30.05.2008

S'ENGAGER POUR LA LIBERTÉ.

Par BRUNO LEROY (26 mai 2008)

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    Prendre une décision qui engagerait toute une vie devient un véritable dilemme dans notre société. Il suffit de voir l’hésitation de certains jeunes face au mariage. Ce qui rassure certaines personnes, c’est que le mariage n’est pas nécessairement un engagement ; il est toujours possible de divorcer.

    Dans notre société qui s’arrange toujours pour tuer notre intériorité, l’engagement est devenu affaire de Liberté. Le mot est dévoyé depuis tant d’années que nous pouvons le définir facilement. La plupart des gens considèrent, de nos jours, que la Liberté consiste à avoir des droits mais jamais de devoirs ! C’est la plus nihiliste des définitions de la Liberté, la plus destructrice. Cela se répercute sur les Jeunes de façon diabolique : la société leur doit TOUT et eux ne doivent RIEN à cette société pourrie.

    Je ne ferai pas une analyse sociologique pour savoir pour quelles raisons nous sommes arrivés à cette incohérence, quoique que j’ai ma petite idée. Ceci est important car il dénote bien pour quels motifs nous sommes dans un climat de violence sans nom. Personne n’est responsable de personne et le monde court à sa perte. Un jour, un journaliste me demanda, ce qui avait changé au niveau éducatif depuis 29 ans que j’exerce cette profession. Je lui ai répondu que la plupart des meurtres, des toxicomanies sont dues à de nouvelles pathologies provoquées par un manque de maturité. En bref, la société dans laquelle nous vivons est constituée de dépressifs et de malades mentaux.

    C’est à nous, Adultes bien dans notre peau de montrer que dire " OUI " à Dieu, à la Vie, à l’Amour et rester fidèles à nos promesses du départ n’est pas toujours évident et cependant possible. Frères et Soeurs en ce jour, faisons la promesse de suivre Christ dans Son Amour Libérateur et que cet engagement coule dans nos veines jusqu’à la rencontre suprême.

    Montrer, non pas de mots, mais d’actes que l’Amour de Dieu peut emplir la terre jusqu’aux extrémités, cela est un Témoignage fort qui ne sera que contagieux. Les Témoins de Christ, que nous sommes doivent dire par leur exemple de vie que l’engagement est possible dans la confiance. Le monde meurt de confiance en autrui et par conséquent en Dieu.

    Si les Jeunes qui sont les racines de l’être, ne voient pas en nous cette profondeur de Foi, de convictions, de force et d’Espérance. Alors, le monde de demain, ne sera qu’un immense océan d’incertitudes et de lâchetés. Aimons Christ d’un réel et profond Amour pour Lui dire : je te suis quoiqu’il arrive ma confiance en Ton Amour est sans limites.

    Notre joie sera perceptible auprès de chaque être rencontré et son mystère posera questions à ceux et celles qui se sentent vides intérieurement. En effet, il en va de notre présent mais également de l’avenir de notre terre tout entière. Frères et Soeurs, notre réponse doit être claire et fervente pour affirmer de nouveaux repères à la face du monde.

    L’évangélisation ne peut passer par des personnes pusillanimes et qui n’osent s’engager à la suite de Christ. L’Amour que nous répandrons en Son Nom aura le parfum du futur et le Bonheur du présent. Quoi de plus merveilleux que d’offrir sa Vie à Dieu-Amour pour donner Sens à notre existence et celle d’autrui. Puissions-nous être les transmetteurs de l’Amour de Dieu sur Terre.

Source : Bruno LEROY.
 
    S’engager pour la liberté, c’est AVANT TOUT se dégager absolument de tout ce qui l’entrave. Bien sûr, c’est parer à l’urgent, au palpable qui n’attend pas : ces jeunes qui hurlent leur détresse, les injustices sociales parfois criantes, de multiples bouées lancées dans cet "océan d’incertitudes et de lâchetés", tout cela non sans avoir puisé soi-même à la source de tout Amour afin de ne pas se laisser engloutir.
 
    Si le constat est grosso modo le même pour tous les gens qui se veulent un minimum "sensés", les MOTS qui le traduisent recèlent de redoutables pièges. Ainsi –coup de gueule à Bruno !-, une phrase de ce genre qui est à bannir à tout jamais de notre vocabulaire : "En bref, la société dans laquelle nous vivons est constituée de dépressifs et de malades mentaux." NON ! Cent fois NON ! C’est là faire le lit des vautours de la "santé mentale", ces "médecins" traîtres à la médecine que j’ai longuement eu l’occasion de fustiger ici comme ailleurs. De grâce, que l’on appelle enfin un chat un chat : le "moral" moral (ou immoral, amoral) [1] et qu’on circonscrive le "mental" à des strictes limites. La société dans laquelle nous vivons est constituée de mollusques moraux et de larves spirituelles –voire de MORTS spirituels selon la définition de saint Augustin-, mais PAS de "malades mentaux" !!! Cela ne fait certes pas plus plaisir, mais au moins ne donne-t-on plus du grain à moudre à des gens "qui s’arrangent toujours pour tuer notre intériorité". Ce qui alimente à l’infini ces maux que nous déplorons à longueur de jours ! 200 internements de FORCE dans les établissements de "soins" de ces gens-là. Par an ? Non : par JOUR ! En République Populaire de Chine ? Non : en FRANCE ! Pendant les "heures sombres de l’Histoire" ? Non : AUJOURD’HUI ! Aujourd’hui, dans ce pays, deux-cents personnes deviennent du jour au lendemain des citoyens de seconde zone "soignés" dans des zones de non-droit au nom du caprice arbitraire d’un voisin, d’un conjoint, d’un collègue, de n’importe quel proche. Du jour au lendemain, on intoxique l’organisme de ces personnes de drogues dures qui les réduisent à l’état de bêtes : fauves ou moutons, c’est selon… S’engager pour la liberté, c’est vomir ce scandale permanent et honteux, rejeter absolument TOUTE forme de complicité ou de complaisance à l’égard de cette funeste barbarie sur les âmes.
 
    "Montrer, non pas de mots, mais d’actes que l’Amour de Dieu peut emplir la terre jusqu’aux extrémités, cela est un Témoignage fort qui ne sera que contagieux…" et qui, seul, pourra contrecarrer ces contagions contraires, insupportables dénis à l’Amour de Dieu comme à l’amour entre les hommes. D’accord, mais si les actes sont posés en fonction de mots qui sont piégés, force est de constater que c’est l’Amour de Dieu lui-même qui en pâtit. Voir des "malades mentaux" ou des "dépressifs" à chaque coin de rue, c’est poser des étiquettes qui ne résolvent RIEN en profondeur, qui figent TOUT, et qui sont violemment destructrices de tous les liens : conjugal, familial, social. Ce qui tue la confiance à tous les échelons. Cela, c’est plus qu’une "petite idée" sur les "raisons pour lesquelles nous sommes arrivés à cette incohérence" : c’est une blessure pour ceux qui la vivent. Cette blessure ne se soigne que par le retour au réel : le refus catégorique de toute compromission avec le langage de l’adversaire. Car cette compromission fait effectivement que "personne n’est responsable de personne", donc personne n’est coupable de dol à l’égard de personne… ce qui rend toute perspective de PARDON impossible, "en famille" ou non. La souffrance, elle s’enracine là : pas dans la "dépression"…
 
    "C’est à nous, Adultes bien dans notre peau de montrer que dire " OUI " à Dieu, à la Vie, à l’Amour et rester fidèles à nos promesses du départ n’est pas toujours évident et cependant possible." Et ce n’est possible qu’en rendant la vie impossible à cette chienlit putréfiante de la "santé mentale" qui est une fausse source et une véritable bouche d’égout. Ce qui implique, je vous l’accorde, de rompre avec certaines habitudes… mentales (!) de notre vocabulaire courant. "Le monde meurt de confiance en autrui et par conséquent en Dieu." Ce n’est qu’à ce prix-là que nous pourrons restaurer la confiance. Aidons-nous : le Ciel nous aidera. Laisserons-nous mourir le monde ?
Michel de Tiarelov

31.03.2008

Vivement que les nazes arrêtent…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,26-38.
Au sixième mois d'Élisabeth, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L'ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L'ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. » Marie dit à l'ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'. Car rien n'est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l'ange la quitta.
 
    Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. » Cette année, il était difficile de télescoper l’Annonciation du 25 mars avec la Résurrection : la "pré"-Naissance avec la "post"-Naissance ! Encore que ce vingt-cinq mars comportait quelques similitudes : une Marie et deux anges. Non plus une Marie "annoncée", mais une Marie envoyée annoncer par Celui-là même qui est annoncé aujourd’hui.
    Cette Annonciation sera naturellement suivie de celle [1] d’un homme de la maison de David, appelé Joseph. Car rien n'est impossible à Dieu. Le même Joseph sera dès lors le saint de "l’impossible" ! [2] À cette parole, elle fut toute bouleversée : c’est que toute annonciation vient déranger les plans établis… même chez un charpentier. Toute annonciation vient rendre possible ce qui ne l’était pas. L’Annonciation d’aujourd’hui tord le cou au mythe de l’amour impossible, jusqu’à rendre la vie possible chez une vierge et une 'femme stérile' ! Quand le Seigneur est avec toi, TOUT devient possible… quitte à dépasser et bousculer l’entendement humain. Quand le Seigneur est avec toi, le règne de l’amour n'a pas de fin. Et « voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l'ange la quitta. Le messager a achevé sa mission : que tout se passe selon sa parole. Marie commence la sienne : cette parole de l’ange retourne au Verbe qui se fait chair dans sa servante !
    Chez Marie, la porte n’est pas verrouillée. [3] Sa foi n’est pas crédulité : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » Si elle voit l’ange, elle n’en fait pas un magicien. Mais sa foi n’est pas non plus l’incrédulité ponctuelle de Zacharie qui, six mois plus tôt devant le même ange Gabriel, questionnait d’une manière apparemment analogue : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, je suis un veil homme, et ma femme aussi est âgée. » (Lc 1, 18-19) Zacharie deviendra muet jusqu’à la naissance de Jean Baptiste ! Comment vais-je savoir ? n’a pas exactement le même sens que Comment cela va-t-il se faire ? Nous avons d’un côté une jeune fille d’environ seize ans, donc peu expérimentée et ouverte à tous les possibles. Et nous avons de l’autre un PRÊTRE de longue date, donc très expérimenté… et se fermant avec l’âge à tous les possibles. Prêtre, Zacharie est censé savoir qu’ à Dieu rien n'est impossible : pourtant, l’amour de la loi [4](biologique) l’a momentanément emporté sur la loi de l’amour. Comment vais-je savoir ? Dans cette quête de savoir, la connaissance captative précède la naissance. Voici la servante du Seigneur. Chez Marie, c’est la reconnaissance –connaissance oblative- qui précède la naissance. C’est qu’une même parole ne produit pas toujours les mêmes effets : selon l’équilibre du balancier (binôme foi-incroyance d’un côté et crédulité-incrédulité de l’autre), tout devient possible… C’est que selon l’ouverture du cœur, la réception[5] de la parole peut rendre vraisemblable l’invraisemblable comme elle peut rendre invraisemblable le vraisemblable !
 
    Toute annonciation produit une parole ; tout verbe se fait chair. Tout est caricaturable et inversable à l’envi. Ainsi, l’Annonciation de la Vie est-elle singée par maintes annonciations de mort : on les reconnaît justement à ce qu’elles rendent invraisemblable le vraisemblable… à ce qu’elles rendent la vie impossible ! Ainsi en va-t-il de la correction fraternelle : d’instinct, un enfant sait qu’il mérite dêtre corrigé en fonction de la gravité de la bêtise qu’il a commise. Un enfant qui ne l’est pas est mûr pour la maison… de correction. L’esprit d’enfance est ouvert à tous les possibles : cela incline sans doute aux erreurs, mais surtout à la vérité sur ces erreurs… ne serait-ce que pour qu’elles ne se reproduisent pas trop souvent ! La question n’est pas ici de débattre sur le bien-fondé ou non de la punition corporelle (qui peut aussi générer des abus), mais de privilégier la justice à l’impunité, l’éducation à la démission.
    La correction fraternelle n’est pas exclusive aux rapports parents-enfants : elle est aussi ancienne que la Bible. La langue nouée de Zacharie, c’est une correction fraternelle. Il est souvent plus aisé de déceler les erreurs des autres que les siennes : c’est un droit –voire un devoir- que de les reprendre si nécessaire dans un contexte de fraternité impliquant donc l’absence d’un jugement dominant-dominé. Durant des générations, cette correction fraternelle a été pratiquée avec des hauts et des bas. Elle était acceptée ou non, mais au moins était-elle effective. Aujourd’hui, on la rend impossible ! Qui, "on" ? L’inénarrable, incontournable et lourdingue « PIA » ! Ce dernier vole au secours de celui qui n’accepte pas la correction fraternelle. LUI NON PLUS ne va pas l’accepter : cela n’appartient pas à ses schémas préconçus. LUI SEUL se veut le correcteur indépassable des travers humains. Gare à celui qui "menace" son client… pardon, son "patient" : "menacer" son protégé, c’est le menacer, LUI. Sans doute le fameux transfert psychanalytique…
    Exit la correction fraternelle : place au "harcèlement psychologique", voire la "violence psychologique" !!! Plus c’est gros, et plus cela passe : les interprétations à la chochotte rencontrent toujours un écho favorable chez ceux qu’effarouche la plus petite esquisse de combat. Moins le correcteur –le vrai- entre dans la combine, plus sa "dangerosité" est "avérée"… pour le faux, bien sûr. Sa parole se mesure à celle de l’autre, auréolée de son prestige de "médecin". C’est que l’annonciation peut également prendre la forme d’un "diagnostic", et le verbe se faire chair… (et cher pour celui qui se laisserait ainsi "soigner" !) Malheur à celui qui refuse son "diagnostic" : qu’il sache que son cas est typique du "déni de souffrance" ! Sa "pathologie" s’alourdit : moins il souffre, plus il "souffre". (Ce qui, on en conviendra, est d’une "cohérence" redoutable…) Qu’il sache également que ce film comique est tourné SANS caméra cachée. Les acteurs y jouent donc pour de vrai, mais sonnent un peu faux : plus ils prennent un air compassé, et plus… cet air est passé.
    L’annonciation est faite pour être annoncée. Surtout en cas de "dangerosité avérée" : on n’est jamais assez "prudent" ! Une certaine "barrière sanitaire" est donc de mise autour du fauve en puissance : il faut faire confiance à la médecine. Au nom de la "maladie" tout est permis, à commencer par le pillage en règle de la vie privée du "souffrant" : priorité à la recherche assidue des "preuves" (!) de sa "pathologie". Multiplions ce "cas" par dizaines de milliers… et organisons ensuite une semaine de la "santé mentale" afin de réfléchir ensemble –entre gens extrêmement sérieux- aux moyens à mettre en œuvre afin d’endiguer ce tsunami fort préoccupant d’abominables souffrances dites "psychiques" qui atomisent la société. C’est fait : le vraisemblable est devenu invraisemblable, et vice-versa. Seuls les enfants –qui sont encore ouverts à tous les possibles- ne sont pas dupes de ces détestables manèges de leurs aînés : c’est pourquoi on ne les a pas oubliés…[6]
 
    Avec un "diagnostic" à la « PIA », TOUT devient possible… quitte à dépasser et bousculer l’entendement humain. Quand le "docteur" est avec toi, la nostalgie de l’amour n'a pas de fin : tout ce qui concourt à l’étrangler est le bienvenu. Que tout se passe pour le récalcitrant (pardon, le "souffrant") selon le contraire de sa parole : quand on "souffre", on ne peut que raconter n’importe quoi. Rien de plus désagréable pour un "vrai" « PIA » que d’être confronté à un éventuel concurrent : chasse gardée. Surtout quand le chasseur redoute de devenir le gibier. Qu’il se rassure : un chasseur digne de ce nom ne chasse que le gibier comestible.
    L’Annonciation n’est que le commencement…

27.03.2008

Ils sont finis les jours de la Passion...

    … C’est ce que proclame en tout cas la liturgie pascale. Certes, nous sommes néanmoins encore dans ce monde, avec son cortège d’heurs et de malheurs. Mais à tout prendre, le bonheur garde une touche plus sympathique que le malheur : alors, pourquoi jouer les prolongations de Carême ?
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)

24.03.2008

Un gars lit les Huns 2… Le retour

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28,8-15.
Vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s'approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. »
Tandis qu'elles étaient en chemin, quelques-uns des hommes chargés de garder le tombeau allèrent en ville annoncer aux chefs des prêtres tout ce qui s'était passé. Ceux-ci, après s'être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en leur disant : «Voilà ce que vous raconterez : 'Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.' Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui.»
Les soldats prirent l'argent et suivirent la leçon. Et cette explication s'est propagée chez les Juifs jusqu'à ce jour.
 
    Ce Texte fait suite non à celui d’hier, mais à celui qui a été lu pendant la veillée pascale (Mt 28, 1-10) : Après le sabbat, à l'heure où commençait le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l'autre Marie vinrent faire leur visite au tombeau de Jésus. Et voilà qu'il y eut un grand tremblement de terre ; l'ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s'assit dessus. Il avait l'aspect de l'éclair et son vêtement était blanc comme la neige. Les gardes, dans la crainte qu'ils éprouvèrent, furent bouleversés, et devinrent comme morts. Or l'ange, s'adressant aux femmes, leur dit : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n'est pas ici, car il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez voir l'endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : 'Il est ressuscité d'entre les morts ; il vous précède en Galilée : là, vous le verrez !' Voilà ce que j'avais à vous dire. » […] Le dernier paragraphe est le premier de l’Évangile de ce jour. De nouveau, Matthieu se distingue de Jean en apportant un regard différent de celui que Jésus aimait. Cette différence est moins celle d’un metteur en scène que de la même scène interprétée selon des modalités adoptant les nuances et sensibilités d’auteurs qui privilégient certains détails selon ce qu’ils ont été amenés à en retenir. Une certaine critique a voulu déceler des contradictions entre les quatre Évangélistes, là où il n’y a pourtant que des complémentarités de perception des mêmes événements. C’est que Jean est celui qui est tout contre le cœur de Jésus : lui privilégie une certaine intériorité. Jean est l’aigle de l’altitude, éloigné des bruits du monde afin de mieux en apercevoir les silences. Matthieu est lui aussi pourvu d’ailes symboliques, mais notre ancien collecteur d’impôts a besoin de s’appuyer sur des faits plus tangibles, extérieurs et parfois spectaculaires : un grand tremblement de terre, l'ange du Seigneur qui descendit du ciel, à l'aspect de l'éclair dénotent singulièrement du récit de saint Jean qui place ses priorités dans les profondeurs du silence de ce qui est moins spectaculaire.
    Ainsi, hier Jean portait l’accent sur Marie Madeleine seule : une femme isolée est sans doute moins sujette au bavardage que si elle est accompagnée ! Avec Matthieu, l'autre Marie est également présente. Vraisemblablement Marie de Magdala : la Mère du Seigneur est bien davantage qu’une autre Marie puisqu’elle est Marie par excellence. Pour Jean, il suffit que Marie Madeleine aie vu la pierre roulée pour attester de la Résurrection. Pour Matthieu, la même est accompagnée, rendant ainsi un témoignage plus crédible parce que commun aux deux femmes. S’ajoutent bien sûr l’intervention de l’ange du Seigneur, ainsi que son adresse aux femmes. Afin de faire bonne mesure, et pour prévenir tout risque de suspicion d’hallucination collective, les gardes du tombeau sont eux-mêmes mis à contribution, par une réception de cet événement extraordinaire différant en tout point de celle des deux femmes appelées à témoigner ensuitre aux disciples : eux furent bouleversés, et devinrent comme morts. Les servants de l’amour de la loi sont figés là où les servantes de la loi de l’amour, tremblantes et toutes joyeuses, coururent porter la nouvelle aux disciples. Les uns sont dans la crainte ; par deux fois, les autres sont priées de ne plus l’être : « soyez sans crainte ! », la première fois par l’ange du Seigneur, la seconde par le Seigneur en personne. La Résurrection bannit en effet toute crainte chez qui y accorde sa foi et sa confiance. Mais jamais elle ne s’impose à quiconque par la force de la démonstration !
 
    Certes, nos deux Marie ont bénéficié de la parole de l’ange. Mais fût-elle d’ange, la parole n’enfreint aucunement la liberté de chacun : elle peut passer pour illusoire, y compris chez son récipiendaire… à moins qu’elle ne soit suspectée d’être la parole détournée d’une créature désirant se faire passer pour un ange de lumière. Mais Jésus sait venir à la rencontre de ces possibles interrogations, en confirmant point par point la parole de son messager.
    « Est-ce que le Messie peut venir de Galilée ? » Formidable pied de nez à tous ceux qui ont cru en avoir fini avec Lui, le Christ donne rendez-vous à ses disciples là même où Il est devenu signe de contradiction ! Ce signe-là ne s’éteint pas avec la Résurrection puisqu’elle ne s’impose pas. De même que le Christ a été trahi pour trente pièces d'argent, Sa Résurrection elle-même peut être volée en laissant croire que ce sont ses disciples qui sont venus voler Son corps. Et cette explication ne s'est-elle pas propagée jusqu'à ce jour ?

23.03.2008

À VIE de recherche

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,1-9.
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Le matin de Pâques, Marie-Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. » Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.
 
    Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour. (Gn 1, 5-6) Le premier témoin de la Création est l’homme : Adam. Le premier témoin de la Résurrection –par contraste d’un tombeau vide- est la femme. La Résurrection fait toute création nouvelle : elle transcende tout "incident de parcours" de l’ancienne. C’est pourquoi le premier de ses témoins se devait d’être non seulement une femme, mais encore une femme anciennement "du soir" : Marie Madeleine ! Marie Madeleine, si bien rachetée qu’elle devient du grand matin.
   Mâtin, quel matin ! Comme le jour éclipse la nuit, la vie éclipse la mort : la pierre a été enlevée du tombeau. Les "lendemains qui chantent" ne sont qu’illusions humaines ; ce qui n’est pas illusoire en ce matin de Pâques, c’est que les morts ne roulent pas la pierre de leur tombeau. Les morts ne roulent pas davantage le linge qui avait recouvert leur tête. Si leur tête n’a plus besoin d’être recouverte, c’est justement parce qu’ils en ont de nouveau besoin afin de voir loin : plus loin que la mort. Ne serait-ce pas la mort elle-même qui a été roulée ? Il y a du vivant là-dessous ! Oui, mais QUEL vivant ? « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. » "On" : pour l’instant, ce vivant est indéfini ; on ne sait pas encore qu’il est infini. Alors, on croit encore qu’il s’agit d’un vivant extérieur au mort. C’est que les morts sont figés : comment pourraient-ils bouger ? Les vivants, eux, bougent : ils bougent d’autant plus vite qu’ils ne retrouvent pas leurs morts : Marie-Madeleine courut ; […] Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite… À quoi bon tant se hâter ? Les morts ne se sauvent pas. Sauf celui-là, justement ! Parce qu’il s’est sauvé, c’est à qui courra le plus vite. Jusque-là, en effet, on ne savait pas encore que le mort s’est sauvé POUR SAUVER.
 
    Il vit, et il crut. Qui crut le premier des trois ? Celui qui était arrivé le premier au tombeau ? Les premiers sont les derniers. Celui que Jésus aimait fut le dernier des trois à croire : être le favori n’empêche pas d’attendre son tour en respectant la hiérarchie instituée par le Christ. Il entre dans le tombeau : Pierre est le premier à entrer, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête… Le chef des Apôtres regarde… mais voit-il ? Ce qu’il voit, ce sont les attributs présents d’un mort absent : il croit par ce qu’il voit. C'est alors qu'entra l'autre disciple : il vit, et il crut. Il croit par ce qu’il voit… et ne voit pas : le mort est absent, donc le vivant est présent. Il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts. CQFD. Marie Madeleine est non seulement la PREMIÈRE à croire, mais elle croit SANS voir : d’une part, elle arrive sur les lieux alors qu'il fait encore sombre ; d’autre part, elle N’ENTRE PAS dans le tombeau. Elle n’est plus la femme "du soir" : tout le parfum destiné aux morts, elle l’a essuyé de ses cheveux sur les pieds de son Seigneur. Il ne lui appartient donc pas en premier chef d’inspecter la bonne tenue des apprêts mortuaires, comme il ne lui appartient pas en premier chef de tirer les conclusions de cette pierre qui a été enlevée du tombeau.
    Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église (Mt 16, 18).Une Église vivante est une église de chair plus que de pierre : si celle-ci a été enlevée du tombeau, c’est afin que la vie s’engouffre là ou régnait la mort. C’est une Église de la Résurrection ; le linge du reniement et de la mort qui avait recouvert sa tête est non pas posé avec le linceul de cette mort, mais roulé à part à sa place : chacun est à sa place, a sa part qui n’empiète pas sur celle de l’autre. À l’un revient d’entrer le premier, mais non le seul. À l’autre revient de croire à la suite de ce que voit le premier. À tous revient de savoir où on a mis ce qu’on a enlevé, afin de croire ce qu’on ne voit pas. À la femme, revient le rôle éminent de rendre de chair ce qui est de pierre : de donner à la vie un parfum de résurrection et de grâce, quel qu’en soit le coût. La loi de l’amour est à ce prix. Elle est une loi d’éveil au grand matin, non de "grand soir" !!!
    Il y eut un soir, il y eut un matin : il est l’heure de s