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vendredi, 29 août 2008

C’est dur d’être un Hérode.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,17-29.
[
Martyre de Saint Jean-Baptiste (mémoire)]
Car c'était lui, Hérode, qui avait fait arrêter Jean et l'avait mis en prison. En effet, il avait épousé Hérodiade, la femme de son frère Philippe, et Jean lui disait : « Tu n'as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mettre à mort. Mais elle n'y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c'était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l'avait entendu, il était très embarrassé, et pourtant, il aimait l'entendre. Cependant, une occasion favorable se présenta lorsque Hérode, pour son anniversaire, donna un banquet à ses dignitaires, aux chefs de l'armée et aux notables de la Galilée. La fille d'Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi tout ce que tu veux, je te le donnerai. » Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c'est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu'est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean le Baptiste. » Aussitôt la jeune fille s'empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que tout de suite tu me donnes sur un plat la tête de Jean Baptiste. » Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment fait devant les convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l'ordre d'apporter la tête de Jean. Le garde s'en alla, et le décapita dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Lorsque les disciples de Jean apprirent cela, ils vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.

_____Il y a des plats qu’on ne saurait repasser une seconde fois : en voilà pourtant un de cette espèce qu’à peine quelques semaines de "digestion" nous remettent en circulation [1] par le hasard des mémoires liturgiques. Nouvelle cuisine… ou très ancienne cuisine réchauffée ? Optons pour cette dernière formule, qu’on ne saurait confondre avec de la nouvelle cuisine élaborée avec les déchets de l’ancienne [2]
_____Chez Marc, nous bénéficions souvent de détails supplémentaires [3] qui viennent affiner les portraits plus rudimentaires brossés par Matthieu. Chez ce dernier, c’est Hérode qui cherche à faire mettre à mort Jean après l’avoir fait arrêter ; ici l’esprit meurtrier est celui d’Hérodiade parce qu’elle en voulait à Jean d’avoir dénoncé leur relation adultère. Rien de nouveau sous le soleil : une situation fondée sur le mensonge ne contribue en rien à éclaircir les consciences… et en tout à les mener vers une logique de mort. À cela vient s’ajouter la peur du regard de l’autre [4, p.8] qui va les plomber davantage : Hérode a peur de la foule chez Matthieu… et plus directement peur de Jean chez Marc, pour les mêmes raisons : Jean était tenu pour un prophète ; c'était un homme juste et saint. L’esprit profondément divisé d’Hérode est ici plus prononcé : il avait fait arrêter Jean et !!! En d’autres temps et avec de tels principes, il était mûr pour faire un parfait maître-chien des chenils [5] que nous savons… (ce qui démontre s’il en était encore besoin combien les dogmes [6] de la "santé mentale" ne font leur lit que sur la lie afin de sonner l’hallali "sanitaire".[7])
_____Marc est encore plus précis sur ce malheureux [8][2][9] Hérode : quand il avait entendu Jean, il était très embarrassé, et pourtant, il aimait l'entendre. Comment peut-on en arriver à chercher à faire mettre à mort quelqu’un qu’on aime entendre ? Il y a effectivement de quoi être très embarrassé ! Il ne fait pas bon être dans la peau d’un prince de Galilée affligé d’un tel embarras : de quoi se mitonner un joli "trouble psychique" –à piocher dans le rayon "schizophrénie"- de derrière les fagots. À cette époque, on ne faisait pas dans la dentelle : on mettait fin au "trouble" en coupant les têtes. Aujourd’hui, on ferait plus volontiers dans la dentelle de chochotte. Couper une tête ? Quelle horreur ! C’est d’un barbare : tout ce sang ferait tourner de l’œil. Aujourd’hui, on fait mieux que couper la tête : on la laisse apparemment sur les épaules, mais on la VIDE de tout ce qui peut contribuer à faire un prophète, un homme juste et saint. Aujourd’hui, on ne ferait pas un plat du gros embarras d’Hérode : les progrès de la "médecine" aidant, le mal aurait été traité à la racine. Jean est un "méchant" [10, note 20] : c’est lui qui embarrasse Hérode quand il se fait entendre. Dans un premier temps, le "gentil docteur" va donc gentiment apaiser la souffrance du "gentil" Hérode en lui conseillant de ne plus entendre le "méchant" Jean, "source" de sa souffrance : tout ce qu’il dira ne sera plus que "délires pathologiques". Aujourd’hui, cela se "soigne" avec succès. Il y a deux mille ans, cela ne se "soignait" qu’à la hache : procédé "thérapeutique" aussi efficace qui, en dépit de sa barbarie, avait au moins le mérite d’être nettement moins hypocrite.[11] Parce que dans un tel cas de figure, la "santé mentale" n’aurait pas manqué de mettre en œuvre ses pratiques habituelles : l’un souffre, et c’est l’autre que l’on "soigne".[12, AV note 35] Hérode met fin à sa souffrance en mettant fin à la vie de Jean, l’occasion favorable se présentant lui fournissant le baume apaisant du faux alibi. Certes, le roi fut vivement contrarié par la demande de la jeune fille… mais personne ne lui avait mis le couteau sous la gorge, au moment où il a prononcé un serment insensé dans lequel il était prêt à sacrifier la moitié de son royaume pour quelques instants d’ivresse où il mangeait et buvait avec les ivrognes. [11] Quand on est gris, on a le dégoût des couleurs [13]: on oublie de ne faire aucun serment ni par le Ciel ni par Jérusalem.

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Anti-délirant du 1er siècle après JC
(La hache guérit définitivement le délire :
c'est aussi plus rapide à prononcer que "chlorprothixène chlorhydrate"...)

_____On en oublierait presque un serment légitime par le Ciel : celui qui s’inscrit dans le mariage, et qui fait du Fils de l’homme le Partenaire incontournable d’un mariage "à trois". Le conjoint anti-assomptionniste [14, note 24] représente un intéressant cas d’école dans la mesure où il démontre cet étonnant pouvoir de profanation du plus sacré [8], typique d’une "santé mentale" ne travaillant qu’à sauvegarder les apparences. Par-delà le temps, il existe d’étranges similitudes entre l’état d’esprit d’Hérode et celui de ce conjoint dont on peut se demander avec quoi –ou avec qui- il se joint. Cette question est d’ailleurs candide, puis qu’il y a déjà été répondu par ailleurs : [15, note<26>] l’alliance a été déplacée en profondeur, tout en conservant le même extérieur. Ce qui est très embarrassant pour un conjoint adultère qui peut voir la procédure de divorce comme une "porte de sortie" plus conforme à son vécu. Il est très embarrassé, et pourtant, il aimait l'entendre. Il aime moins l’entendre, parce qu’il lui en veut de lui avoir dit : « Tu n'as pas le droit de prendre d’autres alliances que la nôtre. » Référence explicite à ses alliances unilatérales avec des voleurs privés et "professionnels" qui l’ont épuisé à veiller pendant des mois, ne les laissant jamais percer le mur de sa maison quand ils prétendent être en droit de percer ce mur ! Le conjoint juste "psychique" [16, notes 36] a aussi cela de commun avec Hérode : il ne rencontre aucun obstacle à ce que la loi des dignitaires, chefs et notables soit de son côté, contre celui de son conjoint cockerisé [17, note 11]. Nonobstant, il reste très embarrassé. Tout lui sourit [18] légalement : sa souffrance ne peut donc provenir que de celui qui le fait souffrir parce qu’il "souffre" lui-même ! En fonctionnant par auto-alimentation [19, APR note 19], la "santé mentale" maintient son couvercle de plomb sur la conscience morale, interdisant le questionnement sur soi en refoulant toute amorce de remords de conscience. Ce qui se traduit d’ailleurs par cette superbe projection [20, note 18] plus "vraie" que nature : c’est officiellement cet affreux cocker « qui ne se remet jamais en question » ! Parce que la "santé mentale" est un pur mensonge [11, note 10], ses "diagnostics" sont de redoutables pièges qui enferment en premiers ceux qui les énoncent parce qu’ils sont perçus comme de "pures vérités". (Ils enferment ensuite tous ceux qui les écoutent, devenant les garde-chiourmes "sanitaires" d’un "malade" dont leur seule préoccupation ne sera en aucun cas de vérifier la validité du "diagnostic" porté contre lui, mais d’épier ses moindres "écarts" de comportement pour en "attester" : essaim de moucherons surveillant le chameau !…[2]) Il faut de puissantes complicités et solidarités professionnelles pour en extraire l’un des leurs : le "miraculé" Philippe de Labriolle [21, note 32] en est l’exemple le plus emblématique. On ne "guérit" jamais d’un "trouble psychique" parce qu’on ne peut pas guérir de ce qui n’existe pas, ET parce qu’on ne revient jamais sur un "diagnostic" de "trouble psychique" : "vérité" suprême tombée de l’Olympe de la "santé". On n’y revient jamais, afin d’éviter tout risque de suspicion d’erreur de "diagnostic" : la découverte d’une erreur dans le corpus d’un mensonge mettrait ce dernier à nu. C’est d’ailleurs pourquoi le « PIA » DOIT être médecin : une longue formation authentiquement scientifique permet de masquer efficacement –en le cautionnant- l’exercice d’une discipline qui ne doit strictement RIEN à une science digne de cette appellation. Dans un climat rationaliste, c’est "la vérité scientifique" qui prévaut sur toute autre vérité. Quand cette "vérité scientifique" est fausse, elle devient un formidable vecteur de mensonges en chaînes : ces mensonges induisent à leur tour des logiques de mort qui ne doivent rien à la fatalité et tout à de multiples complicités à ce qui devrait heurter instantanément des consciences "raisonnables". Pour beaucoup moins que cela, mais depuis des situations de mensonges et de complicités à ces mensonges, la tête de Jean Baptiste a été exhibée sur un plat.

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_____Hérode et Hérodiade : ostensiblement, deux conjoints adultères. Le premier étant prince de Galilée, il est intouchable : la loi, c’est lui. Hérode protégeait Jean. De quoi, ou de qui ? De la foule ? Elle le tenait pour un prophète ! Quand une foule tue un prophète, c’est qu’elle est manipulée par les princes qui la gouvernent.[22] Ici, le prince, c’est Hérode lui-même ! Ainsi il témoigne contre lui-même.[9] Hérode protégeait Jean plus vraisemblablement des instincts meurtriers d’Hérodiade ! Par la ruse de celle-ci, on peut voir ce que donne la "protection" d’un autre quand on a négligé de se protéger soi-même : bel exemple de cette surveillance des autres, manière habile d’éluder la veille chez soi…[11]
_____Le conjoint anti-assomptionniste et son "redoutable" cocker : ostensiblement -et extérieurement-, deux conjoints non adultères… mais à la communication discutable ! Il y a "de l’eau dans le gaz". Mais ce n’est pas n’importe quel gaz : de la briolle [23] à l’état pur. Le premier est intouchable : ayant tous les "princes" avec lui, la loi est avec lui… y compris pour entériner une démarche juridique [24, APR note 12] destinée à mettre bas un serment légitime par le Ciel. Cette démarche résulte de la suite ininterrompue d’étroites surveillances "sanitaires" doublées de tentatives –parfois réussies- de profiter du "sommeil" du maître de maison afin de lui percer son mur et de maintes autres tentatives, largement relayées, de laisser entrer dans sa maison, sans opposer de résistance, des voleurs [25] et des bergers mercenaires [26] !
_____Hérode et Hérodiade : un couple adultère. On le sait : on ne se tait que parce qu’Hérode est le prince. Le critiquer, c’est s’exposer à subir le même sort que Jean Baptiste, qui a donc là un rôle dissuasif expliquant son arrestation en dépit de l’estime personnelle qu’Hérode pouvait lui porter. Hérode et Hérodiade : un couple dont l’amour est illégitime mais existe néanmoins.

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_____Le conjoint sécessionniste et son "malade" : un couple dont le premier est devenu si profondément adultère que la relation d’Hérode et d’Hérodiade pourrait presque passer pour un flirt de cour de récréation. Seul le sait le "malade" : ses aboiements de cocker n’ont donc aucune portée. Les autres ne veulent pas le savoir, empêtrés dans leurs certitudes d’un "diagnostic" qui lui "altère" nécessairement la conscience ! Le conjoint sécessionniste et son "malade" : un couple dont l’amour est légitime mais est devenu inexistant grâce à l’apport inénarrable de la "santé mentale". [27]
- D’un côté, comment prétendre aimer une personne que l’on veut "malade" alors qu’elle le récuse ? C’est déjà s’en moquer ! Comment aimer une personne qu’on ne croit pas, à laquelle on ne croit pas ? La vouloir "malade", c’est lui ôter sa confiance sur tout acte qu’il pose ou toute parole qu’il prononce ; en filigrane, la recherche permanente de "preuves" de sa "maladie" : ce qui est l’attitude fort peu aimante –et peu aimable- du surveillant. La vouloir "malade", c’est également entretenir un climat de peur face à une "maladie" dont on a d’autant plus de mal à préciser les contours qu’elle n’existe pas ! Mais la peur, elle, existe bel et bien : ne faisant jamais bon ménage avec l’amour, c’est l’un ou l’autre. Enfin, la vouloir "malade" devient l’ultime alibi permettant de se défausser de toutes ses trahisons passées : la peur inclut également celle de devoir assumer les conséquences de ces trahisons. Il est plus confortable qu’elles n’en soient pas, donc que l’autre soit "malade". Telle une poupée gigogne, cette crispation sur le pathos de l’autre trahit donc manifestement la peur de souffrir de sa forfaiture. Ce qui démontre à nouveau combien cette "maladie" n’est décidément que celle du regard de l’autre. [12, APR note 35]
- De l’autre côté, être voulu "malade" améliore d’autant moins la confiance qu’on est seul à porter le fruit des multiples trahisons de l’autre, elles-mêmes peu étrangères à un véritable travail de sape de la confiance… et ne perdant jamais de leur vigueur bien qu’une ferme opposition ait été exprimée à maintes reprises par un "malade" qui proteste en vain, son statut de "malade" semblant tout autoriser sur lui. Comment aimer une personne qui se moque éperdument de percer le trou du mur de votre maison, d’en voler le contenu et de le distribuer à qui elle veut… et qui vous trouvera plus "malade" encore si vous osez veiller et défendre votre maison contre ses pillages continuels ? Quand en dépit de vos avertissements elle contracte alliance avec de nouveaux voleurs vous étant destinés, tout dialogue est contraint d’être interrompu : la porte de la maison soigneusement fermée, les trous dans le mur résolument rebouchés. À quoi bon le maintenir auprès de juste "psychique" qui est devenue dure d'oreille, s’est bouché les yeux, pour que ses yeux ne voient pas, que ses oreilles n'entendent pas, que son cœur ne comprenne pas, et qu'elle ne se divertisse pas [28, note 24] de son nombril souffreteux ? Difficile d’être conjoint à soi tout seul tant que ne s’est pas dissipé le persistant nuage de briolle

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_____Le martyre de saint Jean Baptiste, c’est son ultime témoignage [gr. « marturos » : témoin]. Plus vaste que le mesquin "délire de la persécution" inventé pour les besoins internes de la "santé mentale", le martyre ne se doit heureusement pas d’être violent ou sanglant pour être estampillé comme tel. Le martyre étant fondamentalement le témoignage, on peut mourir tranquillement centenaire dans le fond de son lit sans avoir été passé au fil de l’épée… et néanmoins être martyr.
_____Le martyre pour le juste "psychique" ? Aussi partant que l’autoroute… de préférence chez le voisin. Parce que sa définition du martyre est bien entendu du plus pur dolorisme, il se veut sans doute trop "humble" pour témoigner. Au fond, il n’a pas complètement tort : certains témoignages de "foi" maussade ou des "valeurs du mariage" en bocal de formol seraient si caricaturaux et catastrophiques qu’il est préférable de les garder pour soi !… Les claironner, ce serait comme apporter la tête d’un prophète sur un plat. Il vaut mieux décaper que décapiter : sans doute est-ce là une des rarissimes vertus de la "santé mentale", bien faible justification de sa survie. Qui viendra prendre son corps et le déposer enfin dans un tombeau ?

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mercredi, 09 juillet 2008

Zut : z’ai cru voir un gros Zélote zoophile qui endort : zzzzzzzz…

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  18216726 19 Serge Gainsbourg - Dr.Jekill - Mr Hide .mp3  
   
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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,1-7.
Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, appelé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « N'allez pas chez les païens et n'entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. »
 
_____Moins que jamais il n’existe de "formation" [1] pour obtenir le pouvoir d'expulser les esprits mauvais. Si ce pouvoir est donné et non acquis à la force du poignet, il n’en est pas pour autant une sorte de pouvoir magique qui gomme le réel comme par enchantement. [2] Certes, il peut en cautériser certaines plaies quand il se fait thaumaturge en guérissant toute maladie et toute infirmité. Ces guérisons ne sont naturellement pas là pour apporter leur obole sur l’autel de l’idole santé [3], mais pour témoigner d’infiniment plus grand que toutes les idoles. Elles proclament que le Royaume des cieux est tout proche. Si proche qu’il est inutile d’aller le chercher chez les païens ou autres Samaritains. Si proche qu’il ne peut se nicher qu’au plus intime du cœur de l’homme pour ainsi le restaurer dans toutes ses dimensions, jusquà guérir en lui toute maladie et toute infirmité ! Pouvoir non magique, mais néanmoins extraordinaire.[4, note 13]
 
_____Pas besoin non plus d’aller parcourir le monde pour exercer ce pouvoir d'expulser les esprits mauvais ! Essayons-nous à une transposition contemporaine d’appel de douze disciples. Prenons Ingrid Betancourt et l’un de ses pires tortionnaires du FARC, un énarque et un paysan, un moine et un artiste de variétés, un Papou et un new-yorkais, un fonctionnaire européen et un pêcheur breton, enfin un évêque occidental et un communiste chinois : nous avons nos "douze disciples" dont le cocktail explosif saute aux yeux. Avant de songer à aller expulser les esprits mauvais chez les autres, il semble qu’il y aie quelques travaux pratiques à effectuer à la maison : charité [5] bien ordonnée commence par soi-même ! (Nous aurions pu glisser un « PIA » parmi ces nouveaux "douze" ; mais il n’aurait pas eu la patience et les scrupules de Judas Iscariote, le livrant en un temps record, remboursement de la Sécurité sociale inclus : difficile de demander à un disciple de désamorcer des bombes en expulsant les esprits mauvais quand il en allume par fonction les mèches…). Ce fourre-tout hétéroclite, on le retrouve pourtant au sujet des vrais disciples. On se formalise de leur désertion et de leur dispersion aux heures sombres de la Passion : c’est oublier qu’on leur avait enlevé l'Époux [6], Unique ferment d’unité entre eux. De fait, quoi de commun par exemple entre un Matthieu le publicain –réputé à la solde de l’occupant romain [7]- et un Simon le Zélote dont le zèle consistait précisément à rudoyer ce même occupant ? Quoi de commun entre un Simon-Pierre généreux mais sanguin et impulsif [8], et un Thomas plus réservé [9], aimant à mesurer le pour et le contre plutôt que de foncer tête baissée ? Quoi de commun entre un Philippe (l’original : pas le "gentil docteur" [10] qui, lui, trouve la "réponse" dans son miroir…) qui demande à ce qu’on lui montre le Père [11] et des Jacques et Jean plus prompts, qui en sont déjà à vouloir siéger dans Sa gloire [12]? Nous pourrions ainsi entrecroiser à l’infini les uns et les autres : leur ressemblance [13] ne se dessine qu’autour de Celui qui montre le Père. Sans Lui, les différences reprennent le dessus. Elles sont particulièrement patentes chez nos douze disciples. L’extraordinaire n’est pas qu’ils aient fui durant la Passion : c’est qu’ils aient constitué un groupe homogène pendant trois années consécutives !

_____« N'allez pas chez les païens et n'entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. »Les premières brebis perdues de la maison d'Israël, ce sont eux ! Ne pas aller chez les païens et chez les proscrits de l’époque [14], c’est d’abord proscrire en soi –et entre eux !- toute attitude d’exclusion mutuelle : dompter leurs tempéraments différents mais complémentaires (mettre en commun leurs ressemblances), apprendre à les dépasser en étouffant le païen qui est en eux. Tant qu’ils ne remplissent pas ces conditions, les autres païens ne sauraient voir en eux que leur copie conforme, ne se distinguant que par un discours étrange qui n’apporte guère de différence dans leur comportement quotidien : eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? [4]
 
_____La proximité du Royaume des Cieux, la "santé mentale" n’en a cure. Ce qui l’intéresse, c’est le curatif, pas le curé. Loin de guérir toute maladie et toute infirmité, elle ne répugne pas à donner également dans le "préventif" ! Elle ne sait que proclamer que le "malade dangereux" est tout proche. s_3748.jpgVoilà une "Bonne Nouvelle à toute la création" [15] qui, elle, risque moins d’être confondue avec l’originale : sans doute est-ce pourquoi cette "évangélisation" à rebours rencontre-t-elle un certain succès auprès de disciples qui –habitués à se mouler parmi les païens- cherchent désespérément à en accentuer leur différence… en se faisant pires qu’eux. [16] Rien d’extraordinaire à cela : quand on cherche à s’élever alors qu’on fait le poirier [17], on ne fait jamais que s’enfoncer… Quand on demande la lune à de mauvais génies [18], ils ne savent en fournir que les cratères et l’atmosphère irrespirable [19]… de briolle. « N'allez pas chez les païens et n'entrez dans aucune ville des Samaritains » ? Quand le "réel" est cul par-dessus tête, on va plus loin que chez les païens ; on joue les "bons" Samaritains en s’apitoyant sur des maladies si imaginaires qu’il suffirait de se remettre la tête à l’endroit pour les voir infirmées par le réel. On se donne unilatéralement le pouvoir d'expulser les esprits réputés mauvais, rebaptisés maladies au nom du "père" (de la "santé"), du fil (à la patte) et du "sain" "esprit". Les malades ? Ce sont les nouvelles "brebis perdues de la maison d'Israël" ! Pas perdues pour tout le monde : on sait que les nouveaux loups [20] ne sont pas loin… Convenons-en : il y a comme une ressemblance entre le Royaume des Cieux et son pastiche de la "santé mentale". Ce qui explique sans doute ces étonnantes contorsions spirituelles que l’on peut observer chez certains de ses grands prêtres que cela ne gêne nullement de côtoyer leurs "pairs" –vrais pères [21]- dont ils ne laissent de leur foi qu’une coquille vide. Sans doute est-ce là leur ultime manière de s’approcher encore un peu du Royaume des Cieux
_____Mage [22] au pouvoir magique qui gomme le réel comme par enchantement, le "gentil docteur" exècre les différences : elles ne sont pour lui que "pathologies". Lui fabrique de fausses ressemblances, en coupant tout ce qui dépasse de ses compétences "professionnelles".[23] Il est vrai que la fausse ressemblance fait plus spontanément l’objet d’un large consensus que la vraie différence, mais le désenchantement est au bout de sa route : le Royaume des Cieux s’éloigne comme la ligne de l’horizon. Car, même sans avoir le pouvoir de guérir toute maladie et toute infirmité, un minimum de bon sens suggère que la santé existe ou n’existe pas, mais qu’elle ne relève en rien d’envois en mission sur la foi de fantasmes consensuels.