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vendredi, 25 avril 2008

Impôt sur l’heureux venu

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,15-20.
Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ; ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s'ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s'en trouveront bien. »
Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s'en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l'accompagnaient.
 
_____La Parole nécessite de s’incarner, sinon elle est vaine : c’est pourquoi elle est confirmée par les signes qui l’accompagnent. Quand le Seigneur travaille AVEC ceux qui témoignent de Sa Parole, les signes ne souffrent d’aucune ambiguïté : en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ; ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s'ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s'en trouveront bien. Qui sont-ils ces thaumaturges qui témoignent par de tels signes en proclamant la Bonne Nouvelle de Celui qui fut enlevé au ciel ? Il sont ceux qui témoignent plus encore que s’Il s'assit à la droite de Dieu, ce n’est nullement pour rester les bras croisés en attendant tranquillement le jugement dernier ! On s’en souvient : Je m'en vais, et je reviens vers vous.[…] Levez-vous, partons d'ici. [1] C’est dire qu’être assis à la droite de Dieune sonne nullement l’heure de la retraite ! Ces thaumaturges sont également ceux qui croient et sont baptisés, ce qui est un minimum… mais ce qui ne leur accorde nullement une sorte de brevet de guérisseur infaillible.
_____On peut parler au nom de l’amour et ne PAS être dans l’amour. [2] On peut parler en son nom… et "oublier" de chasser les esprits mauvais CHEZ SOI. [3] En un mot, on peut s’imaginer être sauvé en se contentant de croire et d’être baptisé. Comme si la foi théorique du bien-pensant pouvait laver d’avance le refus pratique de croire du mal-agissant ! Comme si le mal-agissant pouvait ne pas cohabiter avec le bien-pensant ! Ce qui s’étend bien au-delà de la pratique dite religieuse : être un "pilier d’Église" le dimanche n’interdit pas d’agir en mécréant pendant la semaine. Inversement, aller à la pêche le dimanche n’interdit pas davantage une authentique compassion aux misères humaines : le refus théorique de croire n’empêche pas toujours d’être sauvé par une foi dans les actes. On le sait : Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure. [4] Cette demeure n’a qu’un rapport très lointain avec le pavillon standardisé d’un lotissement !
 
_____La Parole nécessite de s’incarner, sinon elle est vaine : c’est pourquoi elle est confirmée par les signes qui l’accompagnent. À moins qu’elle ne soit INFIRMÉE… ce qui arrive aussi, entraînant un refus de croire compréhensible qui condamne moins le "réfractaire" que le faux témoin. Certes, ce dernier se doit de garder fidèlement les commandements...[5] SANS oublier le premier d’entre eux : celui de la loi de l’amour. L’enfouir, c’est préférer les ténèbres à la lumière.[6] Celui qui agit contre la vérité fuit la lumière, ses œuvres ne sont pas reconnues comme des œuvres de Dieu. Parce qu’elles incarnent le contraire de ce qu’elles prônent : un Jésus ressuscité qui est "enterré" n’est guère crédible ! Contre toute logique, c’est le « PIA » qui le devient. En son nom, ils attireront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau sous l’emblème du serpent dans leurs mains, et, s'ils font boire un poison mortel, il ne leur fera pas de mal à eux ; ils imposeront leur regard aux malades, et les malades s'en trouveront troublés. Sont-ce bien là les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants? Ces signes-là sont-ils tellement hors de portée ? Ils ne le deviennent qu’à la mesure où la grâce se laisse polluer par la nature. Les concepts de "maladie psychique" ou de "santé mentale" ne relèvent NI de l’une NI de l’autre.[7] Ils n’existent QUE par le regard de l’autre. C’est pourquoi les "soins" qui y sont afférents sont, eux, criminels par nature : aucun "traitement" n’est capable de "soigner" le regard de l’autre qui, SEUL, est en cause… qui, SEUL, en sort indemne et déresponsabilisé. Entraîner son frère au tribunal de la "santé mentale", c’est refuser de croire et se condamner en condamnant son frère à l’infamie sociale : orgueil suprême de celui qui abdique tout combat spirituel, s’en estimant faussement dispensé par sa bonne "santé mentale". Ce qui, là encore, n’opère pas d’autre distinction entre ceux qui sont devenus croyants et ceux qui ne le sont pas, que celle d’une responsabilité accrue chez les premiers : on observe même une plus grande complicité de ceux-là à cette formidable escroquerie morale ! Ce paradoxe indique assez que le rideau de fumée "sanitaire" n’est qu’un paravent d’une église parallèle [8], usant d’un vocabulaire familier aux croyants. Tout y est singé –et méthodiquement inversé-, jusqu’à proclamer partout la mauvaise nouvelle d’une "santé mentale" déficiente chez un tiers. Le contexte de cette proclamation est lui aussi inversé : sous l’alibi fallacieux de "protéger" le tiers incriminé (autrement dit : de SE protéger de lui !), l’information circule à son insu, introduisant autour de lui un silence coupable qui ne pourra que croître et embellir : à l’audace de l’évangélisation se substitue la lâcheté sans fond de la désertion du combat spirituel. Ici encore, l’imposture morale est moins prégnante chez l’incroyant : même s’il se trompe de lutte, au moins a-t-il le mérite de ne pas l’éluder et de la mener avec une certaine constance en cédant moins à la tentation de la projeter en "maladie psychique" chez autrui. Beaucoup peuvent décidément trouver leur demeure dans la maison du Père… et cette demeure ne s’achète pas sur plan, procédé commercial qui ne met pas à l’abri des (mauvaises) surprises.
_____Une certaine pression aidant –souterraine, comme il se doit de ce qui relève des ténèbres qui sont préférées à la lumière-, le tribunal de la "santé mentale" requiert l’avis "éclairé" de son "Procureur". Ponce Pilate des temps modernes, ce "Procureur"(autrement dénommé Protecteur de l’Intérêt de l’Âne… ou « PIA ») prononce son jugement (autrement dénommé "diagnostic"), puis après avoir parlé, est enlevé au ciel et s'asseoit à la droite d’Hermès [9]. Il est permis de supposer que l’Olympe fournit le lavabo… (mais au vu du contexte "médical" dans lequel tout ceci se déroule, un bidet fera fort bien l’affaire).
 
_____Certes on peut être dupé, puis duper à son tour : il n’en demeure pas moins qu’il faut tôt ou tard dresser un bilan de l’incarnation de certaines paroles. Quels sont les signes qui les accompagnent ? Pour ceux qui sont devenus croyants, la question est plus incisive : à QUELLE foi se réfèrent-ils ? Au nom de QUI parlent-ils ? Chassent-ils les esprits mauvais ? Parlent-ils un langage nouveau ? Prennent-ils des serpents dans leurs mains, et, s'ils boivent un poison mortel, leur fait-il du mal ? Imposent-ils les mains aux malades, et les malades s'en trouvent-ils bien ? Quand les signes qui les accompagnent sont clairement à l’opposé de tous ceux-ci, poser la question c’est y répondre. La loi de la gravitation universelle vaut AUSSI pour le champ spirituel. Quand on laisse cohabiter la religion de la grâce avec celle de la nature, c’est par essence la plus lourde qui l’emporte : celle de la nature. [ C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien.[10] En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.] [8] C’est le rien qui l’emporte donc. Or nous sommes jugés sur l’amour, ce qui n’est pas rien
_____L’incarnation de la parole du traître s’accompagne aussi de signes qui lui sont propres. Ces signes mènent au rien de la mort. Imaginons la fiction suivante. Après sa trahison, Judas Iscariote renonce à se pendre. Tout penaud, il rejoint les Onze. Ceux-ci, surpris, lui ouvrent leur porte… et la vie continue, comme si de rien n’était. Personne ne reproche rien à Judas : d’ailleurs, hormis une infime poignée, n’ont-ils pas eux-même fui les affres de la Passion de leur Maître ? (Un peu comme cette fausse humilité que l’on peut observer aujourd’hui après avoir traîné un tiers dans la boue "sanitaire" : après tout, qui peut prétendre jouir d’une bonne "santé mentale" ?…) Et Judas lui-même reste muet, estimant "normal" d’être revenu parmi les siens. Pour un peu, on lui ferait la fête… comme le père a voulu fêter le retour du fils prodigue [11] ! Cette situation s’inscrit-elle dans la vérité des uns et des autres ? Mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu. [6] Il va être difficile d’établir que vendre son Maître pour quelques pièces d’argent soit reconnu comme une œuvre de Dieu ! Il va être encore plus difficile de démontrer que la mort d’un innocent –qui en est la conséquence directe- soit reconnue comme une œuvre de Dieu ! Pourtant la vie continue, comme si de rien n’était. Le croyant bien né s’insurge, légitimement choqué par ce déni de justice. Ce déni, il le reproduit pourtant AUJOURD’HUI à grande échelle. Il lui suffit de substituer à la crucifixion la nécessité de certains "soins" chez autrui. Certes, il ne pense pas "à mal"… mais il le COMMET à tour de bras.
_____Reprenons la scène fictive précédente. Judas rejoint toujours les Onze. Mais sa première parole incarne le contraire de celle qui a incarné la trahison : il ne se pend pas mais SE REPENT. En clair, il demande PARDON pour le mal commis : exactement la position du fils prodigue. Les Apôtres auraient-ils pardonné ? Conscients de leur fragilité consécutive à leur récente dispersion, ils étaient sans doute plus ouverts à la miséricorde que s’ils avaient TOUS été au pied de la Croix. Il est donc probable –bien que naturellement invérifiable- qu’ils eussent pardonné. (Concernant le Maître ressuscité, la question ne se pose même pas) Mais ils n’ont pas pardonné ! Non parce qu’ils ne le voulaient pas, mais parce qu’ils ne le pouvaient pas : PERSONNE ne leur a demandé pardon. Et le pardon n’est pas une réalité éthérée qui s’accorde automatiquement, indifféremment du désir ou non de l’accorder : il s’exerce de personne à personne, OU IL N’EST PAS. Et tant qu’il n’est pas, la vérité ne PEUT PAS venir à la lumière.
 
_____C’est un truisme que d’affirmer que le pardon ne s’exerce que sur un mal. Mais celui qui subit ce mal ne peut pas se mettre à la place de celui qui le commet. En revanche, il est beaucoup plus qualifié que lui pour L’IDENTIFIER COMME TEL. Celui qui commet le mal peut le maquiller en "bien"à l’envi : il ne trompera que lui-même et les complicités extérieures qu’il trouvera. Mais il ne trompera pas celui qui le subit… à moins de le manipuler mentalement. Il s’agit donc pour lui de s’appliquer à CHANGER le regard de l’autre –en lui imposant SON regard- pour l’amener à accepter l’inacceptable… à incarner un rien qui n’existe pas. Les faits sont cependant têtus : le constat de la culpabilité diffuse qui règne autour de la "maladie psychique" est effectué à présent par ses plus fervents défenseurs. [7] Les lois du marché elles-mêmes ont leurs limites devant l’étendue du désastre. Constater la culpabilité est une chose, l’identifier plus clairement en est une autre. Donner le statut de "handicapé" à un "malade psychique" –au même titre qu’un accidenté de la route !- n’est qu’une solution aussi dérisoire que superficielle qui s’applique à ne pas toucher aux dogmes purement idéologiques de la "santé mentale". Le "malade psychique" N’EXISTE PAS : ceux qui sont tombés dans les rets de ce type de "soins" sont au minimum des malades neurologiques hâtivement rebaptisés "malades psychiques" afin de JUSTIFIER leur "diagnostic" initial. La responsabilité de ce "diagnostic" est partagée entre « PVA » et « PIA » : une sorte de « chasse aux sorcières » est donc hors de propos, les charognards ne se repaissant jamais que des cadavres qu’on leur fournit.
 
_____On peut aller dans le monde entier proclamer la Bonne Nouvelle à toute la création : cela ne sert de rien si, parallèlement, on s’applique à putréfier de la viande fraîche. Ici, ce sont les vers qui accompagnent les signes… Rompre l’isolement consécutif à la "maladie psychique", c’est laisser sauf le regard de chacun… et DEMANDER PARDON à ceux qui ont été regardés de travers. Ce n’est qu’à cette condition minimale que les malades s'en trouveront bien. Et leur entourage AUSSI…

mercredi, 23 avril 2008

D’incroyables grands crus pour les poires… pépins inclus.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,1-8.
« Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage. Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite : Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples. »

« Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous m'aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. »[1] « Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père. »[2] Comment accomplir de plus grandes œuvres que Celui qui guérit les malades, ressuscite les morts (Lui-même compris !) et donne une paix [1] que le monde est bien incapable de donner ? Revient la question du chef de la milice céleste : QUI est comme Dieu ? L’Évangile de ce jour replace la réalité dans de plus justes perspectives. Il ne s’agit pas d’être "comme" Dieu… ce qui résonnerait étrangement comme « vous serez comme des dieux… » (Gn 3, 5-6) Il ne s’agit pas d’être dans la connaissance du bien et du mal : il s’agit d’être dans la connexion du seul Bien. Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments.
_____Le cep d’origine donne du fruit. Pour qu'il en donne davantage, il doit être nettoyé, taillé, émondé. Saison après saison, tout sarment est blessé, non en vue de sa destruction mais au contraire dans l’objectif de le rendre net et purifié : apte à accueillir beaucoup de fruit. En ce sens, le sarment qui accepte un tel traitement accomplit de plus grandes œuvres que la vigne originelle. Parce qu’il a accepté au préalable que le Père soit le vigneron.


_____C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien.[3] En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Plus que jamais, il convient de ne pas se tromper de Père ![4] Car si les fruits sont multipliés, les vers le sont tout autant… jusqu’à ce qu’ils rongent ces fruits de l’intérieur, les faisant finalement disparaître. Il n’y a alors plus de place pour les faux-semblants : tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève. Tout sarment qui est en moi : non une mauvaise herbe extérieure qui parasite la vigne. Cette dernière fait l’unanimité contre elle, tant son identification coule de source. Le sarment qui se dessèche, lui, reste un sarment : il peut faire l’unanimité auprès de ses pairs… On le ramasse, on le jette au feu, et il brûle : ceci est l’œuvre du vigneron, non des sarments eux-mêmes.
_____Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Il existe donc de fausses vignes, dont les "Pères" sont les vignerons… comme le berger mercenaire est le "vrai berger" [5]. Eux aussi vont jusqu’à singer la nécessité de "traitements" : de nettoyages et de purifications. Ils voient tant de "troubles" autour d’eux que tout fruit leur semble véreux. Se voulant les garants exclusifs de fruits sans ver, en dehors d’eux, on est prié de ne pouvoir rien faire ! Mais seuls les écoutent les sarments secs : c’est d’eux-mêmes qu’ils scellent leur sort…


_____Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés […]. Si vous m'aimiez, vous seriez dans la joie. Il suffit d’aimer : il suffit que l’être aimé soit présent afin que le cœur soit comblé. Qu’il s’en aille, et survient le bouleversement et la peur -toujours lancinante- de le perdre. Le vigneron n’a pourtant pas toujours besoin d’être présent dans sa vigne pour en assurer sa croissance et sa bonne évolution. Cette vigne reste cependant indéfectiblement la sienne, puisque c’est lui qui l’a plantée. C’est toujours lui qui l’entretient : Je m'en vais, et je reviens vers vous. Jamais il n’abandonne complètement sa vigne, lui apportant au contraire un soin jaloux. Mais la vigne qui donne beaucoup de fruits ne se cultive pas sous serre : elle doit se gorger de soleil. Inversement, elle doit apprendre à trouver en elle-même de quoi s’enraciner dans la bonne terre afin de savoir résister aux intempéries : les tempêtes [6] ou les averses de grêle [7]. Quoi qu’il arrive, le vigneron n’est jamais bien loin.

Celui qui demeure en la vraie vigne et en qui la vraie vigne demeure n’a rien d’autre à craindre que l’aveuglement des sarments secs qui font la honte du Père en voulant répondre à leur propre gloire. Aimer, c’est être dans la joie de faire la gloire de son Père –jusque dans son apparente absence-, de donner beaucoup de fruit. Par conséquent, c’est s’exposer à la tristesse de ceux qui ne demeurent pas en Lui, que Ses paroles ne demeurent pas en eux : ils n’obtiennent rien de ce qu’ils demandent. Un sarment porte beaucoup de fruit ? Il est "trop chargé" et risque de rompre ! Il aspire "trop de sève" à lui tout seul : puisqu’il bénéficie de la même terre que les autres, c’est qu’il leur "vole" leur sève. En "témoigne" tout ce réseau de liens qu’il rétablit, intolérable "déni" à la pleine et entière autonomie du sarment sec. Le sarment qui donne beaucoup de fruitfinit par apparaître comme une menace pour la survie de la vigne ! L’amour de la loi aidant, la loi de l’amour n’est plus perçue que comme une menace contre la loi ! À l’amour se substitue la peur. Et la peur a ses raisons que la raison ne connaît pas [1]

Le sarment sec et le « PVA »[8], c’est tout un. Au nom de la loi, tout sarment qui porte beaucoup de fruit en porte trop : il faut l’arrêter "pour le protéger de lui-même". (en réalité, afin de protéger la cohésion superficielle des fagots de sarments secs.) Celui qui donne beaucoup de fruits se plaît à rétablir le réseau des connexions qui relient au vrai Père ? Il "se disperse" et "disperse" les autres, cherchant à les "noyer" là où il s’attache à leur remettre la tête en-dehors de l’eau ! Il vit selon l’esprit, tout en voulant traduire l’amour dans la chair ? Son esprit est nécessairement "malade" ! Si la loi de l’amour ne se plie pas aux diktats de l’amour de la loi, l’amour ne se réduit plus qu’à une "dangereuse pathologie". Ce qui est prendre la proie pour l’ombre : l’amour sans blessures est celui des romans à l’eau de rose. L’amour de la loi lui-même se réduit comme peau de chagrin (dans tous les sens du terme…) à une succession d’impossibles.[9]
_____Dès lors, c’est le pire qui se fait possible. Parce que l’amour réclame toujours d’être incarné. En ce cas, le relais est passé au désincarnateur professionnel [10], chargé de soigner le malaise des sarments secs… en desséchant à son tour le sarment "trop" fructueux à leur goût. Réceptacle de la peur de l’amour [11] dégagée par le « PVA », il s’en protège en la projetant sur celui qui a été désigné pour en être à l’origine. À cet effet, il dispose d’un arsenal chimique qui n’a rien à envier à celui que l’on trouve en jardinerie… rayon désherbants. Inapte à établir la distinction entre une blessure d’amour… et une blessure d’amour-propre [12], il rétablit officiellement "l’amour" en coupant au sécateur ce qui dépasse : c’est un "spécialiste" de la tête, non des pieds. Officieusement, l’harmonie recherchée s’éloigne comme la ligne d’horizon, diffusant et développant le malaise initial : telle est l’incarnation diligentée par un "Père" qui se veut vigneron à la place du vigneron. C’est une violence qui s’exerce non seulement contre le sarment "trop" fructueux, mais contre l’amour lui-même : c’est répondre à une blessure d’amour par une blessure DE l’amour. La blessure de l’amour et la blessure de la vie, c’est également tout un : l’un comme l’autre s’incarnent alors en se dévoyant. De la violence ne peut naître que la violence : l’amour blessé –et non assumé en tant que tel- se fait à son tour blessant en s’incarnant par des parodies menant à des impasses : pédophilie, viol, homosexualité, etc. Toutes ont en commun d’être mortifères, incluant en effet des blessures de la vie qui ne rechignent pas à s’avérer mortelles. Ici, le "médicalement correct" n’a plus son mot à dire : n’est correct que ce qui corrige la souffrance en guérison, non ce qui fait retourner Hippocrate dans sa tombe… Il n’est pas certain que la distribution à grande échelle de produits censés protéger ou rétablir "l’amour" aillent en ce sens, quand leurs seules "vertus" sont d’ordre criminogène [13] voire suicidogène [14]. Les défoliants n’ont pas leur place en-dehors des jardineries : détournés de leur fonction première, ils perdent leur préfixe... Qui sait si le désordre qu’ils induisent dans l’organisme n’explique pas en partie cette étonnante faculté qu’ont certains virus de muter quand on croyait les avoir enfin circonscrits ?… Mais ceci est du ressort de la recherche médicale : la VRAIE, bien sûr.

Cette étrange pérennité d’un monde "thérapeutique" laissera pantoises les générations à venir… pour peu que l’on s’attache également à y associer des "devoirs de mémoire". Comment a-t-on pu si longtemps laisser les loups –bergers mercenaires [5]- saccager la bergerie [15] ? Comment a-t-on pu sans rire ne rien trouver à redire à des prétendus "médecins de l’intelligence" qui fabriquent des ânes à la chaîne ? La réponse est simple : quand une telle corporation résiste si bien à l’épreuve du temps, c’est non seulement parce qu’elle trouve de la clientèle, mais aussi parce qu’elle la fabrique de toutes pièces. Ce qui n’est plus du ressort de la médecine, mais de celui de la secte religieuse. (Est-ce bien une surprise ? « Il surgira des faux messies et des faux prophètes, ils produiront des signes grandioses et des prodiges au point d’égarer même les élus, si c’était possible. » (Mt 24, 24-25) [16]) L’ultime astuce de ses grands prêtres est d’ailleurs la mise en place d’instances officielles de "luttes anti-secte" au sein desquelles ils se sont fait fort d’être les incontournables partenaires, c’est-à-dire les inévitables arbitres de ce qui relève ou non de la manipulation mentale. Il est vrai que sur ce dernier point, ils sont des spécialistes avertis.
_____Il suffisait d’y penser : que le loup crie au loup, et l’on regarde instinctivement en direction de ce qu’il montre du doigt. Pendant ce temps, on ne regarde plus le loup. Quand il se fait "expert" en blouse blanche, il devient insoupçonnable : vous avez dit Mi-Carême ? [10][17] Il est peut-être temps de passer à l’heure (du regard) d’été : qu’importe l’alcool, pourvu qu’on aie l’ivresse… Car, à défaut de donner beaucoup de fruit de la vraie vigne, on peut en donner beaucoup de la fausse. Simplement, cela ne s’appelle plus une vigne, mais un verger… de poiriers.

Et si le premier des "crimes contre l’humanité" était le crime contre l’amour ? Dommage que les adeptes de la religion de l’Amour n’en soient pas les derniers complices : cela fait un peu désordre dans le paysage… La valeur rédemptrice de la souffrance quand elle est subie, oui. Quand on la provoque délibérément, cette valeur est moins assurée.

mercredi, 16 avril 2008

Un ver, ça va ! Bonjour les dégâts…

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 12,44-50.
Jésus, lui, affirmait avec force : « Celui qui croit en moi, ce n'est pas en moi qu'il croit, mais en celui qui m'a envoyé ; et celui qui me voit voit celui qui m'a envoyé. Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. Si quelqu'un entend mes paroles et n'y reste pas fidèle, moi, je ne le jugerai pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver. Celui qui me rejette et n'accueille pas mes paroles aura un juge pour le condamner. La parole que j'ai prononcée, elle le condamnera au dernier jour. Car ce que j'ai dit ne vient pas de moi : le Père lui-même, qui m'a envoyé, m'a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ; et je sais que son commandement est vie éternelle. Donc, ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l'a dit. »

_____« Celui qui croit en moi, ce n'est pas en moi qu'il croit… ». Avec force, Jésus affirmait ce qu’Il affirme depuis toujours : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » [1] Ce que ne dément aucunement la suite de la phrase : « …et celui qui me voit voit celui qui m'a envoyé. » La foi est sauve, puisqu’on ne peut voir le Père que par le Fils. Ce qui requiert l’entremise d’un Esprit qui contredirait Père et Fils si le Père s’incarnait visiblement : c’est l’Esprit qui éclaire. « Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. » Sans l’Esprit, cette phrase serait tout simplement irrecevable : elle serait perçue comme celle d’un invraisemblable et éblouissant mégalomane. Sans l’Esprit qui éclaire, les contrastes n’existent plus : on s’habitue à tout, même à l’obscurité. On peut vivre, s’agiter voire voler dans l’obscurité : on peut aller jusqu’à s’y aiguiser un sixième sens. On peut se croire en plein jour quand il fait nuit : on peut être chouette… ou chauve-souris. Tel peut demeurer dans les ténèbres en alléguant qu’il est midi : croiront en lui tous les habitants de la nuit. Eux, demeurés dans les ténèbres ? Est "demeuré" celui qui lance pareille affirmation ! Il est minuit, Dr Schweitzer [2]… pas midi : on ne risque pas d’insolation avec la lune. Le respect de la vie ne commence-t-il pas par le respect de ses rythmes naturels ?

_____« Si quelqu'un entend mes paroles et n'y reste pas fidèle, moi, je ne le jugerai pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver… » Si le Berger se réjouit de retrouver la brebis égarée [3], Il n’a pas organisé de battue pour la retrouver ! Il ne lui a pas lâché son bouledogue [4] (!) afin de la contraindre à revenir au bercail. Aujourd’hui, Il lui envoie plus volontiers un berger allemand : moins dingue et plus fidèle qu’un dogue, c’est un loup à l’extérieur et une brebis à l’intérieur : entre brebis, on ne se mord pas. N’est-ce pas l’exact contre-point du berger mercenaire [5] : loup à l’intérieur et brebis à l’extérieur ? Fût-on berger allemand, on ne se réjouit pas davantage que la brebis se sauve : ce serait la juger. Si lui ne la juge pas, qui donc la jugera ? Ce juge-là n’a pas besoin d’une Cour afin de prononcer sa sentence : il n’est pas de l’extérieur. Il agit en solo. Le solitaire a ses limites…. notamment celle de jouer CONTRE soi-même : effet miroir garanti [6]. Il voit venir le loup par "lycanthropie" ! L’homme devient un loup pour l’homme : c’est le berger mercenaire[5] L’arbre est jugé à ses fruits. Parfois, le ver est dans le fruit : il est solitaire le ver…

_____Personne ne doit être juge de sa propre cause, parce qu’on ne peut être juge et partie. Le vieux proverbe latin est d’une grande sagesse : être juge de sa cause, c’est s’assurer que le non-lieu n’aura pas lieu ! Difficile de se sauver quand juge et accusé ne font qu’un. Difficile d’être dans la lumière quand on se complaît à demeurer dans les ténèbres. « Celui qui me rejette et n'accueille pas mes paroles aura un juge pour le condamner. La parole que j'ai prononcée, elle le condamnera au dernier jour. » À rapprocher de cette autre Parole récente : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » [7] Les morts à la lumière peuvent-ils manger sa chair et boire son sang sans prononcer leur propre condamnation ?[8] On peut s’éclipser en demeurant dans les ténèbres jusqu’au dernier jour. Ce dernier jour n’est-il pas l’annonce d’un jour nouveau ? Ce jour n’est-il pas celui qui solde tout compte, départageant la brebis dans son choix final : celui de la lumière ou celui des ténèbres ? Simultanément, n’indique-t-il pas la fin du jeu ? Quelles qu’en ont pu être les ténèbres des tricheries, celles-ci reviendront à la lumière, apportant leur lot de condamnations… ou, plus positivement, de relativisations ! Bien des misères seront éclairées ; bien des "éclairages" seront obscurcis : ne seront condamnées que les ténèbres. « Car ce que j'ai dit ne vient pas de moi : le Père lui-même, qui m'a envoyé, m'a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ; et je sais que son commandement est vie éternelle. » En conséquence, ce qui est étranger à son commandement est étranger à la vie éternelle jusqu’à s’y opposer. Au dernier jour, ce que nous dirons viendra de NOUS… et de personne d’autre. Donc, ce que nous déclarerons, nous le déclarerons comme le Père nous l'a dit. Ne dit-on pas que la paternité est un acte de foi ? Raison de plus pour ne pas se tromper de Père...