24.03.2008
Un gars lit les Huns 2… Le retour
Vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s'approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. »
Tandis qu'elles étaient en chemin, quelques-uns des hommes chargés de garder le tombeau allèrent en ville annoncer aux chefs des prêtres tout ce qui s'était passé. Ceux-ci, après s'être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en leur disant : «Voilà ce que vous raconterez : 'Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.' Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui.»
Les soldats prirent l'argent et suivirent la leçon. Et cette explication s'est propagée chez les Juifs jusqu'à ce jour.
Ainsi, hier Jean portait l’accent sur Marie Madeleine seule : une femme isolée est sans doute moins sujette au bavardage que si elle est accompagnée ! Avec Matthieu, l'autre Marie est également présente. Vraisemblablement Marie de Magdala : la Mère du Seigneur est bien davantage qu’une autre Marie puisqu’elle est Marie par excellence. Pour Jean, il suffit que Marie Madeleine aie vu la pierre roulée pour attester de la Résurrection. Pour Matthieu, la même est accompagnée, rendant ainsi un témoignage plus crédible parce que commun aux deux femmes. S’ajoutent bien sûr l’intervention de l’ange du Seigneur, ainsi que son adresse aux femmes. Afin de faire bonne mesure, et pour prévenir tout risque de suspicion d’hallucination collective, les gardes du tombeau sont eux-mêmes mis à contribution, par une réception de cet événement extraordinaire différant en tout point de celle des deux femmes appelées à témoigner ensuitre aux disciples : eux furent bouleversés, et devinrent comme morts. Les servants de l’amour de la loi sont figés là où les servantes de la loi de l’amour, tremblantes et toutes joyeuses, coururent porter la nouvelle aux disciples. Les uns sont dans la crainte ; par deux fois, les autres sont priées de ne plus l’être : « soyez sans crainte ! », la première fois par l’ange du Seigneur, la seconde par le Seigneur en personne. La Résurrection bannit en effet toute crainte chez qui y accorde sa foi et sa confiance. Mais jamais elle ne s’impose à quiconque par la force de la démonstration !
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23.03.2008
À VIE de recherche
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Le matin de Pâques, Marie-Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. » Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.
Mâtin, quel matin ! Comme le jour éclipse la nuit, la vie éclipse la mort : la pierre a été enlevée du tombeau. Les "lendemains qui chantent" ne sont qu’illusions humaines ; ce qui n’est pas illusoire en ce matin de Pâques, c’est que les morts ne roulent pas la pierre de leur tombeau. Les morts ne roulent pas davantage le linge qui avait recouvert leur tête. Si leur tête n’a plus besoin d’être recouverte, c’est justement parce qu’ils en ont de nouveau besoin afin de voir loin : plus loin que la mort. Ne serait-ce pas la mort elle-même qui a été roulée ? Il y a du vivant là-dessous ! Oui, mais QUEL vivant ? « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. » "On" : pour l’instant, ce vivant est indéfini ; on ne sait pas encore qu’il est infini. Alors, on croit encore qu’il s’agit d’un vivant extérieur au mort. C’est que les morts sont figés : comment pourraient-ils bouger ? Les vivants, eux, bougent : ils bougent d’autant plus vite qu’ils ne retrouvent pas leurs morts : Marie-Madeleine courut ; […] Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite… À quoi bon tant se hâter ? Les morts ne se sauvent pas. Sauf celui-là, justement ! Parce qu’il s’est sauvé, c’est à qui courra le plus vite. Jusque-là, en effet, on ne savait pas encore que le mort s’est sauvé POUR SAUVER.
Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église (Mt 16, 18).Une Église vivante est une église de chair plus que de pierre : si celle-ci a été enlevée du tombeau, c’est afin que la vie s’engouffre là ou régnait la mort. C’est une Église de la Résurrection ; le linge du reniement et de la mort qui avait recouvert sa tête est non pas posé avec le linceul de cette mort, mais roulé à part à sa place : chacun est à sa place, a sa part qui n’empiète pas sur celle de l’autre. À l’un revient d’entrer le premier, mais non le seul. À l’autre revient de croire à la suite de ce que voit le premier. À tous revient de savoir où on a mis ce qu’on a enlevé, afin de croire ce qu’on ne voit pas. À la femme, revient le rôle éminent de rendre de chair ce qui est de pierre : de donner à la vie un parfum de résurrection et de grâce, quel qu’en soit le coût. La loi de l’amour est à ce prix. Elle est une loi d’éveil au grand matin, non de "grand soir" !!!
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22.03.2008
SILENCE : ON TOURNE…
Même le silence de la mort n’est pas égal pour tous. Le Messie est mort. Judas est mort. Avec Jésus, ont été crucifiés deux larrons : tous deux sont morts après qu’on leur aie brisé les jambes. Hier, Jean était très laconique sur ces deux larrons : Là, ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Nous n’en saurons pas davantage. Mais déjà, nous savons que Jésus est au milieu d’eux, partageant avec eux le sort funeste qui leur est réservé : l’extrême limite de la misère. Jusqu’au sommet du Golgotha de chacun, Jésus demeure au milieu de nous.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 23,39-43.
« L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : « N'es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi. » Mais l'autre, le reprenant, déclara : « Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine ! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes : mais lui n'a rien fait de mal » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras avec ton Royaume. » Et il lui dit : « En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis. »
L’Église a même retenu le nom de ce racheté de la dernière heure : Dismas. De même que la Miséricorde a un nom, la misère dont prend conscience celui qui en est porteur le relève en lui donnant un nom. Le mauvais larron, lui, restera à jamais anonyme. C’est par sa mort que Dismas est montré en exemple : surtout pas par sa vie ! Si celle-ci avait été exemplaire, que viendrait-il faire ici ? Certes, le Christ a encore MOINS à faire ici, mais Sa condamnation n’est pas de même nature. Et c’est Dismas lui-même qui le reconnaît ! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes : mais lui n'a rien fait de mal . Sa vie durant, il a trahi la loi de l’amour : il en accepte le prix à payer sans chercher à reporter ce coût sur autrui. Certes, sa situation désespérée l’ouvre à la conscience de sa misère, mais cette situation ne diffère pas chez son comparse qui cherche au contraire à SE servir du Christ à son profit. Deux pécheurs proches du Seigneur jusque dans l’agonie : l’un qui rejette les conséquences de son propre mal, l’autre qui en tire les conséquences sans prendre le mal pour le bien. Un autre proche du Seigneur (plus proche encore que Dismas, puisqu’Il L’a cotoyé pendant trois ans) a perdu jusqu’à son nom : Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! Pas davantage qu’un condamné de la pire espèce, Judas était "interdit" de miséricorde : Dismas avait sans doute plus de sang sur les mains que lui. Qui a condamné Judas ? Personne d’autre que lui-même. La différence fondamentale qui existe entre les deux hommes est que l’un était un voleur alors que l’autre était un criminel de droit commun, ne cherchant pas à travestir ses crimes en actes de bienfaisance. Judas était un voleur jusque dans sa conception du bien et du mal : volant le bien de l’autre afin de recouvrir son mal, déguisant ainsi le mal en bien, comment aurait-il pu s’ouvrir à la miséricorde ? Celle-ci ne s’applique que sur un mal désigné comme tel : étrange "miséricorde" qui se surprendrait à effacer un bien…
Le silence du sabbat parle à nos cœurs : en cette vigile pascale, sommes-nous assez vigilants sur ce que nous faisons AUJOURD’HUI de notre misère ? OÙ la faisons-nous nicher ? Dans le silence de la mort, ou dans celui de la résurrection ? À la mort, à la vie, il n’y a plus de trou si noir que le Père n’y soit pas. À la sombre crèche de la Naissance, il y a un Joseph : le père des pères, celui qui écrase "l’impossible" du talon comme Marie écrase la tête du serpent. Et c’est un autre Joseph qui apprêtera le Fils dans la crèche de la Résurrection : la loi de l’amour fait rouler jusqu’aux pierres…
14:28 Publié dans L'Évangile au PRÉSENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, religion, christianisme, spiritualité, Évangile, santé, société
20.03.2008
Amour propre contre amour-propre
Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout. Au cours du repas, alors que le démon a déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l'intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est venu de Dieu et qu'il retourne à Dieu, se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu'il se noue à la ceinture ; puis il verse de l'eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu'il avait à la ceinture. Il arrive ainsi devant Simon-Pierre. Et Pierre lui dit : « Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ! » Jésus lui déclara : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n'auras point de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n'a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, ... mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c'est pourquoi il disait : « Vous n'êtes pas tous purs. »
Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m'appelez 'Maître' et 'Seigneur', et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous.
Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout. Un amour statique n’est déjà plus l’amour : c’est un amour-compris qui n’est au mieux qu’entretenu, jamais développé. Or, l’amour est don, non un acquis : son exercice est toujours à acquérir… jusqu'au bout. À rebours de l’amour-compris, c’est l’amour "service compris" qui est placé en exergue aujourd’hui : l’amour qui ne se laisse pas étouffer sous le poids des conventions, et qui purifie au contraire celles-ci à son contact. L’amour-compris, c’est l’amour conventionnel –voire conventionné !- de l’amour de la loi. Privilégier la loi de l’amour, c’est accepter de se laisser purifier dans la confiance… ce qui réclame naturellement la reconnaissance préalable de sa relative impureté.
12:56 Publié dans L'Évangile au PRÉSENT | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, religion, christianisme, spiritualité, Évangile, santé, société
19.03.2008
Service non compris
Alors, l'un des Douze, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui proposèrent trente pièces d'argent. Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer. Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : 'Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.'» Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il leur déclara : « Amen, je vous le dis : l'un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l'un après l'autre : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Il leur répondit : « Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né ! » Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C'est toi qui l'as dit ! »
Il n’est pas de combats sans blessures. De la position que nous adoptons vis à vis de ces blessures dépend justement notre compréhension : celle-ci requiert davantage de l’intelligence du cœur que du froid raisonnement mathématique. Dans l’infidélité intérieure, c’est l’amour qui est blessé : selon ce que nous en recevons, nous le traduisons comme tel –une blessure d’amour, propice à une certaine fécondité- ou nous repoussons cette blessure à l’extérieur, ne percevant plus l’infidélité qu’à l’extérieur. Ce qui conduit naturellement à poser des actes dictés par un dépit d’amour. Ces actes comportent différents degrés : de l’abandon de l’Église mère (au profit d’une autre ,–ou d’aucune !- ou d’un retour à une Source plus "pure" parce qu’aconfessionnelle) au crime passionnel, en passant par le refuge en divers modes d’évasion. L’amour est déçu. Oui, mais… QUEL amour ? L’amour réel, ou l’image que nous nous en faisons ? Certes, les autres ont une relative responsabilité dans l’image de l’amour qu’ils transmettent, qu’eux-mêmes ont reçu pour une part en héritage et qu’ils véhiculent telle quelle sans trop se questionner sur sa validité, se fiant sans discernement à l’image qu’ils en ont. Sans doute est-ce moins l’amour qui déçoit que ses thuriféraires les plus engagés qui le trahissent plus qu’ils n’en témoignent. Cela relève d’une saine exigence d’amour. Et c’est justement parce que cette exigence est inscrite au plus profond de notre cœur qu’elle NOUS interroge au premier chef.




