l’envi et n’ont plus d’autre signification que le hasard chromosomique ou le déterminisme génétique. Si la femme est l’homme au féminin, la charité se confond avec la parité. Il n’y a plus de différence des sexes dans la ressemblance [9] complémentaire, mais une crise d’identité qui croit se dissoudre dans une lutte pour l’égalité des sexes, caricature de ressemblance gommant les différences… au seul profit du masculin, jusque dans les plus récents néologismes ! Le nom lui-même [10] trahit l’abandon progressif de la féminité, les suffixes « eure/eur » se substituant progressivement aux suffixes « euse/eur » qui établissaient une nette distinction rien que dans la prononciation. Le nom n’étant pas vocalement féminisé, c’est l’article le prédéfinissant qui se féminise :  le Ministre devient la Ministre, l’auteur devient l’auteure… et le docteur devient la docteure. Le "gentil docteur" était déjà redoutable : quand il se mue en "gentille docteure", à la négation de la santé vient s’ajouter celle de la féminité. Au lieu d’assécher les larmes, elle va en ouvrir les vannes. Au lieu de mettre debout, elle va coucher. (« couché le chien ! » [5d, note 20]) Au lieu d’annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. », elle leur annoncera : « J'ai vu le malade sans le regarder [4, note 19], et voilà ce que je vous dis. ». Au lieu de se rendre au tombeau de grand matin, d’en enlever la pierre, elle va faire encore plus sombre en en creusant de nouveaux afin d’annoncer son grand soir de la "santé". Le must en la matière est la femme « PVA » qui "consulte" la femme « PIA », s’imaginant ainsi trouver une oreille plus compréhensive à la féminité !

______Ne boudons pas notre plaisir : en dépit du brouillage identificatoire apporté par la féminisation masculine, il existe cependant d’authentiques gentilles docteurs –sans guillemets- qui savent encore dénoncer les mythes de la "santé", démontrant assez que ceux-là ont largement débordé du cadre de la "santé mentale". Si celle-ci se nourrit de la peur, elle n’en a plus le monopole. [11] Métastase du virus ? [12]

______« Homme, pourquoi pleures-tu ? » Parce que la femme a "trouvé" à son tour ! Ce qui a eu pour effet d’annihiler ses défenses immunitaires et de répandre la lèpre du cœur [14, note 6], la tristesse de l’obscurité dans la lumière là où son sourire aurait dû être lumière dans l’obscurité [8]. Elle aussi a lu l’Évangile en faisant le poirier [13] :

Le dernier jour de la semaine, Marie Madeinmauvaiscoton se rend au tombeau de grand soir, alors qu'il fait déjà sombre. Elle voit que le lithos a été scellé sur le tombeau. Marie Madeinmauvaiscoton restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers son intérieur maniaco-dépressif, tout en larmes, et, à l'endroit où elle avait déposé sa plainte, elle aperçoit deux infirmiers vêtus de blanc, assis l'un à sa tête et l'autre à ses pieds. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé le Docteur mon Maître, et je ne sais pas où on l'a mis. » Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit le docteur qui était là, s7s.JPGmais elle ne savait pas que c'était le docteur. Le docteur lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Que cherches-tu ? »Le prenant pour le pharmacien, elle lui répond : « Si c'est toi qui as emporté mon lithium, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai en prendre. » Le docteur lui dit alors : « Malade ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Gri-gri ! » ce qui veut dire : « Docteur » dans la langue des dépressifs. Le docteur reprend : « Continue de tenir à ta santé, je ne suis pas encore descendu vers le "Père". Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je descends vers mon "Père" et votre "Père", vers mon "Dieu" et votre "Dieu". » Marie Madeinmauvaiscoton s'en va donc dénoncer aux disciples : « J'ai vu le Docteur, et voilà ce qu'il a médit.[14] »

______Avec moins de pépins et plus de noyaux, ne vaut-il pas mieux chanter le temps des cerises ? Il vaut mieux les enlever qu’enlever le Seigneur [15]

jeudi, 26 juin 2008

Que les saigneurs SORTENT de nos royaumes !

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Sus à la simonie "sanitaire" !
(et merci à Simone)
(et merci à Simone)
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 7,21-29.
« ll ne suffit pas de me dire : 'Seigneur, Seigneur !', pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : 'Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons été prophètes, en ton nom que nous avons chassé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?' Alors je leur déclarerai : 'Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal !' Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s'est abattue sur cette maison ; la maison ne s'est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là sans le mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé, elle a secoué cette maison ; la maison s'est écroulée, et son écroulement a été complet. »
Jésus acheva ainsi son discours. Les foules étaient frappées par son enseignement, car il les instruisait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes.

 
_____On ne connaît que trop la fragilité de l’Évangile dans son INCARNATION au jour le jour. C’est pourquoi on ne saurait se formaliser de le voir se répéter [1] sur des points particulièrement cruciaux… avec cet élément supplémentaire : Jésus les instruisait en homme qui a autorité. Si cette autorité était si écrasante et étouffante qu’on veut le prétendre, il n’y aurait pas lieu de répéter ainsi son discours, car elle se heurte inévitablement à la liberté de l’homme. Cette liberté, il la met en jeu dans son rapport avec la souffrance. La volonté de Son Père qui est aux cieux ? Elle ne se trouve QUE dans la charité.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,31.13,1-13
Parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres. Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien. La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n'est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. La charité ne passe jamais. Les prophéties ? elles disparaîtront. Les langues ? elles se tairont. La science ? elle disparaîtra. Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie. Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque j'étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant ; une fois devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. Car nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face. A présent, je connais d'une manière partielle ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu. Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d'entre elles, c'est la charité.
 
_____Ceci est naturellement l’original, plus authentique que la parodie iconoclaste [2] du commentaire d’hier ! Mais QUI est iconoclaste ? Qui l’est, sinon celui qui escamote la charité au profit de la santé ? En dépit des époustouflants progrès médicaux –abstraction faite de l’une de ses fausses branches…-, la santé reste ce qu’elle a toujours été : un bien fragile. Les découvertes les plus pointues ne font jamais qu’appuyer sur l’infinie complexité de la physiologie humaine, donc son infinie fragilité. Les mécanismes qui régissent le fonctionnement des différents organes sont aussi nombreux que les grains de sable, et révèlent leur interdépendance nécessaire au maintien d’une santé qui s’avère par le fait être une maison sur le sable. Que l’un de ces organes manifeste une déficience, ou que l’interdépendance entre différents organes donne des signes de faiblesse, et survient la pathologie. Le plus complexe d’entre tous est celui qui renferme le plus d’interdépendances internes, parce qu’il commande à TOUS les autres organes : le cerveau est traversé de milliards de connexions neuronales, et le maintien de son équilibre est le plus précieux d’entre tous. Il est aussi le plus fragile : c’est pourquoi il est une maison sur le sable protégée par le rocde la boîte crânienne. C’est là une protection externe : elle ne protège nullement des agressions internes des apprentis sorciers de la santé. Confier l’élément le plus complexe de sa physiologie à celui qui est de loin le MOINS apte à la saisir, c’est demander à un plombier-zingueur de régler les rouages d’une horloge suisse au millième de seconde près. Ce qui est in fine insultant… pour le plombier-zingueur : au pire, on tirera une croix sur l’horloge…
_____La santé est une maison sur le sable. On peut rendre ce sable momentanément plus solide en le tassant et en l’humidifiant : il n’en demeure pas moins qu’au bout du chemin, se trouve l’accident de santé irréversible : la mort. Cet accident est d’ailleurs paradoxalement précipité à la mesure de ce que la santé se substitue à la charité… La version "mentale" de la santé n’est que pluie qui tombe, torrents qui dévalent, tempête qui souffle et s'abat sur cette maison, parce qu’elle se fonde sur une fausse charité. Or, la VRAIE charité est la mise en pratique comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. Elle va très au-delà de la santé, y compris la sienne propre. Nous sommes jugés sur l’amour, soit la charité : en aucun cas sur les intentions ou sur la santé, la nôtre ou celle d’autrui ! Elle ne se fait pas de souci [3] sur la santé de l’autre (santé organique comprise…), tant que cet autre ne demande aucune compassion à son sujet. La charité et la sollicitude [4] qui s’imposent en prétendant prévenir cette demande sont des signes d’un rapport pathologique avec la souffrance : d’une révolte face à sa propre souffrance, révolte projetée par un apparent souci de la santé de l’autre, proportionnel à la véritable santé de cet autre. Plus il pète la forme, plus on s’inquiète de sa santé ! Elle est trop flagrante pour ne pas être suspecte… pour ne pas être enviée. Ici encore : peu importent les intentions [2], malignes ou non. Seuls comptent les faits, autrement dit les fruits que l’on reconnaît : le reste n’est que discours sans importance. (C’est pourquoi, du reste, les "experts" n’ont rien à faire dans les dossiers de crimes crapuleux : que leurs auteurs soient plus ou moins "responsables" ne change rien à ce qu’ils soient PLEINEMENT coupables : les morts sont PLEINEMENT morts…) Les faits sont que le souci de la santé qui prime sur celui de la charité est TOUJOURS impur. Foi et espérance sont dévoyées : elles sont étouffées par la confiance aveugle en la médecine et l’espoir de guérison. De la vraie foi, ne reste plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit : l’espérance s’estompe devant  la tristesse [5] des espoirs déçus par une médecine qui n’a pas su absorber des souffrances refusées. Ce en quoi elle est radicalement incompétente : aucune médecine ne saurait bâtir sa maison sur le roc des souffrances refusées par ses patients. L’une d’entre elles a néanmoins cette prétention : c’est pourquoi elle est bâtie sur le sable du déni de la médecine, de la santé, de la foi, de l’espérance et de la charité.
 
_____ll ne suffit pas de dire : 'Docteur, Docteur !', pour entrer dans le Royaume de la santé. D’autant moins qu’à une certaine catégorie d’entre eux, il leur sera répondu : 'Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal [6]!' Si toute souffrance est un mal injuste par essence, le rôle de toute médecine digne de ce nom est de l’apaiser, voire de la résorber depuis sa source pour en libérer celui qui en est affligé. Ce qui commence par lui donner un NOM. Ce nom est établi par un véritable "père"de la santé.[7] Celui-ci se distingue dans ce qu’il nomme dans la vérité et la charité. Celle-ci n’existe pas dans le cadre d’une fausse compassion consécutive à une souffrance refusée sur l’un et projetée sur l’autre. Si la compassion est par excellence l’exercice de la charité, elle n’assure en rien son authenticité. La plus grande d'entre elles, c'est la charité : non la compassion qui s’articule sur la santé. L’altération de cette santé en appelle à la charité.Quand c’est l’altération de la charité qui commande à la santé de l’autre, ce n’est plus de la médecine mais de la forfaiture. Le médecin est formé à la médecine, non au discernement philosophique entre des souffrances acceptées et d’autres refusées : aucune formation [8, p.6] n’apprend à lire dans les cœurs... Son job ? Apaiser les souffrances du patient qu’il a EN FACE de lui : c’est dire qu’il va par nature confluer dans le sens du refus de la souffrance, quel qu’il soit. Quel que soit son degré d’empathie (qualité qui, en soi, n’est nullement l’apanage du corps médical…), il l’exerce sur le présent, non sur l’absent : c’est le premier qui l’emporte.[4] Il est incapable d’établir la moindre distinction entre le patient qui le consulte parce que "souffrant" de la santé de l’autre, et celui qui souffre de sa propre santé : surtout quand l’un mène à l’autre par des process psychosomatiques plus ou moins identifiés.
_____Cet étrange patient -qui "souffre" sans se l’avouer de la santé de l’autre- ne supporte pas cette santé insolente qu’il perçoit comme injuste, tant il souffre. Sans se l’avouer non plus, il souhaite un accident de santé non pour lui-même, mais pour rééquilibrer ce qu’il imagine être la justice. Quand survient cet accident de santé, il est le premier au chevet du souffrant ! De l’extérieur, il est perçu comme un grand empathique… quand il se délecte de la souffrance de l’autre. Adorateur d’une singulière "trinité" [5] -celle de Pathos, Thanatos et Hermès [6]-, il lui faut se repaître de la souffrance de l’autre afin d’oublier la sienne. Quand tarde à survenir l’accident de santé, il se retrouve confronté à cette souffrance dans laquelle il s’est enfermé. C’est le filon inépuisable qui a mis sur pied la "santé mentale", experte (sans guillemets !) en accidents de santé. Certes, le loup vorace se déguise en brebis [2], le casseur en dépanneur [7], l’aliénateur en libérateur. Mais par ses fruits détestables, il ne saurait faire illusion chez ceux qui ne lui font pas allégeance. Pas d’accident de santé corporelle à déplorer ? Alors, déclenchons cet accident sur un concept que PERSONNE ne pourra confirmer ou infirmer (pas même le praticien, enfermé lui-même dans sa logique de mort !), faute du plus petit élément de vérification scientifique : l’âme.
_____Première fausse paternité du "gentil docteur" : se prétendre médecin d’une réalité qui lui échappe à lui plus qu’à tout autre, réalité dont il se fait le voleur [8] sans risque d’en être inquiété par quiconque. Associer la médecine à l’âme est en soi une prérogative exclusivement divine : ce nom est déjà à la racine la signature d’un faux père. Donner ensuite un nom à la "souffrance" d’un absent afin d’apaiser celle d’un présent, c’est le voler en se constituant faux père de la santé. [7] Il n’y a AUCUNE vérité ni aucune charité à donner de faux noms à des vrais absents : la médecine s’exerce face au patient, ou elle n’est pas. [8] Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal, parce que tout ce qui est en plus vient du Mauvais.[9] Escamoter la charité au profit de la santé, c’est ouvrir grand les vannes au mal, qu’on le veuille ou non. On peut nier ce mal à l’envi, on ne peut pas le détruire. L'arbre mauvais donne des fruits détestables [2] : sa transplantation ne saurait le transformer en arbre mauvais qui porte de beaux fruits ! La première des racines mauvaises, c’est la souffrance non acceptée qui cherche à s’alléger sur autrui : fruit détestable d’un excès d’auto-compassion, fausse charité qui commence par soi-même et véritable nombrilisme étroit. Paradoxalement, ce nombrilisme est infiniment plus aisé à partager que la véritable charité. Il est en effet plus facile de partager le refus de la souffrance que son acceptation ! Ce qui contribue à multiplier à l’infini les mensonges à soi-même : la vérité s’éloigne comme la ligne d’horizon. Qu’est-ce que la vérité ? demande le médecin, en écho à Pilate. Lui aussi s’en lave les mains : la vérité des absents ne l’intéresse pas ; seule le concerne la réalité de la souffrance de son patient qui lui donne pour mission de l’apaiser à n’importe quel prix. C’est l’enseignement de l’homme qui a autorité qu’il met en jeu… depuis une formation de scribe de la santé. En lui, le patient met toute sa foi et son espérance… quitte à mettre son mouchoir sur la charité. Le gros avantage avec l’absent, c’est qu’il n’est pas là pour se défendre ! L’homme qui a autorité a ainsi toute latitude pour détourner la source de la souffrance qu’il constate de visu vers un autre. Sur celui-ci peut être inoculé un venin de faux noms, ce poison constituant en quelque sorte… un vaccin chez le client présent. Protégé par l’autorité "médicale", ce dernier se trouve faussement soulagé par un "diagnostic" que sa "charité" et sa "sollicitude" [4] commandent d’en informer l’entourage du nouvel "accidenté" de la santé au plus vite : "l’urgence" des "soins" à lui apporter sera d’autant plus crédible que le délicat informateur a entretenu son image "d’empathique". Cette nouvelle liberté lui est cependant conditionnelle : il faut en effet que l’autre accepte de "souffrir" là où il ne souffre pas ! Ce qui est formidable avec le "gentil docteur" de la "santé mentale", c’est qu’il a tout prévu dans son "omniscience divine". Le transfert odieux de la source de la souffrance va entraîner dans son sillage le transfert du refus de cette souffrance. Chez le premier, ce refus n’aura pas même été décelé, tant l’accent aura été porté sur la fausse source de l’absent ; chez celui-là, on se doute qu’il va être traduit par les inénarrables sophismes du "déni de souffrance". Gare au candidat malgré lui à la "maladie" du regard de l’autre [5] : cela se joue à dix contre un, tant le doute sur de l’invérifiable est plus aisé à transmettre que le simple bon sens ! De mémoire d’homme, l’art d’Hippocrate n’aura jamais été aussi perverti et ridiculisé par une telle imbécillité dangereuse qui, non satisfaite de ne guérir personne, DÉCRÈTE et crée de toutes pièces des souffrances parfaitement évitables qui n’existaient pas ! Quand la médecine –y comprise la VRAIE- n’a aucune maîtrise sur les effets secondaires désastreux de "thérapies" gravement influentes sur l’organe humain le plus complexe de tous, elle n’est plus qu’un outil [6] de pouvoir aux mains de bourreaux sans scrupules, mais surtout sans CONSCIENCE.
 
_____C’est là une des caractéristiques la plus fascinante des suppôts de la "santé mentale" : une totale et dramatique absence de conscience. Ce qui n’est pas le fruit détestable du "hasard", mais celui d’un projet mené à bien. Rappelons cette citation : « Si la race doit être libérée des fardeaux insupportables que sont les notions de bien et de mal, alors c’est à la psychiatrie qu’appartient cette mission. » [7] Sa réussite est telle qu’aujourd’hui, ce sont les défenseurs du bien qui en deviennent insupportables… c’est-à-dire "diagnostiqués" hyper-graves !!! "Cockerisés", ces défenseurs sont priés d’être les pitbulls [2] des temps nouveaux. Face à eux –et contre eux- le mal se commet avec une ahurissante inconscience… chez des personnes censées adhérer à la voie supérieure à toutes les autres suggérée par un saint Paul devenant nécessairement inaccessible ! La charité ? Elle n’est plus même celle du canari en cage [8], mais de la guimauve primaire et sentimentale dont même le païen invétéré ne voudrait plus : est bien ce qu’on "sent" qui est bien ; est mal ce qu’on "sent" qui est mal ! (à commencer par l’affreux pitbull d’en face qui s’obstine à ne pas vouloir décoincer sa fermeture éclair !… Il grogne et aboie parce qu’il trouve que cette plaisanterie canine a assez duré ? C’est mal, très mal. Ce chien qui rend tout le monde malheureux ne sait manifestement pas ce qu’est le bonheur… ) Le bonheur ? C’est "faire plaisir" : même dans les romans de gare, on n’ose plus descendre à un niveau aussi affligeant. La charité ? Elle se réduit à "l’acharnement thérapeutique" désespéré d’un club de grotesques faux compassionnels qui se tiennent les coudes, se rassurant les uns les autres sur le compte de cette "pauvre" sale bête, visiblement au plus mal : pitoyables pantins de la "santé mentale", cérébralement désarticulés parce s’étant d’eux-mêmes enfermés dans des schémas mentaux si étroits qu’ils ne sauraient s’en extraire sans se laisser gagner par une légitime honte du mal commis…
_____C’est ainsi que l’on se laisse piéger dans des cultures de mort qui se referment sur soi et que rien ne peut atténuer ou compenser, que l’on a massacré des millions de gens au siècle dernier, que l’on a pu voir des officiers SS aller tranquillement à la messe en famille le dimanche après s’être soigneusement lavé les mains tachées du sang de leurs victimes : eux non plus ne pensaient pas "à mal" ; au pire, ils pouvaient se retrancher derrière leur devoir d’obéissance à l’autorité… et l’obéissance, c’est bien aussi. Moins que jamais ne faut-il se tromper de père… y compris dans le domaine de la santé : c’est s’exposer à l’anesthésie totale de la conscience morale. Ne reste plus que la conscience mentale.[4] On sait ce qu’elle vaut : tout juste la capacité de se tenir encore physiquement debout et d’aimer… souffrir inutilement.
_____La pluie de menaces est tombée, les torrents de mépris ont dévalé, la tempête de peurs fantasmatiques a soufflé, elle a secoué cette maison bâtie sur le "roc" de certitudes "médicales" ; la maison de la charité s'est écroulée, et son écroulement a été complet.
 
_____Il les instruisait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes. Quand les autorités de l’Église seront lasses de vider les églises en se couchant devant les scribes, elles seraient bien avisées de remettre à l’ordre du jour cette très ancienne sanction qui n’est en rien abolie, mais qui s’accomplit [9] beaucoup dans les fors internes de ses fidèles un tantinet déprimés : l’excommunication, sentence à prononcer sur tout être vivant [10] (hormis les chiens… les vrais) qui s’acoquine de trop près avec la "santé mentale" et son grand prêtre représenté par le « PIA ». (Naturellement, charité bien ordonnée commence par soi-même...) Mais à maladies d’ânes [11], un remède de cheval [12] serait le bienvenu pour qui désirerait se libérer enfin de souffrances inutiles afin de reprendre un peu de hauteur et se remettre en selle dans l’incarnation de l’Évangile au PRÉSENT. À condition toutefois de ne pas se tromper non plus de selle : certaines sont fixées sur des montures qui tournent en rond [13], et d’autres restent de bois…[14] 'Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons été prophètes ? ' Les prophéties ? elles disparaîtront… à commencer par les fausses : celles des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Il y a des jours où on songe plus au fromage qu’au dessert. Pouah !

mardi, 17 juin 2008

Z’ai cru voir un ‘ros Minet…



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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,43-48.
« Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

_____« Vous avez appris qu'il a été dit ; Eh bien moi, je vous dis… » À l’ancien amour de la loi semble se substituer un nouvel amour de la loi : le présent intériorise le passé.[1] Ce qui allait hier jusqu’à intérioriser le présent lui-même jusqu’à la digestion du plus indigeste… [2] Après un repas copieux entre amis, il est de coutume d’exhiber LA bouteille rare de digestif : petit alcool artisanal de derrière les fagots servi dans de minuscules verres tant il se consomme avec parcimonie. À réserver aux connaisseurs, amateurs éclairés de ce qu’on ne trouve pas n’importe où. Voici qu’un tel distillat nous est proposé aujourd’hui : aimez vos ennemis !!! Estomacs sensibles s’abstenir…
_____Pas davantage qu’hier il ne s’agit de repeindre en blanc le pigeon [3] afin de le faire passer pour une colombe. Ce qui est gris est gris [4] ; ce qui est blanc est blanc [5]. Il est question tout au contraire de décaper, de n’en pas rester aux vernis de surface : qui pourrait affirmer qu’il n’y a pas de gris derrière le blanc ou de blanc derrière le gris ? Et le gris, est-il "naturel"… ou quelque peu accentué par un homme en blanc [6] ? Pour l’heure –et quelle que soit la couleur-, c’est la loi de l’amour qui prédomine : aimez vos ennemis. Parce que les ennemis ne sont pas toujours où l’on pense. Parce que les ennemis ne sont pas nécessairement ceux à qui il manquerait ce que nous avons : car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Il faut au moins être « PVA » pour affirmer qu’un tel est méchant et tel autre est bon, qu’un tel est juste et que tel autre est injuste. Il faut être « PIA » pour avoir le culot de disqualifier au fer rouge le bon en méchant, le juste en injuste [7]… ce qui va générer la qualification inverse. Le propre du vivant est de n’être pas figé : en lui cohabitent bon et méchant, juste et injuste. Aimez votre ennemi : il est parfois si prochain qu’il est en nous. Il est ensuite si prochain qu’il est dans le frère… et que le véritable frère se tapit peut-être davantage en l’ennemi ! Quelles que soient les apparences, chacun profite du même soleil et de la même pluie. Nul n’est habilité à juger de ce que l’autre en reçoit, à prétendument "expertiser" [8] ce qui semble bon et juste : c’est déjà se faire l’ennemi du vivant, de ce qui est réellement bon et juste.

_____Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent : il sont plus à plaindre que vous, parce qu’ils sont PRISONNIERS des apparences dans lesquelles ils se sont enfermés d’eux-mêmes. Car si l’ennemi extérieur peut être le frère intérieur, le frère extérieur peut être un redoutable ennemi intérieur. En matière de persécution intérieure [9], celui-ci est en première ligne. C’est qu’il suffit de se tromper de Père [10] pour ne plus être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux… et en n’étant pas exactement du bon côté des Béatitudes, notamment la dernière. [11]
_____Se fier aux apparences, les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? [12] C’est bien pourquoi aimez vos ennemis n’est une utopie que pour ceux-là. Mais où commence l’ennemi ? Où commence le frère ? Si l’ennemi n’était QUE celui qui manifestait une haine ostensible [9], il serait facile à identifier et à neutraliser. On le sait : la haine prend bien entendu le visage de l’amour.[13] Ce n’est pas autrement que l’on en arrive à se méfier [14][14bis] comme la peste de ce qui est fiable –donné pour détestable-, et à se fier aveuglément à de la rosée qui s'évapore à la première heure [15] ! Ne restent plus que sécheresse et amertume : doux au palais, le petit digestif s’avère un véritable tord-boyaux.

_____Que faites-vous d'extraordinaire ? Que faites-vous de l’extraordinaire ? Quand la haine s’est immiscée dans son champ [13], que devient-il cet extraordinaire ? C’est lui qui vous enferme dans un système bipolaire (tiens, tiens…) où l’amour n’offre plus de prise. Il ne s’agit plus d’aimer ses ennemis (et encore moins de prier pour ses persécuteurs, réels ou supposés !), mais de S’EN PROTÉGER à n’importe quel prix. Il n’y a plus de frères, hormis ceux avec lesquels on partage ce faux souci de protection : il n’y a plus que des ennemis ! L’ennemi ? C’est celui qui ne cherche pas à se protéger de l’ennemi ! Frère potentiel –voire déclaré- de l’ennemi, il devient donc ennemi potentiel. On devine que cette logique de canari en cage excite les convoitises de Gros Minet « PIA » qui n’aime pas beaucoup partager le Titi avec d’autres prédateurs. On va donc amadouer l’oiseau en lui donnant raison et en agaçant "l’ennemi potentiel" pour en faire un "ennemi" réel ! (Au passage, ceci est un test décisif pour ce dernier : a-t-il bien assimilé saint Paul ? C’est que l’amour prend patience…) Au besoin, tendons un piège à ce dernier et assommons-le d’une pharmacopée de vétérinaire [14]. Officiellement, personne ne persécute personne : la magie [15] de la "santé" permettant de renvoyer tout soupçon de cet ordre sur "l’ennemi" qui "se déclare" en se défendant ! Pour que des dénis aussi flagrants à ce qui est bon et juste puissent tenir le haut du pavé depuis si longtemps, il faut vraiment que nous soyions dans l’extraordinaire Que défaites-vous d'extraordinaire ? Réponse : vous transformez votre canari en pigeon. Il est vrai que c’est déjà plus consistant sous la dent…
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_____Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.[16] Encore une utopie ? Pour l’oiseau en cage –Titi d’origine ou "ennemi" capturé-, sans doute. Mais pour qui se veut vraiment le fils de son Père qui est dans les cieux, celui-là sait qu’il ne s’agit nullement d’une perfection définitivement accomplie, loin s’en faut : ce n’est pas lui qui accomplit ! [17] Mais c’est à lui de ne pas se laisser capturer par tout ce qui abolit l’amour, seul et unique moteur de ce qui perfectionne en ouvrant toutes les cages… pour libérer l’extraordinaire, quels que soient ses déguisements de circonstance, "pathologiques" (sic) ou autres !… [18 p.10/11] C’est un engagement pour la liberté. [19] Et une saine digestion…


dimanche, 08 juin 2008

L’abus de santé nuit à la méfiance

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,9-13.
Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

______Les publicains sont intimement associés aux pécheurs. Non point tant parce qu’ils étaient chargés de collecter l’impôt, mais parce que le produit de ce dernier était reversé à l’occupant romain. Le publicain était ainsi perçu comme traître à sa nation : encore un "collabo" assis à son bureau avant l’heure [1]… L’un d’entre eux va cependant se lever à l’appel de Jésus. La vie de Matthieu va se trouver bouleversée : en suivant Jésus, il se fait non seulement l’un de ses nouveaux disciples, mais encore l’un de ses plus proches collaborateurs jusqu’à devenir plus tard l’un des quatre évangélistes retenus à dessein de transmettre la Bonne Nouvelle du salut ! Il sera difficile de lui reprocher cette autre "collaboration"…
______À défaut de reproches explicites, l’heure est cependant au questionnement : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Les pharisiens, eux, sont de bons patriotes : s’ils paient la taxe d’octroi à Capharnaüm et ailleurs, c’est de mauvaise grâce. Pour eux, cet impôt est un sacrifice. L’occupation romaine est injuste à leurs yeux ; le sont également tous ceux qui s’en font les complices : des pécheurs. Ils savent de quoi ils parlent, eux qui sont des familiers de l'Écriture, gardiens farouches de la loi de Moïse. Ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, ils prétendent le connaître [2] parce qu’ils ne prétendent pas moins connaître le Seigneur :

Livre d'Osée 6,3-6.
Efforçons-nous de connaître le Seigneur ; sa venue est aussi certaine que celle de l'aurore, elle sera bienfaisante pour nous comme l'ondée, comme les pluies de printemps qui arrosent la terre. »  Et Dieu répondit : « Que vais-je te faire, Éphraïm ? Que vais-je te faire, Juda ? Votre amour est fugitif comme la brume du matin, comme la rosée qui s'évapore à la première heure. Voilà pourquoi je vous ai frappés par mes prophètes, je vous ai massacrés par les paroles de ma bouche. Car c'est l'amour que je désire, et non les sacrifices, la connaissance de Dieu, plutôt que les holocaustes. »

______Certes, leur connaissance peut être vaste. Mais est-ce bien la connaissance de la loi de l’amour ? N’est-ce pas plutôt celle de l’amour de la loi ? [3] Votre amour est fugitif comme la brume du matin, comme la rosée qui s'évapore à la première heure.Est-ce bien l’amour de la loi qui saura empêcher cette évaporation ? Il ne fait qu’inscrire dans le temps la loi de l’amour éternel. Quand l’amour de la loi se referme sur lui-même, il ne sait que retarder l’évaporation… ou la précipiter. L’amour est fugitif parce qu’il n’est pas dans sa nature de se laisser retenir, capter : l’exclusivité [4] l’étouffe plus que jamais parce que l’exclusion est en lui une monstruosité… un holocauste contre l’amour lui-même. Car c'est l'amour que je désire, et non les sacrifices, la connaissance de Dieu, plutôt que les holocaustes. Matthieu fait bien entendu écho au prophète Osée : c'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. La miséricorde ! Elle n’est pas une "tolérance" de façade –et de fausse charité- qui excuse tout, mêlant indifféremment le bien et le mal, faute de pouvoir les distinguer ; mais la restauration de l’amour abîmé par la misère. La misère de la pauvre veuve qui a tout donné [5] a su faire rejaillir son amour ! Non que la misère soit un bien en soi : elle est au contraire le lieu incontournable du mal parce qu’elle révèle sans faux-semblants l’injustice fondamentale qui la génère. Elle est d’abord un mal chez soi. Ventre affamé n’a pas d’oreilles… notamment pour écouter les trafiquants de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas.
______C'est l'amour que je désire ; c'est la miséricorde que je désire : au même titre que le premier des commandements [6], ces deux désirs n’en font qu’un. Parce qu’aucun amour ne saurait survivre sans miséricorde. Dans son indigence, la pauvre veuve avait cependant le plus grand trésor dans son cœur : la CONSCIENCE de SA misère. Elle a mis dans le tronc plus que tout le monde : plus que tout le monde, elle était ouverte à la miséricorde. Ce que ne sont pas les justes : il est vain de les appeler parce qu’ils ne répondront pas : pour des raisons différentes, ventre repu n’a pas d’oreilles non plus. « Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. » Jésus n’a pas de temps à perdre avec les FAUX justes qui scellent leur propre condamnation : ceux-là sont les riches chez qui il est si difficile d’entrer dans le royaume de Dieu[7] Le VRAI juste est celui qui renonce à l’auto-justification, que celle-ci provienne de lui-même ou de l’assentiment de FAUX justes extérieurs : le mal rencontre plus aisément de multiples complicités que le bien. Le VRAI juste subirait de cuisants échecs au suffrage universel, parce qu’il place davantage son espérance dans le Seigneur de miséricorde –ET de justice- que dans les hommes. Abraham est de leur nombre :

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 4,18-25.
Espérant contre toute espérance, il a cru, et ainsi il est devenu le père d'un grand nombre de peuples, selon la parole du Seigneur : Vois quelle descendance tu auras ! Il n'a pas faibli dans la foi : cet homme presque centenaire savait bien que Sara et lui étaient trop vieux pour avoir des enfants ; mais, devant la promesse de Dieu, il ne tomba pas dans le doute et l'incrédulité : il trouva sa force dans la foi et rendit gloire à Dieu, car il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d'accomplir ce qu'il a promis. Et, comme le dit l'Écriture : En raison de sa foi, Dieu a estimé qu'il était juste. En parlant ainsi de la foi d'Abraham, l'Écriture ne parle pas seulement de lui, mais aussi de nous ; car Dieu nous estimera justes, puisque nous croyons en lui, qui a ressuscité d'entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification.

______VRAI juste, Abraham [8] n’espérait rien des hommes ni de lui-même : cet homme presque centenaire savait bien que Sara et lui étaient trop vieux pour avoir des enfants. Lui aussi avait parfaitement CONSCIENCE de SA misère, liée à son absence de descendance et à son grand âge qui achevait d’en évaporer toute espérance humaine : il était espérant contre toute espérance. C’est la promesse de Dieu qu’il espérait, non celles des hommes, fugitives comme la brume du matin, comme la rosée qui s'évapore à la première heure. Il n'a pas faibli dans la foi et c’est en raison de sa foi que Dieu a estimé qu'il était juste. Le VRAI juste est celui qui accueille l’assentiment du VRAI juste extérieur : c’est le même qui accueille le royaume de Dieu à la manière d’un enfant [9]… fût-il presque centenaire ! Il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d'accomplir ce qu'il a promis : au Temple, lui aussi aurait pris sur son indigence et non sur son superflu.
______C’est en raison de sa foi que Dieu a estimé qu'il était juste, non en raison de ses œuvres : que peut-on d’ailleurs accomplir quand on est presque centenaire ? Les œuvres, ce sont toujours les sacrifices, la connaissance de Dieu, les holocaustes… sans omettre les robes solennelles, les salutations sur les places publiques, les premiers rangs dans les synagogues, et les places d'honneur dans les dîners.[5] Tout ceci étant enrobé par les pieuses affections de longues prières pour l’élite des "justes" : l’auto-justification peut se faire plus subtile quand elle croit pouvoir contraindre l’assentiment du VRAI juste extérieur…
______Abraham ? L'Écriture ne parle pas seulement de lui, mais aussi de nous. De nous aujourd’hui, pas seulement du temps de saint Paul ! Aujourd’hui plus que jamais, Dieu nous estimera justes, puisque nous croyons en lui, qui a ressuscité d'entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification. Naturellement, cette justification n’a plus lieu d’être si nous ne croyons pas en lui (non seulement de mots -toujours sujets à querelles- mais de cœur, d’intelligence et de force [6]). Elle n’a pas davantage lieu d’être si nous estimons qu’Il a été livré pour les fautes des autres et ressuscité pour leur justification : affectiond’humilité qui se substitue habilement à Jésus pour notre justification. Non qu’Il n’ait pas été aussi livré pour les fautes des autres et ressuscité pour leur justification, mais les autres sont les autres et nul ne peut faire leur salut à leur place : position qui fait déjà grincer le « PVA » en herbe. En revanche, les autres s’y entendent à merveille pour travailler à compromettre votre propre salut… quitte à ce que cette épreuve s’effectue au nom de notre salut : tous ceux qui vous tueront s'imagineront offrir ainsi un sacrifice à Dieu.[10] Justification particulièrement absurde puisque ce ne sont pas les sacrifices qu’Il désire : justification de FAUX juste, bien entendu. (Il existe même des termes plus crus après faux… que la bienséance interdit de préciser ici…)

______« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. » C’est par cette phrase que la rubrique "l’Évangile au PRÉSENT" de ce blog a pris son essor,[11] au tout début du Carême de cette année. À l’issue de cette période liturgique, le visiteur était invité à en rechercher les fruits dans la rubrique voisine : les jours de la Passion étaient-ils bien achevés pour tout le monde ? [12] Alors, ce Carême : simple commémoration sacrificielle de justes parmi les justes se voulant avides d’une connaissance de Dieu… fugitive comme la brume du matin, comme la rosée qui s'évapore à la première heure, ou bien Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification, nous a-t-il quelque peu –à Sa suite- ressuscité de certaines de nos petites "morts" ? Il convient peut-être de se poser la question avant de poser celle qui brûle les lèvres : car Il est venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. Sous-entendu : les pécheurs et les malades, c’est tout un. Ce qui est un joli raisonnement… de FAUX juste. « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. » La question qui brûle les lèvres est la suivante : pour beaucoup, elle n’est plus même une question mais une intime conviction. Il est venu en tant que médecin, pour les malades. Il est donc venu aussi pour les "malades psychiques", ce qui explique par ailleurs que ceux qui les "soignent" soient tenus pour des apôtres laïcs de la… miséricorde !!! C’est n’avoir rien compris à la VRAIE miséricorde ni à ce qui structure les dogmes de la "santé mentale". De la VRAIE miséricorde découle naturellement une démarche de pardon [13] initiée par une prise de conscience personnelle de sa misère [14]. Ceci est parfaitement étranger au monde de la "santé mentale" qui feint de s’intéresser à un autre registre de la conscience [15] : c’est très étonnant de constater combien ce mythe viral [16] INTERDIT tout embryon de pardon, partout où il se répand. Personne n’a plus rien à pardonner à personne : tous "saints" comme Dieu est Saint ! Pourtant, qu’est-ce qu’un « PIA » sinon l’élite des élites du juste laïc ? Les "diagnostics" qu’il produit sont étymologiquement des sacrifices puisqu’ils sont manifestement sacrés. Le plus extraordinaire dans un tel "diagnostic" n’est pas qu’il soit erroné (c’est l’inverse qui le serait !), c’est qu’il se veut définitivement VERROUILLÉ et invalidant [17]. Ce que se garde bien de préciser tout juste conseiller à la "consultation" : les conseillers ne sont pas les payeurs... Un "diagnostic" peut être confronté à un démenti formel, cinglant et visible, voire proprement scandaleux (comme dans la sinistre affaire d’Outreau [18]), il RESTE sacré ! Certaines expériences ont même été menées, mêlant des faux "malades" (et vrais étudiants) à des "vrais" au sein d’établissements se voulant sans rire "hospitaliers" [19] : ils en sont sortis en "rémission" de "schizophrénie" [20] !!! Ces fausses "maladies" vont même jusqu’à enfermer leurs concepteurs dans leur logique d’enfermement : on ne guérit pas de leurs "pathologies", mais on accorde grassement au "souffrant" le droit de souffler un peu de temps en temps : quelle "miséricorde" !… Les concepteurs de tels "diagnostics" continuent de tenir le haut du pavé comme si de rien n’était. « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades… » Les VRAIS malades : ceux qui souffrent dans leur corps, voire neurologiquement dans leur esprit pour peu qu’ils se soient laissé "soigner" pour une pseudo-pathologie "psychique". Les "malades psychiques" ayant par chance échappé aux "soins" n’ont pas besoin du médecin, mais d’être libérés du "médecin" ! Avec ce dernier, ce ne sont pas les gens malades qui ont besoin du médecin, mais les bien portants… les « PVA » et toute une clique de justes qui se justifient les uns les autres avec l’énergie du désespoir.

______Le « PIA » massacre par les paroles de sa bouche ? Il faut lui faire "confiance" : il est "médecin". Il fait tomber dans le doute et la crédulité ? Il faut lui faire "confiance" : il est "médecin". Efforçons-nous de connaître le « PIA » ; sa venue est aussi certaine que celle du crépuscule des dieux, elle sera malfaisante pour nous comme la grêle, comme les pluies acides qui empoisonnent la terre. Aucune importance. Il faut lui faire "confiance" : il est "médecin". Le DSM IV [21] ne parle pas seulement de lui, mais aussi de nous ; car il nous estimera injustes, puisque nous croyons en lui, qui nous fait oublier pour "raisons de santé" que Jésus notre Seigneur est ressuscité d'entre les morts, ceux-là nous ayant livré à son "diagnostic" pour leurs fautes et calomnié pour leur justification.Car ce sont les sacrifices qu’il désire, et non l’amour, les holocaustes qui justifient son inutilité, plutôt que la connaissance de Dieu. Aucune importance. Il faut lui faire "confiance" : il est "médecin". Et gare à celui qui prétend le contraire : il est "injuste", bien sûr…

______Au fond, l’on comprend que les disciples de Jésus soient les premiers à se faire berner par ce langage de FAUX juste : il ressemble à s’y méprendre à celui de l’Évangile ! Simplement, ils le lisent de droite à gauche. Ils s’entraînent probablement à lire le Coran dans sa version originale… Sortira-t-on un jour de ce capharnaüm de pacotille ?

mercredi, 04 juin 2008

Des vivants, Dieu dévie qui n’en démord pas


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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,18-27.
Des sadducéens - ceux qui affirment qu'il n'y a pas de résurrection - viennent trouver Jésus, et ils l'interrogeaient : « Maître, Moïse nous a donné cette loi : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, qu'il épouse la veuve pour donner une descendance à son frère. Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance. Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement. Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et finalement, la femme mourut aussi. À la résurrection, quand ils ressusciteront, de qui sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ? » Jésus leur dit : « N'êtes-vous pas dans l'erreur, en méconnaissant les Écritures, et la puissance de Dieu ? Lorsqu'on ressuscite d'entre les morts, on ne se marie pas, mais on est comme les anges dans les cieux. Quant à dire que les morts doivent ressusciter, n'avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : Moi, je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob ? Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes complètement dans l'erreur. »

_____Les doctrines humaines se font chaque jour plus dérisoires : après les pharisiens et les hérodiens qui tentaient de réduire la loi de l’amour à l’amour de la loi –de circonscrire le transcendant à l’immanent- en opposant Dieu à César [1], voici qu’interviennent les sadducéens. Certes, beaucoup peuvent trouver leur demeure dans la maison du Père [2], signe d’une immense diversité humaine qui se plaît à se manifester ici-bas. Simplement, la lourdeur de ce monde peine à traduire cette multiplicité en des points de vue empreints de préjugés qui ne se contredisent pas. Ainsi, on devrait garder la question de la résurrection ouverte, s’interroger légitimement sur sa possibilité, sans l’inclure ni l’exclure. Or, les sadducéensprivilégient cette exclusion : ils affirment qu'il n'y a pas de résurrection. Ils ne se demandent pas si oui ou non, la résurrection est possible : ils affirment qu’elle ne l’est pas. L’honnêteté intellectuelle requiert pourtant de fonder quelque affirmation sur une réflexion cohérente qui repose sur des faits vérifiables : or, il n’y a rien de moins vérifiable que la résurrectionpuisqu’elle échappe aux critères habituels de l’analyse, sa vérification ne pouvant s’opérer qu’au-delà de ce monde. En ce monde, ce n’est pas tant la résurrection qui n’existe pas que les outils de sa vérification. Par conséquent, affirmer qu’il y a -ou qu'il n'y a pas de résurrection est en soi un non-sens philosophique puisque cette question ne peut rester qu’ouverte, faute de démonstration dans un sens ou dans l’autre : elle demeure cependant accessible à la raison via le saut qualitatif dans la foi. Quelle qu’elle soit, une affirmation fermée à toute raison n’est PAS une affirmation. Ce n’est qu’une incantation qui est comme l’herbe [3] : au gré du vent des humeurs, elle est comme la fleur des champs ; elle se dessèche et se fane.
_____Dès lors, l’interrogation des sadducéens qui viennent trouver Jésus est biaisée. Même s’ils nourrissent des arrières-pensées moins truffées de chausse-trappes que celles des pharisiens et des hérodiens qui cherchaient à prendre Jésus au piège, il n’en demeure pas moins qu’ils sont complètement dans l'erreur. Eux aussi croient s’arracher à l’immanence terrestre en se référant à la loi de Moïse. Leur question laisse cependant apparaître que l’avion était trop lourd et ses ailes trop courtes : il se crashe en bout de piste sans avoir décollé d’un centimètre. On le sait : celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre.[4] Un rouleau compresseur n’a pas d’ailes, ne roule pas assez vite : il ne sait qu’aplanir les difficultés, mêlant ensemble les granulats les plus composites. Cette question des sadducéens est exclusivement d’ordre terrestre, fondée sur les seuls critères de ce monde qui ne regarde l’amour que par le prisme réducteur de l’amour de la loi. L’amour qui ne raisonne pas en termes d’exclusivité -ce qui sous-tendrait moultes exclusions [3]- est étranger au doctrinaire « PVA », qu’il soit sadducéen, pharisien, Juif, païen ou Grec. « À la résurrection, quand ils ressusciteront, de qui sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ? » À la résurrection, cette question apparaîtra pour ce qu’elle est : absurde. Avec Pierre, nous pourrons clamer un amour sans frontières : d'un cœur pur, aimez-vous intensément les uns les autres ! Tous les obstacles dressés par les doctrines humaines n’ont plus lieu d’être parce qu’ils deviennent caducs : lorsqu'on ressuscite d'entre les morts, on ne se marie pas, mais on est comme les anges dans les cieux. Comme les anges dans les cieux ! Non des anges, mais comme eux, c’est-à-dire sans les limites imposées par ce qui meurt : le corps, réceptacle d’émotions qui enferment le regard quand elles prostituent la raison selon leurs seuls critères. On ne se marie pas, parce que l’union est universelle, définitive et n’a plus besoin de promesses puisque toutes s’accomplissent.

_____La résurrection ? C’est le rendez-vous des rendez-vous… notamment des rendez-vous terrestres manqués. Elle est le lieu par excellence de l’étonnement [5 p.10] : celui-là même qui passe par la renaissance [6] telle que signifiée à Nicodème. Celui-là qui renverse les prospectives à courte vue des esprits les plus tordus.[1] L’étonnement ? Le premier d’entre tous est bien la résurrection, par le bouleversement total qu’elle apporte : étonnement d’être comme les anges dans les cieux, à savoir une totale transparence qui n’est plus un slogan à la mode mais une réalité vécue en hauteur, en largeur et en profondeur. La résurrectionsigne la mort… de toutes ces apparences qui constituent autant d’obstacles à la vérité. L’étonnement sera la marque de nombre de paroles et d’actions réputées entreprises sous l’empire d’une raison "raisonnable" : qu’en restera-t-il à la résurrection ? Une poignée infime de sagesse humaine… et une masse considérable de structures s’écroulant complètement parce que bâties sur le sable [7] mouvant des émotions ! À l’inverse se maintiendra tout ce qui a résisté à ces émotions au seul nom de la raison : tout ce qui -on s’en doute- aura été tenu pour "déraisonnable"… au minimum. L’étonnement va jusqu’à englober la peur, maquerelle de toutes les émotions : s’il partage avec elle une certaine surprise de la découverte, il la dépasse amplement en dévoilant tout ce qu’elle aura figé voire fait reculer. C’est l’étonnement qui transforme la peur en terreur chez tous ceux qui l’auront exploitée à des fins de pouvoir et de manipulations chez les autres. La résurrection n’a plus besoin de professions… de foi ou de métiers : elle dévoile tout amour et condamne tout obstacle à l’amour dont il ne reste pas pierre sur pierre ce jour où les cieux embrasés seront détruits, où les éléments en feu se désagrégeront (2 P 3,12-15.17-18). La résurrection remet bien des pendules à l’heure : elle disperse les superbes. Elle renverse les puissants de leurs trônes, elle élève les humbles. [8]

_____La résurrection est moins une projection de l’avenir qu’une gestation de l’amour au présent : c’est MAINTENANT que nous sommes jugés sur l’amour. Non sur l’amour en intentions, mais sur l’amour en action… ou en omission. C’est bien sur l’amour que nous sommes jugés, non sur nos émotions ou sur les mécanismes psychologiques de défense qui les articulent. Si ces derniers sont techniquement dignes d’intérêt, ils ne fournissent que des bribes d’explications comportementales : non des matières à justification morale absolvante ou des prétextes à relâcher sa vigilance, voire de la confier à d’autres en s’en estimant incapables par fausse humilité. Être jugé sur l’amour, c’est aussi être mesuré à sa volonté de (r)établir des liens naturels… ou de les dissoudre jusqu’à leur substituer des liens contre-nature qui s’avèrent in fine plus destructeurs encore. Dans la résurrection, l’amour exclusif révèle ses limites : l’exclusivité se nourrissant de l’exclusion. En ce sens, la question des sadducéens est pervertie par sa potentialité à diviser au lieu d’unir, ce qui est particulièrement contrasté sur le thème fondamental de l’alliance que peut constituer celui du mariage. De qui sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ? C’est là une question relevant d’un amour exclusif : par conséquent, elle devient hors de propos dans le cadre de la résurrection. Si on y est comme les anges dans les cieux, chacun est transparent à l’autre et n’a pas besoin de ces béquilles terrestresdestinées à garantir une unité fragilisée par des éléments diviseurs.

_____Car ce n'est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de raison. (2 Tm 1,1-3.6-12) Aujourd’hui encore, Paul stigmatise cet esprit de peur, matrice de la plupart des éléments diviseurs. Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Et le vivant est justement celui qui est pourvu d’un esprit de force, d'amour et de raison.Celui qui est mû par un espritde faiblesse, de peur de l’amour et d’émotions superficiellement rationalisées est tout au plus un viveur, non un vivant. Lui aussi est comme la fleur des champs… et il n’existe pas de professionnel qui sache restituer sa fraîcheur à une fleur desséchée et fanée. En revanche, il existe des légions d’imposteurs de l’esprit qui se font passer pour des esprits de force, d'amour et de raison. Leur force, ils la puisent dans la faiblesse des esprits de peur. Leur "amour", ils le fabriquent en apportant l’illusion de rendre les faibles plus forts en déplaçant leurs culpabilités sur plus forts qu’eux. Leur "raison" est entièrement modelée en fonction des émotions des esprits de peur. Non seulement ils sont complètement dans l'erreur, mais de par le pouvoir que leur apporte leur fonction ils entraînent dans cette erreurles esprits de peurqui se fient à eux. La résurrection n’a plus besoin de professions… de foi ou de métiers : elle dévoile tout amour et condamne tout obstacle à l’amour : tout ce qui brise les liens. La résurrection signe la mort… du « PIA » : la transparence dévoile l’intérieur de l’autre dans sa réalité, non dans des fantasmes idéologiques où l’incantation faussement compatissante tient lieu d'amour et de raison. Tout ce qui est dans l'erreur, méconnaît les Écritures (et a fortiori, les travestit), et la puissance de Dieu est purement et simplement balayé. L’étonnement transformera la peur en terreur chez quiconque se fait acteur ou complice de la réduction d’un esprit de force, d'amour et de raison en esprit "malade", le dessein "bienveillant" d’apaiser ponctuellement des esprits de peurne justifiant en rien de transférer cette peur sur autrui. La résurrection n’est plus le lieu du déploiement de mécanismes de défense qui justifient l’injustifiable : fini de tricher avec l’intérieur de l’autre, la transparence impliquant qu’il soit le même pour tous et pour soi. Elle interdit par conséquent de nouvelles tentatives de transfert de la peur, toutes les anciennes revenant en écho telles un boomerang : d’être complètement dans l'erreur à complètement dans la terreur, il n’y a que la largeur de l’amour qui aura été perdu chez soi et chez les autres. Le « PVA » est bien entendu concerné au premier chef : que sert de protéger la vertu de l’autre quand c’est au détriment de l’amour ? Il n’est de vertu que dans l’amour reçu [9], non dans l’amour chassé !